LES REFORMES CONDUISENT AU DESASTRE ECONOMIQUE ET SOCIAL

 

Les défenseurs du libéralisme sont inquiets. Les réformes ne sont pas appliquées selon eux au rythme qu'ils souhaitent. Devant le désastre auquel leur mise en oeuvre a mené ils ont trouvé une géniale échappatoire. La cause ne réside pas dans la nature même de ces réformes mais dans les retards enregistrés dans l'exécution des échéanciers et les hésitations qui marquent l'attitude du pouvoir, sans compter les résistances "populistes" des syndicalistes. A les écouter si la relance ne se pointe pas à l'horizon c'est parce qu'on tarde à vendre les entreprises publiques ou à les céder même au dinar symbolique.

Si elles sont boudées par le privé qui préfère le commerce spéculatif, c'est parce qu'on a peur de vendre le Sahara aux multinationales, parce que etc Voilà le credo des néophytes zélés de l'ultra-libéralisme qui se déploie dans tous les journaux sans exception, le dénominateur commun de toute la palette multicolore des courants du libéralisme.

Des "experts" algériens sont appelés à la rescousse par La Tribune du 7 avril pour démontrer que Khelil a raison. L'ambassadrice des USA est partie elle aussi en campagne pour soutenir Temmar, Khelil et Benachenhou. Elle tient des réunions publiques sans qu'aucune voix ne se fasse entendre pour dénoncer cette ingérence.

Au cours d'un forum qui a rassemblé au début du mois d'avril les responsables des entreprises publiques et le patronat, le chef du gouvernement, Benflis, a critiqué la frilosité des patrons privés qui ne donneraient pas selon lui le bon exemple aux capitalistes étrangers. Comment voulez-vous, leur dit-il, que le capital étranger se sente intéressé par le rachat des entreprises publiques si vous-mêmes vous refusez de vous y engager ? Rebrab, patron du quotidien Liberté, responsable adjoint d'une organisation patronale et grand magnat qui s'est enrichi soudainement grâce à l'afflux providentiel de généreuses lignes de crédit initialement destinées au secteur public et dont personne ne sait s'il les a remboursées, Rebrab ne s'est pas laissé démonter par la réflexion du chef du gouvernement. Pour lui les choses sont simples : il faut cesser de faire des discours et se mettre sans tarder à céder ces entreprises au privé et aux cadres après avoir au préalable assaini leurs finances, c'est-à-dire après avoir effacé leurs dettes, et mis à la porte le maximum de travailleurs.

Benflis s'est fait ensuite un devoir de dresser le bilan des réformes. Il en a brossé un tableau plein de satisfaction précisant en direction de ceux qui font preuve d'impatience que la société algérienne est en train de changer

Monsieur Benflis a en effet raison. La société algérienne a bien changé ! Qu'en on juge.

La misère frappe de larges franges de la population. Les responsables officiels avouent que 25 à 30 % des Algériens vivent en dessous du seuil de pauvreté. Le salaire réel a baissé d'au moins 35 % depuis 1990. Les salariés se contentent de contempler les vitrines croulant sous les biens importés et les étalages surchargés de produits agricoles sans pouvoir satisfaire leurs besoins. Des millions de citoyens ne mangent plus à leur faim. La viande a disparu du plat de la majorité des Algériens. Beaucoup d'entre eux se sont débarrassés de leur téléviseur ou de leur frigidaire pour survivre. La mendicité s'étale à vue d'oeil. Pendant ce temps, un nouveau riche dépense facilement en une soirée, sur une table de restaurant, l'équivalent d’un SNMG.

Des dizaines d'ouvriers jetés à la rue ou des jeunes gagnés par le désespoir ont été poussés au suicide, phénomène sans précédent dans les moeurs de notre pays, alors que les rejetons des nouveaux riches festoient à longueur d'année. Des dizaines de milliers d'enfants en âge d'être scolarisés sont contraints de quitter l'école pour gagner leur pain.

Les classes dirigeantes créent et entretiennent le chômage pour pousser les travailleurs à se jeter à leurs pieds, à renoncer à leurs droits sociaux, à la couverture sociale, à la retraite.

Dans de très nombreuses entreprises privées, la journée de travail est de dix heures avec un seul jour de repos hebdomadaire. Les aides multiples de l'Etat comme l'aide à l'emploi des jeunes servent en fait à soumettre les travailleurs à une exploitation sans précédent. Sous couvert d'essaimage, de sous-traitance et d'externalisation des activités des entreprises publiques, des milliers de travailleurs se sont retrouvés dans les griffes de véritables esclavagistes modernes. Les femmes en particulier supportent toutes sortes de brimades. Elles ne bénéficient d'aucune protection sociale. Le syndicat est hors-la-loi dans la plupart des entreprises privées, y compris dans les grosses unités. Les lois sociales adoptées en 1990 et amendées en 1997, rendent en fait difficile la création d'une section syndicale, même sous la bannière de l'UGTA, contrairement à ce que laisse croire la propagande sur le pluralisme syndical.

Plus de 400 000 travailleurs de l'industrie, des bâtiments et travaux publics, du commerce ont été licenciés en raison de la sous-activité des entreprises publiques. Les banques refusent de leur allouer les devises nécessaires à l'importation des biens requis par leur plein fonctionnement. Les responsables mentent quand ils affirment que la cause en est le manque d'argent ou que ces entreprises sont devenues un gouffre financier. Le pouvoir s'est mis à plat ventre devant le FMI qui a déclaré la guerre à tout secteur public même si sa rentabilité au sens capitaliste est indéniable.

Les devises sont mises à la disposition des importateurs au détriment de la production nationale. De l'aveu même du chef du gouvernement, près de 6 milliards de dollars, soit les 2/3 de la valeur des importations du pays ont été alloués aux sociétés d'import-export l'an dernier. Or, ces sociétés ne ramènent pas un seul dollar au pays ! Des sommes colossales sont prêtées à la bourgeoise compradore par les banques publiques sans aucune garantie de remboursement, sans aucune transparence. Le pays court vers un désastre financier et bancaire sans précédent. Pourquoi s'étonner que le pouvoir refuse d'avancer les crédits nécessaires à l'achèvement de l'usine d'automobiles Fatia de Tiaret quand on sait qu'en 1999 les concessionnaires ont fait payer par l'Algérie un milliard de dollars dans l'importation des véhicules ?

Les réserves de change de l'Algérie se montent aujourd'hui à 13 milliards de dollars. Il est possible d'en consacrer au moins 5 à l'importation d'équipements pour la réhabilitation des entreprises industrielles à caractère stratégique et ne pas dépendre du bon vouloir d'un financier étranger. Mais cela va à l'encontre des orientations de classe des groupes sociaux dominants. Le pouvoir s'y refuse obstinément. Il affiche sa décision d'abandonner à son sort le secteur public. Le président Bouteflika l'a dit sans ambages en Allemagne devant la Confédération du patronat industriel de ce pays : "L'Etat ne veut plus, quand bien même il le pourrait, le prendre en charge".

L'entreprise publique industrielle est placée devant l'alternative suivante : soit elle trouve par ses propres moyens des capitalistes étrangers qui acceptent de la reprendre, soit elle disparaît. Le même Bouteflika qui verse souvent des larmes de crocodile sur le sort des victimes de la crise, cherche à appâter les hommes d'affaires allemands en mettant en avant le fait que "les coûts de la main d'oeuvre qualifiée (sont) les plus bas" de la région du Maghreb.

Comment peut-on prétendre sérieusement faire reculer la misère et se vanter de maintenir le salaire des ouvriers qualifiés au niveau le plus bas du Maghreb !

Depuis 1988, les impôts sur les sociétés et les détenteurs de richesse ont été constamment abaissés. L'Etat prélève sur un dinar de salaire 2 à 3 fois plus d'impôts que sur un dinar de revenu non salarial déclaré ! Des dizaines de milliards de dinars amassés par les gros importateurs-spéculateurs échappent complètement au fisc avec la complicité des responsables. Selon le ministre des Finances, la part des impôts sur le revenu national est de 2 à 3 fois plus basse en Algérie qu'au Maroc ou en Tunisie. Mais rien n'est fait pour mettre fin à cette injustice scandaleuse.

L'Etat des riches et des spéculateurs a fermé la plupart des centres médico-sociaux. Il a abandonné la médecine professionnelle et détruit le secteur hospitalier public. Des maladies comme la gale reviennent en force. L'encouragement prodigué aux médecins expérimentés pour quitter les établissements publics et s'installer à leur propre compte a gravement dégarni les hôpitaux. Il a engendré une médecine à deux vitesses : d'un côté, des cliniques rutilantes, des centres de radiographie et des laboratoires pour riches, dotés de tout le matériel et de tout le confort, à l'aide de crédits généreusement octroyés par les banques publiques; de l'autre, des hôpitaux mal entretenus, mal équipés, voués à l'abandon et destinés à accueillir le petit peuple. Malheur au travailleur ou au citoyen démuni qui doit se faire soigner même pour une maladie bénigne ! Les médecins et le personnel réalisent pour la plupart des prouesses pour continuer à accueillir les malades, mais ils sont l'objet de campagnes de dénigrement orchestrées par ceux qui organisent le pourrissement de la situation et l'anarchie en vue de favoriser les cliniques privées.

