S’UNIR LUTTER ET S’ORGANISER POUR DES CHANGEMENTS REELS ET
PROFONDS
La politique imposée par le FMI et appliquée docilement par les couches dirigeantes a fait faillitte. Malgré des ressources considérables, notre pays s’enfonce dans la crise. En dehors des hydrocarbures, la production ne repart pas. Les grandes entreprises publiques sont asphyxiées. Leurs productions et celles des entreprises productives privées ne bénéficient d’aucune protection face aux productions étrangères, importées par les spéculateurs liés aux multinationales. Cette politique ne cesse d’aggraver le chômage et la pauvreté. Ses conséquences sociales sont de plus en plus dramatiques. L’école, la santé, le logement deviennent un rêve pour des millions et des millions de nos compatriotes. A l’opposé les bourgeois compradores, les mafieux et les affairistes, ceux à qui le pouvoir n’a rien à refuser vivent dans un luxe insolent. Voilà le résultat des "réformes" soit-disant incontournables, que mettent en oeuvre des milieux dirigeants et qu’ils veulent poursuivre contre vents et marées. Ils pensent qu’ils n’ont pas assez détruit d’entreprises, qu’ils n’ont pas complètement liquidé le système de protection sociale, qu’il n’y a pas encore assez de malheureux chez nous! et...qu’il faut accélérer les "réformes"! L’imminence de la signature de l’accord d’association avec l’Union Européenne et l’adhésion programmée à l’OMC aggraveront encore la situation de nos entreprises, diminueront les rentrées fiscales et...augmenteront inévitablement le chômage et la misère
La lutte des travailleurs tout au long de ces derniers mois, celle des jeunes de Kabylie ces dernières semaines ne font pas changer d’avis des milieux dirigeants qui, tout en versant de temps en temps des larmes de crocodile sur les ravages de la "globalisation " nous "expliquent" quotidiennement que le seul moyen de nous en sortir consiste à sacrifier nos industries et à laminer encore nos acquis sociaux. Ces milieux ne nous disent jamais bien sûr que cette mondialisation capitaliste, si elle s’attaque aux intérêts nationaux, fait parfaitement l’affaire de nombreuses couches de la bourgeoisie. La résistance des travailleurs, leur refus d’accepter la casse de leurs usines, leur opposition au bradage des ressources nationales, les inquiète mais ne les conduit pas encore à changer de politique.
La seule conclusion qu’ils tirent apparemment des derniers évènements consiste à permuter quelques ministres, à faire rentrer dans le gouvernement quelques têtes qui ne sont pas toutes nouvelles et le tour est joué! Leurs objectifs fondamentaux sont inchangés et il est illusoire d’attendre de ce ministère remanié la fin de la corruption, de la hogra ou de l’exclusion.
Seule une lutte ferme, organisée et unie des travailleurs, des jeunes, des femmes et des toutes les forces désireuses de mettre un terme à la politique actuelle, est capable de créer les conditions d’un changement réel et profond. Cette union ne peut se réaliser sans l’isolement des chauvins de tout bord, sans lutte contre les diviseurs, sans opposition résolue aux mots d’ordre appelant aux commissions d’enquête et à l’intervention de l’OTAN.
L’expérience prouve également que face aux multiples organisations que la bourgeoisie s’est donnée pour mener sa politique de classe (partis et associations diverses), les travailleurs, les petits paysans, les femmes, les jeunes et les étudiants...doivent eux aussi avoir leurs propres organisations, indépendantes du pouvoir et de la bourgeoisie, pour défendre leurs revendications légitimes.
Dans ce cadre la classe ouvrière, qui a déjà montré sa capacité à prendre en charge les intérêts nationaux et sociaux a une responsabilité particulière. En effet sa mission ne se limite pas seulement à arracher des revendications sociales par l’intermédiaire de ses syndicats. Elle lutte pour des changements radicaux et n’accepte pas de laisser à la bourgeoisie le soin de décider des affaires de notre pays comme bon lui semble. Organisée dans son parti, ouvert aux militants progressistes des autres couches sociales, elle est destinée à rassembler toutes les victimes d’une politique, qu’il est de temps de stopper, pour ouvrir à notre pays d’autres perspectives. C’est pourquoi il est nécessaire pour tous ceux qui désirent un changement profond de soutenir sa lutte courageuse et combattre les idées réactionnaires et opportunistes en vogue dans le monde capitaliste et relayées chez nous par les technocrates du pouvoir et des porte-parole de la bourgeoisie.
Notre parti a publié le 30 mai une importante déclaration sur la signification des luttes en kabylie, que nous reproduisons ci-dessous :
SOUTENIR FERMEMENT LA LUTTE DES CITOYENS ET DES JEUNES EN KABYLIE CONTRE LA POLITIQUE DU POUVOIR
Le sang ne cesse de couler depuis un mois en Kabylie.Le pouvoir a opté pour une répression féroce des manifestations qui se déroulent dans cette région du pays. Des dizaines de citoyens, en grande majorité des jeunes, sont tombés sous les balles des gendarmes.Quotidiennement les tirs fauchent des citoyens à la fleur de l'âge.
Les manifestants ne réclament plus seulement la reconnaissance du tamazight. Les citoyens de la Kabylie, en particulier les travailleurs et les masses populaires, dénoncent avant tout la hogra, l'arbitraire, les dénis de justice et le mépris affiché par les classes dominantes à l'égard de leurs justes et légitimes revendications. Ils exigent la fin de l'autoritarisme et de la corruption dont ils sont quotidiennement victimes. Ils expriment en fait et de façon massive leur rejet de la politique de casse et de misère que les classes exploiteuses et les groupes mafieux au pouvoir mènent depuis de longues années au service des multinationales et des nouveaux riches algériens. Ils mettent en cause toute la politique économique et sociale du pouvoir qui ne laisse pas d'autre perspective aux jeunes que le chômage et l'exclusion sans espoir d'en sortir.
Les revendications courageusement clamées par les jeunes de Kabylie rejoignent celles de toutes les autres régions du pays. Ce n'est pas le fait du hasard si de nombreux travailleurs, jeunes et étudiants d'Alger, d'Oran ou d'ailleurs se montrent solidaires de ces revendications.
Les luttes en Kabylie prolongent celles que mènent sous différentes formes les travailleurs à travers tout le pays pour mettre en échec une série de projets qualifiés de réformes. Tous ces projets visent à liquider le secteur public, à empêcher la relance de l'industrialisation, malgré l'existence de réserves de change sans précédent, à placer les richesses du pays sous le contrôle des multinationales et d'une minorité de gros affairistes et de bourgeois nouvellement enrichis. La journée de protestation du 20 mars contre le projet de dénationalisation des hydrocarbures et la solidarité qui a commencé à se manifester dans de larges secteurs avec les travailleurs du pétrole, ont révélé l'existence d'un grand potentiel de luttes populaires.
Toutes ces luttes peuvent être caractérisées comme les escarmouches annonciatrices d'un premier grand affrontement de classe entre, d'un côté, les travailleurs et les masses populaires, et de l'autre, les fractions de la bourgeoisie aux bottes du FMI qui ont laminé les acquis nationaux et sociaux.
En faisant tirer sur les manifestants le pouvoir agit donc comme s'il voulait adresser un avertissement à l'ensemble des travailleurs et des masses populaires du pays qui seraient tentés de laisser éclater leur mécontentement. Les travailleurs et les masses populaires ne veulent plus d'un régime qui a ruiné le pays, qui les a réduits à la misère, au point que des enfants meurent de faim, et qui enrichit sans vergogne une poignée d'affairistes tout puissants liés aux cercles qui gouvernent le pays. Face à la déflagration sociale qui se rapproche le pouvoir manie simultanément le bâton meurtrier et la carotte de son soi-disant plan de relance économique qui n'a pour seul objectif que d'enrichir encore une minorité de trafiquants sous couvert de grands travaux. Ce n'est pas un hasard non plus si les populations de Kabylie ont désavoué la politique des partis dominants dans la région, ceux qui prétendaient monopoliser la revendication tamazight. Contrairement à ce que laissent entendre des commentaires inspirés par les gens du pouvoir qui sont effrayés par un tel mouvement populaire, les citoyens de Kabylie ne rejettent pas l'existence des partis politiques. Ils ont pris leur distance vis à vis du RCD comme du FFS au vu de leur action concrète, y compris dans la gestion des communes qu'ils contrôlent depuis trois ans. Le premier s'est discrédité en soutenant la politique économique désastreuse des couches sociales dirigeantes. Le second passe son temps à réclamer une intervention directe des puissances impérialistes dans les affaires de notre pays. Il tient avec une rare obstination à dédouaner les fascistes islamistes de leurs crimes en présentant à chaque fois son contrat de Rome sous de nouveaux camouflages. Il n'a pas hésité à déployer au cours de la marche qu'il avait organisée à Alger une banderole demandant l'intervention de l'OTAN en Algérie!
