Poursuivre sans se décourager le combat contre l’autoritarisme, l’ultralibéralisme et la soumission aux multinationales (edito première page)

 

 

Cinq mois après sa réélection, le chef de l’Etat confirme sur tous les plans que sa politique traduit les intérêts des classes sociales parasitaires qui vivent de l’importation des marchandises et du recyclage de l’argent du pétrole dans les dépenses improductives, des couches bureaucratiques liées aux affaires, des exploiteurs et des trafiquants. Ces couches sociales veulent un régime politique à la fois intraitable avec les masses et assez docile avec les puissances impérialistes pour qu’il leur évite de perdre la jouissance de l’argent du pétrole en subissant la colère de ces grandes puissances.

Bouteflika a reçu le soutien de Bush et de Chirac après sa réélection. Ces derniers ne cachent pas leur satisfaction d’avoir affaire à un chef d’Etat qui jouit formellement des résultats du scrutin électoral. C’est une aubaine pour eux de pouvoir traiter avec un Président investi du droit d’arguer légalement de ces résultats pour frapper sans ménagement les jeunes et les masses déshérités qui le contestent et mettent en cause indirectement sa politique de sa soumission au FMI et aux multinationales. Mais le régime de Bouteflika ne frappe pas que les masses. Il n’hésite pas à réprimer aussi les représentants de la bourgeoisie libérale qui n’approuvent pas ses méthodes de direction autoritaires à « l’Orientale ». En contrepartie de ce soutien, il tient à montrer à chaque occasion qu’il n’a nullement l’intention d’entrer en conflit avec les puissances impérialistes.

Sur le plan intérieur, les tendances autoritaires du régime se manifestent au grand jour. Il ne se donne même plus la peine, pour sauver les apparences, d’observer de répit à l’occasion de la visite en Algérie de personnalités politiques officielles de France ou d’Europe, comme Sarkozy ou Alliot-Marie. Le directeur du quotidien Le Matin qui s’était distingué par ses attaques virulentes contre Bouteflika a été condamné à deux ans de prison ferme pour une affaire de transfert de bons de caisse de France vers l’Algérie, un chef d’inculpation monté de toutes pièces et sans précédent dans les annales de la répression des infractions à la législation sur le change. L’appareil judiciaire est instrumentalisé pour faire taire les opposants au pouvoir. Les correspondants de presse qui rapportent des affaires de corruption, d’abus de pouvoir, ou de mauvaise gestion des responsables sont traînés devant les tribunaux et condamnés à des peines de prison ou à de lourdes amendes sous les prétextes les plus divers et notamment celui de « diffamation ». Ghoul Hafnaoui, le président d’une association de défense des « droits de l’homme » a été condamné au terme de plusieurs procès successifs à un total de huit mois de prison pour « diffamation » des responsables de la Wilaya de Djelfa. Des dizaines de jeunes qui ont manifesté leur mécontentement en s’attaquant à tout ce qui symbolise l’autorité sont arrêtés et jetés en prison. Même ceux qui prennent soin de défendre pacifiquement leurs revendications en signant des pétitions sont pris au hasard et condamnés pour l’exemple par les tribunaux pour « diffamation ».

Dans divers secteurs professionnels, les travailleurs, les officiers marins, les enseignants, les infirmiers et médecins s’organisent hors de la centrale syndicale officielle de l’UGTA, dans des organisations syndicales « autonomes » pour mieux défendre leurs revendications légitimes. Des pans entiers de travailleurs se rendent compte que l’UGTA n’est qu’un appareil de surveillance et d’encadrement des salariés au service des couches sociales privilégiées au pouvoir, un appareil anti-démocratique et corrompu chargé de soutenir, en y mettant « la forme », la politique ultra-libérale du régime. Violant leurs propres lois, les autorités refusent de les reconnaître et discuter avec elles. Mais ces mesures antidémocratiques ne découragent pas les travailleurs qui continuent à lutter et à s’organiser dans des conditions difficiles.