Les travailleurs exposés à des produits dangereux, comme les ouvriers de la coquerie d'El Hadjar, vivent l'enfer dans l'indifférence totale des autorités.

Le sommet du mépris affiché par le pouvoir pour les travailleurs est illustré par la préférence accordée au transport privé, aux dépens des sociétés à caractère public. Le budget des familles en est fortement grevé. Alors que partout dans le monde cette activité relève de services publics subventionnés par l'Etat. La régression est organisée et justifiée par le fait que ce mode de transport correspondrait le mieux à la mentalité algérienne. Dans leur hâte à élargir leurs bases sociales, les classes dirigeantes ont sacrifié froidement des entreprises qui disposent d'expérience et de centres de maintenance capables de réduire la facture des importations.

Dans les campagnes, les petits paysans, qui sont les alliés les plus proches des travailleurs, sont eux aussi victimes de la politique du pouvoir qui encourage la concentration des terres au profit des paysans riches et des affairistes. La misère et le terrorisme ont poussé de nombreux fellahs à s'entasser dans les bidonvilles qui poussent autour des agglomérations urbaines. Ceux qui quittent la campagne sont plus nombreux que ceux qui, chassés par la fermeture de leur usine, ont repris le travail de la terre. Le crédit est distribué au compte-gouttes. N'en bénéficient pour l'essentiel que les riches propriétaires et les affairistes à la recherche de hauts profits. Les salariés agricoles ne bénéficient, quant à eux, d'aucune couverture sociale. Sans syndicat et complètement inorganisés, ils sont livrés au bon vouloir des gros exploitants qui bafouent les lois sociales les plus élémentaires.

A l’occasion du premier mai notre parti a publié une importante déclaration, dont nous reproduisons ci-dessous quelques extraits

 

..."En Algérie, les travailleurs se heurteront une fois de plus à l'opposition d'un pouvoir qui a pris l'habitude depuis 1992, d'interdire les marches du 1er mai et toute manifestation de rue des travailleurs, sous couvert de l'état d'exception et sous le prétexte de prévenir les provocations des terroristes islamo-fascistes.

Les classes dirigeantes, les couches compradores et affairistes ont entrepris d'effacer de la mémoire des travailleurs jusqu'au souvenir et à la signification de la journée du 1er mai. Elles sont aidées dans cette opération par des syndicalistes-maison qui enfoncent l'activité syndicale dans la collaboration de classe la plus éhontée en échange de rétributions et de privilèges mesquins.

Mais elles ne réussiront pas à museler indéfiniment le mouvement ouvrier algérien. Il n¹est pas dans leur pouvoir de lui faire perdre son identité de classe ni de le détourner de ses tâches historiques

..."Les classes dirigeantes et les spéculateurs immensément enrichis sont hantés par la perspective d'un réveil du mouvement ouvrier qui balayerait leurs privilèges, leurs sociétés d'import-export, leur corruption insolente, leur diktat insupportable. Ils tremblent à l’idée de ne pouvoir conserver le nouvel ordre social, qu'ils ont bâti sur la misère des masses et la destruction de l'économie productive, devant le développement inéluctable d¹un mouvement qui mûrit chaque jour un peu plus.

Ils redoublent d'effort pour diffuser le fatalisme et la résignation parmi les travailleurs. Ils tentent de faire admettre par le mensonge et la désinformation qu'il n'y a pas d'autre choix que ces réformes qui mènent l'Algérie vers un capitalisme dépendant, sous-développé et compradore. Ils mobilisent tous les moyens médiatiques pour discréditer les oppositions à leur politique".

..."Les travailleurs et les masses populaires ne réussiront à se faire entendre qu'à la condition que les éléments les plus conscients d'entre eux s'organisent dans leur parti de classe, le parti qui unifie leur lutte, les entraîne dans le combat politique afin de pousser à l'achèvement jusqu'au bout des tâches de l'étape actuelle et de se préparer à la lutte pour l'abolition du capitalisme".

..."Les travailleurs ont besoin enfin d'édifier à la base, dans les luttes quotidiennes une grande organisation syndicale de classe, de masse, démocratique, unitaire et internationaliste".

 

 

 

 

 

 

 

GRAVES DANGERS CONTRE LES LIBERTES D’EXPRESSION

 

 

Les cercles antidémocratiques n’ont pas attendu, pour manifester leur hostilité à la liberté de presse, l’adoption par les députés des amendements au code pénal qui visent à réprimer durement les journaux pour les articles dits diffamatoires.

Le journal "La Voix de l’Oranie" vient de subir la hargne des étrangleurs de la liberté d’expression. Son directeur de publication et un de ses journalistes ont été condamnés à 6 mois de prison ferme. Ils ont été attaqués en justice par un groupe de citoyens, responsables locaux et sénateurs, qui ont été visés par la lettre ouverte d’un dissident de l’ONEC ­ organisation des enfants de chouhadas. Dans une lettre ouverte que "La Voix de l’Oranie" avait publiée en octobre dernier, le dissident les a accusés d’accaparements illégaux de terrains fonciers appartenant à la commune d’Oran.

Son auteur a subi de graves représailles. Sa maison a été en partie incendiée immédiatement après la publication de sa lettre. Lui-même a déjà été poursuivi en justice et condamné à 6 mois de prison ferme.

Ce n’est pas la première fois que des journalistes ou des organes de presse sont traînés devant les tribunaux, condamnés à de lourdes peines de prison, ou suspendus.

Le code de l’information élaboré du temps du "réformateur" Hamrouche avait introduit ces peines pour stériliser la liberté de presse. L’épée de Damoclès est suspendue en permanence sur la tête des journalistes. Régulièrement des journalistes et des correspondants locaux sont convoqués par la police ou la justice suite à la plainte de tel ou tel responsable qui juge diffamatoire le contenu d¹un article. Hamrouche n¹avait rien laissé au hasard pour protéger les corrompus et les roitelets locaux.

Ce qui est nouveau c’est que les cercles dominants du groupe ne cachent plus leur intention de museler la presse au moyen de fortes condamnations dans le cadre d¹une opération de grande envergure qui vise les libertés d’une manière générale. Pour faire passer leurs projets, ils ont lancé une campagne contre les "extrémismes". Alors qu¹il existe une loi qui interdit d’utiliser les mosquées à des fins politiques, loi qui n’est appliquée que lorsque les cibles des imams appartiennent au pouvoir, le pouvoir veut faire croire aux citoyens qu’il comble une lacune.

Mais le quotidien gouvernemental, "El Moudjahid" a dévoilé à sa manière le pot aux roses en se mettant de la partie. Il ne faut pas abuser de la liberté d¹expression !

Il faut dénoncer ces graves préparatifs contre la liberté de presse et appuyer la lutte des journalistes pour les mettre en échec avant qu’il ne soit trop tard.

 

 

 

 

 

 

 

Luttes des travailleurs

 

La Fédération des travailleurs des mines et assimilés

exhorte les parlementaires à réagir contre l’avant-projet de loi relative aux mines, en débat actuellement à l’assemblée nationale et à ne pas cautionner un tel projet qui est, à leurs yeux, "contraire aux acquis du peuple algérien".

Dans une correspondance adressée aux "frères parlementaires", la fédération des mines estime d’emblée que cet avant-projet de loi est "inconstitutionnel". Elle se réfère ainsi aux articles 13 et 17 du texte fondamental, qui portent sur l’incessibilité de la propriété publique. Les représentants des travailleurs des mines et assimilés attirent l’attention des députés sur les propositions qu’ils avaient faites par le passé aux différents groupes parlementaires. Ils lancent "un appel pressant à leur conscience et leur engagement dans la défense des acquis du peuple algérien".

18 avril 2001

SNAPAP :

Dans la même veine, le syndicat national autonome du personnel de l’administration publique (SNAPAP) appelle les députés à rejeter l’autre avant-projet de loi portant sur l’amendement du code pénal.

Telle une mise en garde, le SNAPAP intime aux députés : "vous devez le rejeter pour la simple raison que l’histoire a montré que chacun de vous et de nous a besoin de liberté, et le projet réprime cette liberté."

Ce syndicat lance aux élus du peuple : "Si vous réprimez aujourd’hui la presse par un vote, demain vous n’aurez personne à vos côtés." Tout en déclarant son soutien à la liberté d’expression au même titre que celle de l’exercice syndical, le SNAPAP appelle les journalistes, les propriétaires de journaux, les associations, les organisations syndicales et les citoyens, en général, à un "sursaut de prise de conscience".