RENFORCER LES COMITES DE VILLAGES SUR LA BASE DE PLATES-FORMES D'ACTION
Les citoyens de Kabylie s'organisent partout, dans leurs quartiers comme dans les villages les plus reculés pour prendre en charge leurs revendications, déjouer les provocations et les tentatives de caporalisation de toutes sortes.
Le Parti algérien pour la démocratie et le socialisme, parti des communistes, dont toutes les orientations sont pleinement confirmées par la situation actuelle, estime que c'est là un fait très positif. Il appelle l'ensemble des travailleurs et des forces de progrès de tout le pays à soutenir par des initiatives concrètes, le mouvement créé par ces comités de citoyens qui drainent de larges masses autour de revendications démocratiques et socio-économiques. Ce mouvement ne peut inquiéter que ceux qui veulent poursuivre la politique ultra-libérale qui a mené le pays au désastre. Ceux-là n'ont nullement l'intention de renoncer à leurs plans. Tant qu'ils auront la haute main sur le pays, ils persisteront dans cette voie funeste en mettant en selle, au besoin, de nouvelles équipes moins discréditées.
Certains tentent de semer la confusion sur la signification des luttes actuelles en Kabylie. Ils refusent d'y voir une condamnation de la politique économique et sociale du pouvoir, des privatisations et des bradages, des plans du FMI, de la dégradation de l'école et de la santé publique. Ils ne veulent voir dans toutes ces manifestations que la revendication du Tamazight. A l'inverse, d'autres tentent de nier que la reconnaissance du Tamazight fait aussi partie des exigences des manifestants. Pire encore, des ultra-libéraux mettent cette explosion sur le compte des prétendus blocages des "réformes". Ils en appellent à accélérer leur application tout en versant des larmes hypocrites sur le sort des exclus produits par ces mêmes réformes ! Les uns comme les autres s'efforcent en réalité de cacher ce fait évident que les masses populaires rejettent la politique du pouvoir dans tous ses aspects, qu'elles aspirent à des changements radicaux, à une démocratie véritable.
Ces comités se renforceront et élargiront leurs assises sociales dans la mesure seulement où leur travail de mobilisation est accompagné de gros efforts de clarification sur la base de plates-formes d'action qui reflètent les aspirations démocratiques des larges masses, les revendications des travailleurs, des jeunes chômeurs, des paysans pauvres. Ils se renforceront et s'élargiront dans la mesure aussi où leurs éléments les plus progressistes, les plus conscients et les plus combatifs feront l'effort, tout en animant l'action quotidienne de ces comités, de s'organiser et de se regrouper sur des bases politiques de classe, de se démarquer des courants politiques bourgeois qui tenteront inévitablement de diriger le mouvement pour le rendre inoffensif, ou le canaliser dans le sens de leurs intérêts. Il appartient à ces éléments les plus conscients d'exprimer de façon intransigeante les aspirations économiques, sociales et politiques, des travailleurs, des paysans pauvres et des jeunes issus des couches sociales démunies. Les luttes en Kabylie et ailleurs sont destinées à se développer dans les semaines et les mois à venir. Leur succès dépendra avant tout de l'union et de l'organisation de tous les exploités du pays, de toutes les victimes des ajustements structurels et du diktat de la bourgeoisie compradore, affairiste et mafieuse, autour d'objectifs clairs tels que :
• Lutte contre la répression et solidarité avec les familles des victimes de cette répression;
• Châtiment des responsables des tueries;
• Reconnaissance du Tamazight;
• Liberté d'statement et d'organisation. Abrogation de toutes les lois scélérates qui empêchent les travailleurs, les paysans, les jeunes et les femmes de s'exprimer ou de manifester pacifiquement pour défendre leurs revendications, de s'organiser librement en associations, syndicats et partis politiques. Abolition, en particulier, des lois sur la constitution des partis politiques ou des organisations syndicales.
• Retrait des amendements du Code pénal visant à étouffer la liberté de presse;
• Renforcement des groupes d'auto-défense armés contre les bandes terroristes islamo-fascistes.
• Arrêt de la politique de casse et retrait de tous les projets de liquidation du secteur public, et notamment celui que prépare le ministre de l'Energie sur les hydrocarbures;
• Mise à la disposition des entreprises publiques des secteurs industriels stratégiques de 5 milliards de dollars pour la réhabilitation de leurs équipements et la pleine exploitation de leur potentiel productif;
• Création massive de véritables emplois pour les jeunes dans l'industrie, le bâtiment et les travaux publics, l'agriculture et arrêt des licenciements abusifs;
• Politique fiscale plus juste au service des travailleurs et de l'intérêt national, austérité sur les riches, annulation des exonérations scandaleuses, notamment celles qui ont été accordées aux franges de la bourgeoisie liées à la spéculation et aux multinationales;
• Mise en oeuvre d'une autre politique sociale, dans les domaines de la santé, de l'école, du transport et du logement; prise en charge réelle des nombreux citoyens réduits à la mendicité, comme les victimes du terrorisme, les handicapés et les enfants abandonnés.
Les communistes appellent les travailleurs et les progressistes à soutenir la lutte des jeunes et des masses populaires de Kabylie, à isoler les diviseurs, les manipulateurs et les provocateurs. Ils appellent en particulier les jeunes à éviter des actions nuisibles telle que la destruction des biens publics et des archives administratives qui portent préjudice aux citoyens ou font la joie des gros fraudeurs du fisc.
Ils sont pour l'unité d'action avec toutes les forces désireuses de faire triompher ces revendications.
PADS 30 mai 2001
ECONOMIE : POUR LE CNES LA DEGRADATION CONTINUE
La dernière note de conjoncture du Conseil Economique et Social (CNES) confirme l’aggravation de la situation. Le conseil constate que l’amélioration des grands équilibres macro-économiques et en particulier financiers, qui restent par ailleurs fragiles, n’a servi ni à l’économie nationale, ni à l’arrêt de la dégradation sociale dans tous les domaines. En effet, tous les Algériens savent que l’augmentation des ressources financières, grâce au maintien du cours du brut depuis la mi-99, n’a servi ni à la relance de la production hors hydrocarbures ni à l’amélioration du pouvoir d’achat des travailleurs et des masses populaires. Même si les honorables conseillers ne le précisent pas, il n’y a là aucun paradoxe. Pour ne prendre qu’un seul exemple, celui de la production du secteur public, comment s’étonner que sa production ait encore diminué en 2000 de 2,3% par rapport à 99( avec moins 9,4% pour l’Agro-alimentaire et moins 13,5% pour les textiles, cuirs et peaux) quand on sait à quel point les Temmar, Khellil Benachenhou et autres font tout pour le casser? Comment s’étonner de cette situation quand on sait que le pouvoir refuse de lui accorder une aide quelconque et préfère résever nos devises à des importateurs-spéculateurs? Enfin comment s’étonner de cette amère réalité quand on sait que la chute du pouvoir d’achat ne permet plus à des millions d’Algériens d’acheter des produits alimentaires de base ou des chaussures pour leurs enfants? Le CNES lui-même note que la pauvreté touche maintenant de nombreux salariés
Le ministre représentant le gouvernement à la session du CNES a confirmé que l’argent ne manque pas, aussi bien en dollars qu’en dinars. Il nous révèle que le pays dispose à fin avril de 14,5 milliards de dollars et de 475 millards de dinars, que la dette extérieure a diminué, que son ratio n’est plus que de 20% etc. Il s’appuie sur ces "succès" pour créer de nouvelles illusions. Il a bien sûr prétendu que le nouveau plan de relance va créer des centaines de milliers d’emplois, relancer la production dans l’industrie et l’agriculture, améliorer les infrastuctures etc Les mêmes causes produisant les mêmes effets, les orientations imposées par les multinationales et les organismes à leur service (comme le FMI ou la banque mondiale) et que continuent d’appliquer plus que jamais nos milieux dirigeants ne nous permettront ni de relancer la production, ni de liquider le chômage. Ce n’est pas le manque de ressources qui est à l’origine de la dégradation de la situation. C’est une politique imposée par les multinationales et des dirigeants à leur service et qui consiste à casser nos entreprises publiques, à inonder le marché national de leurs produits, à détruire nos services publics, à renforcer toujours plus l’austérité pour les travailleurs et les familles populaires quelles que soient les ressources dont dispose le pays. Sans lutte ferme et unie des victimes de cette politique, avec les travailleurs à leur tête, il est illusoire de s’attendre à des changements salutaires. Le CNES, qui constate que la pauvreté s’étend ne met pas en lumière cette nécessité et nous reparle à nouveau du "pacte social"
ou du "pacte de croissance". Il prétend ainsi, comme de nombreux dirigeants centraux de L’UGTA, que la solution se trouverait dans une quelconque union entre la bourgeoisie et la classe ouvrière. Ce matraquage idéologique n’empêchera pas les travailleurs de comprendre que la seule union, à construire, dans les luttes, est celle qui regoupera toutes les couches sociales, victimes de cette politique de classe, qui conduit au désastre. Les forces progressistes réelles, les soutiendront dans cette prise de conscience et les encourageront à renforcer leurs luttes actuelles y compris dans l’édification de leurs propres organisations de classe (syndicat et parti) sans lesquels il est impossible de donner un coup d’arrêt à la politique actuelle.
