LE POUVOIR VEUT
AGGRAVER SA POLITIQUE DE CLASSE ET CHERCHE A ISOLER LA CLASSE OUVRIERE (edito)
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Bouteflika a donc reconduit
Ouyahia à la tête du gouvernement et lui a demandé à mettre en œuvre le
programme qu’il a défendu dans sa campagne électorale. Ce programme n’est rien
d’autre qu’une nouvelle aggravation de la politique mise en oeuvre bien avant
son arrivée au pouvoir, politique qu’il s’est chargé de renforcer dans tous les
domaines. Il a demandé à Ouyahia d’accorder la priorité absolue à la « réconciliation
nationale », slogan qu’il a répété à plusieurs reprises sans préciser son
contenu. Pour de nombreux observateurs cette réconciliation n’est rien d’autre
que la recherche d’un accord avec les dirigeants du FIS dissous. Un tel accord
aboutirait à un soutien plus net de la fraction la plus réactionnaire de la
bourgeoisie islamiste à la politique du Président. Cette réconciliation, qui se
traduirait par une impunité accordée à des milliers d’assassins et une plus
grande liberté de mouvement pour les dirigeants fascistes ne signifie aux yeux
du pouvoir ni levée de l’Etat d’urgence, ni liberté de manifestation, ni
respect et consolidation des libertés démocratiques. Les Algériens ont certes
besoin d’en finir avec tous les actes de terrorisme, mais spéculer sur ce désir
légitime de paix pour prétendre réconcilier les assassins avec leurs victimes
relève de la supercherie. Les travailleurs, qui ont besoin de s’unir contre une
politique qui les réduit tous à la misère ne rejettent pas ceux d’entre eux qui,
trompés longtemps par la propagande mensongère de l’intégrisme, constatent
aujourd’hui que les crimes et les destructions, n’ont servi qu’à aggraver leur
situation dans tous les domaines. Ils lutteront tous ensemble pour leurs
revendications, refuseront l’impunité pour les assassins et rassembleront leurs
forces contre les tentatives de rassembler toutes les couches sociales prêtes à
brader tous les intérêts nationaux aux milieux impérialistes. Ces derniers
continueront leurs pressions pour que les derniers obstacles au pillage de nos
ressources et à l’exploitation de notre peuple soient levés. Ces milieux et les
organismes financiers internationaux qu’ils contrôlent veulent une accélération
des « réformes », de nouvelles privatisations, une plus grande place
au secteur privé etc C’est à cette politique que le président de la République
prétend rallier la classe ouvrière en lui proposant un « pacte
social », c'est-à-dire un engagement volontaire de sa part de cesser sa
résistance à des objectifs dirigés contre elle-même, à renvoyer ses
revendications aux calendes grecques en échange de quelques promesses creuses.
Bouteflika a ainsi demandé
à Ouyahia, celui-là même qui a fermé plus de 1000 entreprises et mis en chômage
400000 salariés, de préparer un « pacte social » qui rassemblerait
autour de projets prétendument communs, les travailleurs, leurs patrons et le
gouvernement. Sidi Saïd a osé se féliciter de cette initiative. Ce pacte n’est
qu’une nouvelle tentative de tromper la classe ouvrière par des promesses
mensongères pour faciliter l’application des projets économiques antinationaux
et anti-ouvriers du pouvoir. Le pouvoir veut isoler la classe ouvrière en
utilisant la direction centrale de l’UGTA. Le pacte en question signifierait
l’accord des exploités avec leurs exploiteurs. Non contente de refuser
d’impulser les luttes des travailleurs et des syndicalistes honnêtes la
direction de l’UGTA voudrait maintenant s’y opposer en s’abritant derrière un
pacte qui permettrait à Ouyahia et à la bourgeoisie compradore de continuer à
privatiser, à casser les entreprises et les services publics, à mépriser les
revendications de tous les salariés. Un pacte qui prétendrait unir les intérêts
d’un ouvrier qui demande la garantie de son emploi ou l’augmentation de son pouvoir
d’achat et les intérêts d’un patron qui veut augmenter ses profits n’est qu’un
leurre. Les travailleurs et leurs syndicats peuvent certes faire converger
leurs actions indépendantes avec certaines fractions de la bourgeoisie, qui
refusent le bradage des intérêts nationaux et agiraient pour mettre un frein à
des projets, comme l’accord d’association avec l’Union européenne ou le projet
de Khellil sur les hydrocarbures qui menacent aussi leurs intérêts. Ils peuvent
aussi signer tel ou tel accord avec le gouvernement ou le Patronat, accord qui
précise en général les résultats obtenus suite à leur lutte, mais il ne s’agit
pas de cela. Il s’agit d’un pacte qui donnerait un chèque en blanc à un pouvoir
antipopulaire. Les travailleurs conscients et les syndicalistes honnêtes ne
manqueront pas de rejeter les tentatives répétées de les associer à une
politique contraire à leurs intérêts et à ceux de toute la nation. Ils
lutteront aussi dans l’union la plus large pour arracher toutes les libertés
syndicales et politiques qui leur permettraient de s’organiser et de construire
sans entrave leurs propres organisations, y compris leur propre parti, non
seulement contre la coalition au pouvoir mais aussi contre des dirigeants
syndicaux qui trahissent ouvertement les intérêts des salariés.
L’absence d’une véritable
alternative de progrès défendue par un représentant authentique de la classe
ouvrière et des forces progressistes a été le facteur essentiel dans la
réélection de Bouteflika. Cette alternative pour une politique de progrès
social, pour la défense des intérêts nationaux et la préservation de nos
ressources énergétiques, pour une véritable croissance créatrice d’emplois,
pour le respect et l’extension de toutes les libertés démocratiques demeure
plus valable que jamais. Parmi toutes les victimes de la politique actuelle, la
classe ouvrière a déjà prouvé par ses luttes ses capacités de résistance à
cette politique. C’est pourquoi le pouvoir cherche à l’isoler. Loin d’accepter
la collaboration de classes qu’on lui propose, cette classe ouvrière redoublera
d’efforts pour rassembler autour d’elle toutes les couches sociales exploitées
pour mettre en échec la politique antipopulaire actuelle et préparer le
changement profond qu’attend notre peuple.
APRES LA REELECTION DE BOUTEFLIKA
LE COMBAT SE POURSUIT POUR LA DEMOCRATIE,
LA DEFENSE DES INTERETS NATIONAUX ET LE PROGRES SOCIAL (national)
La farce électorale du 8 avril a été menée
à son terme. Bouteflika a été plébiscité comme le chef incontesté des couches
compradores dans toutes leurs composantes, avec les 85% de suffrages exprimés
annoncés par le ministère de l'Intérieur. Le verrouillage de la vie politique
sous les dehors d’un habile jeu démocratique de façade ne pouvait donner
d’autres résultats que ceux-là.
Les forces progressistes les plus
conséquentes ont été exclues depuis des années de la vie démocratique réelle ou
entravées par un ensemble de restrictions comme la loi sur les partis, l’état
d’urgence qui empêche les forces démocratiques de déployer librement leurs
activités politiques, le code de l’information amendé qui fait planer en
permanence une épée de Damoclès sur la tête des journalistes, la monopolisation
par les hommes et propagandistes du pouvoir des grands médias, comme la
télévision. Elles n’ont pu faire parvenir leurs analyses et propositions de
sortie de la crise à la grande masse des citoyens.
Seuls certains secteurs de la petite
bourgeoisie et de la bourgeoisie anti-intégristes qui disposent des moyens de
la presse écrite ont pu défendre leurs points de vue en faisant durant des mois
campagne contre Bouteflika. Mais, d’une part, ils n’ont avancé aucune
alternative globale réelle de nature à leur attirer le soutien de la population
laborieuse. Cela est dû au fait qu’ils approuvent les politiques
socio-économiques libérales mises en oeuvre par les gouvernants. Ils reprochent
seulement à ceux-ci leur « mollesse » dans l’application de ces politiques, les
retards soi-disant accusés dans les privatisations, et la tendance de
Bouteflika à instaurer un régime d’autoritarisme renforcé aux dépens des autres
courants favorables au libéralisme. D’autre part, leurs attaques contre
Bouteflika ont manqué de crédibilité. Elles ont imputé exclusivement au chef de
l’Etat toutes les pratiques antidémocratiques et anti-populaires dénoncées par
les catégories les plus combatives des masses et des franges démocratiques de
la société. Elles ont innocenté de ce fait le régime en place et tous ses
hommes qui ont conduit bien avant lui le pays au désastre.
Malgré le verrouillage, l’élection a été
marquée par un fort taux d’abstention. Le chiffre officiellement reconnu de
près de 40% d’abstentionnistes à l’échelle nationale est certainement loin de
la réalité, compte tenu de l’emprise des organisations du pouvoir sur les
bureaux de vote qui ont eu la faculté de gonfler à leur guise les résultats
véritablement obtenus par Bouteflika. Les opposants à Bouteflika ont subi une
cuisante déconfiture, mais n’ont pas dénoncé avec force et conviction les
irrégularités de ce scrutin. Cette attitude timorée s’explique par une
démoralisation consécutive à l’illusion que certains secteurs de l’Armée
allaient intervenir pour empêcher Bouteflika d’obtenir un deuxième mandat.