18 avril 2001

Sécurité sociale

Les 32 000 travailleurs des 500 structures de la sécurité sociale observeront une grève nationale les 24 et 25 avril suite à la décision de Soltani, ministre du Travail et des Affaires sociales, et qui consiste en le gel des revalorisations des salaires des travailleurs du secteur.

M. Mechti Saddek, secrétaire général de la FNTSS, a tenu à rappeler les tendances ambivalentes et contradictoires du ministre depuis qu’il a été placé à la tête du ministère du Travail et de la Protection sociale. Il a d’abord cherché à ouvrir la CNAS au capital privé pour faire exploser l’écheveau de la solidarité et créer un système de remboursement de frais médicaux à deux vitesses, l¹un pour les pauvres, l’autre pour les riches.

Ensuite, il a tenté, en vain, de déstabiliser la FNTSS pour mettre en place des hommes proches du MSP pour miner le syndicat et ce, dans l¹unique souci de démanteler la grande machine égalitaire (la sécurité sociale).

Pour ce faire, il devrait avant tout se débarrasser du directeur général actuel de la CNAS, en l’occurrence Benacer Abdelmadjid, afin de le remplacer par un autre directeur général (MSP) genre "Kleneex", qui n¹aurait qu’un caractère décoratif, uniquement présent pour justifier l’obligation légale.

Le danger d’un tel scénario, s’il est mis en ouvre, réside dans les risques de dérégulation totale de la sécurité sociale qui est une solidarité vivante.

18 avril 2001

SNTA : Entreprise du tabac e des allumettes

Après avoir utilisé tous les moyens légaux pour faire aboutir leur plate-forme de revendications, le Syndicat national d'entreprise de la SNTA a décidé de recourir à deux journées d'arrêt de travail les 24 et 25 avril prochain pour se faire entendre des pouvoirs publics.

Rappelons que les négociations, qui devaient parvenir à un consensus relatif à l'avenir de la SNTA et ses six mille employés, particulièrement après la levée du monopole sur les activités ayant trait à l'industrie du tabac et des allumettes, ont été à plusieurs reprises reportées.

10 avril 2001

Les travailleurs des transports publiques

La Fédération nationale des travailleurs regroupant l'ensemble des syndicats d'entreprises des transports aérien, maritime et terrestre. ont décidé d'observer une journée de protestation le 16 avril contre l¹avant-projet de loi sur "le bradage de l'économie nationale décidé par le gouvernement à travers son programme qui vise la destruction massive du secteur public, entraînant de facto le démembrement afférent des entreprises publiques fiables et, par voie de conséquence, l'effritement du secteur des transports ".

Elle a mis en exergue le caractère dangereux d'une telle attitude des pouvoirs publics qui, à travers ces projets de lois qu'ils proposent, " n'augurent aucune alternative pour l'épanouissement de l'économie nationale et qui se traduisent par une implosion sociale pouvant entraîner une situation incontournable ". Aussi, les syndicalistes réclament la concertation avec le partenaire social, à savoir l'UGTA et somment les pouvoirs publics de " surseoir à toute décision unilatérale ".

4 avril 2001

Les douaniers du port

Répondant à l'appel de la Fédération des finances, les douaniers du port ont suivi le mouvement de protestation observé par les différentes structures dépendant du département des finances, à l'exemple des banques et assurances.

" Le silence de la tutelle nous a beaucoup inquiétés et la position inappropriée du ministre des Finances, qui est allé jusqu'à provoquer les travailleurs en leur signifiant que même la VIe flotte américaine ne (nous) empêchera pas d'ouvrir le capital de Sonatrach, n'encourage pas la négociation sur l'ensemble des aspects relevant de la relation de travail et du respect du droit syndical ", s'est insurgé M. Badaoui, secrétaire général du syndicat des douanes.

L'UGTA a estimé à 90 % le taux de suivi de la grève. A Tizi Ouzou, un service minimum a été assuré au niveau des agences SAA alors que les banques ont fermé leurs guichets. Pour certains grévistes de Sétif, cette action est " une juste revendication des droits socioprofessionnels d'une profession qui est restée à la traîne ".

28 mars 2001

Le syndicat des pétroliers

Les syndicalistes et les travailleurs du pétrole, du gaz et de la chimie misent à mal par Bouteflika à Ouargla maintiennent le cap. Pour montrer leur détermination à ne pas se laisser faire ou intimider, les pétroliers réitèrent leur rejet des avant-projets de loi sur les hydrocarbures, les mines et l'électricité.

A l'adresse de Bouteflika et de ses ministres, déterminés à faire passer leurs lois quel que soit le prix, les syndicalistes affirment qu'ils sont, en tant que " partie intégrante du peuple algérien ", décidés à faire valoir leur bon droit en utilisant tous les moyens d'action légaux et à faire échouer toute pression ou intimidation.

 

 

 

 

 

 

AGRICULTURE : LA NOUVELLE PHILOSOPHIE DU MINISTRE

 

Le plan national de développement agricole, que le ministre de l'Agriculture a lancé en grande pompe, ne devrait concerner dans les trois ans à venir, et de l'aveu même de ses services, tout au plus, qu'un quart des exploitants officiellement recensés. Sur un million d'exploitations à peine 80 000 ont-elles été retenues pour l'instant sur les listes des bénéficiaires. Il s'agit d'une aide à fonds perdus de l'Etat, l'exploitant ne devant apporter qu'une faible contribution personnelle au financement du projet. Le ministre de l'Agriculture ne cache pas la couleur : mieux vaut donner de l'argent et beaucoup d'argent, mais à une petite minorité pour qu'elle s'enrichisse, que d'en donner un peu, mais à tout le monde, sans enrichir personne ! Voilà en quoi tient la philosophie lumineuse que notre ministre a exposée lors d'une de ses tournées sur le terrain. Monsieur Barkat a même décidé que l'Etat n'aidera plus que les agriculteurs qui pratiquent les cultures rentables. Il est désormais interdit aux banques de prêter de l'argent aux fellah qui voudraient semer du blé ou de l'orge dans les zones où les rendements sont faibles. Ce sont du même coup des centaines de milliers de paysans des hauts plateaux qui sont privés de toute aide et une augmentation automatique des importations de blé et surtout d'orge que les exploitants cultivent pour nourrir leur cheptel. Il y a deux ans le ministère de l'Agriculture avait pris la décision d'exclure l'orge de la liste des cultures stratégiques. Cela signifie que l'Etat ne soutient aucun programme de promotion de cette culture, aucune recherche pour en améliorer les conditions de production. Comme par hasard, une société privée s'est constituée pour en importer, bien entendu, avec les crédits de l'Etat. Comme par hasard, cette société a à sa tête le parent d'un ancien ministre de l'Agriculture.

 

 

ENJEUX DE LA REVISION DE LA LOI SUR LES HYDROCARBURES

 

 

C'est l'opacité la plus totale qui règne du côté du gouvernement sur le contenu de son projet de dénationalisation des hydrocarbures.

Un fait accompli se prépare, un acte de forfaiture d'une extrême gravité se trame contre le peuple algérien, à l'ombre d'une opacité délibérée, calculée, organisée.

Au lieu de mettre le texte de son projet à la disposition des citoyens, le ministre de l'énergie a fait publier, le 14 mars dernier, sous la forme d'un encart publicitaire endossé par la direction de la communication de Sonatrach, un compte-rendu qui veut rassurer, à coup de vagues affirmations, les lecteurs sur ses intentions. Le lecteur en arrive à se demander pourquoi alors un tel projet si, comme cela est affirmé, il ne change rien à la situation actuelle. Si vraiment rien de fondamental ne sera modifié pourquoi cette obstination pour le faire passer coûte que coûte ? Obstination illustrée par cette forfanterie verbale et faussement patriotique de Benachenhou, ministre de Finances, qui nous prévient que "même la 6éme flotte US ne (les) empêchera pas de poser le problème de Sonatrach!"

Personne ne savait que la 6éme flotte US pouvait s'opposer à la dénationalisation des hydrocarbures! Jusque-là le peuple algérien, toutes les classes opprimées, toutes les forces progressistes du monde était persuadées du contraire. Toutes ces forces pensaient que la 6éme flotte US, comme l'OTAN, comme toutes les armées impérialistes, étaient là pour assurer le règne de leurs multinationales, pour faire tomber les gouvernements qui osent défendre les intérêts de leurs peuples.

Monsieur Benachenhou croit que le peuple algérien est vraiment tombé bien bas pour qu'il se moque ainsi de lui !