PALESTINE : APPORTER UN SOUTIEN REEL AU PEUPLE PALESTINIEN
Le peuple martyr de Palestine continue de subir quotidiennement l’agression barbare des occupants. Comme tous les colonialistes, les dirigeants israéliens, travaillistes ou membres du Likoud, leurs chefs militaires et leurs colons s’imaginent que leurs crimes, de plus en plus atroces, arriveront bien à mâter la résistance d’un peuple, décidé à arracher la liberté.
Pour bien montrer au monde entier leur volonté d’écraser un peuple, qui ne demande que son indépendance, les couches dirigeantes d’Israël se sont choisi un premier ministre, qui a déjà prouvé durant des dizaines d’années que la seule politique qu’il connaisse, c’est la guerre, les massacres et la construction des colonies. Il n’a jamais caché son refus de tout accord avec les Palestiniens et ne veut pas autre chose qu’une abdication complète de leurs dirigeants. Aucun homme politique et surtout pas Georges Busch, qui l’a reçu immédiatement à Washington après son élection, n’ignorait la politique qu’il allait mettre en oeuvre.
Si de nombreux dirigeants arabes ont feint de ne pas comprendre ce que signifiait l’arrivée de Sharon au pouvoir, c’est uniquement pour fuir leurs responsabilités. S’il a atteint le sommet de l’horreur en utilisant des F16 pour tenter de terroriser les palestiniens, cela n’avait rien d’imprévisible. Cela prouve simplement que les dirigeants américains sont les véritables responsables de la répression contre le peuple palestinien. Cela prouve aussi que les autres puissances impérialistes ne sont que des complices et que de nombreux dirigeants arabes trahissent la cause du peuple palestinien, en refusant de remettre en cause leur "alliance" avec l’impérialisme américain. Ces dirigeants ne veulent pas entendre les cris des enfants palestiniens, qui ont compris que les responsables de leurs malheurs, se trouvent à Washington. Ils continuent à se concerter et à se réunir pour voter des résolutions, qui ne sont qu’une tentative illusoire de gagner du temps. Ces résolutions, bien qu’étant loin du compte, ne sont jamais appliquées et pour bien montrer qu’il s’agit de chiffons de papier, le ministre des Affaires étrangères de Mauritanie arrive à Tel Aviv après la décision de la Ligue arabe de suspendre "tout contact politique " avec le gouvernement israélien!
Au moment même ou Sharon détruit tout ce qu’il peut détruire avec ses avions, ses hélicoptères de combat, ses blindés et ses tueurs professionnels, chargés d’assassiner les dirigeants palestiniens; on nous parle de la mission Mitchell qui demande "l’arrêt de la violence des deux côtés".et l’arrêt de la colonisation. Pour bien montrer en quoi consiste son "acceptation " de la mission Mitchell, Sharon réunit ses ministres qui décident de...construire de nouvelles colonies.
Après l’attentat suicide qui a fait plus de 20 morts et une centaine de blessés près de Tel Aviv, attentat condamné immédiatement par Arafat, les dirigeants américains, européens et certains dirigeants arabes utilisent les menaces de Sharon pour sommer le dirigeant palestinien d’ordonner un "cessez-le feu". Ce qu’il a fait avec probablement l’espoir que cela va amener à des négociations de paix. Cette décision d’Arafat n’a pas l’air de satisfaire Sharon, qui continue de le traiter de terroriste.
En vérité, les impérialistes américains et Sharon ne veulent que d’une seule chose : l’arrêt de L’intifadha, y compris l’arrêt des manifestations populaires contre les agressions des soldats israéliens et l’occupation .
Tous ceux qui veulent vraiment des négociations sérieuses qui aboutissent réellement à une paix véritable et juste ne peuvent que soutenir politiquement et matériellement le peuple palestinien. Les guerres d’Algérie et du Vietnam se sont terminées quand les impérialistes américains et les colonialistes français ont reconnu le droit des peuples vietnamien et algérien à l’indépendance. C’est pourquoi rien n’est plus urgent pour les progressistes du monde entier que de lutter non seulement contre les crimes des dirigeants israéliens, soutenus directement par l’administration américaine, mais aussi contre leurs complices, y compris ceux qui dans le monde arabe, préfèrent tenter de sauvegarder leurs mesquins intérêts de classe au détriment de l’indispensable solidarité avec le peuple palestinien.
A propos des attentats-suicide,
voici l’opinion de Leila Shahid, représentante officielle de l’Autorité palestinienne à Paris
"Toute action menée contre des civils dans le monde entier, que ce soit à Paris ou en Palestine, c'est du terrorisme. Et quand l'armée israélienne mène des actions armées contre des civils palestiniens, c'est du terrorisme d'Etat. Tuer volontairement des civils, c'est du terrorisme. Aussi je me demande si M. Sharon ne cherche pas à susciter de nouveaux attentats, car chaque fois qu'il tape plus fort la population, il produit de nouveaux candidats aux opérations suicides. Comment ces jeunes gens en arrivent-ils à se mettre des bâtons de dynamite autour de la taille et se faire exploser ? Par désespoir. Quand M. Sharon les assiège, les affame et les bombarde, il ne leur laisse pas d'autre choix que le suicide. (voir interview à "l’humanité" du 23mai 2001)
L’ENFER DES PALESTINIENS
Du 28 septembre dernier au 14 mai, l’armée israélienne a détruit 4 000 maisons, 30 mosquées et 12 églises. 4 000 familles palestiniennes ont été expulsées, si on
considère qu'une famille comprend 10 personnes en moyenne, cela fait environ 40 000 expulsés"Les forces israéliennes — ainsi que plusieurs colons — ont tué 492 Palestiniens, dont 172 jeunes de moins de 18 ans et 77 étudiants. Les attaques israéliennes ont fait 23 147 blessés, dont 40 % de moins de 18 ans et 2 077 étudiants. Trois médecins palestiniens et un allemand ont de même été tués, 99 infirmiers et 71 journalistes blessés. Neuf ambulances ont été détruites et 82 autres endommagées. Les autorités israéliennes ont détenu 1 850 jeunes Palestiniens mineurs. 41 écoles ont été fermées, 65 étudiants et 15 professeurs ont été arrêtés. (chiffres fournis par le "Conseil palestinien de justice et de paix")
Entre la guerre, la paix, la confusion et la vérité
De nombreux téléspectateurs algériens et étrangers ont suivi attentivement le 3 mai l’émission de la chaîne franco-allemande consacrée à une partie des problèmes de notre pays. A une partie, seulement ! Car, en vérité, sur les trois documentaires projetés, seul celui de Djillali Hadjadj, " Algérie, mon amour, Algérie pour toujours " (1) a courageusement posé la pénible condition sociale des masses laborieuses et montré du doigt ceux qui en sont la cause. Il a notamment illustré par l’exemple d’une bourgade du Sud, totalement oubliée par le pouvoir, le mépris de celui-ci à leur égard, alors que ses tenants rivalisent dans la corruption et l’accumulation des richesses volées à ceux qui les produisent.
Quant aux deux autres documentaires, signés Faouzia Fekiri, ils ne manquaient pas d’ambiguïtés. Le premier, " Le Rêve de Sisyphe" se voulant emblématique soulève les problèmes de survie et des rapports avec leur entourage d’une veuve et de ses orphelins abandonnés par le père mort après avoir rejoint un maquis islamiste. Nous sommes convaincus que le sort de ces veuves et celui de leurs enfants doit être pris en charge par les autorités. Nous déplorons que cela ne soit pas le cas toujours. De même, nous avons proclamé à plusieurs reprises dans nos colonnes que nous ne sommes pas opposés à ce que l’amnistie soit accordée à ceux des islamistes issus des milieux populaires qui, sans perspectives aucune, se sont laissés inconsciemment manipulés et lorsqu’ils n’ont pas les mains souillées de sang. Mais le bât blesse lorsque Faouzia Fekiri, se fait larmoyante sur le seul sort de ces pauvres enfants en ignorant presque totalement celui des victimes du terrorisme, de leurs enfants et des veuves, dont l’avenir ne semble pas plus enviable que celui du petit Kamel, de sa sœur et de sa mère. Sait-on que de nombreux islamistes ont encaissé d’importantes indemnités délivrées par le pouvoir ? C’est un peu comme si elle tentait, consciemment ou pas, sous prétexte d’objectivité, de faire oublier les véritables responsables : Les commanditaires appartenant à la bourgeoisie compradore qui pratique sous une forme ou une autre, une éhontée razzia sur les richesses du pays.
