Poursuivre sans se décourager le
combat contre l’autoritarisme, l’ultralibéralisme et la soumission aux
multinationales (edito première page)
Cinq mois après sa réélection, le
chef de l’Etat confirme sur tous les plans que sa politique traduit les intérêts
des classes sociales parasitaires qui vivent de l’importation des marchandises
et du recyclage de l’argent du pétrole dans les dépenses improductives, des
couches bureaucratiques liées aux affaires, des exploiteurs et des trafiquants.
Ces couches sociales veulent un régime politique à la fois intraitable avec les
masses et assez docile avec les puissances impérialistes pour qu’il leur évite
de perdre la jouissance de l’argent du pétrole en subissant la colère de ces
grandes puissances.
Bouteflika a reçu le soutien de
Bush et de Chirac après sa réélection. Ces derniers ne cachent pas leur
satisfaction d’avoir affaire à un chef d’Etat qui jouit formellement des
résultats du scrutin électoral. C’est une aubaine pour eux de pouvoir traiter
avec un Président investi du droit d’arguer légalement de ces résultats pour
frapper sans ménagement les jeunes et les masses déshérités qui le contestent
et mettent en cause indirectement sa politique de sa soumission au FMI et aux
multinationales. Mais le régime de Bouteflika ne frappe pas que les masses. Il
n’hésite pas à réprimer aussi les représentants de la bourgeoisie libérale qui
n’approuvent pas ses méthodes de direction autoritaires à
« l’Orientale ». En contrepartie de ce soutien, il tient à montrer à
chaque occasion qu’il n’a nullement l’intention d’entrer en conflit avec les
puissances impérialistes.
Sur le plan intérieur, les
tendances autoritaires du régime se manifestent au grand jour. Il ne se donne
même plus la peine, pour sauver les apparences, d’observer de répit à
l’occasion de la visite en Algérie de personnalités politiques officielles de
France ou d’Europe, comme Sarkozy ou Alliot-Marie. Le directeur du quotidien Le
Matin qui s’était distingué par ses attaques virulentes contre Bouteflika a été
condamné à deux ans de prison ferme pour une affaire de transfert de bons de
caisse de France vers l’Algérie, un chef d’inculpation monté de toutes pièces
et sans précédent dans les annales de la répression des infractions à la
législation sur le change. L’appareil judiciaire est instrumentalisé pour faire
taire les opposants au pouvoir. Les correspondants de presse qui rapportent des
affaires de corruption, d’abus de pouvoir, ou de mauvaise gestion des
responsables sont traînés devant les tribunaux et condamnés à des peines de
prison ou à de lourdes amendes sous les prétextes les plus divers et notamment
celui de « diffamation ». Ghoul Hafnaoui, le président d’une
association de défense des « droits de l’homme » a été condamné au
terme de plusieurs procès successifs à un total de huit mois de prison pour
« diffamation » des responsables de la Wilaya de Djelfa. Des dizaines
de jeunes qui ont manifesté leur mécontentement en s’attaquant à tout ce qui
symbolise l’autorité sont arrêtés et jetés en prison. Même ceux qui prennent
soin de défendre pacifiquement leurs revendications en signant des pétitions
sont pris au hasard et condamnés pour l’exemple par les tribunaux pour
« diffamation ».
Dans divers secteurs
professionnels, les travailleurs, les officiers marins, les enseignants, les
infirmiers et médecins s’organisent hors de la centrale syndicale officielle de
l’UGTA, dans des organisations syndicales « autonomes » pour mieux
défendre leurs revendications légitimes. Des pans entiers de travailleurs se
rendent compte que l’UGTA n’est qu’un appareil de surveillance et d’encadrement
des salariés au service des couches sociales privilégiées au pouvoir, un
appareil anti-démocratique et corrompu chargé de soutenir, en y mettant
« la forme », la politique ultra-libérale du régime. Violant leurs
propres lois, les autorités refusent de les reconnaître et discuter avec elles.
Mais ces mesures antidémocratiques ne découragent pas les travailleurs qui
continuent à lutter et à s’organiser dans des conditions difficiles.
Le régime de la coalition
« islamo-nationaliste » se prépare à serrer la vis dans tous les
domaines de la vie politique. Il a élaboré un nouveau projet de Code de
l’information qui devrait rendre plus difficile aux citoyens d’user de leurs
droits à la libre expression dans les journaux. Il ne cache pas du tout son
objectif de faire de la presse une presse aux ordres chargée de chanter des
louanges au chef de l’Etat et de vanter les bienfaits de sa politique de
concorde. Le ministère de l’Intérieur a fait savoir qu’il allait réétudier la loi
qui régit l’activité des associations. Son intention est de les soumettre à un
étroit contrôle et de les enrôler dans une action de soutien au pouvoir.
Les hauts fonctionnaires qui ne
manifestent pas de penchant particulier pour l’équipe dirigeante sont écartés
même si fondamentalement ils ne représentent aucune menace pour la politique
ultra-libérale de désengagement à l’œuvre. Parallèlement, Bouteflika a étendu à
de larges secteurs des fonctionnaires nommés par décret le bénéfice de
privilèges insultants telle que la retraite à 100% et de crédits gratuits de
toutes sortes. Désormais le pouvoir cherche ouvertement à faire des hauts
fonctionnaires une caste servile, coupée du peuple et jouissant de faveurs
injustes, disposée à exécuter n’importe quelle instruction pour ne pas perdre
ces privilèges.
Au plan économique, le programme
du gouvernement ne rompt pas avec les politiques mises en œuvre par les équipes
précédentes. Il est axé sur les privatisations, à travers le recours généralisé
au système dit des concessions qui permet au gouvernement de se désengager des
activités économiques et de livrer les secteurs les plus rentables aux
multinationales ou à des hommes d’affaires liés aux cercles qui dirigent le
pays, appuyés par les banques publiques qui leur accordent de l’argent sans
compter. Le système des concessions permet au gouvernement de se délier de ses
responsabilités sociales en lui donnant le prétexte de fermer les yeux sur la
généralisation du travail « au noir », payé à un salaire de misère et
exercé en contradiction avec les lois relatives à la durée du travail, aux
heures de repos et au droit au congé.
Les secteurs de l’eau, de
l’électricité, du téléphone, des assurances, des routes sont ouverts aux
multinationales. Les tarifs des communications téléphoniques pratiqués par
l’opérateur public sont fortement augmentés pour permettre aux sociétés
étrangères de justifier leurs marges de profit très élevées grâce à leur
position de monopole. Des flux énormes de profits sont ainsi drainés vers
l’étranger alors que l’Algérie a les moyens d’éviter cette hémorragie en
devises si les autorités s’étaient fixées pour objectif de renforcer les
entreprises publiques nationales.
Au plan international, le régime
poursuit sa politique d’intégration dans les diverses institutions du système
impérialiste et se présente de plus en plus comme un de ses défenseurs les plus
convaincus sous prétexte d’aider à la lutte antiterroriste.
Alors que l’adhésion à
l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ne va ramener que des malheurs à
l’économie productive nationale, il persiste dans sa volonté de conclure un
accord avec elle dans les prochains mois.
De même il se montre décidé à
lier l’Algérie à l’OTAN en participant aux réunions auxquelles il est invité.
En même temps il se tait sur l’occupation de l’Irak.
Il se fait l’instrument de la
politique d’expansion économique et politique des puissances impérialistes en
Afrique à travers le rôle qu’il joue dans l’Union africaine et le Nepad, sous
couvert d’aider à éteindre les foyers d’incendie et à promouvoir la coopération
internationale.
Cette orientation est présentée
soit comme le résultat d’un rapport des forces imposé, soit comme la prise en
compte réaliste des effets de la « mondialisation » et justifiée comme
le moyen le meilleur pour permettre au pays d’en tirer profit. Ces phrases
trompent de moins en moins. En réalité, les classes et couches sociales
dominantes et parasitaires qui dirigent le pays ne cherchent qu’à s’entourer
d’appuis internationaux, en se faisant les alliées de l’impérialisme, pour
faire face à d’éventuelles révoltes populaires qui pourraient menacer leur
pouvoir et leurs sources de privilèges insupportables pour la grande masse des
citoyens.