Largement répandue dans la presse qui a combattu Bouteflika, cette illusion a
été probablement alimentée par un travail d’intoxication mené avec un cynisme
consommé en leur direction dans le but de parvenir à un équilibre acceptable au
sein des appareils du pouvoir entre les différents clans qui les contrôlent. Elle
reflète aussi leur manque de courage à reconnaître publiquement leur faible
implantation dans le pays. Une telle reconnaissance aurait contredit de façon
flagrante les fanfaronnades auxquelles ils s'étaient livrés pendant des mois et
durant la campagne électorale.
Dans les grandes villes où le niveau de
conscience politique démocratique est plus élevé et où le trucage électoral
devient de plus en plus difficile pour les gouvernants, le taux des
abstentionnistes reconnu par le ministère de l’Intérieur a été très fort. De
nombreux citoyens ont tenu à exprimer de la sorte leur rejet du régime de
domination et de pillage en place. Mais il ne faut pas perdre de vue qu’une
partie des islamo-fascistes a boycotté cette élection en application des
directives de certains de leurs chefs, tandis qu’une autre a suivi la consigne
d’autres courants de cette mouvance en votant pour Bouteflika en vue de tirer
un profit politique et aussi économique de ses appels à la “réconciliation
nationale”.
Les résultats du scrutin, les prises de
position et ralliements enregistrés en faveur du chef de l’Etat durant la
dernière période qui a précédé l’élection expriment le fait que, dans leur
ensemble, les privilégiés de la société dans leurs diverses catégories et dans
les divers courants politiques qui les traversent se sont mis d’accord pour
confier à Bouteflika la représentation de leurs intérêts. Les désaccords
supposés entre les plus hauts responsables de l’armée et Bouteflika sont
apparus comme des désaccords secondaires. Ils ne remettent pas en cause
l’accord profond qui unit toutes les couches sociales décidées à s'accaparer
des richesses du pays sur les questions fondamentales de la poursuite de leur
marche vers un capitalisme compradore dépendant et jouissant des faveurs des puissances
impérialistes.
Quelles que soient leurs visions
idéologiques, les couches compradores et l’ensemble des catégories sociales qui
tirent leurs revenus du pillage des biens du pays, de l'importation et de
l’exploitation du travail, ont globalement reconnu en Bouteflika l’homme le
plus apte à défendre leurs intérêts, à étendre leurs positions sociales et
politiques dans les institutions nationales, à assurer les compromis
nécessaires entre les divers courants idéologiques qui caractérisent les nantis
- islamistes, “modernistes”, centristes opportunistes - pour leur procurer la
stabilité politique la plus propice à leur entreprise d’enrichissement effréné.
Toutes ces couches sociales n'aspirent qu'à jouir en paix des richesses dont
elles se sont accaparées à la faveur des ajustements structurels, de la
libéralisation, le tout à l'ombre de l'affaiblissement des forces progressistes
provoqué par le terrorisme islamiste et les pratiques répressives du pouvoir.
Parmi les catégories sociales qui n'ont
rien à gagner dans le développement de l'affairisme et de la spéculation, de
nombreux citoyens ont voté pour Bouteflika parce qu'ils attribuent, à tort, à
son action le recul du terrorisme. Ils oublient que la défaite du terrorisme
islamiste est le résultat des coups que l'armée lui a portés sans relâche et de
la mobilisation de dizaines de milliers de citoyens dans les groupes armés
d’autodéfense.
Exploitant les multiples contradictions
qui agitent la société et ses institutions politiques, Bouteflika a réussi à
mettre au pas toutes les couches bourgeoises. Tout en approuvant, dans ses
grandes lignes, son action socio-économique, certaines de leurs fractions
aspirent cependant à faire entendre leur point de vue dans la conduite des
affaires du pays. Il n’a pas hésité, pour imposer son diktat, à user du
chantage au redressement fiscal et de menaces de toutes sortes, hors de toute
légalité, dans un système dont les bénéficiaires évoluent depuis longtemps dans
les pratiques illégales.
A l’issue de l’épreuve de son premier
mandat, Bouteflika s’est imposé à elles comme l’homme le plus “habile” dans la
recherche de bonnes relations avec les puissances impérialistes. Son
"habileté" consiste en fait à exhiber face à l’impérialisme une
attitude capitularde indigne des traditions patriotiques et anti-impérialistes
de l'Algérie non seulement sur toutes les grandes questions internationales de
l'heure mais aussi sur celles qui ont trait à la politique intérieure. Il leur
est apparu comme l’homme qu’il leur faut pour leur garantir la tranquillité
auprès de celles-ci, marchander avec elles les concessions les plus fructueuses
au sein de l’OMC et de l’Union européenne, maintenant que les caisses de l’Etat
sont pleines à craquer de dollars, grâce à l’augmentation du prix du pétrole. L’influence
des pays impérialistes a grandi en Algérie. L’absence du contrepoids que
représentait l’existence de l’Union soviétique pousse les couches moyennes et
les couches exploiteuses à la capitulation. La politique étrangère de
Bouteflika reflète parfaitement cet état d'esprit antinational. C’est pourquoi
Bush et Chirac ont avalisé à toute vitesse la victoire de Bouteflika.
Il s’est imposé également comme le plus
roué dans l’art de berner et de démobiliser les travailleurs les moins
politisés en leur faisant croire, à l’aide de promesses et de propos
démagogiques, qui ne coûtent rien aux classes possédantes, qu’il incarne les
idéaux patriotiques de l’Algérie en tant que continuateur des aspects positifs
de Boumediene. De celui-ci, il n’incarne en réalité que les tendances négatives
qui caractérisent la recherche des équilibres jugés indispensables à la survie
du pouvoir et des compromis avec ses forces les plus rétrogrades.
De larges catégories de travailleurs ont
donc donné leur voix à Bouteflika. Ils ont pris au sérieux les promesses de
Bouteflika de s'attaquer aux injustices et de mettre fin au bradage des
richesses du pays. Les voix qu'ils lui ont données ne signifient nullement
qu'ils vont approuver les privatisations annoncées, la dénationalisation des
hydrocarbures, la destruction du potentiel productif encore existant avec
l'adhésion à l'OMC et à l'accord d'association avec l'Union européenne,
l'alignement sur la politique des puissances impérialistes. Ils pensent, en se
faisant des illusions sur Bouteflika, qu'il constituera un rempart contre les
intrigues impérialistes qui visent à disloquer le pays.
Certains secteurs démocratiques et même
des progressistes ont appuyé la candidature de Benflis. Ils ont justifié leur
position au nom de la nécessité dite “tactique” d’utiliser cette candidature
pour mettre en échec l’ennemi principal de l’heure, celui qui serait incarné
par Bouteflika. La défense des libertés démocratiques devait passer selon eux
par un vote en faveur de l’ancien chef du gouvernement et secrétaire général de
l’ancien parti unique.
Cette attitude erronée n’a pas été suivie,
à juste titre, par le plus gros des secteurs progressistes qui ont approuvé
l’appel du PADS à un vote “nul actif”. Le concept de “l’adversaire principal” a
été mis en avant de façon confusionniste par ceux qui ont soutenu Benflis sans
pour autant partager sa vision socio-économique. Or, “l’adversaire principal”
regroupe toutes les forces sociales mafieuses, compradores et exploiteuses qui
dressent des obstacles à l’activité politique et idéologique démocratique
indépendante des travailleurs et des courants qui traduisent les intérêts
socio-économiques fondamentaux à court et à long terme de ces derniers. Il est
faux de réduire cet adversaire ou de l’identifier au seul Bouteflika. Ces
forces se trouvent aussi dans les rangs de ceux qui ont encouragé Benflis à
entrer en conflit avec Bouteflika.
La riposte de ce dernier face aux attaques
de ses adversaires qui ont partagé avec lui l’exercice du pouvoir, juste
quelques mois avant l’expiration de son mandat présidentiel, ne peut masquer le
fait que ses concurrents comme Benflis ou Sadi n’ont pas été des défenseurs
exemplaires des libertés démocratiques. Ils ne peuvent l’être, tout préoccupés
qu’ils l’ont été et le sont toujours par leur refus de permettre aux
travailleurs d’échapper à leur hégémonie politique et organique. Les
communistes auraient induit en erreur les travailleurs s’ils les avaient
appelés à donner leur voix à l’un ou l’autre de ces deux candidats. La question
des libertés démocratiques, qui fait partie des revendications minimum de
l’avant-garde de la classe ouvrière, ne peut être escamotée. Les courants
libéraux existants ne sont libéraux que sur les questions économiques avec leurs
désirs de privatiser les secteurs juteux de l’économie nationale et de
soumettre les orientations du pays à la soif d’enrichissement des classes
privilégiées. Ils ne sont libéraux sur le plan politique que dans la mesure où
ils cherchent à élargir la marge d’expression des défenseurs du capitalisme
tout en maintenant les travailleurs sous leur contrôle politique et organique.
Au plan de l’action réelle, Benflis et ses compagnons du FLN n’ont jamais
utilisé la majorité détenue au sein du Parlement pour abroger les lois qui font
obstacle à la libre mobilisation des travailleurs. Ils ont au contraire appuyé
et permis l’adoption des lois qui bâillonnent encore plus la liberté
d’expression, comme les amendements au Code pénal frappant la presse. Ils ont
voté celles qui portent atteinte aux intérêts nationaux, comme le désarmement
douanier et la loi sur les mines et l’électricité. Au plus fort de leur conflit
avec Bouteflika, ils ont fait adopter par leur groupe à l’Assemblée nationale
toutes les ordonnances promulguées par ce dernier et évité de croiser le fer
avec lui de peur de compromettre, en cas de dissolution de l’APN, les avantages
mesquins octroyés aux députés.