Son second documentaire, " Le Glaive et le Croissant ", nous a laissé un sentiment de malaise encore plus grand. Il est vrai qu’il nous montre en alternance le combat des " Ninjas " et celui des islamistes. Cependant, il laisse penser aux téléspectateurs non avertis que ces intégristes sont des citoyens qui se battent pour une cause honorable. Ces terroristes, réfugiés dans les maquis, fabriquent ingénieusement des armes ( bombes piégées, petits missiles et autres bazookas ) évoluent dans les montagnes à leur aise, mangent paisiblement, prient ensemble, expliquent tranquillement, exemple à l’appui, devant la caméra la meilleure façon de tendre des embuscades aux Patriotes, GLD, soldats de l’ANP …
Mais pas un mot, ou si peu ! sur leurs victimes civiles, des petits paysans pauvres, des bergers sans richesses, des familles entières assassinées, y compris des bébés froidement égorgés. Ces derniers aspects n’étaient pas évoqués dans ce film. N’ayant pas été abordés au cours du débat qui a suivi sa projection, ils posent de graves questions.
Cette émission de Pierre-André Boutang, à laquelle assistaient Zazie Sadou, Djillali Hadjadj, Miloud Brahimi, Yasmina Khadra et un journaliste allemand, Michel Lüders dont on se demande ce qu’il faisait là, pose aussi d’autres questions. La plus épineuse est celle-ci : comment Faouzia Fekiri a pu, soit se procurer les images tournées dans les maquis, soit obtenir l’agrément de s’y rendre et de filmer les islamistes ? .
Zazie Sadou, à laquelle Pierre-André Boutang n’a pas accordé suffisamment la parole, a pu répondre avec pertinence à quelques-uns des problèmes propres aux femmes et témoigner que les massacres sont bien le fait des islamistes. Djillali Hadjadj a dénoncé avec force les maffiosi qui se partagent le marché des médicaments, ceux de l’alimentaire et d’autres. Il a également relié les actes terroristes commis dans certaines régions du pays épargnées jusque-là, comme le littoral à l’ouest de la capitale, et l’achat, par des affairistes de tous bords, à vil prix des terres des petits paysans menacés par les islamistes et contraints de fuir ces régions pour s’abriter dans des bidonvilles en périphérie des villes.
Il eut été intéressant au cours de cette émission d’évoquer le combat des travailleurs qui n’entendent pas se laisser déposséder des richesses qu’ils ont contribué à développer, leurs luttes de tous les jours et la grande journée d’actions que fut le 20 mars dernier.
( 1 ) "Algérie, mon amour, Algérie pour toujours" de Djillali Hadjadj a été publié par les éditions La Dispute.
320 pages, 120
La grosse ignorance de Ali Kerboua, actuel secrétaire du FFS
L’on peut faire dire une chose et son contraire à un mot extrait de son contexte. Pourtant, nous allons faire la preuve que cela n’est pas toujours vrai. Car, de mot en mot, de confidence en confidence, Ali Kerboua, actuel premier secrétaire du FFS, nous en apprend de belles sur ses pensées profondes !
Ainsi, et bien qu’il soulève dans une interview accordée à EL WATAN du 6 mai de réels problèmes, comme ceux de la reconnaissance de tamazight ou le retrait du projet de loi portant amendement du code pénal, il n’hésite pas, par ailleurs, à féliciter le pouvoir français pour son "courage" et ses "avancées", un peu "frileuses" dans la dénonciation de la répression exercée par le pouvoir algérien lors des manifestations de Kabylie.
Poursuivant dans l’amalgame, il ajoute de façon incompréhensible : "Nous n’avons aucun complexe. Et nous refusons cette histoire d’ingérence. Il s’agit de concepts éculés". Veut-il dire qu’il est opposé au "droit d’ingérence" ou, au contraire l’approuve-t-il ? Nous penchons pour la seconde hypothèse puisque, sans le moindre scrupule, il rappelle que "Aït Ahmed a envoyé, à la veille de la marche d’Alger, des lettres à l’ONU, à l’Union européenne, à l’OTAN". Vous avez bien lu : à l’OTAN ! Ignore-t-il que cette organisation dépend étroitement de l’impérialisme américain et, accessoirement, de ses complices occidentaux, qu’elle est intervenue en Irak, en Yougoslavie, qu’elle a mis ses équipements militaires au service du colonialisme durant notre guerre de libération nationale ? Souhaite-t-il une balkanisation de notre pays ? Car le fait de lancer un appel à ces organisations veut simplement dire : Qu’attendez-vous pour vous mêler directement et même militairement de nos affaires ?
Curieux est le patriotisme de ce dirigeant qui ne serait pas effrayé de revoir des soldats étrangers fouler le sol de l’Algérie et celle-ci éclater à l’instar de l’ex-Yougoslavie.
On sait les liens étroits qui unissent, par Internationale Socialiste interposée, les dirigeants social-démocrates européens et le parti de Aït Ahmed. On sait également les corrélations du FFS avec les intégristes, manifestes depuis le "contrat de Rome", et plus nettement encore avec la campagne du "Qui tue qui?" Rien, donc, dans les déclarations de Ali Kerbaoua, ne saurait nous surprendre!
Poursuivant sa même logique politique, Ali Kerboua va plus loin. S’agissant des révélations du général-assassin Aussaresses, dont on pourra lire dans nos colonnes un article adressé à la presse nationale par Boualem Khalfa, le dirigeant du FFS déclare : "Il appartient aux autorités algériennes de déterminer avec exactitude qui étaient les assassins de Larbi Ben Mehdi". Comme si ces autorités, alors que les archives sont classées en France, avaient tous les moyens de mener une enquête sérieuse sur ce crime ? Encore autre chose, ignore-t-il que ce martyre ainsi que Boumendjel, Omar Djeghri, Audin et des milliers d’autres ont été assassinés froidement par des militaires du 1er RCP , des 2e et 3e RCP et du 1er REP placés sous l’autorité du général Massu. Général auquel le gouvernement dirigé alors par un socialiste, Guy Mollet, avait donné tous les pouvoirs ?
Les tortures, les assassinats ? Pour Ali Kerboua, pas de problème ! Il s’agit "pour le moment, d’une affaire franco-française" Ignore-t-il, là encore, que les victimes des exactions et des meurtres commis par ce général et ses sbires étaient des citoyens, des patriotes algériens ?
Les luttes des travailleurs
Syndicat des travailleurs de la commune d'Oran
Selon un membre de la section UGTA de l'APC d'Oran, une journée de protestation sera observée le 22 mai prochain concernant la situation socioprofessionnelle des travailleurs, qui n'a pas changé d'un iota, et ce, malgré la mise en place d'une commission de coordination et de suivi de la plate-forme de revendications.
Cette commission fut, pour rappel, installée par le wali lors d'un précédent mouvement de protestation durant le mois de septembre.
La section syndicale a décidé de geler sa participation dans ladite commission, lors d'une réunion qui s'est tenue mercredi dernier. La cause, selon des sources syndicales, est que cette commission ne s'est réunie que deux fois, sans établir de procès-verbal. En outre, la plate-forme de revendications n'a connu aucune avancée, sauf pour les dossiers LSP. Une liste a été transmise au wali qui a promis que les deux tranches seront réglées par l'APW et l'APC, sans préciser le montant de cet apport
10 05 2001
TRANSPORT
Le syndicat d'entreprise de la SNTF (Société nationale des transports ferroviaires) compte tenir son conseil les prochains jours. À l'ordre du jour, la suite à donner au P.V. de non-conciliation, signé le 28 avril dernier, après l'échec des négociations entre la direction et les représentants de l'UGTA
Il y a un an, en décembre 1999, des négociations ont commencé au sein de la SNTF autour de la convention collective. Un accord sur une augmentation des salaires a été arraché. Le principe d'une rencontre six mois plus tard pour discuter du régime des indemnités et de la révision du service minimum a été également retenu.
L'augmentation des salaires de 1200 dinars a effectivement fini par apparaître sur les fiches de paie, mais le régime indemnitaire reste encore en discussion. Sur ce point, les syndicalistes disent avoir constaté le peu d'empressement au niveau de la direction de l'entreprise à s'asseoir autour d'une table, jusqu'au moment où l'inspection du travail a établi un programme de rencontre, celui-là même qui a fini par se solder par le P.V. de non-conciliation.
La SNTF détient plus d'un milliard de dinars de créances non récupérés sur Alfasid et Ferphos. Créances qui l'obligent, selon les syndicalistes, à s'endetter auprès des banques et à payer annuellement quelque 330 millions de dinars à ces mêmes institutions financières aux titres d'agios et d'intérêts.