Autoritarisme renforcé, ultralibéralisme
économique et social, soumission aux intérêts des multinationales, marchent
ensemble pour le plus grand malheur des travailleurs et des autres couches
démocratiques et progressistes de la société.
C’est bien pour cette raison que
les progrès dans la lutte pour la conquête des libertés démocratiques, le
respect des droits démocratiques des citoyens, leur protection contre les abus
de pouvoir et l’arbitraire sont étroitement liés à la défense des intérêts
économiques et sociaux des travailleurs, de la paysannerie laborieuse, de la
jeunesse démunie, des cadres et intellectuels honnêtes et dévoués à la cause de
l’immense majorité de la population.
LUTTES DES
TRAVAILLEURS
ENSEIGNEMENT
Les professeurs d'enseignement paramédical (PEPM)
ont décidé de mettre à exécution leur menace de grève illimitée dès le 5
septembre. Le Syndicat a motivé cet ultime recours par le «mutisme» affiché par
les pouvoirs publics sur les suites à donner à leurs revendications.
C'est
«une tutelle pédagogique universitaire» qu’ils demandent car ils s'estiment
«lésés» en restant considérés comme des enseignants de lycée et regrettent de
ne pas bénéficier des mêmes avantages comme tous les universitaires d'autant
que «les écoles paramédicales délivrent des diplômes supérieurs». Ils exigent une
indemnité d'encadrement de l'ordre de 10 000 DA, un déplafonnement catégoriel
de 2 catégories glissement catégoriel de 16 à 18 et également l'application de
l'article 52 leur permettant l'accès au 2e degré. Les PEPM revendiquent
également un statut particulier du PEPM et un statut type des établissements de
formation paramédicale. Autres points constituant les préoccupations des
enseignants du corps paramédical qui compte au total 13 spécialités, la
revalorisation de l'indemnité de documentation pédagogique, l'octroi de
l'indemnité de risque contagion et de l'indemnité d'intéressement. Ces
enseignants demandent enfin un élargissement aux PEMP exerçant au niveau de
certaines wilayas des avantages prévus par le décret 95-330 et ceux du décret
03-196 fixant les avantages particuliers attribués à des personnels qualifiés
de l'Etat exerçant dans les établissement classés situés dans certaines
wilayas.
29 08 2004
ENSEIGNEMENT
SECONDAIRE ET TECHNIQUE
Lors de son université d’été à El-Kala, baptisée
Menaï-Rabah, le Conseil national autonome des professeurs de l’enseignement
secondaire et technique (Cnapest) s’est penché sur l’élaboration d’un projet
pour la réorganisation de sa structure.
Lors de ces travaux, les dossiers ayant trait au statut particulier de
l’enseignant ainsi que celui de la retraite, principale revendication du
Cnapest était à l’ordre du jour.
Une rentrée sociale qui s’annonce
particulièrement agitée pour le gouvernement en place dans les différents
secteurs publics et d’après les interventions des différents délégués des
enseignants, le Cnapest sera sûrement de la partie. Une chose est sûre : c’est
un syndicat incontournable, jouissant d’une base solidement ancrée et acquise
dans le névralgique secteur de l’éducation, qui semble déterminée à arracher
son agrément. “Nous avons fait une concession par rapport aux corrections du
bac. Nous n’avons pas mis en application nos menaces. Mais nous attendons un
retour d’ascenseur. Nous voulons notre agrément car nous nous sommes conformés
aux lois et c’est notre droit le plus absolu qui est conféré par la
Constitution”. C’est cette revendication qui revient lors des débats.
.24 08 2004
MARINE MARCHANDE
Le conflit,
qui oppose la direction générale de l’Entmv au syndicat national des officiers
de la marine marchande (Snommar), voilà des mois, n’est apparemment pas près de
connaître son épilogue.
La disponibilité des
syndicalistes à aller vers un apaisement n’a, selon les membres du Snommar, pas
débouché sur des solutions négociées. Dans une déclaration rendue publique, le
syndicat reproche à la DG de l’entreprise son refus de toute négociation. “La
volonté d’aller vers le pourrissement est manifeste”.
Les réunions informelles des 8 et 9 août derniers, précisent les syndicalistes,
n’ont abouti à aucun résultat concret en dépit des engagements pris par le PDG.
“Nous sommes en tant
qu’officiers marins, confrontés depuis le déclenchement de notre grève le 26
juin 2004 à des attaques sans précédent contre notre syndicat”, déplorent-ils. En attendant
le verdict du tribunal de Sidi M'hamed, des dizaines d'officiers demeurent
suspendus de leurs fonctions, sans salaire depuis deux mois. La direction de
l'entreprise continue de considérer comme grévistes uniquement les officiers
ayant refusé d'embarquer durant les dix jours de grève. Un traitement non
appliqué à leurs collègues, également grévistes, sauf que le programme
d'embarquement voulait qu'ils fussent à terre à cette époque.
Pour rappel, les officiers frondeurs ont
eu recours à la grève après avoir utilisé tous les moyens légaux afin
d’exprimer leurs revendications socioprofessionnelles liées entre autres, à une
revalorisation du statut d’officier de la marine marchande et, par là même, la
révision à la hausse de leur salaire. Ils revendiquent également une
classification de leur poste de travail pour assumer au mieux leur
responsabilité.
22 08 2004
BÂTIMENT
Les travailleurs de l’entreprise Ecoteb, implantée à Ben Aknoun, étaient en grève
pendant 12 jours. A l’origine de cette grogne, un conflit opposant les employés
à la direction générale de cette entreprise spécialisée dans le bâtiment.
Les
protestataires ont mis en avant une plate-forme de doléances. Ils revendiquent,
entre autres, «la permanisation des travailleurs contractuels, l’augmentation
des salaires et la réintégration des travailleurs licenciés».
21 08 2004
METALLURGIE
Les travailleurs de la Société de
maintenance et de travaux industriels (Somind), filiale du groupe Travaux Sider
basée à Annaba, interpellent les pouvoirs publics sur les mesures
discriminatoires décidées par la direction de ladite entreprise. Les
plaignants, des contractuels depuis plus de deux années, affirment avoir été
tout simplement mis à la porte au moment où la décision ministérielle de
permaniser les travailleurs avait été rendue publique. “Contrairement aux
proches du DG et ceux de certains délégués syndicaux, nous avons tous été
licenciés, et en plus mis en congé sans solde avant l’expiration de nos
contrats de travail respectifs”, révèlent les travailleurs. Les travailleurs
touchés par ces licenciements abusifs, dénoncent vigoureusement ces pratiques
dignes de la vendetta et appellent les responsables concernés à diligenter une
enquête, car ils jugent qu’il y a une multitude d’irrégularités.
En outre, les travailleurs reprochent à la direction d’avoir bafoué leurs
droits, entre autres, les primes fixées par l’entreprise sont calculées sur la
base de l’ancien barème, lequel n’a jamais été révisé. Le salaire de base n’est
pas conforme au Snmg, les primes allouées aux déplacements de plus de 100 km ne
sont pas conformes aux critères prévus par la loi et enfin la PRC est attribuée
sur décision de l’employeur et non sur la base du rendement fourni par les
travailleurs.
Les travailleurs lésés demandent au ministère du Travail d’intervenir pour
mettre un terme à cette situation, signalée à maintes reprises à l’inspection
du Travail d’El-Hadjar, mais sans résultat.
19 08 2004
AGROALIMENTAIRES
Les cadres syndicaux de la région Sont
du pays, affiliés à la Fédération nationale des travailleurs des
industries agroalimentaires (Fnia) de l’UGTA, ont décidé de mettre à exécution
les mesures que prendra le secrétariat de la Fnia dans le but de défendre leurs
droits légitimes et leur poste de travail. “Nous demeurons mobilisés sans
aucune condition pour aller de l’avant et déclencher un mouvement de grève
nationale et geler toutes les activités du secteur. Nous annonçons, en outre,
notre participation à la marche prévue dans la capitale jusqu’à la satisfaction
totale de nos revendications”, lit-on dans une motion de soutien. Ces
syndicalistes ont, faut-il le préciser, pris en considération les déclarations
qui ont sanctionné les travaux de la réunion des cadres syndicaux du secteur,
tenue le 7 juillet dernier à l’hôtel El-Marsa de Sidi Fredj, les communiqués du
secrétariat de la Fnia du 19 juillet dernier et l’appel lancé à l’adresse de
tous les travailleurs du secteur daté du 26 juillet dernier.