Les communistes ne rejettent pas la
nécessité, si les circonstances concrètes et le rapport des forces ne laissent
pas d’autres choix aux travailleurs que d’opter pour des objectifs à long
terme, de soutenir des représentants des courants démocratiques de la
bourgeoisie, quand ces derniers ont fait la preuve de leur attachement réel aux
libertés démocratiques et d’une combativité réelle dans la défense de la
démocratie. Ils peuvent faire ces compromis avec eux même si ces libertés
demeurent formelles en raison de limites imposées par la domination économique
de la bourgeoisie. Mais ni Benflis, ni Sadi n’ont été à la hauteur des exigences
de ce combat. Les communistes ne pouvaient les appuyer sans compromettre la
clarté des objectifs des luttes présentes et à venir, sans retarder la prise de
conscience des travailleurs de la nécessité d’avoir leur propre organisation
politique pour devenir une force qui pèse sur les luttes en cours et se prépare
à assumer le pouvoir en vue de transformer radicalement les bases de la société
par l'abolition du capitalisme et la révolution socialiste.
Ce combat va se poursuivre quel que soit
le score obtenu, avec ou sans fraude, par Bouteflika.
Face à la démoralisation de larges
secteurs qui ont combattu sincèrement la candidature de Bouteflika, mais avec
des mots d’ordre confus, face aux plans des forces du libéralisme
anti-national, face au danger de la remise en cause des quelques libertés
démocratiques arrachées depuis 1988, il revient à l’avant-garde des
travailleurs de poursuivre la lutte, de clarifier les enjeux, de tirer les
enseignements, en discutant avec les travailleurs, dans le feu des luttes
quotidiennes, autour d’une plate-forme démocratique de progrès, en vue de poser
chaque jour les bases d'un parti communiste influent, enraciné au sein des
masses et de rassembler le maximum de forces dans un vaste front démocratique,
populaire et anti-impérialiste de progrès.
Bouteflika
remercie Louisa Hanoune (autre article national)
« La
présence de Louisa Hanoune, du prétendu "parti des travailleurs",
parmi les candidats ne doit pas faire illusion. Ce parti défend des positions
en faveur de la réconciliation avec les organisations islamo-fascistes
responsables de la mort de dizaines de milliers de citoyens ». C’est en
ces termes que notre parti avait alertés les travailleurs sur les objectifs de
sa présence parmi les candidats aux élections présidentielles.
Elle
n’a pas manqué de réitérer ses appels à une paix qui passerait en premier lieu
à l’entendre par un accord avec les dirigeants fascistes. Ses attaques contre
le FMI ou la Banque mondiale n’ont jamais été suivies par une critique concrète
de ceux qui les appliquent. Elle n’a jamais mis en cause l’action néfaste de la
direction de l’UGTA ni appelé les salariés à s’organiser dans des syndicats de
classe. Ses discours sur les dangers de division, qui menaceraient le pays,
n’ont servi qu’à inciter une partie des électeurs à réélire Bouteflika, lequel
n’a pas manqué de la gratifier par un message de remerciements au lendemain du
scrutin. Les travailleurs conscients savent depuis longtemps qu’un représentant
authentique de la classe ouvrière n’est jamais encensé par ses
adversaires !
POUR
UNE PLATE-FORME DÉMOCRATIQUE PATRIOTIQUE PROGRESSISTE MINIMUM (encadré si
possible)
Les
communistes organisés au sein du PADS proposent à l’ensemble des progressistes
organisés ou non de débattre et de s’unir dans l’action, pour la réalisation
des tâches dictées par l'étape historique actuelle, autour des points suivants
:
-
instauration effective des libertés démocratiques de réunion, d’organisation,
d’expression, de conscience, avec en premier lieu l’abrogation de la loi sur
les partis et des lois syndicales anti-ouvrières et antidémocratique, sans que
ces libertés ne puissent en aucune façon profiter à leurs ennemis partisans
d’un Etat théocratique; levée de l’état d’urgence parallèlement à la poursuite
de la lutte contre le terrorisme islamiste et ses appuis politiques; combat
sans merci contre la corruption et l’abus de pouvoir des fonctionnaires, les
dénis de justice, les passe-droits et le favoritisme;
-
maintien de la mobilisation populaire pour vaincre les mouvements
islamo-fascistes et préservation des groupes d'autodéfense armés;
-séparation
de la religion et de l’Etat;
-
promotion et officialisation du tamazight;
-réforme
de l'Ecole et de l'ensemble du système d'enseignement et de formation pour
faire prévaloir les idéaux humanistes et démocratiques, le rationalisme et
l'esprit critique, permettre l'assimilation et la maîtrise du savoir
scientifique et technique moderne, donner aux enfants des travailleurs et des
déshérités toutes leurs chances d'accès aux plus hauts niveaux du savoir;
-abrogation
de toutes les lois contraires au principe de l’égalité des hommes et des
femmes;
-protection
des secteurs stratégiques de l’économie nationale et rejet de l'intégration de
l'Algérie dans l'OMC et l'accord d'association avec l'Union européenne;
-utilisation
des rentrées pétrolières pour le financement d’un plan de maintenance et de
modernisation de l'appareil de production industriel existant et de relance de
l’industrialisation, dans le cadre d'une nouvelle stratégie de développement
qui sera élaborée par les représentants démocratiquement élus de la population;
ainsi que pour le financement des infrastructures nécessaires à la satisfaction
des besoins sociaux fondamentaux des masses populaires et des jeunes en
particulier : santé, école et formation, logement, eau, électrification, routes
et voies ferrées, désenclavement des villages isolés, notamment;
-renforcement
du secteur public économique et financier par l'assainissement de sa situation,
par le contrôle démocratique de sa gestion et la nomination à sa tête de
gestionnaires honnêtes et compétents;
-
respect intransigeant des droits sociaux des travailleurs par les patrons et
capitalistes, développement de la protection sociale des catégories démunies,
abrogation des systèmes fondés sur les privilèges et la discrimination, tels
que le scandaleux système des retraites octroyé aux fonctionnaires nommés par
décret ou les salaires à vie pour les ministres;
-justice
fiscale en obligeant les classes privilégiées à payer leurs impôts et en taxant
fortement les dépenses improductives;
-maintien
de la propriété de l’Etat sur les champs et gisements d’hydrocarbures;
-développement
des capacités de défense nationale et de solidarité avec les peuples en lutte
contre la domination et la "globalisation" impérialistes, dans le
refus de toute intégration de l’ANP dans les structures de l’OTAN.
Mensonges et vérités sur
Fernand Yveton
Daniel Edinger rétablit les
faits dans un documentaire (national)
La manipulation de
l'information, par le mensonge ou l'omission
volontaire, la désinformation et sa toxicité sont devenues des lieux
communs dans les médias ordinaires. La
litanie pesante de l'anticommunisme qu'ils engendrent est incessante. Cela ne peut surprendre que les esprits non- avertis
et ceux qui refusent, de bonne ou mauvaise foi, de voir où se trouve le
mensonge et l'espoir des masses laborieuses qui, non trompées par l'idéologie
dominante, se battraient pour le socialisme, seule issue pour les sortir de la
pauvreté et de la misère.
L'anticommunisme, une
épidémie générique du capitalisme
Cette manipulation
généralisée, imbécile, trompeuse et malveillante est bien le reflet des
craintes que ressentent les bourgeois, et leurs complices, porteurs de ce gène
anticommuniste qui dure comme une épidémie que l'on ne sait enrayer. Elle durera tant qu'ils auront le pouvoir et
les médias à leur service. Il était
nécessaire de faire ce rappel pour évoquer de nouveau dans nos colonnes le
livre de Jean-Luc Einaudi sur Yveton à l'occasion d'un documentaire diffusée
sur une chaîne de télévision française.
A la vérité, malgré les parties discutables de ce livre, l'historien a
eu la qualité de remplir une grave lacune, celle d'évoquer l'action de ce
patriote algérien d'origine européenne.
Pourtant, il faut dire que personne ne sait où cet auteur a puisé ses
informations fallacieuses, surtout sur deux points. D'une part il affirme que Fernand Yveton a
rejoint l'ALN sans l'agrément du PCA.
Cela est bien entendu tout à fait faux puisque le transfert des membres
des CDL (Combattants de la libération, organisation armée du PCA à laquelle
appartenait Yveton ) s'est fait à la suite des accords FLN/PCA de 1956. Signalons à ce propos que d'autres militants
du PCA, dans de nombreuses régions du pays et de la capitale, notamment
Guerroudj Abdelkader, son épouse Jacqueline, Yahia Briki, Georges Acampora, les
quatre condamnés à mort Jean Farrudja et bien d'autres furent intégrés à
l'ALN/FLN également suivant ces accords.
D'autre part, le même
auteur assure que le PCA a « lâché »Fernand Yveton lorsqu'il a été arrêté. Encore une erreur, pour ne pas dire un
mensonge éhonté, puisque ses avocats, maîtres Lainné et Albert Smadja ont été
commis d'office peu de jours avant le procès, que le premier était un démocrate
connu sur la place d'Alger et que le second était membre du PCA, était-ce le
fait du hasard ? Ou bien parce que d'autres membres du barreau d'Alger avaient
refusé d'assurer sa défense ? Ajoutons encore que Maître Joé Normann, un grand
avocat internationalement connu, membre du PCF, a également prêté son concours
à la défense de Fernand Yveton, à la demande du PCA
Rappelons que ce militant
avait été arrêté sur dénonciation de son contremaître pour avoir déposé une
bombe à la centrale à gaz du Hamma. Bombe qui ne devait exploser que dans la
soirée, après le départ des travailleurs, pour éviter de faire des victimes
civiles.