09052001
Les chauffeurs de taxi
Le transport urbain a été sérieusement perturbé, hier, à Alger, en raison de la grève des chauffeurs de taxi, à laquelle a appelé l'UGCAA et qu'elle a annulée en dernières minutes, en évoquant des "considérations sécuritaires". Sur le terrain, l'appel a été suivi partiellement et plusieurs stations de taxis ont connu une affluence considérable d'usagers qui ont été pris au dépourvu.
09052001
ENSEIGNEMENT
La Munatec
Cent quarante-trois travailleurs de la Munatec(Mutuelle des enseignants) licenciés en mars 1999 ont observé, un sit-in d'une demi-journée devant la Maison du peuple (siège de l'UGTA). Les travailleurs demandent leur réinsertion et le paiement de vingt-quatre mois d'arriérés de salaires.
Ces travailleurs qui capitalisent une expérience de plus de vingt ans considèrent qu’ils ont été injustement licenciés et exigent leur réintégration.
06 05 2001
l'ENIEM
Les travailleurs de l'ENIEM de Oued Aïssi, comme à l'accoutumée, s'impliquent dans la vague de protestations qui secoue la Kabylie. Dans une déclaration, le conseil syndical et le comité de participation de cette entreprise, un des derniers fleurons de l'industrie nationale, ont lancé un appel à tous les travailleurs de l'ENIEM à "rester vigilants et à l'écoute quant à l'évolution de la situation". Une situation caractérisée par "le mépris et la hogra" Et afin de mieux signifier leur solidarité, ces deux organismes demandent aux travailleurs d'observer un arrêt de travail de deux heures aujourd'hui de 10 à 12 h au niveau du parc principal du complexe à la mémoire des dizaines de victimes enregistrées lors de la tragédie qui a secoué la Kabylie.
80 05 2001
FINANCES
La Fédération nationale des travailleurs des finances a décidé d'observer une grève nationale de trois jours, les 20, 21 et 22, mai. Le syndicat "exige" des responsables du secteur des solutions immédiates aux requêtes non résolues des travailleurs. Il s'agit,, d'abord de revendications salariales, mais aussi de l'intégration des agents du corps technique commun dans celui du corps technique, la révision du statut particulier des travailleurs des impôts et l'actualisation de la prime de rendement, ainsi que la révision, l'actualisation et la généralisation du régime indemnitaire à l'ensemble du personnel de l'administration fiscale, la protection des agents et cadres des impôts dans l'exercice de leurs fonctions par des textes juridiques, en particulier contre le trafic d'influence et l'abus d'autorité.
Le syndicat affirme que si ces revendications ne sont pas satisfaites, un préavis de grève illimitée sera par conséquent déposé.
10 05 2001
Crèches
Les employés des établissements préscolaires d'Alger, communément appelés crèches ou jardins d'enfants, ont décidé de recourir à une grève illimitée comme seul moyen de faire entendre leurs revendications dont la plus importante, celle relative aux salaires. Ce mouvement, tous grades confondus, a débuté par un sit-in devant le siège de la centrale syndicale, regroupant des représentants des différents établissements de la capitale.
Constituant la plus importante masse salariale des grévistes, les éducatrices s'estiment lésées dans leurs droits, étant donné que leur ancienneté n'est pas récompensée. " Et dire que nous avons le niveau de terminale plus une formation de deux années.
Est-ce parce que nous sommes majoritairement des femmes que nous subissons cette hogra ? ", déclare l'une d'elles.
Les travailleurs ont saisi l'occasion du rassemblement pour exposer d'autres revendications non moins importantes pour elles et liées à l'exercice de la profession. L'on parle ainsi des conditions de prise en charge des enfants qui sont loin d'être convenables. Le peu de moyens alloués aux différentes structures rendent la tâche peu évidente autant sur le plan pédagogique que sanitaire. " Au début de l'année, les enfants n'ont pas cessé de manger des oeufs pendant des mois, alors qu'ils ont besoin d'une nourriture variée !
13 05 2001
SANTE
CHU d'Oran
La coordination syndicale du CHUO a observé un arrêt de travail tout en assurant un service minimum. Il faut rappeler que ce mouvement de grève fait suite à une plate-forme de revendications, essentiellement socioprofessionnelles, déposée en 1999, dont l'octroi de logements aux spécialistes de l'EHS, le paiement des rappels d'indemnités, le respect de la mission et des prérogatives des syndicalistes, etc. Il est à signaler que le nouveau DG de l'hôpital, installé récemment, est accusé de vouloir diviser les rangs des syndicalistes en les recevant à titre individuel.
27 05 2001
Retraités
La FNTR (la Fédération.nationale des travailleurs retraités) a interpellé le gouvernement une fois de plus, en lui demandant "la concrétisation rapide"des mesures du conseil interministériel de décembre 1999 relatives au redressement du système de retraite lors de la réunion de la commission exécutive de la Fédération.nationale des travailleurs retraités, ainsi que la redéfinition par l'État, des bénéficiaires de la retraite anticipée, notamment ceux nombreux qui rejoignent la CNR "à titre dérogatif", c'est-à-dire qui ne remplissent pas les conditions d'accès à la retraite anticipée.
La seconde préoccupation de la session de la CEF a rapport avec "la volonté" de certains membres de la direction nationale de l'UGTA de marginaliser la FNTR, qui compte aujourd'hui plus de 130000 retraités. Défendant "la spécificité" de la catégorie retraité, le premier responsable de la FNTR a déclaré : "Il n'est pas question que nous sortions de l'UGTA ni que l'on nous marche sur les pieds". Dans sa résolution finale, la CEF a appuyé le combat des syndicalistes qui s'opposent au "bradage" de l'économie nationale, au "démantèlement" du secteur public. Elle s'est solidarisée aussi avec la presse au sujet de l'amendement du code pénal, en appelant les députés à tenir compte des "aspirations démocratiques" de la société.
28 05 2001
L'UGCAA n’écarte pas le recours à une grève nationale (8è art nation)
Le Conseil national de l'Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA) a formulé
une série de revendications en exhortant les pouvoirs publics à les prendre en charge dans le cadre de la concertation.
Dans une résolution adoptée à l'issue d'une session extraordinaire tenue au siège de l'Union, le Conseil de l'UGCAA demande "l'annulation de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) de 7% non déductible, imposée aux commerces de détails, conformément à l'instruction n°08/2001, en vigueur depuis janvier 2001".
Au plan de la sécurité sociale, l'UGCAA demande la prorogation du délai de paiement par facilités d'une année à 5 ans, l'ouverture d'agences et de guichets de la Caisse nationale d'assurance des non-salariés (Casnos) au niveau des wilayas et chefs-lieux des grandes communes et la révision du règlement régissant l'activité commerciale avec la participation des représentants de la corporation.
En matière d'activité des transports en commun, l'UGCAA réitère la demande de réviser la tarification gelée depuis 1994, notamment pour les chauffeurs de taxi.
L'Union n'écarte cependant pas "le recours à une grève nationale des commerçants si ces revendications n’étaient pas satisfaites".
Il y a dix ans, nos camarades Bachir Hadj Ali et Mohamed Khadda
nous ont quittés
Dans la nuit du Jeudi 9 mai 1991, Bachir Hadj Ali d'abord, puis le 14 mai son ami et camarade Mohamed Khadda, tous deux militants communistes nous ont quittés.
Bachir Hadj Ali
Bachir avait rejoint les rangs du Parti communiste Algérien (PCA), au lendemain de la répression colonialiste sanglante qui s'abattit sur notre peuple, quand à la fin de la seconde guerre mondiale, manifestant le 8 mai 1945, jour de la victoire sur le nazisme, il réclama pacifiquement son droit à la liberté et à l'indépendance. Bachir s'engagea alors pleinement dans le combat anticolonialiste en agissant dans les comités constitués à l'époque sur tout le territoire national pour l'amnistie à tous les patriotes algériens (nationalistes et communistes), victimes de la répression coloniale. Aux côtés de Larbi Bouhali, alors secrétaire du PCA chargé de cette activité par le Parti, Bachir sillonne le pays pour organiser l'action populaire en vue d’arracher cette revendication que le parlement français de l'époque adoptera dans un texte de loi qui a permis le retour à la vie libre de nombreux militants nationalistes et communistes. En 1947, au congrès d'El-Harrach il est élu au comité central du Parti, et deux ans plus tard il le sera au poste de secrétaire. A la veille du ler novembre 1954, condamné à une peine de prison il entre dans la clandestinité et n'en sortira qu'à l'indépendance de l'Algérie en juillet 1962. Après avoir organisé, au début de la guerre libératrice l'organisation année du PCA "les Combattants de la Libération Nationale" (CDL), il mène avec Sadek Hadjerès des pourparlers avec Abane Ramdane, dirigeant du FLN, en vue d’un accord qui sera conclu pour intégrer les militants communistes des CDL dans l'ALN, tout en maintenant l'autonomie du PCA qui refuse de se dissoudre mais qui soutiendra durant toute la guerre de libération le combat du FLN. Larbi Bouhali, alors prenner secrétaire ayant été chargé de l'activité du PCA à l'extérieur, Bachir Hadj Ali , dirigera l'activité du Parti à l'intérieur du pays durant toute la guerre. A l'indépendance, il est désigné premier secrétaire Parti. Après l'interdiction du Parti, en novembre 1962, il poursuit ses activités à la tête du PCA et participe à la création de l'Union des écrivains algériens en 1963. Après le coup d’Etat du 19 juin 1965, il participe aux côtés de militants de gauche du FLN dont Hocine Zahouane et Harbi Mohamed à la création de l'Organisation de le Résistance Populaire ( ORP). Arrêté le 20 septembre 1965 en même temps que Hocine Zahouane et de nombreux militants communistes, il sera torturé. Emprisonné à Lambèse, où il rédige son ouvrage "L'Arbitraire" qui dénonce la torture, il le transmettra de là clandestinement à ses camarades qui le publieront et le diffuseront dans le pays et à travers le monde. Bachir ne sortira de prison que vers la fin de 1968 et sera assigné à résidence à Saïda jusqu'en 1975. Bachir Hadj Ali reprend alors son activité militante au sein du Parti de l'Avant-Garde Socialiste, dont il sera l'un des dirigeants. Quand en 1980 sa santé se détériore, Bachir sera contraint de cesser toute activité. Poète et musicologue Bachir a eu une intense activité intellectuelle parallèlement à son action politique militante.