17 08 2004
CHEMINOTS
Le Syndicat des cheminots menace de recourir à deux
journées de protestation dans les prochains jours, et ce, dans le cas où leur
«cri de détresse» ne serait pas entendu par les pouvoirs publics. Il est
demandé à ces derniers d'intervenir en toute «urgence» afin de sortir de la
situation actuelle — jugée catastrophique — dans laquelle s'est embourbée la
Société nationale des transports ferroviaires (SNTF). Il s'agit, pour les
syndicalistes, de débloquer au plus vite les crédits nécessaires permettant la
relance de l'exploitation du réseau ferroviaire, de son entretien et de sa
constitution en moyens de gestion jusqu'à la mise en chantier de projets
d'envergure en programmation. «Il y a urgence pour maintenir le fonctionnement
de l'exploitation du réseau ferroviaire en attendant que les programmes de
rénovation soient effectivement entamés», a estimé le Syndicat des cheminots
dans un appel lancé aux pouvoirs publics. Les innombrables problèmes qui se
sont accumulés depuis des années ne tarderont pas à provoquer la mise à l'arrêt
de ses services par faute de « moyens matériels et financiers», ont-ils
alors regretté. Ce syndicat explique cette «dégradation» des chemins de fer par
un «effritement» graduel du réseau ferroviaire. Comment le parc de locomotives
usées par un usage «forcené» tombe, selon le syndicat, en détresse en pleine
nature ? Il n'en demeure pas moins que les trains de voyageurs sont dans un
état de vétusté au point de repousser la clientèle en dépit de son nombre
toujours élevé. Autres difficultés auxquelles est confrontée la SNTF, selon le
syndicat : d'une part, la trésorerie de celle-ci ne supporte plus les charges
inévitables d'exploitation; de l'autre, le découvert bancaire chronique auquel
recourait la société dépasse les normes supportables. A présent, c'est toute la
politique prônée dans la gestion de la SNTF par son recours au partenariat
privé qui est sévèrement critiquée par le syndicat. Ce dernier a d'ailleurs
rejeté avec force le fait que la société ait cédé la partie entretien des voies
au privé en utilisant les moyens de l'entreprise. Aussi, le syndicat s'est
élevé contre la fermeture des écoles techniques d'exploitation et d'entretien
du matériel roulant. Là aussi, pour le syndicat, le recours à l'extérieur s'avère
«dangereux» pour l'avenir de la société d'autant plus que «le marché privé ne
répond pas aux spécificités techniques des chemins de fer». En somme, pour les
syndicalistes, «l'image que présente la SNTF est une image d'entreprise
moribonde, qui ne répond plus au minimum de charges qui lui sont dévolues». Les
syndicalistes demandent enfin le rétablissement de tous les services techniques
et stratégiques dont l'entreprise s'est départie. Faute de quoi, le recours à la
rue n'est pas à écarter.
14 08 2004
LES RETRAITES PROTESTENT (encadré)
La prochaine revalorisation des
pensions de retraite n’a pas eu l’effet escompté. Censée réjouir quelque 1,5
millions de retraités, la décision du ministre du travail les a plutôt surpris
et déçus. Eux qui s’attendaient à une augmentation de 6 et 8% n’ont finalement
eu droit qu’à 4 et 6%. Le taux de majoration est loin de faire l’unanimité au
sein de cette catégorie qui attendait avec impatience l’annonce de la mesure.
La déception est telle que le siège de la Fédération des retraités a été pris
d’assaut par plusieurs pensionnés venus exprimer leur mécontentement. “Nous
avons eu droit à des miettes”, commente un retraité. “Nos responsables oublient
que cette pension constitue pour plusieurs foyers la seule source de revenu.”
Le même mécontentement est ressenti chez les responsables de la Fédération. Le
premier d’entre eux ne s’en cache point. “Nous prenons acte de la décision du
ministre mais nous ne sommes pas d’accord avec le taux arrêté. Nous ne pouvons
nous déjuger. Le conseil d’administration de la CNR a proposé 6% et 8% et les
retraités étaient convaincus que ces chiffres n’allaient pas être revus à la
baisse d’autant que les fonds existent”, déclare le secrétaire général de la
fédération des retraités. Les retraités devront donc, attendre pas moins de
douze mois pour tenter d’arracher une revalorisation à la hauteur de leur
attente. Soutenir les anciens travailleurs, exiger des pensions décentes pour
ceux qui ont trimé toute leur vie est un devoir élémentaire pour toutes les
forces progressistes.
LE
GOUVERNEMENT REFUSE D’ABROGER LE CODE DE LA FAMILLE
(national)
Le gouvernement vient d’adopter,
le 18 août, un avant-projet de loi portant réforme du Code de la famille. Cet
avant-projet sera présenté à l’assemblée nationale dite populaire et
probablement voté d’ici la fin de
l’année. On sait que les femmes luttent depuis 20 ans pour l’abrogation pure et
simple de ce code voté en 1984 par l’assemblée nationale FLN du temps du parti
unique. Les réformes proposées par le nouveau texte ne suppriment ni la
polygamie, ni le droit pour le mari de répudier son épouse sans explication.
Pour demander le divorce la femme doit fournir, selon cet avant–projet, toute
une série de preuves contrairement au mari qui peut jeter à la rue femme et
enfants en toute impunité. Les dispositions prévues qui permettent au juge de
vérifier que le polygame doit obtenir l’autorisation de sa première femme ne
tromperont personne. Les mesures envisagées, qui promettent de garantir à la
femme divorcée une pension alimentaire ou l’obligation faite au mari de loger
son ex-épouse qui a la garde des enfants ne sont qu’un raccommodage et ne sont
pas de nature à calmer la colère des associations de femmes qui exigent que
« l’on mette fin mis fin à vingt ans d’" humiliation institutionnalisée
", selon la formule du collectif " vingt ans barakat
", regroupant des associations favorables à l’abrogation.
Ce texte préparé par des
« experts » et qui prétend respecter la constitution, confirme l’inégalité entre les sexes 40 ans après
l’indépendance. Ces experts prétendent aussi justifier le maintien d’un code
infâme par la nécessité de respecter « les principes islamiques ». Ces
experts veulent nous faire croire que l’Islam s’oppose à l’égalité entre
l’homme et la femme. Ils justifient ainsi, qu’ils le veuillent ou non, tous les
crimes perpétrés par les terroristes contre les milliers de femmes dans notre
pays mais personne, hormis les intégristes, ne peut accepter cette utilisation
de la religion pour enfermer la femme dans un statut qui l’empêche de se
défendre ou de fonder une famille avec qui elle veut.
Cette prétendue réforme d’une
législation contre laquelle les femmes et toutes les forces progressistes n’ont
cessé de lutter et qui continue de maintenir l’Algérienne dans un statut légal
d’infériorité encouragera toutes les forces obscurantistes à maintenir leur
pression sur toute la société pour mieux aggraver l’exploitation de tous les
travailleurs. Le refus d’abroger ce code ne fait pas seulement l’affaire des
islamistes, qui osent déclarer que cette réforme va trop loin et se préparent à
la combattre parce qu’elle prévoit que la femme âgée de 19 ans n’aura plus
besoin de l’accord du tuteur (son père, son frère, ou un autre homme de la
famille) pour se marier. Elle fait l’affaire aussi de toutes les couches de la
bourgeoisie qui grâce au maintien de ce code infâme continueront à surexploiter
les femmes travailleuses comme elles l’entendent. Toutes les promesses de Bouteflika sur ses engagements pendant sa dernière campagne
électorale, répétées dans son discours d’investiture après sa réélection le 8
avril, n’ont servi qu’à tenter de tromper les femmes et leurs associations sur
les intentions du pouvoir. L’alliance FLN-RND-MSP
décidée à maintenir une politique économique et sociale antipopulaire, dont
souffrent en premier lieu les femmes et les familles populaires, n’est pas
prête à accepter un changement réel du statut de la femme. Seule la lutte des
travailleurs et de toutes les forces progressistes unies dans l’action permettra
d’arracher toutes les libertés démocratiques et créera tôt ou tard les
conditions de l’abrogation pure et simple du code de la famille.