Le régime de la coalition « islamo-nationaliste » se prépare à serrer la vis dans tous les domaines de la vie politique. Il a élaboré un nouveau projet de Code de l’information qui devrait rendre plus difficile aux citoyens d’user de leurs droits à la libre expression dans les journaux. Il ne cache pas du tout son objectif de faire de la presse une presse aux ordres chargée de chanter des louanges au chef de l’Etat et de vanter les bienfaits de sa politique de concorde. Le ministère de l’Intérieur a fait savoir qu’il allait réétudier la loi qui régit l’activité des associations. Son intention est de les soumettre à un étroit contrôle et de les enrôler dans une action de soutien au pouvoir.

Les hauts fonctionnaires qui ne manifestent pas de penchant particulier pour l’équipe dirigeante sont écartés même si fondamentalement ils ne représentent aucune menace pour la politique ultra-libérale de désengagement à l’œuvre. Parallèlement, Bouteflika a étendu à de larges secteurs des fonctionnaires nommés par décret le bénéfice de privilèges insultants telle que la retraite à 100% et de crédits gratuits de toutes sortes. Désormais le pouvoir cherche ouvertement à faire des hauts fonctionnaires une caste servile, coupée du peuple et jouissant de faveurs injustes, disposée à exécuter n’importe quelle instruction pour ne pas perdre ces privilèges.

Au plan économique, le programme du gouvernement ne rompt pas avec les politiques mises en œuvre par les équipes précédentes. Il est axé sur les privatisations, à travers le recours généralisé au système dit des concessions qui permet au gouvernement de se désengager des activités économiques et de livrer les secteurs les plus rentables aux multinationales ou à des hommes d’affaires liés aux cercles qui dirigent le pays, appuyés par les banques publiques qui leur accordent de l’argent sans compter. Le système des concessions permet au gouvernement de se délier de ses responsabilités sociales en lui donnant le prétexte de fermer les yeux sur la généralisation du travail « au noir », payé à un salaire de misère et exercé en contradiction avec les lois relatives à la durée du travail, aux heures de repos et au droit au congé.

Les secteurs de l’eau, de l’électricité, du téléphone, des assurances, des routes sont ouverts aux multinationales. Les tarifs des communications téléphoniques pratiqués par l’opérateur public sont fortement augmentés pour permettre aux sociétés étrangères de justifier leurs marges de profit très élevées grâce à leur position de monopole. Des flux énormes de profits sont ainsi drainés vers l’étranger alors que l’Algérie a les moyens d’éviter cette hémorragie en devises si les autorités s’étaient fixées pour objectif de renforcer les entreprises publiques nationales.

Au plan international, le régime poursuit sa politique d’intégration dans les diverses institutions du système impérialiste et se présente de plus en plus comme un de ses défenseurs les plus convaincus sous prétexte d’aider à la lutte antiterroriste.

Alors que l’adhésion à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ne va ramener que des malheurs à l’économie productive nationale, il persiste dans sa volonté de conclure un accord avec elle dans les prochains mois.

De même il se montre décidé à lier l’Algérie à l’OTAN en participant aux réunions auxquelles il est invité. En même temps il se tait sur l’occupation de l’Irak.

Il se fait l’instrument de la politique d’expansion économique et politique des puissances impérialistes en Afrique à travers le rôle qu’il joue dans l’Union africaine et le Nepad, sous couvert d’aider à éteindre les foyers d’incendie et à promouvoir la coopération internationale.

Cette orientation est présentée soit comme le résultat d’un rapport des forces imposé, soit comme la prise en compte réaliste des effets de la « mondialisation » et justifiée comme le moyen le meilleur pour permettre au pays d’en tirer profit. Ces phrases trompent de moins en moins. En réalité, les classes et couches sociales dominantes et parasitaires qui dirigent le pays ne cherchent qu’à s’entourer d’appuis internationaux, en se faisant les alliées de l’impérialisme, pour faire face à d’éventuelles révoltes populaires qui pourraient menacer leur pouvoir et leurs sources de privilèges insupportables pour la grande masse des citoyens.