Je vais mourir mais
l'Algérie sera indépendante
Fait rarissime en matière
d'objectivité, et qui rétablit la vérité, la Chaîne 3 française a diffusé un
documentaire de trois volets réalisé par Daniel Edinger, le premier portait sur
un entretien avec le bourreau qui exécuta notre camarade et 117 autres
patriotes de notre pays. Un ignoble
sanguinaire, sans remord aucun, qui s'adonne aujourd'hui aux joies d'un
collectionneur devenu père tranquille.
Le second volet est entièrement consacré au procès de Fernand Yveton et
aux minutes qui précédèrent son exécution avec pour témoin essentiel et
indispensable Albert Smadja- Celui-ci rappelle avec beaucoup d'émotion dans
quelles conditions s'est déroulé ce douloureux événement et les dernières
paroles de notre camarade qui, dans les dernières secondes de sa jeune
existence, embrassa son avocat et deux autres condamnés à mort exécutés à 4
heures de cette même aube. Il déclara
avant d'être guillotiné: « je vais mourir, mais l'Algérie sera indépendante »
Son assassinat avait été
décidé « pour l'exemple » dès son arrestation. A l'instigation de François
Mitterrand, ministre de l'Intérieur, le pourvoi en cassation et le recours en
grâce furent rejetés par le garde des Sceaux et René Coty, alors président de
la République.
Signalons pour être plus
complets que maître Albert Smadja fut arrêté dix jours plus tard et interné
durant deux années au camp de Lodi près de Médéa.
Il était temps que soit
rétablie la vérité, Daniel Edinger et Albert Smadja l'ont fait. Avec honnêteté!
Positions des pays arabes face au projet américain de « Grand Moyen
orient » (international)
Le
concept de « grand moyen orient » n’est pas un concept géographique,
il comprend plusieurs pays qui ne se situent pas au sein de la région connue
géographiquement sous cette dénomination, surtout quand on y ajoute le
qualificatif de « grand ». C’est un projet politique qui comprend
l’ensemble des pays arabes du Maghreb et d’Orient, ainsi qu’Israël, la Turquie,
l’Iran, le Pakistan et l’Afghanistan. Ce projet politique de réforme concocté
par les Etats-Unis, doit être exposé au sommet du groupe des huit pays les plus
industrialisés au monde prévu au mois de juin prochain. Ce projet découle du
cadre de la reformation de la région auquel oeuvrent les Etats-Unis, après la
colonisation de l’Afghanistan et de l’Irak, suivant leurs intérêts stratégiques
vitaux, politiques, économiques, et militaires. Les américains cherchent à imposer
une hégémonie totale sur le monde ainsi que le contrôle des richesses
pétrolières.
Il
est possible de dire que la chute du régime de Saddam et la colonisation de
l’Irak, réalisées par les Etats-Unis et leurs alliés constitue un premier pas
dans la réalisation de ce plan qui pourrait s’intituler « le modèle
démocratique », le leurre à généraliser aux pays de la région.
Ainsi
ce projet préparé par l’impérialisme américain, vise à transformer les organisations
régionales existantes, suite à la colonisation de l’Irak, et qui possèdent un
long passif répressif à l’encontre de leurs peuples, ainsi qu’une longue
histoire de suivisme et de soumission à la domination américaine.
S’il
en était ainsi- et il en est effectivement ainsi- quel est donc le secret de
l’opposition de la majorité des pays arabes à ce projet américain ? Cette
opposition est-elle l’expression du souci de défense de l’indépendance des pays
de la région, et de la liberté de leurs peuples à choisir leur système politique,
économique et social qui accompagne leurs ambitions et aspirations, ou
vise-t-elle à protéger leurs trônes moyenâgeux ?
Pour
commencer par le commencement, il convient d’analyser les positions des pays
arabes concernant ce projet. Trois positions sont exprimées par trois ensembles
d’Etats :
Le
premier groupe œuvre à l’établissement d’un réel dialogue avec les autorités
américaines et plus généralement les pays occidentaux autour de cette
initiative ainsi que d’autres initiatives qui pourraient émerger, avec pour
objectif la reformulation des visions d’avenir de la région, plutôt que de
refuser d’avance et de façon franche et totale toute initiative de réforme.
Le
second groupe s’en tient à beaucoup de précaution et de prudence en attendant
que se précisent les initiatives posées. Cependant, et malgré cela, il établit
dans ce cadre des contacts nourris avec les pays qui posent ces initiatives,
afin de se tenir à sa nature, ses limites, ses visées et son appareil exécutif,
sachant les Etats-Unis maîtres du projet.
Le
troisième groupe (particulièrement l’Égypte, la Syrie et l’Arabie saoudite)
réfutent cette initiative déclarée, et cherchent à la place la possibilité de
présenter une initiative arabe locale alternative, visant à réformer
l’organisation arabe qui arrive sur une voie sans issue. Ceci en commençant par
la réforme de la ligue arabe qui représente l’institution officielle du monde
arabe, ainsi que l’introduction de quelques réformes politiques et
constitutionnelles dans les régimes afin de satisfaire les Etats-Unis et
acquérir leurs confiance d’une part, et d’autre part satisfaire aux
revendications d’une partie de l’opposition intérieure, qui demande des
réformes, mais dans le cadre des mêmes institutions. Ce groupe d’Etats justifie
ses positions par le fait qu’aucune réforme ne peut réussir et être crédible si
elle ne provient pas de l’intérieur des pays arabes, et des besoins et
aspirations des peuples arabes à la stabilité, à la paix et à la prospérité. De
fait ces Etats conviennent de la nécessité et de l’inéluctabilité de ces
réformes, cependant les priorités qu’elles voient comme nécessaires pour la
région sont avant tout la réalisation de la sécurité, de la paix et de la
stabilité. Cela passe par la fin du conflit arabo-israélien et la solution
juste de la cause palestinienne, avant toute réforme politique, économique
sociale et culturelle inéluctable. Ces priorités diffèrent de celles délimitées
par le document « projet du grand moyen orient ». Celles-ci sont
centrées sur la modernisation des organisations, par l’encouragement de la
démocratie, l’édification d’une société plus libre et l’élargissement du rôle
de la femme au sein de la vie politique, économique et sociale. Cela implique
une réponse aux attentes des forces politiques de la bourgeoisie, et notamment
dans leur dimension compradore, ainsi qu’aux exigences de la mondialisation
capitaliste, la lutte contre le terrorisme et la défense des intérêts vitaux
des États-Unis d’Amérique dans la région.
Le
fait que les dirigeants arabes ne conçoivent pas de réelles réformes, qui
prendraient en compte les besoins et les aspirations des peuples à des
changements qui serviraient leurs véritables intérêts, fait de ce « projet
du grand moyen orient » une alternative à l’ancien régime arabe. Cela est
la dernière chose à laquelle pensent les dirigeants des systèmes dictatoriaux
et moyenâgeux actuels. Ce qui les intéresse avant tout et en dernière instance
est le sauvetage de leurs régimes, menacés aujourd’hui par leurs peuples d’une
part, et par le projet du « grand moyen orient » et les appétits
américains d’autre part. Ainsi l’on perce le secret de leur opposition au
projet américain, due au fait que les desseins de ce projet ne laissent aucune
place à leurs plans et leurs intérêts. Ce plan ne fourni en effet aucune
garantie du maintien de ces régimes. Les Etats-Unis voient la plupart de ces
régimes comme des systèmes dont le temps est révolu, et qui ne sont plus
capables de servir ses intérêts, ni de s’acclimater avec les événements qu’ont
connus le monde et la région en particulier. Ceci car le moyen orient est
devenu, depuis le 11 Septembre, suivant les visions des experts en stratégie
américaine, le centre principal des intérêts stratégiques des Etats-Unis. C’est
pourquoi les américains considèrent que le projet du « grand moyen
orient », et ce qu’il comporte comme réformes qui servent leurs intérêts
stratégiques centraux, doit être mis en œuvre quel qu’en soit les conséquences,
et que les régimes arabes, dans leurs formes actuelles, y survivent ou pas. La
réside le secret du tollé suscité au sein de ces régimes, et de leur
empressement à densifier les contacts et autres consultations bipartites et
pluripartites ces derniers temps autour du projet de réforme de la ligue arabe,
comme alternative au projet du grand moyen orient, pour sauver ce qui peut
encore l’être des restes du système arabe, ou de tenter de le restaurer.
Mais
est-ce que ces régimes pourront faire adopter leurs alternatives dans le cadre
de la ligue arabe ? C’était l’espoir du sommet de Tunis (congrès arabe)
qui devait se tenir le 28 et 29 Mars, mais qui a été reporté, en raison des
divergences et des points de vue trop éloignés des pays membres, selon les
déclarations qui ont annoncé le report du sommet. En fait la raison de l’échec
de l’organisation de ce sommet relève des pressions exercées par les Etats-Unis
sur de nombreux Etats membres pour faire échec à ce sommet. Quelques membres se
sont en effet soumis au projet américain, dont le pays hôte, la Tunisie, ainsi
que la Libye, qui est allé très loin dans l’assujettissement aux projets
américains, en commençant par revenir complètement sur son projet nucléaire et
l’acceptation d’une commission d’inspection internationale de l’énergie
atomique, de même que d’autres régimes du golfe. Notons enfin la soumission de
l’Égypte au projet américain, après la récente visite du président Moubarak aux
Etats-Unis, ou il a accepté de réchauffer les relations Israélo-égyptiennes et
affirmé son soutien au retrait unilatéral de Gaza et de certaines parties de la
Cisjordanie. Ce dernier s’est abstenu de dénoncer les crimes que commet la
colonisation américaine contre le peuple irakien. Il a enfin accepté
l’initiative américaine du grand moyen orient sous les pressions et les efforts
de séduction américains.