Notre parti communiste réaffirme
à nouveau sa solidarité avec la lutte des femmes et leurs associations pour
arracher leurs droits et appelle ses militants et toutes les forces de progrès
à redoubler d’efforts pour combattre avec fermeté tous les prétextes mis en
avant par les différentes forces réactionnaires pour maintenir la femme
algérienne dans son statut de mineure à vie.
Ouyahia : PAS DE
RELEVEMENT DU SALAIRE MINIMUM
(national)
Avant même l’ouverture de la prochaine bipartite,
Ouyahia a rejeté au cours d’une conférence de
presse toute idée d’augmentation du salaire du Salaire national minimum garanti
(SNMG).
Pour le chef du gouvernement il n’est pas
question d’augmenter les salaires et en particulier le SNMG, qui aurait connu,
selon lui, une augmentation ces cinq dernières années de 58%. Ouyahia et son ministre des Finances répètent régulièrement
que les salaires augmentent trop vite, que l’Etat dépense trop d’argent pour
payer ses fonctionnaires etc. Il n’est pourtant pas difficile de constater que
le pouvoir d’achat des salariés se dégrade de plus en plus. L’année dernière
l’augmentation du salaire minimum, « arrachée » selon les dirigeants
centraux de l’UGTA au cours de la tripartite, s’est
révélée être une véritable tromperie. Les travailleurs ont rapidement constaté
qu’en réalité le salaire minimum officiellement porté à 10000 dinars depuis le
premier janvier dernier n’avait permis qu’une augmentation qui n’a pas dépassé pour
un très grand nombre d’entre eux 100 à 150 dinars. Le chef du gouvernement, qui
s’était montré très satisfait ces derniers temps du taux de la croissance
économique, prétend justifier aujourd’hui son refus par la faiblesse de ce même
taux. Au moment où le prix du pétrole atteint des sommets le pouvoir refuse
d’entendre les cris de colère des pétroliers, des cheminots, ou des
travailleurs des industries agro-alimentaires. Fort de la soumission complète
de l’appareil central de l’UGTA, Ouyahia
se permet d’annoncer avant même la rencontre officielle avec les dirigeants
syndicaux qu’il n’y a rien à attendre en matière d’augmentation de salaires.
Ces derniers ne protestent même pas et demandent seulement, mais du bout des
lèvres, que les primes ne soient pas incluses dans le calcul du salaire
minimum. Les travailleurs manuels et intellectuels en ont assez des salaires de
misère. Que les caisses de l’Etat soient vides ou pleines on leur oppose
toujours le même discours. Pour nos gouvernants il s’agit toujours de respecter
les critères du FMI qui consistent à supprimer les emplois, à donner toujours
moins d’argent aux salariés, aux retraités, à l’école ou à la santé publique. Les
moyens financiers dont nous disposons actuellement sont considérables mais sont
réservés avant tout aux différentes couches sociales qui ont entièrement lié
leur sort à celui des multinationales. Les unes et les autres veulent encore
plus de dégradation du pouvoir d’achat des salariés, encore plus de misère dans
nos villes et nos villages. Pour ces couches qui vivent directement ou
indirectement de l’exploitation des travailleurs et pour les multinationales, à
qui on fait miroiter régulièrement le faible coût du travail en Algérie, il
n’est pas bon d’augmenter les salaires. Que le gouvernement qui veille de plus
en plus à satisfaire les appétits de ces couches sociales et des
multinationales aille au devant de leurs souhaits, cela peut se comprendre,
mais que penser de l’attitude des responsables centraux de l’UGTA qui loin de défendre le pouvoir d’achat des salariés
acceptent sans broncher les diktats d’Ouyahia. Ces
responsables ont prétendu pourtant ces derniers mois que la question des
salaires relevait de leurs responsabilités et n’ont pas hésité à s’opposer aux
revendications salariales de certains syndicats autonomes, comme ceux des
enseignants. Il est clair que non seulement pour les syndicats autonomes mais
aussi pour de nombreuses fédérations syndicales ou syndicats de base de l’UGTA, il n’est plus possible de compter sur une direction
complètement inféodée au pouvoir. Tout en luttant pour arracher les
augmentations de salaires légitimes, les travailleurs et tous les syndicalistes
honnêtes, qu’ils soient membres ou non de l’UGTA
accorderont les plus gros efforts à la construction de syndicats de classe, qui
lutteront pied à pied pour défendre leur pouvoir d’achat.
Bipartite : Lutter contre la
collaboration de classes (national)
«Pour le projet de statut de la Fonction
publique, nous nous entendons avec le partenaire social à 99,99%», a déclaré Ouyahia. «Nous sommes d’accord sur 99% des problèmes
soulevés», lui répond Malki, membre du secrétariat
national de l’UGTA. Malki n’a
pas hésité à ajouter qu’il y a «une bonne volonté du côté du gouvernement de
répondre aux problèmes des travailleurs». La bipartite devrait en théorie
discuter de nombreux problèmes qui intéressent tous les travailleurs. Il s’agit
de sujets très sérieux et les travailleurs savent que le chef du gouvernement
n’est pas prêt à aller au devant des aspirations des travailleurs sur aucune de
leurs revendications. Qu’il s’agisse des salaires, du statut de la fonction
publique, du logement social, de la Sécurité sociale, de la retraite ou de l’emploi,
Ouyahia et ses ministres ne cachent ni leur volonté
de refuser l’augmentation des salaires, exigée par l’ensemble des travailleurs,
ni les « réformes » de la sécurité sociale et des retraites, ni la
suppression des emplois dans la fonction publique et ailleurs, ni la diminution
des crédits pour le logement social. Alors que signifient ces déclarations
annonçant un accord à 99,99% avant même l’ouverture de la bipartite ? On
nous dit certes qu’il y a encore des difficultés au sujet du nombre de fonctionnaires
à permaniser. Selon des informations de presse, leur
nombre ne devrait pas dépasser les 217000 pour le gouvernement alors que l’UGTA réclamerait 300000. Mais les mêmes informations nous
précisent que tout va s’arranger et qu’il faut s’attendre à un accord complet
sur toutes les questions en discussion.». Ce qui a été confirmé par Malki.
De telles déclarations ont pour objectif de
tenter de démobiliser les travailleurs qui ne cachent ni leurs inquiétudes, ni
leur volonté de se battre pour leurs revendications. Le pouvoir ne veut
« négocier » qu’avec l’appareil central de l’UGTA
et ignore de nombreux syndicats combatifs comme les syndicats autonomes ou
d’autres responsables UGTA, qui exigent que sur toutes les questions on tienne
compte de leur avis.
Les couches dirigeantes qui mènent une
politique anti-ouvrière et antinationale depuis plusieurs années sont décidées
à la poursuivre et à l’aggraver coûte que coûte. Ils ont besoin de soumettre à
leurs volontés une classe ouvrière qui résiste à leurs plans et se bat malgré
toutes les difficultés. Pour arriver à leurs fins, ils renforcent
l’autoritarisme, méprisent toutes les libertés et en particulier les libertés
syndicales. Ces couches sociales mènent ouvertement une politique qui appauvrit
les travailleurs et les couches populaires, alors que pour les trafiquants tout
est permis. Elles ont donc besoin dans ces conditions d’utiliser en plus de la
répression une propagande mensongère selon laquelle le gouvernement et les
travailleurs sont d’accord à 99% !
Les travailleurs conscients et leurs
représentants authentiques rejetteront ces tentatives répétées de collaboration
de classes et les chimères telles que « paix sociale » et
« pacte social » et combattront toute attentisme et toute idée qui
prétendrait que leurs intérêts sont identiques à ceux de leurs exploiteurs.