Autoritarisme renforcé, ultralibéralisme économique et social, soumission aux intérêts des multinationales, marchent ensemble pour le plus grand malheur des travailleurs et des autres couches démocratiques et progressistes de la société.

C’est bien pour cette raison que les progrès dans la lutte pour la conquête des libertés démocratiques, le respect des droits démocratiques des citoyens, leur protection contre les abus de pouvoir et l’arbitraire sont étroitement liés à la défense des intérêts économiques et sociaux des travailleurs, de la paysannerie laborieuse, de la jeunesse démunie, des cadres et intellectuels honnêtes et dévoués à la cause de l’immense majorité de la population.

 

 

 

LUTTES DES TRAVAILLEURS

ENSEIGNEMENT

Les professeurs d'enseignement paramédical (PEPM) ont décidé de mettre à exécution leur menace de grève illimitée dès le 5 septembre. Le Syndicat a motivé cet ultime recours par le «mutisme» affiché par les pouvoirs publics sur les suites à donner à leurs revendications.

C'est «une tutelle pédagogique universitaire» qu’ils demandent car ils s'estiment «lésés» en restant considérés comme des enseignants de lycée et regrettent de ne pas bénéficier des mêmes avantages comme tous les universitaires d'autant que «les écoles paramédicales délivrent des diplômes supérieurs». Ils exigent une indemnité d'encadrement de l'ordre de 10 000 DA, un déplafonnement catégoriel de 2 catégories glissement catégoriel de 16 à 18 et également l'application de l'article 52 leur permettant l'accès au 2e degré. Les PEPM revendiquent également un statut particulier du PEPM et un statut type des établissements de formation paramédicale. Autres points constituant les préoccupations des enseignants du corps paramédical qui compte au total 13 spécialités, la revalorisation de l'indemnité de documentation pédagogique, l'octroi de l'indemnité de risque contagion et de l'indemnité d'intéressement. Ces enseignants demandent enfin un élargissement aux PEMP exerçant au niveau de certaines wilayas des avantages prévus par le décret 95-330 et ceux du décret 03-196 fixant les avantages particuliers attribués à des personnels qualifiés de l'Etat exerçant dans les établissement classés situés dans certaines wilayas.

29 08 2004

ENSEIGNEMENT SECONDAIRE ET TECHNIQUE

Lors de son université d’été à El-Kala, baptisée Menaï-Rabah, le Conseil national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Cnapest) s’est penché sur l’élaboration d’un projet pour la réorganisation de sa structure.
Lors de ces travaux, les dossiers ayant trait au statut particulier de l’enseignant ainsi que celui de la retraite, principale revendication du Cnapest était à l’ordre du jour.
 Une rentrée sociale qui s’annonce particulièrement agitée pour le gouvernement en place dans les différents secteurs publics et d’après les interventions des différents délégués des enseignants, le Cnapest sera sûrement de la partie. Une chose est sûre : c’est un syndicat incontournable, jouissant d’une base solidement ancrée et acquise dans le névralgique secteur de l’éducation, qui semble déterminée à arracher son agrément. “Nous avons fait une concession par rapport aux corrections du bac. Nous n’avons pas mis en application nos menaces. Mais nous attendons un retour d’ascenseur. Nous voulons notre agrément car nous nous sommes conformés aux lois et c’est notre droit le plus absolu qui est conféré par la Constitution”. C’est cette revendication qui revient lors des débats.
.24 08 2004

 

MARINE MARCHANDE
 

Le conflit, qui oppose la direction générale de l’Entmv au syndicat national des officiers de la marine marchande (Snommar), voilà des mois, n’est apparemment pas près de connaître son épilogue.