Mohamed Khadda
Né le 14 Mars 1930 à Mostaganem, dans une famille modeste, Mohamed Khadda s'initie très jeune à la peinture. Après des études dans sa ville natale, il se rend à l'âge de 22 ans à Paris où il exerce différents métiers d'imprimerie tout en s'adonnant à la maîtrise de son art en fréquentant l'Académie de la Grande Chaumière. Il adhére au PCA dans l'émigration et reviendra en Algérie au lendemain de l'indépendance, où son activité militante se poursuivra en même temps que celle consacrée à l'art pictural. Le plus bel hommage à lui rendre à l'occasion de cet anniversaire est contenu dans ce poème que lui a dédié en 1983, son ami et camarade Bachir Hadj Ali
Doux regard, limpidité des larmes, lumière en éclats.
Les aquarelles affinées chantent nos rêves et nos combats. Cris d'une inflorescence, l'oeil déshabille les fleurs.
Il est impossible de peindre si l'artiste n'est pas dans un certain tempo.
Ah! si la voix du figuier sonnait le cor de la délivrance.
Cette vision acérée, fascination aigüe, éblouissement des larmes.
Réveillez l'aquarelle et le printemps explosera
Retrouver la résonnance et le modelé de la tendresse.
Musicien du silence, rythmes contrastés, l'harmonie surgit exorcisme à l'angoisse.
Pierre demèse, symbole du soleil
Pierre tendre, pierre dure, angulaire.
Pierre d'attente en délit, ferrée mais frère.
Pierre arborisée, opale.
Annoncez la déroute du corbeau et la résurrection du rossignol.
Douce haine du regard, limpidité des yeux, la
peinture de Khadda exerce sur la lumière une
influence paisible ou éclatée.
Ses aquarelles changent le contenu de notre regard.
Elles se singularisent par le chant du rêve.
Dans l'art véritable, il n a pas branche sans importance.
IRAK : REUNION DU COMITE CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE IRAKIEN
Le comité central du parti communiste irakien a tenu une importante réunion le 17 avril. Voici quelques extraits de la résolution votée à cette occasion. "Le comité central du Parti communiste Irakien a tenu une réunion ordinaire le 17 avril 200 1, qui a été consacrée aux développements sur l'arène internationale et arabe, depuis sa précédente session à la fin du mois de novembre 2000. Les discussions ont été centrées sur un rapport présenté par le Bureau Politique du Comité Central.
Le Comité central considère les nouveaux aspects de la situation politique dans le pays et les souffrances du peuple dans les mains du régime dictatorial, comme le résultat du blocus économique international.
Le comité central considère aussi les efforts intensifs de tromperie d'éléments dirigeants du régime et de leur appareil de propagande. Ils ont essayé avec ferveur de cacher leur politique de sanglante terreur contre le peuple, de pillage et d'appauvrissement pratiqué contre les masses, et leurs tentatives continuelles pour diviser les rangs arabes.
Le comité central a accordé une attention sur la position du régime au récent sommet arabe à Amman au mois de mars dernier, quand il eut une opportunité d'adopter une résolution qui soutient les efforts destinés à alléger les souffrances de notre peuple d'Irak. Mais le régime a gaspillé également cette opportunité, parce qu'il était plus concerné par l'acquisition de gains politiques pour lui même, tel que réduire son isolement, plutôt que de mettre un terme à la condition du peuple. Ses gesticulations creuses et hypocrites envers la question palestinienne se situent dans ce contexte..
Le comité central note que le sommet arabe n'a pas répondu aussi aux aspirations des masses arabes en vue d’offrir un pratique et concret soutien au peuple palestinien, sa courageuse résistance et sa cause légitime .
Il a réaffirmé la position des communistes irakiens et leur ferme soutien à la lutte des masses de Palestine et leur résistance pour accomplir leurs droits nationaux légitimes.
Le comité central condamne aussi le raid aérien agressif d'Israël au début de cette semaine contre les positions syriennes au Liban. Il réaffirme la constante solidarité des communistes irakiens avec la Syrie fraternelle et son peuple, ainsi qu'au peuple libanais et à ses forces militantes.
Le comité central a poursuivi les préparatifs pour le prochain 7ème congrès national du Parti, qui coïncide avec la célébration du centenaire du camarade Fahad, le fondateur du Parti communiste d'Irak. Des décisions et des mesures ont été adoptées pour faciliter la tenue du congrès, et aussi pour le développement du travail du parti et de la lutte en général, pour mobiliser ses potentialités et élever son rôle pour l'accomplissement des tâches énormes auxquelles fait face notre peuple pour établir un Irak unifié démocratique et fédéral"
ISRAEL : Message du parti communiste d’Israël
A l'occasion du ler mai 2001, la déclaration suivante nous a été adressée d'Israël
Nous vous saluons à l'occasion du ler mai et nous vous souhaitons des succès dans votre combat pour les droits des travailleurs, pour la libération nationale, la paix et le socialisme
A vous fraternellement
Ci dessous des extraits du message
Après avoir affirmé que la journée du ler mai est un moment fort pour la défense des travailleurs et de leurs droits, de la lutte pour l'emploi, pour garantir l'éducation et les soins médicaux, pour le droit des travailleurs de s'organiser pour faire face aux tentatives des patrons d'affaiblir et de rogner leurs droits, le message souligne "qu’en ce ler mai nous nous efforcerons d'accroître le combat contre le gouvernement d'unité nationale. "Au cours des récentes semaines, ce gouvernement a entrepris une série d'actions militaires qui visent à plonger la région dans une guerre totale, avec le bombardement de la station radar syrienne au Liban, en déversant des bombes sur la bande Ouest de Gaza à partir du sol, des airs et de la mer également.. Il a procédé à des incursions militaires répétées dans des territoires qui, après les accords d'Oslo devraient être sous le contrôle exclusif des Palestiniens. Les Etats-Unis auraient dû exprimer leur mécontentement officiel et dans un tel cas demander leur arrêt immédiat. Ce récent exemple montre une fois de plus, ainsi qu'il est exprimé, que les Etats-Unis auraient pu mettre un terme aux autres actes agressifs perpétrés par le présent gouvernement israélien ce qui aurait pu prévenir les graves souffrances causées par ces actes au peuple arabe de Palestine. Nous appelons à la solidarité internationale avec le peuple palestinien pour un arrêt immédiat des installations de colons, du blocus des territoires palestiniens......pour mettre un terme à la destruction des habitations et des infrastructures vitales des Palestiniens..."
La déclaration poursuit en indiquant que la journée du 1er mai est marquée par "une recrudescence du combat contre la "globalisation" un terme qui implique le règne des multinationales géantes via les institutions telles que le F.M.I. et la Banque Mondiale qui ont été créées pour perpétuer ce règne. Le règne des multinationales impose des conditions de vie déplorables à la grande majorité du genre humain, d'inombrables millions de personnes souffrent des effets cumulatifs de la faim, de la peste de l'ignorance et de frustrations, alors qu'une poignée de milliardaires devient sans cesse plus opulente dans ses dépenses. "L'économie libérale" imposée par le F.M.I. offre àdes millions de gens la "liberté" d’être pauvres, exploités, sans emploi et affamés. Avec la puissance militaire des Etats-Unis et des autres puissances de l'Alliance Atlantique, contrebalancées pendant un temps par l'Union Soviétique et les autres pays socialistes d'Europe; il n'y a plus rien pour arrêter les actes agressifs de
l'intervention grossière dans les affaires intérieures des autres pays y compris l'utilisation barbare de la force militaire.