PALESTINE :
SOLIDARITE AVEC LES PRISONNIERS (intern)
"
En ce qui me concerne, ils peuvent faire la grève un jour, un mois, jusqu’à ce
que mort s’ensuive, ce sera comme s’il ne s’était jamais rien passé ".
Voilà ce qu’a osé déclarer le ministre israélien de la sécurité. Pour protester
contre leurs conditions d’incarcération des milliers de détenus palestiniens
ont entamé une grève de la faim le 15 août. La réaction immédiate des gardiens a
consisté à supprimer les visites et à interdire journaux et cigarettes. Même le
sel mit de côté par les grévistes afin d’éviter la déshydratation a été
confisqué. Plus de 8000 prisonniers palestiniens sont détenus dans les prisons
israéliennes. Certains d’entre eux n’ont pas 14 ans. Ces détenus réclament la
suppression des vitres de séparation durant les visites, l’installation de
téléphones publics dans les prisons, la fin des fouilles corporelles "
humiliantes " et des autorisations de visite à leurs familles, souvent
refusées, comme l’a confirmé le comité international de la Croix-Rouge. Ils
dénoncent la pratique courante de la torture, pratique confirmée par les
organisations de défense des droits de l’homme. La solidarité avec les
grévistes s’est rapidement organisée. Partout des milliers de palestiniens ont
manifesté contre l’occupant. En Israël même les arabes israéliens et tous les
partisans de la paix ne sont pas absents de ce mouvement de solidarité. L’Autorité
palestinienne a décrété une " journée de jeûne et de solidarité ".
Elle demande à l’ONU que les détenus soient considérés comme des prisonniers de
guerre puisque les territoires palestiniens sont occupés. Après 15 jours de
grève, les autorités israéliennes ont accepté une partie des revendications
mais maintiennent sur le fond une attitude inhumaine allant jusqu’à menacer de
ne pas soigner les grévistes qui se trouveraient dans un état critique.
Le
gouvernement Sharon s’acharne depuis 4 ans contre le peuple palestinien. Son
armée massacre des Palestiniens de tout age, investit leurs villages et leurs
camps et démolit quotidiennement leurs maisons. Malgré les multiples
condamnations des organisations internationales, les sionistes aggravent la
répression. Ils déclarent qu’ils ne tiendront jamais compte des résolutions de
l’ONU. Le mur de la honte continue à être édifié malgré le jugement de la Cour
internationale de justice qui a confirmé son illégalité. Forts du soutien de
Georges Bush, qui confirme à l’occasion de sa campagne électorale son
alignement complet sur ses positions, Sharon vient de relancer la construction
des colonies et continue sa sale guerre contre un peuple qu’il ne pourra jamais
domestiquer. Les crimes de l’occupant n’ont rien réglé et la population
israélienne continue de vivre dans la peur. Toutes les manœuvres de Sharon pour
tromper l’opinion publique internationale et imposer ses
« solutions »n’ont servi à rien et il est isolé désormais dans son
propre parti. Il cherche maintenant à reformer une coalition avec les
travaillistes pour faire aboutir son projet d’évacuer Gaza et annexer la
Cisjordanie. C’est dans ce contexte que les courageux détenus palestiniens ont
entamé leur grève de la faim. Ils ne dénoncent pas seulement leurs conditions
de détention inhumaines mais veulent alerter toute la communauté internationale
sur la cause de leur peuple. C’est une participation directe à la résistance de
leur peuple. Leur action a eu pour première conséquence de renforcer l’union
des forces patriotiques palestiniennes. Cette action rappelle à Sharon et à Bush
que sans la reconnaissance de ses droits nationaux le peuple palestinien tout
entier continuera sa résistance à l’occupation. Avec le soutien de toute
l’opinion progressiste internationale ce peuple héroïque arrachera tôt ou tard la
victoire.
Forum Social des Amériques :
Un réel succès (intern)
Le Forum Social des Amériques,
qui s’est tenu du 25 au 30 juillet 2004 à Quito, a été un grand succès. Dans un
texte intitulé « Leçons d'espoir de Quito » Remy Herrera analyse les
résultats de cette rencontre continentale. Nous reproduisons pour nos lecteurs
des extraits de ce texte. « De l'avis de maints observateurs, le
premier Forum social des Amériques fut un réel succès. Assurément plus de 5 000
personnes, probablement autour de 10 000, représentant plusieurs centaines
d'institutions originaires d'une quarantaine de pays, ont pris part aux
différents débats et activités "pour un autre monde possible",
qui se sont tenus à Quito, du 25 au 30 juillet 2004. Le point culminant de
cette rencontre continentale fut à l'évidence la grande manifestation populaire
du 28 juillet, belle de joie et de gravité à la fois, unissant en un cortège
multicolore associations de défense des droits des peuples indigènes,
organisations paysannes, syndicats ouvriers, jeunesses communistes... salués
par un concert de klaxons et les applaudissements des habitants de la capitale
équatorienne. »
« …Le Forum de Quito a
démontré les énormes progrès réalisés par les forces progressistes depuis cinq
ans -depuis 1999 et la montée en puissance de la protestation mondiale contre
le néo-libéralisme. Par-delà l'extrême hétérogénéité des mouvements sociaux, de
leurs intérêts et de leurs revendications, il semble bien qu'un certain nombre
de points de convergence se soient dessinés à Quito
Le premier point de convergence
concerne l'urgence impérative de lutter contre la militarisation et pour la
paix. Nombreux furent les militants à penser que la militarisation est le
prolongement du néo-libéralisme -c'est-à-dire de la domination de la finance,
principalement états-unienne-, que la guerre est devenue le mode de régulation
du système mondial capitaliste actuel, mais aussi qu'aucune alternative
progressiste, de développement économique, de justice sociale, de démocratie
politique n'est envisageable tant que les États-Unis feront peser une menace de
guerre contre tout peuple affirmant sa volonté de promouvoir un projet social,
autonome. L'unanimité s'est faite sans difficultés contre l'implantation de
bases militaires nord-américaines dans le monde -et tout particulièrement en
Équateur (base de Manta), faisant de ce pays l'une des plateformes stratégiques
de l'armée des États-Unis pour le contrôle militaire de l'Amérique du Sud.
L'unanimité s'est faite (ou presque) pour une démilitarisation de la planète, à
commencer par le démantèlement des armes de destruction massive des grandes
puissances militaires. L'unanimité s'est également faite pour condamner la
guerre d'occupation états-unienne en Irak. Un deuxième point de convergence
paraît être la prise de conscience de la nécessité d'articuler de nouveaux
projets sociaux à l'échelle nationale, régionale et mondiale. Supprimer la
misère, le chômage et l'exploitation, réduire le plus rapidement possible les
inégalités sociales, instaurer des systèmes publics volontaristes de santé,
d'éducation, d'infrastructure, de retraites..., assurer une distribution
égalitaire des produits de base, abolir les discriminations raciales et
sexistes, mettre en oeuvre la réforme agraire, permettre la réappropriation par
l'État des moyens de production stratégiques pour le développement de la nation
et des ressources naturelles... participent à n'en pas douter des mesures à
prendre au niveau national. Refuser la recolonisation du continent latino-américain
par l'ALCA, les traités de libre échange et le Plan Colombie, et promouvoir de
nouvelles régionalisations adaptées aux exigences de progrès social au Sud
s'imposent au niveau régional. Mais la réflexion devra également porter sur la
définition d'un nouvel ordre politique mondial, passant entre autres par la
démocratisation de l'ONU, la redistribution internationale des revenus et la
création d'une fiscalité mondiale, la renégociation de l'accès aux marchés et
aux systèmes monétaires et financiers, la réduction drastique de la dette
extérieure des pays du Sud, ou (comment ne pas y penser sérieusement ?) la
suppression du Fonds monétaire international, de la Banque mondiale et de
l'Organisation mondiale du Commerce, tels qu'ils fonctionnent actuellement
-cette dernière proposition soulevant systématiquement l'enthousiasme du
public, spécialement des jeunes générations
Le troisième point de
convergence qui semble s'être dégagé de ce Forum est le besoin impératif de
construire de nouvelles formes d'organisation de nos luttes, d'élargir et
d'approfondir l'éducation et la conscience des classes populaires, ainsi que la
formation des militants, par un travail de mémorisation, de synthèse, d'analyse
et de diffusion de nos idées de progrès, des expériences de résistance et des
propositions de transformation discutées lors des Forums sociaux. Cela implique
le renforcement de nos sociétés civiles respectives, combinant le potentiel de
transformation des mouvements sociaux avec l'expérience de luttes des partis
progressistes et des syndicats de travailleurs ouvriers et paysans, mais aussi
la reconquête de la souveraineté nationale par les États du continent, pour que
le pouvoir étatique ne soit plus tourné contre les services publics, mais placé
au service du peuple, pour que ce pouvoir ne viole plus les droits des
individus et des peuples, mais servent fidèlement les demandes sociales et les
attentes de démocratisation. Ces utopies ne deviendront réalités que si nos
efforts convergent et se concentrent pour rassembler autour d'eux le maximum de
forces populaires dans le monde, pour en imposer la logique de progrès, contre
celle de profit immédiat et de destruction des transnationales et de la
finance.