Quant au placard publicitaire de son acolyte Khelil, ce n'est qu'un tissu de mauvaise foi, de sophismes et de jeux de mots. Rarement un dirigeant aura étalé, sur deux colonnes de format tabloïd, un tel mépris pour les citoyens.

A Hassi Berkine où il s'est rendu le 20 mars pour répondre à la grève lancée par l'UGTA en signe de dénonciation du projet gouvernemental, le chef de l'Etat n'a, de son côté, rien trouvé de mieux à faire que de s'emporter contre ceux qui désapprouvent sa démarche. Il n'a opposé aucun démenti aux informations qui ont filtré au sujet de ce projet. Mais il a poussé son effronterie et ses intimidations jusqu'à inverser les rôles en qualifiant d'éléments antinationaux ceux qui s'élèvent contre le bradage des ressources du pays !

Au sujet des problèmes rencontrés par le secteur public, Sonatrach y compris, Bouteflika a lancé, dans le même temps, cette affirmation que "La solution réside dans un partenariat plus large et moins dogmatique qui dépasse la formule figée des 51/49%" . Voilà donc le fond du problème!

Il a ainsi avoué et confirmé que l'enjeu se situe bel et bien au niveau de la question de la remise en cause de la majorité qui doit revenir à l'entreprise nationale dans le capital des sociétés mixtes ou de celles qui seront créées lors de l'exploitation des gisements. Dénoncer ensuite, comme il l'a fait, une "machination diabolique" montée "via Internet" pour semer la zizanie à l'intérieur du pays n'est rien d'autre qu'une piteuse tentative de démentir ce qu'il confirme dans le même propos.

Remettre en cause le principe de la participation majoritaire de Sonatrach n'est pas un changement mineur. La formule des 51/49 % n'est pas un "dogme" mais la pierre angulaire de la souveraineté du pays sur ses ressources et sur la conduite de sa politique économique.

Le secteur des hydrocarbures ne peut pas être traité comme de vulgaires biscuiteries ou chocolateries.

Celui qui détiendra 51 % au moins du capital d'une entreprise pétrolière ou gazière ne sera pas seulement le maître du jeu au sein de cette entreprise. Il sera le véritable maître du pays.

Permettre à une compagnie étrangère de prendre la majorité dans le capital, à plus forte raison 75 % comme le prévoit le projet, c'est lui permettre notamment de disposer comme elle l'entend de l'intégralité des profits dégagés, de les placer en dehors du pays, aux dépens des besoins d'investissement du pays, de fouler aux pieds ses lois sociales. Avec 75 % ou même "seulement" 51 % du capital qui reviendrait au partenaire étranger c'est une vue de l'esprit que de s'imaginer que l'entreprise algérienne pourra avoir voix au chapitre pour désigner les nationaux à la tête des services sensibles, financiers ou techniques. Comment croire que ceux-ci seraient associés aux opérations de nature à leur permettre de maîtriser ces "technologies performantes" dont on a fait l'alibi numéro 1 pour modifier la loi ?

Avec un tel pouvoir c'est la voie ouverte à la corruption et à l'ingérence en grand du capital étranger. Le comportement d'Elf Total en Afrique et des compagnies américaines partout où elles dominent, toute l'histoire de l'imbrication des compagnies pétrolières avec leurs Etats impérialistes, le montrent de façon éloquente.

Accorder à un groupe étranger la majorité dans le capital d'une société pétrolière, c'est reconnaître à ce groupe la faculté juridique de refuser par exemple d'appliquer les quotas de production définis par l'OPEP.

Seul un naïf, qui n'a pas sa place à la tête d'un secteur aussi stratégique que celui des hydrocarbures, ou un cynique manoeuvrier au service du capital international, peut faire croire que l'Etat pourrait contraindre une compagnie étrangère à l'aide d'une clause contractuelle à respecter les décisions de cette organisation.

Curieuse démarche que celle des responsables algériens qui, d'un côté, nous assurent que l'Algérie doit s'insérer dans les lois de l'économie de marché, jouer le jeu loyalement pour gagner en crédibilité et, de l'autre, veulent nous convaincre que l'Etat sera en mesure de dicter sa conduite à un partenaire étranger majoritaire dans le capital d'une compagnie pétrolière. Tant que, par l'intermédiaire de Sonatrach, l'Etat est majoritaire dans l'exploitation d'un gisement, il peut faire jouer en sa faveur la loi, les lois capitalistes, cette nouvelle religion à laquelle se réfèrent nos gouvernants et Bouteflika en premier lieu, c'est-à-dire le code de commerce de tous les pays capitalistes, pour jouir du pouvoir juridique internationalement reconnu de décider en toute souveraineté de sa politique d'investissement, de production et de commercialisation, de sa politique sociale.

Comment peut-on fermer les yeux sur le fait que ces compagnies, devenues majoritaires pourront, au nom de la mondialisation, de leur mondialisation, attaquer l'Algérie et obtenir gain de cause devant n'importe quel tribunal français, américain ou même du Burkina Fasso ?

Comment peut-on faire le forcing pour aller vers l'OMC, et en même temps affirmer que l'on pourra transgresser les règles qui la régissent ? Comment peut-on faire croire qu'il sera ensuite facile de défaire le noeud coulant dans lequel ils auront de leurs propres mains étranglé le pays ? En fait, la contradiction n'existe qu'en apparence.

Le vrai but de certaines fractions du pouvoir est précisément de mettre de façon irréversible l'Algérie sous la botte des puissances impérialistes. Une grande partie de la bourgeoisie est devenue servile. Elle éprouve une peur bleue devant les masses laborieuses. Elle choisit de piétiner tous les principes patriotiques en se prosternant devant les puissances impérialistes contre les intérêts de sa nation.

Bouteflika veut faire admettre qu'il n'y a pas d'autre solution que d'accepter le projet de son ministre.

C'est faux !

Premièrement, la loi actuelle, a attiré des sociétés étrangères, sans que l'Algérie ait renoncé à la règle des 51 % revenant au minimum à Sonatrach, comme l'a fait remarquer tout récemment l'ancien Premier ministre Ghozali qui a exprimé son opposition à cette révision. Il ne s'agit pas de défendre cette loi qui a représenté un recul pour le pays dans la mesure où elle était la conséquence d'une lente évolution dans la régression et la casse des potentialités économiques du pays. Mais, telle qu'elle est, cette loi est la preuve du caractère dangereusement erroné de la démarche actuelle du pouvoir.

Deuxièmement, Sonatrach est en mesure d'éviter de passer sous les fourches caudines des compagnies étrangères. Elle dispose de milliers de techniciens et d'ingénieurs qualifiés, qui ont accumulé une grande expérience. Ils savent trouver un gisement, l'exploiter et poser des pipes. Mais cette expérience et ce savoir-faire sont sous-estimés ou même méprisés par des responsables qui se mettent au contraire à plat ventre devant n'importe quel obscur expert étranger. Sonatrach a besoin tout au plus de faire appel à des connaissances fines dans certains domaines comme celui de la mise en place des stations de compressions, domaine où, sans faire participer des sociétés étrangères au capital, elle a l'habitude de recourir aux services de bureaux spécialisés contre rétribution. Cette rémunération est sans commune mesure avec les profits faramineux que, par la grâce de Khelil et de ses commanditaires, l'Algérie sera obligée à l'avenir d'abandonner aux sociétés étrangères.

Khelil et compagnie prétendent que la révision de la loi sur les hydrocarbures est indispensable pour acquérir des technologies nouvelles et augmenter la part de l'Algérie dans le marché mondial.

Est-il vraiment pour cela indispensable de donner 75 % du capital à une compagnie étrangère ou même "seulement" 50 % à supposer que ce partenariat soit réellement incontournable ? Qu'est-ce qui empêche d'acheter les services de sociétés étrangères dans des domaines particuliers de la recherche, de l'exploration et de l'exploitation en échange de rémunérations suffisamment attractives, de faire jouer la concurrence entre ses sociétés pour faire bénéficier Sonatrach de leur assistance technique ? Toute l'expérience de Sonatrach depuis sa création en 1963 montre que cette démarche est réaliste, qu'elle est fructueuse.

Et pourquoi raisonner comme si l'Algérie en était encore au même point qu'en 1962 ?

Et que vise-t-on exactement par amélioration des "performances productives" de Sonatrach?

S'il s'agit de supprimer les faux frais, les gaspillages, en un mot de réduire les coûts de production et de distribution, dans le cadre de rémunérations décentes des travailleurs, les citoyens, les travailleurs en premier, y applaudiront.

Mais s'il s'agit d'orienter l'activité de Sonatrach vers l'entrée dans la concurrence sur le marché des hydrocarbures, s'il s'agit de l'entraîner dans une lutte en association avec telle ou telle "major" pour la domination de ce marché, cette logique n'a rien à voir avec les intérêts du pays.