Le message dénonce les agressions contre la Yougoslavie, Cuba et les embargos criminels imposés à différents pays et exprime sa solidarité avec toutes les forces confrontées au "Nouvel Ordre Mondial" capitaliste et appelle à accroître
"la lutte unie contre cet ordre partout, à la fois sur les plans régional et global.
Longue vie au premier Mai, à la solidarité internationale des travailleurs.
Cessez l'attaque contre les droits des travailleurs.
Le Socialisme est la seule alternative au Capitalisme et à la Globalisation"
Rassemblements et marches pour la liberté de la presse
Les jourrnalistes et de nombreux citoyens travailleurs, intellectuels, médecins, avocats, universitaires, étudiants, à travers toutes les grandes villes d’Algérie, ont répondu aux rassemblements de journalistes du 28 mai, qui se sont transformés spontanément en marches populaires, pour dire non aux nouvelles dispositions du Code pénal, relatives à la diffamation, adoptées par les députés du FLN et du RND qui visent la mise à mort de la liberté d’statement et de toutes les libertés.
Les banderoles et les slogans en français et en arabe, portés par les journalistes et repris par la foule, dénonçaient avec fermeté les récentes dispositions restrictives et la répression contre la presse indépendante qui a payé un lourd tribut à cette cause, appel au retrait des amendements du code pénal portant délits de presse, mise en garde du Sénat contre l’adoption éventuelle de cette loi scélérate : "Liberté d’statement, à bas la répression", "Sahafa hora dimocratiya"(presse libre et démocratique)","Non à la mise à mort de la liberté d’statement et de toutes les libertés", "Non à la dictature", "Retirez le Code de la honte", "Pour le droit des citoyens à être informés".
Cette journée de protestation a été marquée par une grève de parution de vingt et un titres de la presse indépendante.
Aujourd’hui tout le peuple algérien, à l’exception des courants réactionnaires et mafieux, est menacé de bâillonnement, et les acquis de Novembre 54 et d’Octobre 88 seront foulés et violés par cette loi portant amendement du code pénal.
Présentée à l'APN par le ministre de la Justice, Ahmed Ouyahia, ce projet prévoit de lourdes peines de prison et des condamnations à d'importantes amendes les journalistes poursuivis pour délit de presse.
Le pouvoir justifie ce recours à un projet de loi " répressif " par le fait qu'il veut "parer à la diffamation, l'outrage et l'offense dont seraient victimes le président de la République et les institutions".
En vérité les secteurs de la bourgeoisie qui ont ruiné le pays veulent continuer à s’accaparer des richesses de la nation à l’abri de toute critique.
Bouteflika est l'instigateur de ce projet de loi. Il n'a d'ailleurs jamais caché son adversité à l'encontre de la presse. Avant même son élection, le Président a traité de tous les noms la presse nationale qui aurait, selon lui, "terni l'image de l'Algérie à l'étranger". Les éditeurs de la presse indépendante et les journalistes se sont mobilisés pour attirer l'attention sur le danger que porte ce projet sur la liberté d'statement et l'avenir démocratique du pays. Ils ont appelé les députés à se ressaisir et à prendre leurs responsabilités quant au bâillonnement d'un acquis du peuple algérien.
De nombreux journalistes étrangers ont exprimé leur solidarité et ont demandé au pouvoir de s'abstenir de recourir à ces formes de "rétrécissement de la liberté de la presse".
Les communistes, pour qui toutes les libertés démocratiques sont indispensables, réaffirment leur soutien à la liberté de la presse et exigent le retrait pur et simple du projet de loi.
Boualem Khalfa, ancien directeur "d’Alger Républicain" a fait parvenir au journal "El Watan" un article sur les tortures, suite à la publication du livre signé du général Aussaresse Nous le reproduisons pour nos lecteurs.
Massacres et tortures en Algérie
Le bilan du colonialisme reste à faire
Dans quelques semaines l'eau se retirera du bassin inondé de la somme, dans le Nord de la France. Les habitants pourront alors nettoyer leurs villes et villages, leurs maisons, de la boue et des gravats. Mais qui peut dire quand la France parviendra à se purifier après le torrent de boue et de sang déversé sur elle par ce qu'on a appelé les " aveux " contenus dans le livre du tortionnaire et criminel, le général Aussaresses ? Disons tout de suite qu'elle n'en prend pas le chemin.
Le livre du général criminel Aussaresses n'apprend rien aux Algériens. Ils savent que le dirigeant du FLN Larbi Ben Mehidi est mort assassiné, de même que l'avocat Ali Boumendjel, de même que des dizaines de milliers d'Algériens qu'ils aient été combattants ou simples suspects ou même innocents de tout acte ou intention. Plus de quarante ans après notre guerre de libération on découvre encore des charniers, la dernière découverte datant de ce début de mai à Tébessa.
Tout au plus, les Algériens ont-ils appris quelques détails sur les méthodes employées par les tortionnaires et les assassins. Car ce qu'il faut dire et répéter c'est que la violence sous toutes ses formes (massacres, tortures, viols, pillages, etc.) date de toute l'occupation coloniale, de 1830 à 1962. Aucun doute n'est possible. Il suffit, par exemple, de lire les lettres de Bugeaud et d'autres officiers français qui ont relaté leurs "exploits" de colonisateurs sans foi ni loi. Il suffit de lire les livres du géographe (et colonisateur) Albin Rozet qui a décrit par le menu les enfumages des grottes du Dahra et les sacs d'oreilles payés par les officiers français aux harkis de l'époque chargés de tuer les résistants algériens dans le sud du Constantinois. Il suffit même de lire les premiers chapitres de "l'histoire de la guerre d'Algérie" écrite sous la direction d'Henri Alleg.
La responsabilité est d’abord politique (int)
Il est vrai que la chape du silence a, pendant longtemps, caché au peuple français les crimes du colonialisme. Encore que, rarement bien sûr un coin du voile réussissait à être levé. J'ai moi-même contribué à lever un de ces coins. C'était en 1946. Après une vaste campagne politique menée par des " comités d’amnistie "impulsés par les communistes algériens, une loi d'amnistie a été votée par l'Assemblée nationale française à l’initiative du groupe des députés du PCF (dont faisaient partie les députés communistes algériens). Cette loi avait permis la libération de la presque totalité des Algériens détenus depuis les massacres de mai 1945 au cours desquels des dizaines de milliers d'Algériens avaient trouvé la mort (Papon avait participé à cette répression). Jeune journaliste à Alger républicain, je fus chargé du compte-rendu d'une assemblée de ces libérés organisée par le Parti communiste algérien. Je recueillis là des interviews faisant état des tortures subies au siège de la DST(1) à Alger, à la "villa des Oiseaux". Ces interviews parurent en avril (on peut les retrouver dans les archives officielles). Les méthodes n'ont pas changé depuis : coups, électricité, baignoires, tortures morales). Après cette parution, il n'y eut aucun démenti ., aucune poursuite en diffamation. Rien ! Le silence ! "Cause toujours" pensaient les tortionnaires, "nous sommes couverts". Comme étaient couverts les Aussaresses, Massu, Bigeard, Trinquier et les centaines d'autres qui ont "mis la main à la pâte" et "bouffé du bougnoule".
Car que faut-il penser alors des réactions suscitées par les crimes de l'apologiste Aussaresses ? Quarante ans après, il est clair que la majorité de la population française ignorait l'ampleur de ces abominations. Mais qu'en est-il de ce qui est convenu d'appeler la classe politique ? Les dirigeants de l'époque ?
En dehors d'une minorité (qui va des communistes à divers groupes et individualités progressistes) qui désire qu'on aille au fond des choses et qu'on ne condamne pas seulement verbalement, on sent que la plupart des dirigeants politiques français sont plus que gênés par ces révélations. Presque tous savaient, mais tous étaient censés ignorer. En fait ce que beaucoup reprochent à Aussaresses, ce n'est pas tant d'avoir torturé et tué, c'est de l'avouer, de l'écrire et de mettre en cause le pouvoir politique qui ordonné sans le dire expressément, qui a laissé faire et couvert. Prenons le cas de François Mitterrand. Ministre de l'intérieur en novembre 1954, au moment du déclenchement de la lutte armée pour l'indépendance de l'Algérie, il vient à Batna, dans les Aurès, pour proclamer que l'Algérie est française et qu'elle le restera. Ministre ensuite de la justice, il se prononce pour l'exécution des condamnés à mort, dont notre camarade Fernand Yveton.