Ce que nous ne pouvons pas accepter, c'est de voir criminaliser nos rêves,
c'est de nous voir traiter de "terroristes" parce que nous
voulons construire un monde simplement humain, parce que nous voulons nourrir,
soigner et éduquer nos enfants, parce que nous voulons un jour nous appeler "camarades".
La prise et l'exercice du pouvoir par les forces populaires demeurent donc,
aujourd'hui plus que jamais, d'actualité. Le monde ne changera qu'a cette
condition. Et nous avons été quelques-uns à parler à nouveau de socialisme.
« …Face à la barbarie du
capitalisme néo-libéral, à son apartheid mondial, à son génocide silencieux des
plus pauvres, la voie de la civilisation est bel et bien celle de la maîtrise
intégrale et démocratique par les classes populaires de leur devenir collectif.
Voilà qui pourrait constituer un nouveau projet de transition au socialisme
pour le XXIème siècle et l'un des thèmes que nous pourrions discuter
fructueusement lors des prochains Forums sociaux -à commencer par celui de
Porto Alegre, en janvier 2005 ».
Inde : La politique du
pouvoir réactionnaire de Vajpayee condamnée par les électeurs. (internat)
Les résultats des élections
générales en Inde, que certains observateurs n’ont pas hésité à qualifier de
séisme, ont créé une surprise dans le monde entier. Le pouvoir de Vajpayee, qui
cherchait une majorité absolue a été battu et a dû laisser la place au parti du
Congrès, qui ne peut diriger le pays sans le soutien des communistes qui ont consolidé
leurs positions. Le comité central du Parti communiste de l'Inde (Marxiste) a
publié la déclaration suivante après ces élections.
« Le Comité central du
PCI(M) accueille le verdict du peuple indien aux dernières élections. Le BJP et
ses alliés ont été défaits d'une manière décisive. Le verdict du peuple marque
son opposition à la plate-forme commune diffusée par l'alliance RSS-BJP, leur
projet favorable aux riches, aux gros affairistes de l'économie et de la
politique et leur capitulation abjecte devant les desseins hégémonique des Etats
Unis
C'est un mandat exprimé contre
la politique désastreuse de libéralisation et de privatisation
qui a appauvri le niveau de vie
des paysans, des pauvres ruraux et des simples gens.
La perte par l'alliance BJP de
4% des suffrages par rapport à ceux de 1999 est une preuve de
l'érosion du soutien populaire.
La défaite du PJP est une
victoire pour les forces laïques, démocratiques et de gauche, Plusieurs partis
et forces ont contribué à cette victoire historique. Le comité central félicite
tous ces partis et forces. La menace que fait peser le BJP et ses
alliés continue d'exister, en dépit de leur éviction du gouvernement central.
Toutes les forces laïques et démocratiques doivcnt demeurer vigilantes pour
déjouer leurs projets.
Le PCI(M) et
la gauche se consolident
Le comite central, exprime, sa
satisfaction profonde que le PCI (M) et la gauche ont émergé comme une force
consolidée. Le nombre de sièges obtenu par la gauche est le plus élevé
depuis 1952. Le nombre de 44 sièges
obtenu par le PCI(M) est le plus élevé. C'est la reconnaissance du rôle
ferme et conséquent du PCI(M) et de la gauche contre la politique nuisible du
gouvernement dirigé par le BJP et sa ligne sans tâche dans la défense de la
laïcité et de l'unité nationale. Le comité central salue les peuples de l'ouest
du Bengale, de Kerala et de Tripiira qui ont joué un rôle majeur pour rehausser
le poids et le rôle de la gauche.
La situation a été créée pour
la formation au centre d'un gouvernement laïc. Le PCI(M) est d'avis que les
différents partis qui ont contribué à la défaite du BJP devraient former le
gouvernement. Le Parti du congrès qui a le plus grand nombre de sièges est en
position de constituer le gouvernement et de le diriger
Le Comité central décide de
soutenir un tel gouvernement. Le PCI(M) ne fait pas partie de l’alliance
conduite par le congrès qui doit former le gouvernement, mais il veut pour
assurer un gouvernement stable et viable, lui élargir le soutien en accordant
le sien de l'extérieur.
Le PCI(M), aux côtés de la gauche, tout en soutenant le
gouvernement jouera aussi un rôle indépendant pour assurer les intérêts
des travailleurs, pour protéger l'édifice laïc et pour s'opposer à la
pénétration impérialiste dans notre société-
Le Comité central a apprécié l'intérêt d'un large éventail
d'intellectuels, de personnalités marquantes et de sympathisants de gauche afin
que la gauche puisse jouer un rôle direct dans le gouvernement. Le Parti les assure
qu'il assumera ses responsabilités pour assurer que sous un nouveau
gouvernement, les forces laïques et démocratiques seront consolidées et qu’il
ne permettra en aucun cas aux forces communautaires d'opérer un retour en
arrière.
Le Comité central décide que le bureau politique prendra
en considération le projet de programme minimum commun et arrêtera pour ce
faire les dispositions nécessaires
GRECE : Manifestation contre la nouvelle loi
« anti-terrorisme » et contre le Sommet de l’OTAN (intern)
Une majorité du parlement a
ratifié mercredi 28 juin les clauses du projet de loi du Ministère de la
justice sur la garantie européenne et jeudi 29 les amendements de la loi
« contre le terrorisme » n°2 ont été discutées au Parlement grec. La
précédente loi « contre le
terrorisme » a été adoptée par le gouvernement du parti PASOK avec le
soutien du Parti de la Nouvelle Démocratie ( ND) il y a juste une année.
Le Parti communiste de
Grèce (KKE) a fermement dénoncé la nature réactionnaire de la nouvelle loi
« contre le terrorisme », préparée par le gouvernement précédent et
présentée par le nouveau gouvernement ND. Elle
restreint les droits et libertés démocratiques, sape la souveraineté
nationale, et menace le mouvement populaire et ses luttes. Cette nouvelle loi
« contre le terrorisme » est « exigée dans le but d’ajuster la
législation grecque aux décisions respectives anti-terroristes de l’Union européenne (UE). Ces
réglementations interviennent aussi pour renforcer les mesures hystériques
« contre le terrorisme » à l’occasion du déroulement des jeux
olympiques qui débuteront le Ier juillet avec la participation active de
l’OTAN.
Le Président du groupe
parlementaire communiste a participé jeudi au débat, exprimant, point par point
l’opposition des députés de ce groupe au projet de loi et le refus de son
adoption par le parlement. Les autres partis d’opposition ont également voté
contre le projet de loi. Toutefois, il est à noter que le porte-parole du PASOK
a affirmé que voter contre la loi ne signifie pas qu’ils (les élus de ce parti
NTD) votent contre le cadre sur lequel la loi repose..