Parmi
les résultats prévisibles découlant de cette visite, le sommet arabe qui se
tiendra à Tunis au mois de mai devrait accoucher d’un accord sur l’initiative
américaine citée.
Dés
lors, les dirigeants arabes vont se trouver contraints d’accepter l’initiative
du grand moyen orient. Ils doivent donc tenter de s’adapter au projet américain
et présenter des dispositions dont ils espèrent en contrepartie la protection
de ce qu’il reste de leurs régimes.
Reste
à se demander quels sont les réels objectifs de ce projet de grand moyen
orient, et s’il vise à moderniser les pays de la région et à les démocratiser,
comme l’affirme le texte en question ? En réalité le projet « grand
moyen orient » n’a rien à voir avec la démocratie. Les Etats-Unis n’y
songent pas du tout. Ce projet ne vise pas non plus l’exportation du modèle
« démocratique » américain. Il vise en fait le maintien de la
domination américaine sur cette région arabe et l’appropriation de ses
richesses, qui sont constituées par le plus grand réservoir pétrolier au monde.
Mais
cette hégémonie doit d’être masquée par une façade « démocratique »
formelle et de nature bourgeoise et compradore qui vont de pair avec ses
intérêts et ceux de ses alliés, notamment Israël, qui œuvre à avoir une place
particulière dans ce projet. Mais il reste certain que la projet américain
n’oeuvrera pas à instituer une vraie démocratie dans la région.
Il
est vrai que les masses populaires dans cette région et leurs forces nationales
démocratiques et progressistes s’opposent fortement à ce projet et oeuvrent à y
résister comme cela est le cas en Irak ou en Palestine, mais il convient de
bien faire attention à ne pas mélanger la résistance des régimes et celles des
peuples. Il existe une différence fondamentale entres elles. L’opposition des
dirigeants arabes ne vise qu’à sauver leurs régimes voués à l’effondrement, du
fait qu’ils n’ont pas de place au sein des projets américains, et surtout la
perte de toute légitimité par rapport aux peuples de la région.
L’opposition
des peuples et de leurs forces nationales visent à se libérer de l’hégémonie
américaine, et la construction de régimes nationaux démocratiques véritables,
qui oeuvrent à la réalisations de leurs aspirations à la liberté, à la
démocratie, au progrès social, à l’égalité et à la justice sociale.
En
conclusion, le projet américain appelé « grand moyen orient » est un
projet dangereux que les forces nationales, progressistes et populaires de toute
la région doivent combattre côte à côte, en rangs serrés, dans l’union, en même
temps qu’elles doivent combattre les régimes dictatoriaux en place. La
résistance multiforme est le seul choix pour faire échec à ce nouveau projet de
colonisation appelé grand moyen orient.
.
Kabylie :
La population et le mouvement citoyen résistent toujours. (national)
Le troisième anniversaire du
printemps berbère a été marqué dans toutes les villes de la région par de
nombreuses activités. Des marches populaires, des meetings, des cérémonies de
recueillement à la mémoire des martyrs ont montré la détermination des
populations à continuer leurs luttes pour arracher leurs revendications. Les
travailleurs, les jeunes et les milieux populaires attendent toujours du
pouvoir un changement réel de politique et non des manœuvres pour isoler leurs
représentants les plus conscients, qui exigent la fin de la répression, le
jugement et la condamnation des responsables de la mort de dizaines de jeunes
martyrs et la satisfaction pleine et entière de la plate-forme d'El Kseur. Dans les semaines qui ont précédé les
élections présidentielles, le pouvoir et une partie des délégués du mouvement
citoyen ont entamé des négociations. Certaines revendications, appelées
incidences ont été satisfaites et des détenus ont été libérés mais le refus du
gouvernement d’accepter le principe de l’officialisation du Tamazigt et sa
prétention à soumettre cette question à un référendum national ont mis fin à
ces pourparlers. Le refus d’accepter un tel référendum, qui diviserait notre
peuple, est pleinement justifié. Une grande partie de la population a refusé de
participer aux élections présidentielles et le pouvoir ne semble pas prêt à
changer de politique. Il compte manifestement sur le pourrissement et sur la
lassitude d’une population dont les conditions de vie se sont considérablement
aggravées. Il compte aussi sur les contradictions d’intérêts entre certaines
forces politiques implantées dans la région et même sur des divisions apparues
depuis un certain temps au sein du mouvement citoyen entre délégués
« dialoguistes » et délégués « anti-dialoguistes ». Il agit
dans le reste du pays pour isoler la région et empêcher qu’une prise de
conscience plus importante des enjeux permette un soutien massif aux luttes
menées en Kabylie contre la répression et pour une démocratie réelle au service
des travailleurs et des jeunes des milieux populaires. Il faut rappeler que dès
avril 2001 les jeunes de Kabylie ont mis en cause toute la politique du pouvoir
et en particulier sa politique économique et sociale, dont les conséquences
désastreuses ne se limitent pas à leur région. Ce n’est pas seulement à Tizi-ouzou,
à Béjaïa ou à Bouira que le chômage s’étend. Les récentes émeutes à Ouaragla ou
ailleurs sont là pour le prouver. Enfin ce n’est pas qu’en Kabylie que le
pouvoir maintient sa politique de répression. Soutenu clairement désormais par
les principales puissances impérialistes, qui attendent de lui qu’il poursuive
et aggrave sa politique de soumission aux intérêts de leurs multinationales, il
n’est pas prêt à utiliser les moyens dont nous disposons pour faire face aux
besoins de l’économie nationale, relancer la production nationale, impulser une
véritable relance créatrice d’emplois stables et bien rémunérés. Bref il ne
faut pas compter sur les couches dirigeantes pour satisfaire les revendications
sociales des travailleurs et des familles populaires. Bien au contraire il
programme de nouvelles privatisations qui aggraveront le chômage. Les
aspirations spécifiques à la Kabylie ou communes à l’écrasante majorité de
notre peuple ne pourront être arrachées que suite à un puissant mouvement de
masse uni des travailleurs et des forces progressistes. C’est ce que
comprennent les travailleurs conscients et les militants progressistes de
Kabylie et d’ailleurs qui tout en luttant pied à pied pour arracher leurs
revendications, rassemblent avec patience toutes les victimes d’une politique
antinationale et antipopulaire sur la base de mots d’ordre clairs et
mobilisateurs, Ces travailleurs et ces militants progressistes n’oublient pas
non plus que sans une lutte résolue pour arracher toutes les libertés
démocratiques, abolir toutes les lois qui les empêchent de s’organiser
librement dans leurs organisations politiques ou non, il leur sera plus difficile
de faire triompher une véritable alternative, capable de résoudre les problèmes
qu’affronte notre peuple et pas seulement en Kabylie.
PREMIER MAI 2004 : RENFORCONS NOS LUTTES CONTRE LE SYSTEME
CAPITALISTE
ET LES AGRESSIONS IMPERIALISTES (national)
A l’occasion du premier mai, notre parti
a publié une déclaration de solidarité avec les luttes des travailleurs et des
peuples contre le capitalisme et l’impérialisme. Nous la reproduisons
ci-dessous.
Les travailleurs et les peuples du monde
entier vivent dans l’angoisse. Le régime capitaliste en crise aggrave
l’exploitation dans tous les continents. Incapable de résoudre les problèmes de
la faim ou des maladies dans de vastes régions de la planète, il multiplie les
atteintes aux acquis sociaux pour les travailleurs et les populations, y
compris dans les grands pays industrialisés. Seuls comptent à ses yeux les
profits des grandes multinationales. La politique qu’il impose à travers ses
multiples institutions comme le FMI, la banque mondiale ou l’OMC se solde par
la ruine de nombreux pays. Les réformes que ses idéologues exigent jour après
jour ont pour but d’en finir avec des retraites décentes pour les travailleurs ou des services publics
performants qui garantissent l’accès à la santé et à l’éducation pour tous.
Dans tous les pays, la mondialisation capitaliste signifie plus de chômage et
plus de misère et moins de perspectives pour les jeunes.
Dans des pays comme le nôtre, la
politique imposée par le capitalisme international et mise en œuvre par des
bourgeoisies de plus en plus dociles, remet ouvertement en cause les acquis du
mouvement de libération nationale des peuples jadis colonisés. Les puissances
impérialistes ne veulent pas d’une coopération mutuellement avantageuse pour
tous les pays. Leurs objectifs consistent à tout faire pour empêcher tout
véritable développement économique qui donnerait un contenu réel à une
indépendance nationale arrachée bien souvent après des sacrifices
considérables. Bien au contraire, ils exigent la destruction de nos industries
et la privatisation de nos entreprises. Seuls les intérêts des bourgeoisies
compradores et des agents de leurs multinationales doivent être sauvegardés.