L’exemple de Mitterand
Aussaresses dit dans son livre que le Ministre Mitterrand avait délégué auprès de lui le juge Berard qui lui adressait des rapports sur ce qui se passait au sein de l'escadron de la mort. J'ai connu le juge d'instruction Bérard alors qu'il était en poste à Tizi-Ouzou, en Kabylie. J'avais écrit dans Alger Républicain une série d'articles sur la dure répression collective qui avait frappé, en 1952, le village de Sidi Ali Bounab, accusé d'avoir hébergé un de ses habitants recherché par la gendarmerie et réfugié dans la forêt toute proche. A notre arrivée (le député Pierre Fayet et un dirigeant du PCA m'accompagnaient), le village était entièrement vide, les maisons saccagées, les provisions détruites (pétrole et huile versés sur la semoule ou sur le blé). Nous rencontrâmes seulement un vieillard qui fondit en sanglots à notre vue.
Le journal avait publié les photos de ce saccage criminel. Le juge Bérard en possédait aussi et me les montra au cours de l'instruction, sans doute pour me mettre en confiance. Mais au bout du compte je fus inculpé de diffusion de fausses nouvelles et très rapidement condamné à deux ans de prison. C'était cela le juge Bérard, l'homme des basses œuvres et ce n'est pas étonnant de le retrouver dans le groupe d'assassins de Aussaresses.
Ceci dit, vers quelle conclusion s'achemine-t-on ? Va-t-on vraiment prendre ce problème, ces problèmes à bras le corps, dans l'intérêt de la vérité, de la justice, de l'humanité, de la mémoire, des rapports assainis entre la France et ses anciennes colonies. Je ne crois pas qu'on en prenne vraiment le chemin. Certains responsables politiques, y compris au plus haut niveau, pensent et disent que "tout cela c'est du passé". D'autres répètent que "c'est l'affaire des historiens". Lesquels ? Et pourquoi faire ? Les faits sont connus, dénoncés depuis des dizaines d'années par les victimes, par les historiens honnêtes (des centaines de livres ont été écrits sur la guerre d'Algérie par des auteurs du monde entier), revendiqués par les bourreaux. Il a fallu quarante ans pour que le pouvoir français reconnaisse que la guerre d'A1gérie a bien existé, que ce n'était pas de simples "évènements" ou une "pacification". Dire aujourd'hui que les massacres, la torture à l'échelle industrielle et les exécutions sommaires doivent être laissés aux historiens, c'est fuir ses responsabilités au nom de calculs électoralistes, c'est pousser vers un "enterrement de première classe" d'un problème qui rebondira périodiquement comme il l'a fait jusqu'ici depuis quarante ans.
C’est le colonialisme qu’il faut d’abord condamner
Il ne peut être question, au point où en sont arrivées les choses, de sanctions de principe contre le seul général Aussaresses coupable d'avoir divulgué des secrets d'Etat (qui n'en étaient d'ailleurs pas). Le nazi Barbie n'a pas révélé ses crimes qu'il a toujours niés. Et pourtant il a été très justement condamné à la prison à perpétuité. L'ex préfet de Vichy et ex ministre de la Vème République française, Papon, est très justement en prison pour avoir livré des juifs aux camps de concentration nazis (mais pas pour avoir ordonné la répression féroce de la manifestation des Algériens à Paris, le 17 octobre 1961, qui coûta la vie à deux cents d'entre eux, jetés le plus souvent dans la Seine). Aussaresses mérite cent fois plus le même traitement de la part de la justice de son pays.
Mais est-ce bien suffisant de souhaiter seulement cela ? Condamner un général, des généraux, des officiers de tout grade, des exécutants de base (même des appelés ont été amenés à manier la " gégène" et à pratiquer la "corvée de bois"), ne règlera pas la question de fond : qui est en premier lieu le responsable ? Quelle politique ? Quel système ? C'est bien le colonialisme, la politique coloniale menée par les différents pouvoirs français au cours des 3 ou 4 derniers siècles, sous la bannière du capitalisme.
Algérie, Tunisie, Maroc, Indochine, pays d'Afrique noire, Antilles, Guyane, Madagascar, Nouvelle Calédonie, ont connu les mêmes violences, les mêmes massacres, les mêmes tortures. C'est toute l'histoire du colonialisme qu'il faut réécrire, sans les habituels mensonges dont on a abreuvé les livres d'histoire des écoles, du primaire aux universités. Si ce travail de mémoire n'est pas accompli, si justice n'est pas rendue à tous ces peuples auxquels le colonialisme a fait subir les plus odieux des traitements, les dirigeants politiques de la France ne pourront continuer à brandir les mots d'ordre de "Droits de l'homme" comme ils le font à tout propos et hors de propos. Car comment comprendre qu'on se prononce pour la traduction devant un Tribunal pénal international de l'ancien président yougoslave Milosevic quand on a soi-même blanchi tant de tortionnaires et de criminels ?
Une autre falsification consiste à prétendre que les violences de l'armée française ne faisaient que répondre aux violences du FLN et de l'ALN. C'est falsifier l’histoire. Nul ne peut ignorer en effet que c’est la violence des oppresseurs qui engendre celle des opprimés. Toute l’histoire de l’Humanité, qui n’est pas malheureusement encore sortie de la barbarie, le confirme. De même toutes les révolutions pour la liberté dans le monde, y compris la révolution française de 1789, ont pu commettre des actes condamnables ou n’ont pas su les prévenir. Cela ne peut, en aucun cas, être comparé aux crimes des oppresseurs.
Cependant, il ne peut être question non plus de passer sous silence la pratique de la torture après l’indépendance par certains services de sécurité de notre pays et dont le dernier exemple connu est celui constaté lors des émeutes à Alger en octobre 1988. Jusqu’à maintenant, le pouvoir a nié sa responsabilité dans ces tortures. La lutte continue chez nous pour mettre fin à ces pratiques d'un autre âge.
Le charnier de Bab El oued
Une autre tâche attend nos organisations et nos historiens: faire le bilan, au plus près de la vérité, de notre guerre de libération, sans glorification excessive et sans cacher les erreurs commises. Trop de pans de cette histoire demeurent encore dans l'ombre. Nous nous devons de les éclairer pour les générations présentes et futures. J'en veux pour preuve un événement que j'ai moi-même vécu.
C'était en 1972 alors que je militais dans la clandestinité. Un rendez-vous m'avait conduit au boulevard Front de mer à Bab-El-Oued. Mon compagnon et moi sommes passés devant l'ancienne gare du petit train qui allait à l'époque jusqu'à Koléa. Il y avait là des travaux de maçonnerie. Un gardien se trouvait là. Par curiosité j'engageais la conversation et ce gardien nous invita à visiter les lieux. Stupéfaction: à l'écart de la vue des passants, nous découvrons un amas d'ossements humains: crânes, fémurs, côtes, etc. Cela formait un cône de 4 mètres de diamètre sur une hauteur de trois mètres. C'est en creusant le sol pour installer des armoires électriques que ces ossements furent découverts. Il s'agissait bien sûr d'Algériens torturés à mort ou exécutés sommairement, puisque cette gare de Bab-El-Oued était occupée par l'armée française durant la guerre d'indépendance. On raflait les Algériens du quartier et on torturait sans distinction et en masse dans le but de recueillir, par un sur dix torturés, des aveux ou des renseignements, vrais ou faux.
J'attendais dans les jours qui ont suivi que la presse fasse état de ce charnier.(2) Le pouvoir de l'époque (à quelle échelle ?) n'en a pas soufflé mot. Il est vrai que l'Algérie venait de nationaliser son pétrole et se trouvait aux prises avec la grave crise déclenchée par le gouvernement français.
Il reste que le bilan objectif de notre guerre de libération reste à faire dans tous les domaines. Et cela c'est l'affaire de notre peuple, et de ses organisations démocratiques. Toute solidarité politique internationale est la bienvenue. Mais de grâce qu’on ne nous parle plus de commission d’enquête internationale. S’il devait y en avoir une c’est en Palestine qu’elle devrait aller et au plus vite. Il y a là bas un peuple colonisé depuis 34 ans et qui meurt chaque jour sous les bombes et les missiles.
(1) Direction de la Sécurité du Territoire
(2) A l’époque seule paraissait la presse du parti unique, le FLN
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Ahmed Abbad n’est plus
Le 23 mai dernier, le camarade Ahmed Abbad nous a quittés à l’âge de 81 ans. Ancien membre du PCA, auquel il a adhéré dans l’émigration, Abbad a été arrêté et affreusement torturé en septembre 1965 en même temps que d’autres militants pour sa participation à L’ORP (Organisation de la résistance populaire). Il est détenu après à Lambèse, puis placé en résidence surveillée à Biskra. Dans les années 70 il s’installe à Bel-Abbès où il travaille à l’ENIE. Membre du PAGS, il a participé à de nombreux combats contre la réaction et le fascisme islamiste. Resté fidèle à ses idées communistes, le camarade Abbad était respecté de toute la population, pour son dévouement et son honnêteté. Nous présentons à sa famille et ses amis nos sincères condoléances.