La nouvelle loi
« contre le terrorisme » a suscité le rejet et les fermes réactions
du Comité Consultatif légal du Parlement, de l’Association du barreau des
avocats grecs et d’un large éventail de syndicats, de savants, de personnalités
et d’organisations d’immigrés etc. Jeudi des milliers de personnes se sont
dirigés à travers les artères centrales d’Athènes pour se rendre au parlement.
La manifestation a été lancée à l’appel du « rassemblement démocratique
pour les libertés populaires et la solidarité ». Elle était soutenue par
le PAME (syndicats grecs), le Comité grec pour la détente internationale et la
Paix (EEDYE) et plusieurs associations d’étudiants. Des manifestations
semblables se sont déroulées dans tout le pays.
La clôture s’est produite
avec le festival annuel anti-impérialiste des immigrés et réfugiés organisé par
l’organisation d’Athènes du Parti communiste de Grèce (KKE) en coopération avec
une quarantaines de communautés d’immigrés et d’organisations. Ce festival de
solidarité anti-impérialiste avec les immigrés et les réfugiés s’est déroulé
les 25 et 26 juin à Athènes pour la troisième fois après trois années
consécutives.
Au même moment, culminaient
les préparatifs du sommet de l’OTAN qui se déroulait à Istanbul les 28 et 29
juin. Le Comité grec pour la détente internationale et la Paix EEDYE), le
Centre des Balkans anti-OTAN et la Jeunesse communiste de Grèce (KNE) ont
organisé une importante délégation pour participer à la vaste manifestation
anti-OTAN qui s’est déroulée à Istanbul le 27 juin. La Jeunesse communiste de
Grèce (KNE) a également participé au camp international de la jeunesse
Anti-OTAN.
Une délégation du Parti
communiste de Grèce conduite par Stratis Korakas, membre du comité central
était présente et a participé également à la conférence internationale
organisée le 28 juin par le Parti
communiste de Turquie (TKP) sur « les nouveaux rôles probables de l’OTAN
dans les futurs scénarios impérialistes : Comment faire échec à
l’OTAN ».
Durant les jours où se
déroula le sommet de l’OTAN, le Comité grec pour la détente internationale et
la paix (EEDYE) a organisé simultanément dans plusieurs villes de Grèce des manifestations et des défilés en
solidarité avec les peuples iraquien et palestinien. Le défilé s’est déroulé à
Athènes le jeudi 28 juin.
Grèce :
Communiqué du bureau de presse du CC du Parti communiste concernant le Sommet
de l’UE à Bruxelles (intern)
La
"Constitution européenne", qui fut finalement décidée au Sommet de
l’UE, constitue un rempart institutionnel suprême de la dictature de la
ploutocratie européenne et un noeud coulant au cou des peuples européens.
La
"Constitution européenne" intègre tous les précédents traités de l’UE
qui garantissent la libre circulation du capital et le renversement des
conquêtes et des droits de la classe ouvrière et des couches populaires.
Elle
adopte le dogme militaire américain de la dite "frappe préventive"
contre un pays ou des pays sous prétexte de la lutte contre le terrorisme. Un
facteur indissociable de la "Constitution européenne" est la
militarisation de l’UE, qui soutiendra et complètera l’OTAN, chaque fois que
cela sera nécessaire.
Lors de
ce Sommet, les dirigeants des Etats membres ont promu le renforcement et la
création de nouveaux mécanismes de répression, le développement de la capacité
opérationnelle de l’europolice, la création de l’euroCIA et de l’europolice
maritime, ainsi que la finalisation de l’échange de renseignements entre les
Etats membres.
Le
Sommet de l’UE a montré que les impérialistes sont unis lorsqu’il s’agit
d’attaquer les peuples, alors que leurs contradictions ne concernent que de
savoir qui d’entre eux aura la main longue dans la distribution du butin. C’est
ce dont atteste le désaccord sur le président de la Commission.
Le
gouvernement grec continue la tradition du précédent gouvernement du PASOK. Il
ne peut plus feindre. Les masques sont tombés.
Tout
cela confirme ce que le PCG disait sur l’UE tout au long de ces années et
pendant la récente campagne électorale des élections du 13 juin. La résistance,
l’indiscipline et la désobéissance constituent la voie unique populaire (18.6.2004)
SYRIE : Importante réunion
du comité central du parti communiste (intern)
Sous la présidence de la
Secrétaire générale du parti, la camarade Wissal Farha Bagdash, le comité
central du parti communiste syrien s’est réuni le 21 mai 20004. Nous reproduisons
des extraits du communiqué publié à l’issue de la réunion.
« A la lumière des évènements politiques
qui ont eu lieu, le comité central a mis en évidence que les développements du
monde en général ont donné la preuve de la véracité des principes du Marxisme-léninisme,
en ce sens que la crise générale du capitalisme est toujours plus destructrice.
La contradiction entre les centres impérialistes et le reste du monde
s’approfondit à cause du pillage incroyable du dénommé tiers-monde.
La rivalité entre les
centres impérialistes grandit aussi, particulièrement entre le capital
monopoliste américain et le capital monopoliste de l’Ouest européen. Plus
encore, la lutte de classe à l’intérieur des dénommés pays capitalistes s’étend
parce que les acquis et gains des travailleurs sont agressés continuellement
par le capital, l’aspect le plus révoltant de la crise citée ci-dessus est les
guerres allumées par les impérialistes dans plus de vingt territoires
différents à travers le monde, pour diminuer l’impact de la crise et accomplir
leurs fins.
Les tout derniers
évènements ont aussi prouvé que l’impérialisme américain représente maintenant
la plus grande menace pour les peuples du monde, et il agit en sa qualité de
bastion principal de la réaction internationale. En leur qualité du plus
puissant Etat, les Etats Unis cherchent avec audace et arrogance à créer une
dictature internationale qui veut imposer sa volonté au monde entier. Une telle
épreuve n’est pas seulement confrontée à la volonté des peuples qui cherchent à
se libérer du pillage complet impérialiste et à réaliser une indépendance
économique en tant que fondement d’une indépendance politique, mais aussi aux
intérêts des autres impérialistes aussi bien les vieux (Europe et Japon) que
les nouveaux (Russie et autres de l’Est de l’Asie)...
« Le nombre grandit de
ceux qui rejettent complètement l’approche inhumaine et exploiteuse mise en
œuvre par le système capitaliste mondial.
Il est maintenant clair que
la chaîne impérialiste a commencé à se briser en se référant à la possibilité
d’une faille sérieuse du système capitaliste mondial. Les signes les plus
significatifs peuvent être vus dans ce qui est arrivé en Amérique latine. Cuba
n’est pas demeuré longtemps le seul Etat rejetant fermement la domination américaine,
le Venezuela Bolivarien l’a rejoint, et les gouvernements du Brésil,
d’Argentine et de Bolivie sont sur le chemin de l’expression d’un autre refus à
ces injonctions. Plus encore, il y a des signes prometteurs parmi le mouvement
de gauche dans plusieurs pays de ce continent, spécialement en Uruguay. Le
Comité central exprime sa solidarité avec l’héroïque résistance de Cuba, et
condamne les mesures agressives prises par l’Administration américaine contre
l’île de la liberté.
Le principal coup douloureux
reçu récemment par l’impérialisme américain a été en Iraq. Notre Parti avait
prévu que l’agression impérialiste contre l’Iraq ne pouvait pas ressembler à un
pique-nique ; le peuple iraquien sa longue histoire patriotique et
révolutionnaire, n’acceptera jamais le joug des occupants »…
« D’autre part, la
récente victoire aux élections en Inde du Parti du Congrès, et la formation
d’un nouveau gouvernement soutenu par des groupes de gauche (notamment les communistes
indiens) aura un impact majeur positif au niveau international
Analysant la situation à
travers le monde arabe, le Comité central a identifié deux principaux courants
opposés, d’une part le mouvement de libération arabe qui gagne en importance et
que reflète les progrès de la résistance en Palestine et en Iraq tout comme la
fermeté syrienne et la montée de l’opposition en masse tout autour du monde arabe
contre l’impérialisme et le sionisme ; et d’autre part, la majorité des
dirigeants arabes accusent une retraite et une humilité, et le comportement de
certains d’entre eux souvent ressemble à une génuflexion et à un mouvement
rampant devant l’Amérique et Israël.»...