Les impérialistes ne se contentent pas d’imposer leur domination économique
mais veulent s’emparer par la force militaire des ressources des peuples.
En agressant sauvagement le peuple
irakien et en occupant militairement ce pays millénaire, l’impérialisme
américain a un objectif fondamental : mettre la main sur les ressources
énergétiques de ce pays. Tout en soutenant plus que jamais les crimes de Sharon
contre le peuple palestinien, Bush échafaude des plans comme « le grand
moyen orient » pour faire de cette vaste région du monde sa chasse gardée.
Au nom de la « lutte contre le terrorisme » les dirigeants de
Washington n’écoutent plus personne. Ils piétinent quotidiennement les règles
du droit international et menacent d’agression tous les Etats et tous les
gouvernements qui refusent de se soumettre à leurs diktats. Ils menacent
d’envahir des pays aussi divers que Cuba, la Syrie ou la Corée du nord.
Face aux ravages de la mondialisation
capitaliste et aux agressions impérialistes, les travailleurs et les peuples
résistent et luttent quotidiennement pour défendre leurs acquis sociaux ou
leurs droits à la liberté.
Dans les grands pays industrialisés, la
classe ouvrière se bat pied à pied contre les délocalisations, le chômage, pour
la sauvegarde de son système de protection sociale et pour le maintien de son
niveau de vie.
Dans les pays dominés comme le nôtre, la
classe ouvrière, les paysans travailleurs et les forces progressistes luttent
pour arracher les libertés démocratiques et faire échec à la politique
économique et sociale qui réduit à la misère des millions de personnes.
En Amérique latine, en Asie et en
Afrique les travailleurs et les peuples se mobilisent contre les pressions et
les menaces d’agression.
Les communistes et les
progressistes algériens sont solidaires de toutes les luttes que mènent les
travailleurs du monde entier contre le capitalisme et la mondialisation
impérialiste. Ils dénoncent particulièrement les crimes barbares contre les
peuples palestinien et irakien. Aux côtés de toutes les forces progressistes mondiales, ils
exigent l’évacuation des troupes d’occupation d’Irak et la reconnaissance des
droits nationaux du peuple palestinien.
VIVE LA SOLIDARITE DES
TRAVAILLEURS ET DES PEUPLES OPPRIMES
VIVE LA RESISTANCE DES PEUPLES
IRAKIEN ET PALESTINIEN CONTRE l’OCCUPANT
L’OTAN ET LA TRANSPARENCE DES
ELECTIONS (national)
Selon une dépêche de l’APS, datée du 10
avril, reprise par plusieurs journaux, une « source autorisée de l’OTAN »
affirme que l’organisation « se félicite de l’élection du président Bouteflika »
qui a été acquise selon cette source « dans la plus parfaite transparence
». Cette réaction inhabituelle avait elle pour objectif de cautionner
l’attitude de l’ANP, qui aurait été vraiment neutre dans cette élection, ou que
le succès de Bouteflika a été obtenu malgré l’opposition de notre armée ?
En vérité cette réaction est à ajouter aux déclarations des observateurs de
l’OSCE et du Parlement européen qui toutes n’avaient qu’un seul objectif :
Confirmer leur soutien à un pouvoir soumis aux milieux impérialistes. Les
grands moyens d’information occidentaux, ainsi que certains journaux nationaux,
ayant laissé entendre durant des semaines que les élections algériennes seraient
vraiment démocratiques, que les jeux n’étaient pas faits d’avance, il fallait
au plus vite faire taire les sceptiques, aussi bien à l’étranger qu’en Algérie
devant des résultats qui démentaient nettement de tels pronostics. Ces milieux
n’ont pas besoin de véritables élections démocratiques pour des pays comme le
nôtre. Les seuls « démocrates » qu’ils soutiennent sont ceux qui
acceptent sans broncher leurs plans dans tous les domaines. Le plus urgent pour
eux est que l’Algérie continue à se soumettre au FMI, accélère son entrée dans
l’OMC et applique les accords d’association signés avec l’Union européenne. Ceux
qui comptent sur eux pour nous aider à arracher les libertés démocratiques,
sans lesquelles il est vain d’attendre des élections démocratiques, ne sont que
des opportunistes invétérés ou des inconscients. La démocratie pour laquelle
luttent les travailleurs, les intellectuels progressistes, les femmes et les
jeunes de notre pays n’a rien à voir avec la démocratie de façade, dont se
félicite bruyamment l’OTAN, l’Union européenne ou Georges Bush. La démocratie
véritable, dont a besoin notre peuple, permettra aux travailleurs et à tous les
exploités de mieux défendre leurs droits et ceux de toute la nation contre les
appétits impérialistes et les couches dirigeantes qui refusent toute résistance
pour défendre les intérêts nationaux. La déclaration de l’OTAN sur les
élections présidentielles n’est qu’une nouvelle preuve de l’immixtion de cette
organisation criminelle dans nos affaires intérieures. Elle ne trompera pas les
patriotes algériens sur ses objectifs quant à sa volonté d’utiliser notre armée
pour ses missions en Méditerranée ou ailleurs. Ces patriotes ne manqueront pas
de redoubler de vigilance pour empêcher des perspectives aussi dangereuses.
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Attentats de
Madrid : Des crimes qui facilitent la propagande impérialiste
(international)
Le 11 mars la
capitale espagnole a été endeuillée par des attentats criminels qui se sont
soldés par des centaines de morts et de blessés. Ces victimes innocentes,
jeunes pour la plupart, qui se rendaient à leur travail ou à leur lycée, ont
été injustement frappées par des terroristes, dont les objectifs ne
correspondent en aucun cas aux intérêts d’aucun peuple. Si vraiment ces
terroristes ont frappé l’Espagne parce qu’elle avait envoyé des troupes en
Irak, ce qui est loin d’être prouvé, on se demande en quoi assassiner un ouvrier
ou un lycéen espagnol, qui a probablement participé aux manifestations géantes
contre le soutien d’Aznar à l’agression contre le peuple irakien, peut-être
justifié. Il est vrai que pour certains illuminés ce sont les attentats qui ont
permis la chute d’Aznar et le retour des soldats espagnols d’Irak. La vérité
est que le peuple espagnol dans sa majorité a toujours été opposé à la guerre
en Irak et à l’envoi de ses troupes dans ce pays. Ce peuple qui n’a pas manqué
de dénoncer le terrorisme, a été simplement révolté par les mensonges du
gouvernement Aznar dans l’enquête qui a suivi le drame. Ce gouvernement qui a
refusé d’envisager d’attribuer ces crimes, avant toute conclusion de l’enquête,
à des groupes islamistes malgré certaines évidences, pour éviter que les
électeurs ne fassent le lien avec la présence de leurs troupes en Irak, a été
sanctionné par le peuple espagnol.
La politique
impérialiste de domination, d’agression, de misère et d’injustice que subissent
les peuples permet à des fascistes de manipuler et recruter facilement des
tueurs qui sèment la mort dans diverses régions du monde souvent au péril de
leurs vies. Ces dirigeants n’ont aucun objectif de libération véritable. Les
crimes perpétrés contre des innocents comme ceux de Madrid ne serviront qu’à la
propagande des milieux impérialistes qui tentent de justifier en permanence
leur politique au nom d’une prétendue « lutte contre le
terrorisme ».Les travailleurs et les forces progressistes, qui luttent
effectivement contre la politique impérialiste rejettent le terrorisme et
condamnent les crimes contre les innocents.
SOLIDARITE AVEC LE
PEUPLE IRAKIEN (2 articles)
Le calvaire du
peuple irakien continue. A l’approche du 30 juin date théorique de la
transmission du pouvoir à un gouvernement indépendant, les troupes d’occupation
mettent les bouchées doubles. Ils massacrent à l’arme lourde des familles
entières d’Irakiens. Pour la seule ville de Fellouja, ils ont déjà assassiné
plus de 600 personnes, détruit des quartiers entiers et bombardent avec des F15
et des F16 une cité où pratiquement tout a été détruit. Ils n’ont pas hésité à
recourir à l’arme de la faim et il a fallu de longues journées de négociations
pour que ceux des habitants qui n’ont pas fui l’enfer puissent recevoir des
provisions indispensables à leur survie. A cette sauvagerie répond une
résistance de plus en plus ferme. Pour le seul mois d’avril les troupes américaines
ont perdu 131 soldats en Irak. Si ce bilan inquiète de plus en plus l’opinion
américaine, Bush continue à renforcer l’occupation et à chercher le chaos. Il se
prépare à envoyer de nouvelles troupes pour aggraver encore la répression
contre un peuple qui exige de plus en plus nettement le retour à une
souveraineté pleine et entière. Il multiplie ses pressions contre des alliés récalcitrants
pour les inciter à envoyer leurs soldats. L’Espagne et d’autres pays d’Amérique
latine ont retiré leurs contingents. L’opinion publique au Japon, en Corée du
sud et ailleurs renforce sa pression pour obliger les gouvernements à rapatrier
d’autres troupes. Aux Etats-Unis même et en Angleterre, des manifestants
exigent qu’on mette fin à une guerre qui a déjà coûté plus de 100 milliards de
dollars et des centaines de morts dans leurs propres troupes. Le monde entier
vient de découvrir l’ampleur des crimes américains en Irak. Les images montrant
les sévices et les humiliations que subissent les prisonniers irakiens confirment
avec éclat la cruauté des envahisseurs, qui prétendent défendre la
« démocratie et les droits de l’homme » et qui ne respectent même pas
les conventions de Genève. Ces pratiques ont scandalisé toute l’opinion
mondiale mais il ne faut pas compter sur Bush pour qu’il accepte enfin de
respecter la légalité internationale, rende le pouvoir aux Irakiens et renonce
à ses plans de pillage des ressources de ce pays. A l’approche du 30 juin, il
vient de demander une nouvelle rallonge au Congrès pour continuer sa guerre. Il
multiplie ses manœuvres et ses pressions pour légitimer une occupation
permanente de ce pays.