Pour le pays, les hydrocarbures sont d'abord et avant tout une source de financement de son développement dans l'industrie et un moyen d'accélérer ce développement. Cela est différent du comportement d'une entreprise capitaliste qui cherche le profit maximum, qui modernise ses équipements dans le seul but d'évincer ses concurrents et d'étendre sa mainmise sur le marché.

Que gagnerait le pays si ses recettes pétrolières venaient à appartenir à 75 % à des compagnies étrangères ? De combien de fois faudrait-il alors multiplier la production pour pouvoir simplement compenser les recettes qui tomberont dans l'escarcelle de ces compagnies par les redevances qu'elles devront verser au fisc ? De combien de fois faudrait-il la multiplier pour se contenter seulement de préserver le niveau des revenus nets que l'Algérie encaisse aujourd'hui ?

L'Algérie serait entraînée dans une course dans l'accroissement de la production qui ne lui profitera en rien. Elle ne profitera en fin de compte qu'aux grands pays capitalistes.

Est-ce à dire que notre pays devrait s'interdire d'augmenter sa production et de renégocier son quota de production ? Pas le moins du monde ! Mais pas au détriment des intérêts des pays producteurs ni en sacrifiant ses réserves à long terme.

Mieux encore, un régime qui refléterait les intérêts des classes laborieuses de notre pays et qui s'efforcerait d'impulser la lutte des peuples contre la domination des multinationales, un tel régime veillera à ne pas pénaliser les peuples démunis qui importent leur pétrole. Il développera des formes de solidarité active avec ces peuples dans l'intérêt de l'humanité tout entière.

Seules des bourgeoisies capitulardes, et les dirigeants qui les représentent, sont terrorisés par le rapport des forces actuelles qu'ils considèrent comme une donnée qui ne peut être changée.

L'Algérie, avec ses moyens nationaux, dont l'exploitation peut être améliorée sur la base de ses efforts internes, peut tirer de l'exportation de ses hydrocarbures assez de ressources pour financer son développement industriel, pour peu que le régime en ait la volonté. Si la stagnation règne, la cause de cet état de fait ne réside pas seulement dans le poids de l'endettement ni dans la part réduite qui revient à l'Algérie dans les quotas fixés par l'OPEP. Il faut chercher les causes dans le sabotage qui a commencé en 1980 et se poursuit aujourd'hui à une échelle plus vaste avec les plans de démantèlement de l'appareil productif public sous la houlette des Temmar, Khelil, Benachenhou, Menasria, et autres commis "modernistes" ou islamistes de la bourgeoisie compradore.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quels sont les aspects essentiels du projet de révision de la Loi sur les hydrocarbures ?

 

Le projet n'a pas fait l'objet de publication officielle. Les seules données qui permettent de se faire une idée de son contenu sont celles que l'on peut recueillir à la lecture des positions des responsables de la fédération des travailleurs du pétrole, du gaz et de l'énergie de l'UGTA, des interviews de Ghozali, ancien responsable de Sonatrach et ancien Premier ministre, et des articles publiés sur ce sujet par le quotidien "La Nouvelle République".

Ces propos ou écrits n'ont pas été démentis. Le seul reproche que Khelil a publiquement fait à l'adresse des responsables de l'UGTA est de ne pas avoir selon lui avancé de contre-propositions, ce que ces derniers démentent dans la mesure où ils rejettent son avant-projet "en gros et dans le détail".

Voici ce qui ressort de ces informations :

1/ Une compagnie étrangère peut désormais prendre en concession un gisement de pétrole ou de gaz soit en détenant 75 % du capital dans le cadre d'une association avec Sonatrach, soit en contrôlant toute seule 100 % de ce capital.

Le projet donne à Sonatrach la possibilité de prendre au maximum 25 % de participation dans l'exploitation du gisement. A condition toutefois qu'elle exprime sa volonté d'exercer son droit de "préemption" dans un délai d'un mois à partir du démarrage des démarches de la société etrangère pour se faire délivrer la concession et qu'elle verse le montant correspondant à ces 25 %. On ne sait pas si ce montant est déterminé sur la base des frais réellement engagés par la compagnie étrangère ou s'il s'agit d'un "pas-de-porte" fixé en toute liberté par cette compagnie.

Chacun peut noter que la prise de participation n'est pas une obligation pour Sonatrach mais une décision qui relève du libre-arbitre de ses gestionnaires.

L'Etat renonce à mettre en application un plan de développement du secteur des hydrocarbures.

D'autre part, on voit mal comment une entreprise dont les bénéfices sont intégralement versés au trésor public peut être en mesure de lever à tout moment d'importants capitaux. En somme, Khelil veut réussir le tour de force d'exiger d'une entreprise nationale d'apporter des capitaux pour s'associer à une compagnie étrangère alors que c'est l'inverse qui doit être vrai.

Il faut rappeler que depuis la révision de la loi de 1991 les compagnies étrangères ne peuvent pas prétendre à plus de 49 % du capital en s'associant à Sonatrach.

2/La durée de la concession est portée de 25 à 40 ans ce qui fait dire à juste titre aux représentants de l'UGTA que les compagnies étrangères sont encouragées à exploiter les gisements jusqu'à épuisement complet.

3/Une redevance est exigée des sociétés qui exploitent leurs gisements. Son montant serait inférieur à celui qui est actuellement en vigueur.

4/L'exploitation des infrastructures existantes, oléoducs et gazoducs, raffineries serait remise en concession à toute entreprise qui serait intéressée, quelle qu'elle soit, nationale ou étrangère. La Sonatrach et les autres entreprises publiques seront délestée de ces ouvrages.

Khelil justifie cet aspect en prétendant qu'ils ne sont pas rentables. Par quel miracle une société privée accepterait-elle donc de s'occuper d'ouvrages qui ne lui garantissent pas de rentabilité ? A moins que, comme l'analysent les syndicalistes de secteur, les concepteurs du projet ne caressent l'intention d'exonérer les "investisseurs" de toute charge fiscale en les faisant bénéficier des largesses que la Loi de Finances accorde au profit du capital privé, sans compter que les prix seront libérés.

5/Création de deux agences.

L'une, appelée "Autorité de régulation" est chargée d'élaborer et de suivre les aspects techniques de la réglementation, de définir les tarifs, de faire respecter le principe du libre accès aux infrastructures, d'instruire les demandes de concession du transport par canalisation.

L'autre aura la charge de tout ce qui concerne la gestion des données sismiques, la délivrance des autorisations de prospection, des contrats et de la perception de la redevance.

La plupart de ces fonctions sont à l'heure actuelle assumées par les services techniques, administratifs et financiers de l'Etat. Les seules "nouveautés" introduites sont celles qui sont liées à la privatisation du secteur. La restructuration projetée n'a pas d'autre logique. La reculade de Khelil qui affirme que "Sonatrach n'est pas éligible à la privatisation" n'est que verbale et pur mensonge.

 

 

 

 

 

 

 

 

BENACHENHOU, TEMMAR, KHELIL ET LA TRANSPARENCE

 

 

Les responsables officiels ne jurent plus que par le mot transparence.

Une grande découverte dans l'étalage de leur attachement aux principes capitalistes, et, pour certains d'entre eux, de leur conversion à cette nouvelle foi !

Benachenhou a poussé la témérité jusqu'à affirmer d'un air catégorique que cette transparence est incompatible avec la nature même du secteur public. Mais, à l'en croire, elle va s'imposer comme le fruit naturel du processus de privatisation et du triomphe du libéralisme.

Au moyen d'une simple phrase, Benachenhou a réussi le tour de force d'abolir pour nous le secret des affaires, le secret bancaire et le secret fiscal, tous ces petits secrets qui ne sont que l'autre face du sacro-saint respect de la propriété privée, les compagnons inséparables du libéralisme et le contraire même de cette transparence.

Laissons de côté le fait que le professeur d'économie qu'il a été sait parfaitement que les notions de l'économie libérale reposent de façon intrinsèque sur la dissimulation des rapports d'exploitation de classe. Passons sur le fait que, pour cette raison, présenter le capitalisme comme un système capable d'afficher à l'oeil nu les secrets de la production et de la répartition de la plus-value, relève de la mystification pure. Inutile de s'étendre longuement sur cet autre fait que tout en étant prisonniers des concepts dissimulateurs de l'économie politique bourgeoise, il y a dans les Etats capitalistes des instances qui sont chargées d'effectuer des enquêtes sur la gestion des entreprises et administrations publiques, de présenter des rapports réguliers sur leur activité. Citons par exemple la Cour des Comptes en France. Comment peut-il se permettre de lancer une affirmation que la réalité dément de façon aussi flagrante ?

Mais, puisque nos fervent admirateurs du libéralisme se présentent comme les plus fermes partisans de la transparence que, soit dit en passant, ils appliquent si scrupuleusement en cachant aux citoyens leur projet de révision de la loi sur les hydrocarbures, qu'attendent-ils pour éclairer la lanterne du peuple en lui livrant toutes les données qui concernent ce secteur et d'autres ?