La disponibilité des syndicalistes à aller vers un apaisement n’a, selon les membres du Snommar, pas débouché sur des solutions négociées. Dans une déclaration rendue publique, le syndicat reproche à la DG de l’entreprise son refus de toute négociation. “La volonté d’aller vers le pourrissement est manifeste”.
Les réunions informelles des 8 et 9 août derniers, précisent les syndicalistes, n’ont abouti à aucun résultat concret en dépit des engagements pris par le PDG.

“Nous sommes en tant qu’officiers marins, confrontés depuis le déclenchement de notre grève le 26 juin 2004 à des attaques sans précédent contre notre syndicat”, déplorent-ils. En attendant le verdict du tribunal de Sidi M'hamed, des dizaines d'officiers demeurent suspendus de leurs fonctions, sans salaire depuis deux mois. La direction de l'entreprise continue de considérer comme grévistes uniquement les officiers ayant refusé d'embarquer durant les dix jours de grève. Un traitement non appliqué à leurs collègues, également grévistes, sauf que le programme d'embarquement voulait qu'ils fussent à terre à cette époque.
 Pour rappel, les officiers frondeurs ont eu recours à la grève après avoir utilisé tous les moyens légaux afin d’exprimer leurs revendications socioprofessionnelles liées entre autres, à une revalorisation du statut d’officier de la marine marchande et, par là même, la révision à la hausse de leur salaire. Ils revendiquent également une classification de leur poste de travail pour assumer au mieux leur responsabilité.

22 08 2004

 

BÂTIMENT
Les travailleurs de l’entreprise Ecoteb, implantée à Ben Aknoun, étaient en grève pendant 12 jours. A l’origine de cette grogne, un conflit opposant les employés à la direction générale de cette entreprise spécialisée dans le bâtiment.
Les protestataires ont mis en avant une plate-forme de doléances. Ils revendiquent, entre autres, «la permanisation des travailleurs contractuels, l’augmentation des salaires et la réintégration des travailleurs licenciés».

21 08 2004

 

METALLURGIE

 

Les travailleurs de la Société de maintenance et de travaux industriels (Somind), filiale du groupe Travaux Sider basée à Annaba, interpellent les pouvoirs publics sur les mesures discriminatoires décidées par la direction de ladite entreprise. Les plaignants, des contractuels depuis plus de deux années, affirment avoir été tout simplement mis à la porte au moment où la décision ministérielle de permaniser les travailleurs avait été rendue publique. “Contrairement aux proches du DG et ceux de certains délégués syndicaux, nous avons tous été licenciés, et en plus mis en congé sans solde avant l’expiration de nos contrats de travail respectifs”, révèlent les travailleurs. Les travailleurs touchés par ces licenciements abusifs, dénoncent vigoureusement ces pratiques dignes de la vendetta et appellent les responsables concernés à diligenter une enquête, car ils jugent qu’il y a une multitude d’irrégularités.
En outre, les travailleurs reprochent à la direction d’avoir bafoué leurs droits, entre autres, les primes fixées par l’entreprise sont calculées sur la base de l’ancien barème, lequel n’a jamais été révisé. Le salaire de base n’est pas conforme au Snmg, les primes allouées aux déplacements de plus de 100 km ne sont pas conformes aux critères prévus par la loi et enfin la PRC est attribuée sur décision de l’employeur et non sur la base du rendement fourni par les travailleurs.
Les travailleurs lésés demandent au ministère du Travail d’intervenir pour mettre un terme à cette situation, signalée à maintes reprises à l’inspection du Travail d’El-Hadjar, mais sans résultat.