A l’intérieur de
l’Irak il joue surtout sur les divisions. Il vient même de recruter des cadres
supérieurs de l’ancien régime, civils et militaires, qu’il avait lui-même
écartés, dans le but évident de les utiliser contre d’autres forces irakiennes.
Essayer de faire jouer les Chiites contre les sunnites, les Chiites modérés
contre les radicaux, les laïques contre les islamistes etc,
quoi de plus naturel pour des impérialistes qui ont toujours eu pour
devise : « diviser pour regnier ».
A l’Extérieur Bush
compte sur une nouvelle résolution de l’Onu qui légitimerait l’occupation et
n’accorderait que des pouvoirs limités au prochain gouvernement irakien.
D’autres gouvernements membres du Conseil de sécurité veulent que tout le
processus de retour à une souveraineté pleine et entière de l’Irak soit
téléguidé par l’ONU. L’envoyé spécial de cette organisation a entamé des
discussions avec les forces politiques irakiennes pour essayer de former un
gouvernement représentatif et il propose une conférence nationale en juillet
prochain et des élections en 2005. Il est clair qu’aucune solution politique
réelle, conforme aux intérêts du peuple irakien et au droit international n’est
possible tant que les occupants continueront leurs crimes et leurs manœuvres.
Les objectifs pour
lesquels les impérialistes ont envahi l’Irak sont trop importants pour qu’ils
acceptent tranquillement de laisser les Irakiens résoudre leurs propres
affaires. Il est donc nécessaire de soutenir plus que jamais ce peuple, ses
forces patriotiques et progressistes qui luttent pour un Irak libre,
démocratique et débarrassé des troupes d’occupation.
Ce soutien peut se
manifester en particulier par :
Des manifestations
diverses exigeant la fin de l’occupation
Des pétitions
adressées aux ambassades américaines et anglaises pour exiger le retrait
immédiat de leurs troupes d’Irak
Des motions
adressées aux gouvernements européens pour exiger leur intervention pour mettre
un terme à l’occupation de l’Irak
Des pressions sur
le gouvernement algérien pour une solidarité plus active envers le peuple
irakien
L’exigence d’une
intervention de l’ONU pour permettre aux Irakiens de régler eux-mêmes leurs
différends pour un Etat démocratique, fédéral et uni
Ce que la guerre en Irak ne petit cacher (2ème
article)
Un nombre restreint d'entreprises américaines, très
proches de l'administration Bush s'est accaparé des plus importants contrats de
la reconstruction du pays. Ces entreprise, qui se sont emparées des contrats
pour la reconstruction de l'Irak et de l'Afghanistan ont versé 500 000 dollars
à la dernière campagne électorale de Bush pour les présidentielles. 18,6
milliards de dollars (15 milliards d'euros) représentent la valeur totale des
vingt six contrats passés avec des sociétés des pays de la coalition dont les
armées occupent l'Irak Mais la plus grosse part et la partie la plus juteuse
est accaparée par les sociétés américaines. Même les sociétés de la
Grande-Bretagne, alliée principale des Etats-Unis en Irak, sont mécontentes que
les contrats qu’elles ont obtenus soient réduits à la portion congrue. Quant à
la Russie la France et l'Allemagne, leurs entreprises ont été, totalement
évincées en raison du non engagement de leurs gouvernements en Irak-
La société Halliburton, dont le PDG en 1995 était
l'actuel vice-président des Etats-Unis Dick Cheney a bénéficié, d'un contrat de
valeur élevée pour la réparation des puits de pétrole d’Irak sans que la
procédure de l'appel d'offre soit respectée. Cette société, « symbole du
capitalisme à l'américaine », totalise 10 milliards de dollars pour de fabuleux
contrats dans les pays suivants : Afghanistan Kossovo, Bosnie Herzégovine,
Macédoine, Hongrie, Géorgie, Ouzbékistan, Jordanie, Turquie et Koweït.
SOLIDARITE AVEC LE
PEUPLE DE PALESTINE (3 articles)
SHARON VEUT
ASSASSINER LE PRESIDENT ARAFAT
Sharon accentue sa
répression contre le peuple palestinien. Fort du soutien public de Georges
Bush, il a fait assassiner à quelques jours d’intervalle cheik yassine et son
successeur à la tête de Hamas. Malgré la désapprobation universelle qui a suivi ces deux assassinats,
il affirme que le tour de Yasser Arafat est pour bientôt. Un chef de
gouvernement qui déclare devant le monde entier, qu’il se prépare à donner
l’ordre à son armée de tuer le président de l’Autorité palestinienne, Président
régulièrement élu par la population et symbole de tout un peuple, n’a
manifestement aucun objectif de paix. Le terrorisme d’Etat pratiqué désormais
ouvertement par les gouvernants israéliens à l’encontre des dirigeants
palestiniens et les menaces publiques proférées contre leur Président, qui a
toujours condamné les attentats contre les civils israéliens perpétrés en
Israël même, est une preuve éclatante de la volonté de Sharon d’ignorer toute
légalité internationale. Par ses agissements de plus en plus barbares, il défie
toute l’opinion progressiste internationale, se moque des Nations Unies et
déclare qu’aucune résolution ne l’empêchera de continuer à agir comme il
l’entend. Son fameux plan de retrait unilatéral de Gaza, s’il devait être
appliqué un jour, n’a qu’un seul objectif, comme il le déclare lui-même, c’est
d’annexer des territoires de Cisjordanie et consolider les colonies qui s’y
trouvent. Même si les USA ont toujours soutenu Israël, les observateurs ont
noté que Bush vient de franchir une
nouvelle étape dans ce soutien. Il remet désormais en cause les résolutions de
l’ONU sur les réfugiés et le respect des frontières de juin 1967 contrairement
à l’attitude de tous les Présidents américains qui l’ont précédé.
La guerre que mène Sharon contre le peuple palestinien ne ramènera ni paix, ni sécurité au peuple israélien. Comme tous les colonialistes, les dirigeants israéliens ne veulent pas comprendre qu’un peuple décidé à vivre libre n’abdiquera jamais. Malgré les crimes quotidiens qui n’épargnent ni femmes, ni enfants, ni infrastructures, ni maisons d’habitation, les Palestiniens manifestent tous les jours contre l’occupation. Ils bénéficient de la sympathie de toute l’opinion progressiste internationale mais l’attitude de certains dirigeants arabes n’est pas à la hauteur de leurs responsabilités. Elle ne correspond pas aux sentiments d’indignation exprimés avec force par les masses populaires de leurs pays. Ils continuent à croire que Bush va obliger Sharon à appliquer la « feuille de route », relancer le « processus de paix », aider à l’établissement de l’Etat palestinien etc. Les crimes de Sharon en Palestine et ceux de Bush en Irak de même que les menaces d’agression contre les autres pays arabes font partie du même plan d’occupation et de domination de l’ensemble de la région. Le seul moyen de soutenir réellement aujourd’hui le peuple palestinien c’est de remettre en cause toute la politique américaine dans la région. Continuer à accorder à l’impérialisme américain des « facilités » militaires, sauvegarder ses intérêts économiques, coller à sa stratégie politique, c’est courir au désastre. C’est ce que réclament les forces progressistes et patriotiques du monde arabe. Soutenir le peuple palestinien, c’est aussi être solidaire de toutes ces forces qui luttent quotidiennement contre l’impérialisme.
Israël : Le Parti communiste dénonce l’assassinat du cheik Yassine (autre artic) L’assassinat du cheik Yassine par l’armée israélienneconstitue un acte de terrorisme d’Etat au service del’occupation, un acte de sabotage de la voie négociée etune mesure pouvant intensifier le bain de sang d’Israélienset de Palestiniens.En assassinant Yassine, le gouvernement Sharon révèle ànouveau les visées destructives de ses politiques, qui secachent derrière des discussions de « retrait » et qui, en vérité, sont : la perpétuationde l’occupation, la poursuite de la guerre afin d’éliminerles droits nationaux du peuple palestinien, l’éliminationde son droit à l’autodétermination et l’impossibilité detoute négociation. Ces politiques vont à l’encontre desintérêts du peuple d’Israël et mettent en danger, toujoursdavantage, la sécurité personnelle de tous les Israéliens.Le Parti communiste d’Israël dénonce les politiques deguerre et de terreur de Sharon, qui visent à déporter lepeuple palestinien de son pays et qui, en même temps,entraînent le désastre pour le peuple d’Israël. Le CPIlance un appel à toutes les personnes qui appuient la paix,Juifs et Arabes, à intensifier la lutte contre l’occupationet la colonisation (illégale), contre le mur de l’Apartheidet les barrages routiers, et pour une paix juste et stable,fondée sur l’établissement d’un Etat palestinien, ayantpour capitale Jérusalem-Est et situé à côté de l’Etatd’Israël, et sur la solution du problème des réfugiéspalestiniens conformément aux décisions des Nations Unies.