Par exemple, le citoyen ignore jusqu'à présent le montant réel des capitaux apportés par les compagnies étrangères dans l'exploration du pétrole et du gaz, les recettes enregistrées grâce à cet apport, celui des redevances payées à l'Etat. Et surtout il aimerait connaître le montant des profits encaissés par les sociétés étrangères et celui qu'elles ont déposé dans les banques algériennes.

Sur les 22 milliards de dollars de recettes pétrolières combien en revient-il à l'Algérie, une fois défalquée la part des sociétés étrangères ?

Le citoyen est également tenu dans l'ignorance de l'importance des crédits accordés aux importateurs, de la valeur de leur apport personnel réel comparé à ces crédits, des impôts qu'ils ont versés à l'Etat, des différentes sortes d'impôts acquittés par les diverses couches sociales, impôts sur les salaires pour les travailleurs, impôts sur les revenus des non-salariés, ventilés selon les tranches de revenus, etc.

Cette transparence, les représentants des travailleurs la réclament vainement depuis longtemps. Ils sont les plus farouches adversaires de l'étouffement de l'information. La République démocratique pour laquelle leurs représentants progressistes mènent un combat de longue haleine mettra à la disposition des citoyens l'information économique la plus objective et la plus complète possible parce que la propriété sociale des grands moyens de production est impossible sans elle. L'expérience des anciens pays socialistes a montré que les opportunistes et les fossoyeurs du socialisme ont mené leur long travail de sape sous le voile de la protection des secrets économiques d'Etat.

Alors, quand donc Benachenhou, le ministre des Finances, donnera-t-il l'exemple en commençant par instaurer la transparence dans le secteur qui est le sien ?

 

 

 

 

 

 

 

LES DIFFERENTS PARTIS ET LA QUESTION DES HYDROCARBURES

Sur cette question décisive du devenir de la propriété de la nation sur les hydrocarbures, peu de partis politiques ont pris position contre le projet.

Le FLN, ancien parti unique est le seul parti de la coalition gouvernemental à avoir rejeté, par la voix de son porte-parole, Abada, la privatisation "des secteurs stratégiques tels que Sonatrach". L'avenir proche montrera si ce rejet concerne seulement l'entreprise publique ou doit effectivement être pris à la lettre comme le refus de tout abandon de la souveraineté du pays sur ses gisements d'hydrocarbures. Les responsables du FLN excellent dans l'art des phrases à sens multiples et des petites subtilités du langage opportuniste. On ne peut prendre pour argent comptant leurs déclarations. Il faudra les juger aux actes. La position de cette formation exprime le caractère hétérogène de sa composante sociale dans laquelle dominent les représentants de couches moyennes versatiles et certaines franges populaires encore imprégnées d'un sentiment national qui ne peuvent se joindre avec facilité à une opération de capitulation devant les puissances impérialistes.

Le RND, parti des fractions bureaucratiques et compradores anti-FIS et aussi anti-démocratiques, qui recherchent une attitude bienveillante auprès des pays impérialistes en appliquant à la lettre leurs directives économiques tout en louvoyant avec habileté pour tromper les travailleurs, ne prend pas position contre le projet. Il évite de le défendre ouvertement. Mais manifestement il le voit d'un bon oeil dans la mesure où il réaffirme, à cette occasion, son adhésion à la mise en oeuvre des réformes. Il se préoccupe seulement de la manière de faire passer la pilule. Il insiste, pour ce faire, sur la nécessité de les appliquer "par le dialogue avec les concernés". Ne pouvant s'attaquer franchement aux travailleurs sur cette question, il les avertit que leur protestation "doit s’exercer dans le cadre de la préservation de la stabilité du pays et des intérêts nationaux". Il faut comprendre par là que la contestation doit demeurer dans les limites de la pure formalité, ne mettant en aucune façon en danger le pouvoir des classes dominantes.

L'ANR tente d'esquiver le débat en affirmant que les réformes économiques sont à la fois urgentes et complexes. Elle ne dénonce pas le projet. Elle en appelle à "une large concertation". Cette position mi-chou, mi-chèvre, traduit la nature socio-économique de cette formation qui regroupe les couches moyennes libéral-modernistes et résolument anti-FIS. Ces couches sociales tendent à chercher à exprimer certaines aspirations économiques et politiques des franges non islamistes de la bourgeoisie, tout en évitant d'entrer directement dans la confrontation avec les travailleurs.

Le Comité des citoyens pour la défense de la République (CCDR), qui est animée par des représentants de la bourgeoisie anti-intégriste, s'est démarqué de Bouteflika en apportant son soutien à la "lutte légitime" des travailleurs et à la défense de leurs "acquis légitimes". Il faut noter que souvent le qualificatif de "légitime" est employé, d'une façon qui se veut subtile, dans un sens restrictif : il y a les acquis acceptables qui peuvent être soutenus, donc "légitimes", et les acquis exorbitants qui résultent de politiques populistes et ne peuvent, en conséquence, être défendus. C'est le langage rusé hérité des pratiques équilibristes du FLN.

Le CCDR appuie la lutte des travailleurs "pour une économie forte et sans bradage". La question brûlante de la dénationalisation, objet de cette lutte, n'est pas abordée d'une façon claire, mais on y fait allusion sans prendre d'engagement. Mieux encore ce qu'il reproche au gouvernement c'est : "le manque de transparence de la politique économique, les tergiversations dans la gouvernance des réformes, et l'absence de dialogue avec le partenaire social". Apparemment, ces courants, qui affichent leur appui aux réformes et déplorent les tergiversations marquant leur application, cherchent une alliance avec les travailleurs pour isoler Bouteflika, tout en prenant soin de ne pas se lier les mains.

Le RCD fait apparaître de plus en plus nettement sa physionomie de classe. Il tend à exprimer les intérêts des couches moyennes et de la bourgeoisie kabyle qui se proposent d'être les relais en Algérie des multinationales. Elles cherchent en contrepartie l'appui des Etats capitalistes contre les courants intégristes les plus irréductibles, comme le FIS et n'hésiteront pas à cette fin d'aller à l'encontre des intérêts nationaux.

Apportant le soutien de son parti à la dénationalisation, Le secrétaire national à la communication au RCD, Ali Brahimi, appelle à " s’extraire de tout dogmatisme idéologique désuet pour consacrer dans les faits les pratiques de liberté d’entreprise, de performance et de rentabilité, qui sont considérées par le RCD comme seules voies pour relancer l’économie et, par conséquent, résorber le chômage en créant de l’emploi".

Visiblement le RCD est impatient de voir les choses aller beaucoup plus vite. Il avertit : " le passage à l’économie de marché ne doit pas être un slogan comme dans d’autres secteurs.L’Algérie prend du retard dans le domaine économique et social.Les atermoiements et les contradictions des décideurs économiques ne font pas spécialement avancer les choses ".

Le FFS s'est cantonné dans un mutisme prudent. Un mutisme qui en dit long sur les contradictions sociales qui couvent dans ses rangs entre, d'un côté, une base populaire traversée par des aspirations patriotiques et, d'autre part, un appareil lié aux fractions de la bourgeoise maraboutique kabyle et qui joue la carte de la sociale-démocratie française la plus droitière. Cet appareil tient absolument à faire tomber les fractions militaires du pouvoir en cherchant le soutien de l'impérialisme français. Il ne peut s'afficher ouvertement aux côtés des agents des multinationales en donnant son accord au projet de Khelil. Il ne peut non plus rejeter son plan en prenant le risque inévitable de s'aliéner l'appui des néo-colonialistes français sans lesquels cet appareil ne représenterait plus rien.

Les partis islamistes, tous et sans exception, ont observé la même attitude. Seul Nahnah, dirigeant rusé du MSP, un de ces partis, a mis en garde du bout des lèvres contre le bradage des hydrocarbures. Une mise en garde démagogique simplement destinée à ne pas se couper de certains courants nationalistes et à ne pas heurter les travailleurs, attachés à la propriété de l'Etat sur les hydrocarbures, qui se sont fourvoyés dans leurs rangs. Les couches moyennes et la bourgeoisie compradore islamistes sont les alliées de l'impérialisme, les forces sur lesquelles celui-ci s'est appuyé et continue de s'appuyer dans sa guerre sans merci contre les peuples qui ont tenté d'ébranler sa domination et pour amener le pays à se mettre complètement à genoux.

Du côté des courants qui traduisent les oscillations des couches moyennes anti-intégristes tout en adhérant idéologiquement au capitalisme, il faut citer les positions de l'ancien Premier ministre Ghozali, fondateur du Front démocratique, de Leila Aslaoui.