« La pression
coloniale est grandissante en Syrie parce que la Syrie représente fermement une
barrière insurmontable face aux projets expansionnistes des impérialistes et
des sionistes. Le dernier exemple de ces pressions est la sanction de la loi de
la responsabilité de la Syrie par l’Administration américaine. L’application de
cette loi injuste, qui viole les conventions internationales, reflète la
violence de la politique US dans la région. Elle est en train de prendre la
forme d’une politique de pression et de guerre psychologique plutôt que des
mesures critiques de caractère économique qui peuvent affecter la Syrie »…
« Le Comité central
croît que l’acuité des évènements politiques requiert plus d’efforts pour
renforcer l’unité nationale, qui signifie premièrement la satisfaction des
revendications économiques, sociales et démocratiques du peuple.
Les communistes s’opposent
également à l’intention publique d’établir un marché boursier en Syrie comme
dans tous les projets similaires d’ « économie libérale » parce
qu’ils sont profondément convaincus qu’une telle orientation créerait un impact
négatif dans l’économie nationale.
Le Comité central réaffirme
la constante attitude des communistes Syriens concernant la nécessité de
défendre la production nationale et son épine dorsale (le secteur public),
parce qu’il représente non seulement les intérêts économiques et sociaux mais
une pierre angulaire pour la résistance nationale »…
IRAK : Le peuple irakien exige la fin de l’occupation. (intern)
18 mois après l’agression contre l’Irak et la chute du
régime de Saddam les troupes américaines et leurs alliés continuent d’occuper
ce pays. Leur action criminelle n’a apporté que morts, blessés, destructions et
misère pour l’immense majorité du peuple irakien. Ils utilisent tous les
prétextes pour faire régner la terreur un peu partout et veulent soi-disant
aider les forces de sécurité irakiennes à maintenir l’ordre alors qu’ils ne
cherchent qu’à aggraver les conflits pour justifier coûte que coûte leur
présence et faciliter ainsi le pillage des ressources de tous les pays de la
région.
Après de longues négociations, le Conseil de sécurité des Nations
Unies a adopté une nouvelle résolution le 8 juin, une semaine après la formation
du gouvernement intérimaire. Cette résolution a insisté sur le droit du peuple irakien
de décider librement de son avenir politique, d'exercer intégralement le
pouvoir et le contrôle de ses ressources financières et naturelles.
Elle se prononce pour le transfert politique pacifique
du pouvoir et insiste sur la tenue d'élections générales libres, directes,
démocratiques le 31 décembre 2004 ou au plus tard le 31 janvier 2005, en vue de
la formation d'une assemblée nationale de transition qui élaborera une
constitution permanente pour préparer la création d'un gouvernement
constitutionnel élu vers le 31 décembre 2005. Malheureusement cette résolution
maintient le droit pour les forces d’occupation de s’occuper de la
« sécurité » même si elle se prononce pour la construction des forces
armées irakiennes qui se chargeraient…plus tard d’assumer leurs
responsabilités. Ce mandat peut certes être révisé quand le gouvernement irakien
le demandera ou 12 mois après l'adoption de la résolution. Mais ce qui
est sûr c’est qu’il ne prendrait fin qu’au terme du processus politique qui
aboutirait dans le meilleur des cas à la fin de 2005. On sait que les
impérialistes américains ont toujours refusé d’envisager une date quelconque
pour leur départ d’Irak. Tout en intervenant activement dans le processus
politique pour l’orienter dans le sens de leurs intérêts et retarder au maximum
la formation d’un véritable gouvernement irakien souverain, ils font tout pour
diviser les forces patriotiques irakiennes, les dresser les unes contre les
autres, utiliser les actes de résistance légitimes contre leurs troupes, pour
bombarder des villes entières et terroriser leurs populations.
Le peuple irakien ne veut pas de l’occupation et n’a pas
cessé de le clamer depuis le premier jour. Il est évident que le succès de sa
lutte pour chasser les envahisseurs et obtenir une restauration complète de sa
souveraineté dépend en premier lieu de sa mobilisation, de ses sacrifices et de
l’union de ses forces patriotiques. Mais ce succès dépend aussi de la
solidarité de l’opinion progressiste internationale. Une occupation prolongée
de l’Irak aurait de graves conséquences non seulement pour le peuple irakien,
qui s’enfoncerait dans la misère alors qu’il possède des réserves gigantesques
de pétrole, mais une telle occupation serait lourde de menaces pour l’avenir de
tous les peuples de la région. N’oublions pas non plus que l’un des objectifs
de l’impérialisme américain dans la région est de monopoliser les ressources
énergétiques pour dicter sa loi à ses alliés. C’est dire que cette occupation
est une menace réelle pour la paix mondiale.
Renforçons donc notre solidarité avec le peuple irakien.
Exigeons le départ de toutes les troupes étrangères d’Irak et le droit pour les
Irakiens de résoudre leurs problèmes sans immixtion dans leurs affaires
intérieures.
VENEZUELA : Le referendum du
15 août renforce le pouvoir progressiste de Chavez (intern)
Le monde entier attendait les
résultats du référendum exigé par la bourgeoisie vénézuélienne, soutenue par
l’impérialisme américain, pour tenter de révoquer le mandat d’Hugo Chavez. Ce
référendum qui s’est soldé par un oui franc et massif au maintien de Chavez au
pouvoir constitue une défaite décisive pour tous ceux qui n’ont cessé de
comploter contre un gouvernement progressiste qui refuse que le
« Venezuela devienne une colonie américaine ». La transparence du
scrutin a été confirmée par l'Organisation des Etats américains (OEA) et
l’ancien Président des USA Jimmy Carter. Au nom du peuple cubain, le
gouvernement révolutionnaire a félicité le Président Chavez et le peuple
vénézuélien pour les résultats du référendum. Le gouvernement cubain rappelle « que
pour la huitième fois en cinq ans, le Président Chavez a reçu l'appui de la
majorité écrasante de son peuple et souligne que le référendum a démontré d'une
façon incontestable le caractère légitime du gouvernement vénézuélien, ce qui
contraste largement, poursuit le texte, avec le manque d'appui populaire et
d'autorité morale dont se ressentent plusieurs gouvernants de l'Amérique
Latine, soumis aux
diktats des États-Unis et du Fonds Monétaire International.
Dans son premier discours après la publication des résultats Chavez a annoncé
que le Venezuela s'acheminerait résolument vers le dépassement des injustices
économiques et sociales héritées du « néolibéralisme sauvage »
De nouveau légitimés au pouvoir,
ses partisans disposeront désormais d'une force renouvelée pour imposer au
parlement des projets de restructuration du Pouvoir judiciaire, d'établissement
d'une police nationale (au lieu des polices municipales et des polices des
états), et une loi de responsabilité sociale des médias. Chavez a indiqué, en
outre, qu'il se proposait d'institutionnaliser les brillantes « missions » d'éducation,
de santé et de développement économique et social qu'il a mises en oeuvre pour
pallier l'inefficacité de l'appareil d'Etat vénézuélien.
Dans un message aux Etats-Unis,
il a déclaré qu'il « formait des voeux pour que cette victoire, cette leçon
de démocratie, de citoyenneté, de civilité et d'amour de la paix, permette au
gouvernement de la plus puissante nation de la Terre de réfléchir et désormais
de respecter le peuple du Venezuela ».
La résistance du peuple et des
forces progressistes du Venezuela qui ont déjoué toutes les provocations et
tous les complots pour abattre un régime qui refuse les diktats de Washington,
rejette fermement les recettes du FMI, renforce les services sociaux et veut utiliser
les ressources pétrolières pour un véritable développement économique et social,
est un véritable encouragement pour tous ceux qui n’acceptent pas de se
soumettre aux puissances impérialistes.
Les communistes et les
progressistes algériens se félicitent de la victoire du peuple vénézuélien et ne
manqueront pas de continuer à lui témoigner leur solidarité dans sa courageuse lutte
contre ses ennemis intérieurs et extérieurs.