Les
Refuzniks font peur à Sharon (autre artic)
Les
Refuzniks sont des jeunes appelés et réservistes israéliens qui refusent de
servir dans les territoires palestiniens occupés. Ils ne sont pas des milliers,
mais leur nombre même encore restreint, par rapport aux exigences de la
situation en Palestine, constitue par son exemple une menace à la politique
colonialiste guerrière de Sharon qui piétine les droits nationaux des Palestiniens
pourtant reconnus par la légalité internationale. Cet exemple, nous en avons
une nouvelle preuve, permet d'élargir la résistance à la politique de Sharon et
de ses disciples.
En
effet, un cinéaste Franco-israélien David Benchetrit qui prépare un documentaire
cinématographique sur les refuzniks s'est présenté le 21 avril dernier au
ministère de la Défense israélienne où devait le recevoir la porte-parole Ruth
Yaron. Un vigile qui lui demanda ses papiers ne lui a même pas laissé le temps
de les lui présenter et s'est mis à le tabasser. Trois autres vigiles se -sont
aussitôt joints à leur collègue pour assommer le cinéaste. Hospitalisé, David
Benchettit a subi une opération à la jambe. Il souffre de vertiges et ignore
s'il pourra à nouveau marcher,
Vraisemblablement
le documentaire de Benchetrit qui a abordé d'une façon engagée les sujets
polémiques de la société israélienne n’est pas de nature à plaire à Sharon-
Les
dirigeants sionistes en Israël veulent cacher que la société israélienne est
traversée comme partout ailleurs dans le monde par des combats qui opposent
partisans de la paix et de la liberté aux bellicistes oppresseurs des peuples.
Aussi devons-nous manifester notre solidarité avec les refuzniks qui sont
l'objet de mesures répressives du Gouvernement de leur pays et avec un cinéaste
qui a le courage et le mérite de dénoncer sa politique.
Cuba : Le Vietnam réaffirme sa
solidarité avec le peuple cubain (internation)
Au cours d'un meeting de solidarité avec le
Vietnam qui s'est tenu à la
l'Université d'informatique, le Secrétaire général du Parti Communiste du
Vietnam a remercié le gouvernement et le peuple cubain des marques de
solidarité dont il a fait l'objet au cours de cette visite. Se référant aux
acquis de Cuba qu'il a pu apprécier de ses propres yeux, il a signalé
" Les grands acquis obtenus dans le plein développement de l'être humain
démontrent d'une façon éloquente la supériorité du régime socialiste "
Auparavant, Nong Duc Manh avait déposé une gerbe devant le monument de José
Marti, sur la Place de la Révolution. Cela a été pour lui l'occasion de
parler des points communs entre les peuples cubain et vietnamien.
" Nous pouvons dire que malgré la distance géographique qui sépare nos
deux
pays, nous avons un grand nombre de choses en commun, tout d'abord dans la
pensée de José Marti et de Ho Chi Minh, l'importance cruciale de la lutte
pour l'indépendance nationale. Notre génération est résolue à poursuivre
cette lutte pour les idéaux de José Marti et de Ho Chi Minh. C'est la base,
le fondement sur lequel repose la consolidation des relations d'amitié, de
solidarité combative et de coopération multiforme entre nos deux pays. "
Se référant aux résultats de cette visite à Cuba,
le Secrétaire général du Parti Communiste du Vietnam a signalé
" Je pourrais la résumer en deux mots. Les résultats sont excellents, très
bons ".
Un militant syndical exemplaire
Lakhdar Kaïdi nous quitte (hommage)
Dimanche 9 Mai
2004, Lakhdar Kaïdi, ancien Secrétaire Général de l’UGSA (Union Générale des
Syndicats Algériens – CGT) nous a quittés après une longue maladie. Agé de 8O
ans, il est né dans une famille pauvre qui vivait à Mila (près de Constantine).
Très jeune, à 16 ans, il adhère au Parti communiste algérien. Son militantisme
pour défendre les ouvriers agricoles de sa région en butte avec les colons qui
les rémunéraient de salaires de misère en les faisant travailler «des étoiles
aux étoiles », contribua à son élection en 1945 à la direction de l’Union
départementale des syndicats du Constantinois. Il deviendra vite le secrétaire de
cette union, le camarade Soler René, militant syndicaliste respecté, lui cédant
la place pour rajeunir la composition de cette direction syndicale. Auparavant,
Lakhdar Kaïdi avait montré ses capacités politiques et d’organisation en renforçant
les syndicats par un recrutement de plus en plus nombreux de travailleurs qui
étaient les plus exploités (dockers, mineurs, ouvriers du liège et de
l’agriculture etc.…). Le 15 Avril 1948, 2000 travailleurs des mines du Kouif
(près de Tébessa) commencent leur grève revendicative qui durera 62 jours.
Cette mine appartenait aux banques coloniales Rothschild et Mirabeau. Lakhdar
Kaïdi séjournera durant toute la grève au Kouif où il jouera un rôle important
pour soutenir les grévistes qui seront victorieux et obtiendront satisfaction.
Lakhdar Kaïdi
représentera souvent les syndicats algériens à de nombreuses rencontres
internationales du mouvement ouvrier mondial. Il participera avec d’autres
représentants de partis et mouvements nationaux aux délégations algériennes qui
prirent part aux Congrès mondiaux de la paix où il défendit le droit du peuple
algérien à l’indépendance.
En 1952, il
rejoindra la direction de la «Coordination des syndicats Algériens » à
Alger, dont il sera aux côtés d’André Ruiz, l’un des Secrétaires. En Juin 1954
se tient à Alger le congrès constitutif de l’Union Générale des Syndicats
Algériens (U.G.S.A.), qui porte Lakhdar Kaïdi au secrétariat général de cette
organisation. Il demeurera à ce poste jusqu’à l’interdiction de cette organisation
par l’administration coloniale après Mai 1956. Auparavant, le 5 Février 1956,
conduisant une délégation de l’UGSA, il sera reçu par Guy Mollet, nouveau
Président du gouvernement français, en visite en Algérie après les élections de
Décembre 1955 qui marquèrent l’accession au pouvoir en France du Front
Républicain (rassemblement de socialistes et radicaux-socialistes) dont la
mission que lui confièrent ses électeurs était de ramener la paix en Algérie.
Lakhdar Kaïdi tient ce langage à Guy Mollet, au cours de cette rencontre :
« Le règlement du problème algérien passe par la reconnaissance du droit
du peuple algérien à la liberté et à l’indépendance et le chemin de la paix par
la discussion avec ceux qui se battent » et Guy Mollet de lui
répondre : « ce n’est pas possible ! J’ai l’impression, d’avoir
en face de moi non un représentant du mouvement syndical, mais un représentant
des fellaghas. ». J’avais le sentiment, se souvient Kaïdi qu’il s’était
placé volontairement devant les yeux un tamis pour ne pas voir le soleil. (Propos
cités dans l’ouvrage « La guerre d’Algérie » publié sous la direction
d’Henri Alleg, tome 1 page 591).
Arrêté après
l’interdiction de l’UGSA par les forces policières colonialistes de la DST
(Défense de la sécurité du territoire) Lakhdar Kaïdi sera atrocement torturé.
Il ne cédera pas devant les tortionnaires et il sera emprisonné durant
plusieurs années à la prison d’El-Harrach. Il sera ensuite interné de 1960 à
1961 au camp de Paul Cazelles où il retrouve d’autres militants communistes
parmi lesquels Ahmed Keddar, Chaoui Abdelkrim, Negrichi Ahmed, Baroudi. Au camp
d’internement de Lodi où il se trouve au début de 1962, il sera libéré avant le
Cessez-le-feu de Mars de la même année. Dès sa libération il reprend sa place
dans le combat au sein de la direction clandestine du PCA.
En 1963, il assure
la responsabilité de rédacteur en chef du quotidien
« Alger-Républicain » où il milite aux côtés de Boualem Khalfa, de
Henri Alleg et Abdelhamid Benzine, jusqu’au coup d’état du 19 Juin 1965. Le
quotidien ne peut plus reparaître et de nombreux militants et dirigeants
communistes dont des journalistes d’ « Alger-Républicain »
opposés au coup d’Etat et qui revendiquaient la démocratie furent arrêtés et
emprisonnés en Septembre 1965 par la sécurité militaire. Lakhdar Kaïdi sera
arrêté un peu plus tard. Mais il ne sera pas torturé, Boumediene, devant la
réprobation internationale contre l’usage de la torture sur les militants
arrêtés en Septembre, exprima son désaccord avec les méthodes répressives et la
fit cesser. Lakhdar Kaïdi, à qui les services policiers ne pouvaient rien
reprocher, fut libéré. Il poursuivra une activité militante au sein de l’UGTA
tout en occupant un poste dirigeant dans une entreprise privée. Dans les années
1980, il participe aux côtés d’autres militants syndicalistes à la création de
la Fédération nationale des travailleurs retraités (FNTR-UGTA) où il est élu au
poste de secrétaire fédéral.
Après la
reparution d’ « Alger-Républicain », il collaborera jusqu’en
1994 dans ce quotidien où il assumera la responsabilité de la rédaction de la
page hebdomadaire consacrée aux problèmes des travailleurs retraités.
Le Parti Algérien
pour la Démocratie et le Socialisme et le « Le Lien » en rendant
hommage mérité à ce militant exemplaire de la classe ouvrière algérienne, à cet
internationaliste, exprime à sa compagne et à ses enfants leurs sentiments de
solidarité en cette circonstance douloureuse.