Ghozali a rejeté très clairement le projet. Il considère que la Loi de 1991 est un bon compromis qui n'a pas lieu d'être révisé, d'autant qu'elle a permis, selon lui, d'attirer des compagnies étrangères. Il se présente personnellement comme un fervent défenseur de la petite et moyenne entreprise privée. Il exprime sa conviction que l'Etat doit se désengager de la production en général mais pas des hydrocarbures avant 2020, délai nécessaire pour créer une infrastructure au déploiement du libéralisme et à l'émergence d'entrepreneurs capables de prendre le relais du secteur public.

Quant à Leila Aslaoui, elle a dénoncé avec force dans un message rendu public le président Bouteflika pour les propos injurieux qu'il a tenus à l'encontre des travailleurs et de leurs représentants syndicaux. Elle s'est prononcée contre le bradage des hydrocarbures.

Le MDS, parti de la petite-bourgeoisie qui a rompu avec les idéaux communistes pour épouser les "valeurs" du libéral-modernisme, semble être victime d'une extinction de voix. En fait il est surtout victime de façon cocasse de sa théorie du système "rentier" allié à l'intégrisme. A croire qu'il en est arrivé à considérer que ce serait un bienfait pour l'Algérie "moderne" de commencer sa rupture avec la "rente" et le système qu'elle aurait généré en abandonnant franchement la rente tirée des hydrocarbures aux multinationales. Mais le MDS a une faculté particulière de faire des volte-face pour ne pas perdre le bénéfice du qualificatif de social accolé à son nom. Nul doute qu'une forte poussée des travailleurs dans leur lutte l'amènera à faire un bruyant communiqué pour la saluer, à moins que, dans son attrait pour le capitalisme moderne, il ne soit amené à se rapprocher complètement de ceux qui lui semblent porter ce capitalisme.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Irak

 

Notre parti a remis un important message de soutien au parti communiste irakien à l’occasion de son 67èm anniversaire. Nous en reproduisons de larges extraits

"Depuis plus de 11 ans votre peuple son-parti communiste et ses forces progressistes luttent contre un embargo criminel, imposé et maintenu par l’impérialisme américain. Bien qu’une très grande majorité de l’opinion mondiale exige la levée de cet embargo, qui restera dans l’histoire comme l’un des crimes les plus atroces contre un peuple pacifique, la nouvelle administration américaine n’a pas hésité à inaugurer son mandat par des bombardements sur Bagdad.

Isolé au sein du conseil de sécurité, lâché par de nombreux pays qu’il avait embrigadé en 91 dans sa guerre contre l’Irak et qui demandent aujourd’hui la levée des sanctions, qui n’ont servi qu’à renforcer la dictature sanglante de Saddam, l’impérialisme américain, cherche par tous les moyens à les maintenir en étudiant dit-il des sanctions plus "intelligentes". En attendant les enfants irakiens continuent de mourir. Dans leur folie meurtrière, en Irak ou ailleurs, les impérialistes ont toujours agi en utlisant toutes sortes de prétexte pour accomplir leurs forfaits dans toutes les régions du monde.

A les entendre ils interviennent toujours soit pour défendre leurs ressortissants, soit pour défendre les droits de l’homme, soit pour maintenir la paix. En réalité, ils n’ont apporté partout que mort et désolation et ne s’intéressent qu’à leurs objectifs de domination et de pillage des ressources des peuples. Si les impérialistes américains maintiennent contre vents et marées leur volonté de détruire l’Irak et poursuivent le génocide de son peuple, c’est parce que aujourd’hui comme hier, et peut être plus qu’hier; ils veulent créer coûte que coûte les conditions politiques, économiques et militaires pour renforcer leur suprématie mondiale, y compris vis-à-vis vis des autres pays impérialistes, anciens ou nouveaux. Le soutien à Israël et à Sharon en particulier en ces jours sombres pour le courageux peuple palestinien, à qui ils refusent même une simple protection internationale demandée à des degrés divers par tous les autres membres du Conseil de sécurité est une preuve éclatante d’une volonté qui n’a rien d’humanitaire.

Nous sommes convaincus que cette arrogance et ce défi à tout le monde arabe est largement facilité non seulement par le régime dictatorial de Saddam, mais aussi par une honteuse soumission de la majorité des dirigeants arabes qui n’osent rien faire qui puisse froisser les gouvernants américains.

Les rois et chefs d’Etats viennent de se retrouver en grande pompe à Amman et se sont mis d’accord pour ne prendre aucune décision sérieuse concernant les deux problèmes essentiels (Palestine et Irak)

pour lesquels ils étaient sensés se réunir. Les phrases creuses sur la fraternité, la nation arabe, etc. ne peuvent cacher que rien de sérieux n’a été décidé créant une profonde déception dans toute l’opinion arabe qui exige la fin immédiate de l’embargo contre l’Irak et un soutien concret au moins en argent à l’Intifadha"

..."Sous prétexte de mondialisation, dont ils disent démagogiquement qu’ils veulent relever son défi, ils sont désormais prêts à remettre en cause tous les résultats du mouvement de libération arabe, tous les acquis de dizaines et de dizaines d’années d’efforts et de sacrifices de nos peuples.

Ainsi en Algérie une grande partie de la bourgeoisie prépare la liquidation complète de nos ressources énergétiques. Comme nous le disions dans notre déclaration du 14 mars qui appelait à un soutien ferme de la journée d’action et de protestation contre les projets de notre ministre, soutenu par Bouteflika, " s'il venait à passer, ce projet de loi aurait pour résultat de mettre très rapidement la propriété du pétrole, du gaz, des pipes et oléoducs, des stations de distribution, des raffineries et de toutes les infrastructures du secteur entre les mains des multinationales. Que ce soit pour la recherche ou l'exploitation des découvertes, la distribution ou la commercialisation du brut ou de ses dérivés, rien ne sera plus interdit à ces compagnies qui dicteront leurs lois...L'Algérie ferait ainsi un immense bond en arrière en retombant à l'époque coloniale"

Vous savez aussi, chers camarades, que les milieux dirigeants de notre pays veulent nous lier à l’OTAN, et n’hésitent pas à envisager une collaboration avec cette organisation, dont notre peuple n’oublie ni son soutien au colonialisme durant notre guerre de libération nationale; ni son rôle au Moyen-Orient, y compris lors de votre glorieuse insurrection populaire de 1958 contre la monarchie, ni ses agressions dans les Balkans ou actuellement contre le vaillant peuple irakien"

...Cette soumission à l’impérialisme de la part des féodaux et de différentes fractions de la bourgeoisie arabe, sans oublier l’attitude de nombreux opportunistes qui ont perdu toute perspective, nous fait un devoir de renforcer la lutte que mènent courageusement la classe ouvrière les masses populaires et les patriotes véritables pour défendre les intérêts nationaux, la liberté et une démocratie qui ne soit pas une façade. C’est dire la responsabilité des différents partis communistes arabes, qui disent non à la soumission, non à la compromission, non à la dictature et qui luttent dans des conditions diverses mais toujours difficiles. A cet égard le courage des communistes irakiens, qui combattent à la fois l’agression impérialiste et la terreur exercée par le tyran de Bagdad, est un exemple de fidélité à leur peuple et aux idéaux pour lesquels ils luttent depuis 67 ans"

..."Les communistes algériens vous expriment leur plus totale solidarité. Malgré la situation difficile qu’ils vivent, les travailleurs algériens et leurs forces progressistes, n’oublient pas que d’autres peuples et en particulier le vôtre et le courageux peuple palestinien, ont besoin d’un soutien plus net pour hâter leur victoire contre l’impérialisme, cet ennemi de tous les peuples arabes.

 

 

 

 

 

 

 

APRES L’ARRESTATION DE MILOSEVIC

 

 

Pour le Parti communiste de Grèce, "l’arrestation de Milosevic est un acte terroriste coordonné par les impérialistes de l’Otan/USA, avec l’approbation des gouvernements européens et la collaboration du gouvernement yougoslavo-serbe. Les buts poursuivis sont d’une part, la légitimation du prétexte de la guerre de 1999 pour la dissolution de la Yougoslavie et, d’autre part, la destruction de l’esprit militant de tous ceux qui résistent à l’impérialisme, qui s’opposent aux modifications des frontières et au pillage. Slobodan Milosevic n’aurait été ni persécuté, ni déposé s’il s’était rallié aux accords de Rambouillet".

Ajoutons que les nouveaux dirigeants de la Serbie se

sont déshonorés en arrêtant Milosevic pour satisfaire les exigences des USA

et recevoir en échange de Bush la somme de 100 millions de dollars.

Quelle que soit l'opinion que l'on peut avoir sur le rôle de Milosevic dans les conflits

inter-ethniques, on ne doit pas oublier que :

-la responsabilité principale de la guerre aux Balkans revient aux pays

impérialistes, l'Allemagne en premier lieu, qui ont poussé les peuples de la

région dans les bras des éléments chauvins, qui les ont financés et armés

pour pouvoir placer la Yougoslavie sous le contrôle du FMI et de l'OTAN;

-Madame Albright a monté la mise en scène de la rencontre de Rambouillet

pour empêcher tout compromis entre Yougoslaves et Kosovars et justifier le

déclenchement des bombardements contre la RFY.

Les pays impérialistes ont détruit l'économie d'un pays souverain à seule

fin de mettre à genoux les peuples de la région et provoqué la mort de près

de 2000 personnes lors des bombardements que leur aviation a effectués en

dehors de toute légalité internationale.

L'inculpation de Milosevic par le TPIY, une institution qui bafoue toutes

les règles du droit et de la légalité internationale, fait partie d'une

opération dont le but est de terroriser les peuples et les dirigeants qui

refusent de s'incliner sous le diktat des pays impérialistes.

 

 

 

 

Hommage à Gaston Revel

 

Nous avons appris avec beaucoup de peine la disparition de notre camarade Gaston Revel, ancien militant du parti communiste algérien (PCA). Instituteur en petite Kabylie durant de nombreuses années, il prit fait et cause pour les revendications de notre peuple dès son entrée en fonction.

Cela lui a valu de nombreuses tracasseries administratives et plusieurs périodes d'emprisonnement en tant que membre du parti communiste algérien, mais aussi d'être élu conseiller municipal de Bougie dans le collège musulman

Plus tard, pendant la guerre de libération nationale, il fùt radié de l'éducation nationale par le sinistre Papon, alors gouverneur en Algérie.

De retour en France, il n'a jamais cessé de s'intéresser au combat de notre peuple et à l'activité de ses camarades organisés aujourd'hui au sein du PADS. Notre parti présente à sa famille et à ses amis ses sincères condoléances.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les ouvriers russes exigent qu'on leur rende leur papeterie

 

 

 

Les quelques 2.000 travailleurs de la papeterie russe de Vyborg ont arraché une victoire importante: un tribunal a décidé que la privatisation de l'entreprise en 1996 s'était déroulée de façon illégale. Les travailleurs exigent donc qu'on leur rende leur usine. A l'époque, la papeterie Vyborg avait été vendue à la très douteuse firme britannique Alcem pour à peine 2, % de sa valeur réelle. Immédiatement, la nouvelle direction licenciait deux tiers du personnel et les travailleurs restants n'avaient plus touché leurs salaires.

Là-dessus, les travailleurs ont entrepris d'occuper leur "usine du peuple". Ils se sont mis à produire pour leur compte. Avec succès, d'ailleurs. Tout de suite, de nouvelles commandes ont afflué, les travailleurs recevant désormais leurs salaires chaque mois.

A deux reprises, Alcem a dépêché sur place la police anti-émeute mais les travailleurs, soutenus par la population locale, ne se sont pas laissés intimidér. D'après certaines sources, 99 % des privatisations en Russie seraient illégales.

 

 

 

 

IL y a cinquante ans

 

Les époux Rosenberg étaient exécutés

 

L'impérialisme américain dont les dirigeants ont la bouche est pleine de phrases démagogiques, telles la liberté d'expression, les droit de l'homme, la démocratie, ont toujours eu un culot démesuré pour justifier leurs interventions dans divers points du globe : Corée, Vietnam, Somalie, Panama, Grenade, Irak, Yougoslavie et tant d'autres pays, notamment en Amérique latine.

Sur leur territoire même, tout le monde sait la politique d'extermination et de ségrégation raciale qu'ils ont toujours pratiquée à l'égard des Amérindiens, des Noirs et des immigrés latino-américains. Leurs crimes étaient déjà innombrables lorsqu'ils ont déclenché leur opération répressive dite la "Chasse aux sorcières " - entendez la chasse aux communistes et à leurs sympathisants.

Ainsi, il y cinquante ans, en 1951, ils n'hésitaient pas à exécuter Julius Rosenberg et son épouse, Ethel, sous le fallacieux prétexte d'espionnage atomique, alors que ce couple n'était pas en mesure d'assimiler des données qui n'étaient pas de leur domaine.

Ces camarades, avec un immense courage, ont résisté à toutes les pressions pour les amener à

reconnaître leur culpabilité. Cela leur aurait permis de sauver leur vie. Mais leur dignité de militants de la plus haute conscience leur a permis de ne pas s'abaisser à cette faiblesse.

A travers le monde monta une vague d'indignation. En Algérie même, sous l'impulsion du Parti communiste algérien, se développa une vaste campagne de protestation. Des dizaines de milliers de tracts furent diffusés, des meetings furent organisés à travers tout le territoire national, les murs furent couverts d'inscriptions réclamant la vie sauve pour ces deux citoyens américains qui avaient le tort d'être juifs et communistes. Il y a quelques années une de ces inscriptions était encore apparente sur un mur de l'ex-rue Léon-Roches, à Alger. Elle avait résisté aux épreuves du temps, comme pour dire que nous n'avons pas oublié les camarades Rosenberg !

Les autorités US restèrent inflexibles dans leur décision. Pour l'exemple, ils exécutèrent le couple innocent. Nous nous inclinons devant le courage remarquable de ces deux militants révolutionnaires et rendons hommage à leurs mémoires.

 

 

 

 

 

 

 

Avril 1961: Un homme dans l'espace, un Soviétique

Quarante années se sont écoulées depuis que, pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, le plus vieux rêve de l'homme, celui d'Icare, se réalisait.

Youri Gagarine, un fils de travailleur paysan, citoyen de l'URSS, surmontait les forces de l'attraction terrestre pour s'envoler courageusement vers l'espace. Peu de temps après une femme Héléna Terechkova prenait la même direction. La réussite fut parfaite, donnant naissance à une nouvelle épopée qui devait se poursuivre avec la mise en orbite de la station Mir. Celle-ci devint un véritable laboratoire de l'espace. Elle reçut à son bord des spationautes de nombreux pays, d'Asie, d'Amérique latine, d'Afrique et du Moyen-Orient, d'Europe et même des Etats-unis.

Aujourd'hui encore, les clameurs des sirènes antisoviétiques et d'une façon générale anticommunistes, ne cessent de s'entendre pour criminaliser le socialisme, pour faire oublier ses réalisations. Il n'est donc pas sans importance de rappeler que Youri Gagarine était un communiste et un citoyen soviétique. L'URSS avait dix ans d'avance sur le pays le plus développé de la planète, les USA.

Pourtant, cette dernière avait déjà en 1917 une industrie puissante alors que l'URSS était encore sous-développée, sans industrie aéronautique. Vingt ans plus tard, lors de la deuxième guerre mondiale sous la barbarie nazie, elle perdait 25 millions de ses meilleurs fils, ouvriers, paysans, cadres, ingénieurs. D'innombrables villages, trente mille villes, autant d'écoles et des dizaines de milliers d'usines furent détruits. Les USA n'eurent aucune destruction et ne perdirent (c'est déjà trop) que 250.000 soldats et pas même une maison ne fut détruite chez eux!

Seulement 16 ans après, l'URSS avait reconstruit tout ce qui avait été détruit et était en mesure d'envoyer un homme dans l'espace. Ce sont là, des réalités que la virulence des anticommunistes ne pourra jamais effacer, quoi qu'ils fassent !

 

 

 

 

 

 

Sidi Said s'est trouvé...un nouveau papa !

 

Le secrétaire général de l'UGTA, Sidi Saïd, est un homme curieusement versatile. Aussi lui arrive-t-il souvent de ne plus savoir où il en est. Ainsi, faisant fi des déclarations de Bouteflika à Ouargla, lors de la puissante journée d'action des travailleurs le 20 mars, toute honte bue, il vole au secours du Président. Sans rire le voilà qui annonce : "Il faut prendre ses propos comme des conseils d'un père à ses enfants". Bien que nous soyons sceptiques quant à la paternité que de la sorte il revendique, nous nous posons des questions. Si Sidi Saïd se prend pour l'un des fils de Bouteflika, que fait-il à la direction de la centrale syndicale ?

Comment peut-il prétendre soutenir les travailleurs que menace de ses foudres Bouteflika et, en même temps, approuver les propos de son "père" dont la seule politique vise à brader l'économie du pays. et à licencier des milliers de travailleurs ?Ceux-ci n'ont décidément rien à attendre de ce prétendu syndicaliste, en principe chargé d'assurer leur défense, mais qui suit scrupuleusement les conseils de son "papa" et son désir de "calmer le jeu".

En vérité, seules les luttes des travailleurs pourront les conduire à obtenir la satisfaction de leurs revendications, à empêcher la privatisation des secteurs clés de notre économie qui conduit à l'abandon de notre souveraineté nationale.