19 08 2004

 

AGROALIMENTAIRES

 

Les cadres syndicaux de la région Sont du  pays, affiliés à la Fédération nationale des travailleurs des industries agroalimentaires (Fnia) de l’UGTA, ont décidé de mettre à exécution les mesures que prendra le secrétariat de la Fnia dans le but de défendre leurs droits légitimes et leur poste de travail. “Nous demeurons mobilisés sans aucune condition pour aller de l’avant et déclencher un mouvement de grève nationale et geler toutes les activités du secteur. Nous annonçons, en outre, notre participation à la marche prévue dans la capitale jusqu’à la satisfaction totale de nos revendications”, lit-on dans une motion de soutien. Ces syndicalistes ont, faut-il le préciser, pris en considération les déclarations qui ont sanctionné les travaux de la réunion des cadres syndicaux du secteur, tenue le 7 juillet dernier à l’hôtel El-Marsa de Sidi Fredj, les communiqués du secrétariat de la Fnia du 19 juillet dernier et l’appel lancé à l’adresse de tous les travailleurs du secteur daté du 26 juillet dernier.

17 08 2004

 

CHEMINOTS  

Le Syndicat des cheminots menace de recourir à deux journées de protestation dans les prochains jours, et ce, dans le cas où leur «cri de détresse» ne serait pas entendu par les pouvoirs publics. Il est demandé à ces derniers d'intervenir en toute «urgence» afin de sortir de la situation actuelle — jugée catastrophique — dans laquelle s'est embourbée la Société nationale des transports ferroviaires (SNTF). Il s'agit, pour les syndicalistes, de débloquer au plus vite les crédits nécessaires permettant la relance de l'exploitation du réseau ferroviaire, de son entretien et de sa constitution en moyens de gestion jusqu'à la mise en chantier de projets d'envergure en programmation. «Il y a urgence pour maintenir le fonctionnement de l'exploitation du réseau ferroviaire en attendant que les programmes de rénovation soient effectivement entamés», a estimé le Syndicat des cheminots dans un appel lancé aux pouvoirs publics. Les innombrables problèmes qui se sont accumulés depuis des années ne tarderont pas à provoquer la mise à l'arrêt de ses services par faute de « moyens matériels et financiers», ont-ils alors regretté. Ce syndicat explique cette «dégradation» des chemins de fer par un «effritement» graduel du réseau ferroviaire. Comment le parc de locomotives usées par un usage «forcené» tombe, selon le syndicat, en détresse en pleine nature ? Il n'en demeure pas moins que les trains de voyageurs sont dans un état de vétusté au point de repousser la clientèle en dépit de son nombre toujours élevé. Autres difficultés auxquelles est confrontée la SNTF, selon le syndicat : d'une part, la trésorerie de celle-ci ne supporte plus les charges inévitables d'exploitation; de l'autre, le découvert bancaire chronique auquel recourait la société dépasse les normes supportables. A présent, c'est toute la politique prônée dans la gestion de la SNTF par son recours au partenariat privé qui est sévèrement critiquée par le syndicat. Ce dernier a d'ailleurs rejeté avec force le fait que la société ait cédé la partie entretien des voies au privé en utilisant les moyens de l'entreprise. Aussi, le syndicat s'est élevé contre la fermeture des écoles techniques d'exploitation et d'entretien du matériel roulant. Là aussi, pour le syndicat, le recours à l'extérieur s'avère «dangereux» pour l'avenir de la société d'autant plus que «le marché privé ne répond pas aux spécificités techniques des chemins de fer». En somme, pour les syndicalistes, «l'image que présente la SNTF est une image d'entreprise moribonde, qui ne répond plus au minimum de charges qui lui sont dévolues». Les syndicalistes demandent enfin le rétablissement de tous les services techniques et stratégiques dont l'entreprise s'est départie. Faute de quoi, le recours à la rue n'est pas à écarter.
 14 08 2004

 

 

 

 

 

 

LES RETRAITES PROTESTENT (encadré)

La prochaine revalorisation des pensions de retraite n’a pas eu l’effet escompté. Censée réjouir quelque 1,5 millions de retraités, la décision du ministre du travail les a plutôt surpris et déçus. Eux qui s’attendaient à une augmentation de 6 et 8% n’ont finalement eu droit qu’à 4 et 6%. Le taux de majoration est loin de faire l’unanimité au sein de cette catégorie qui attendait avec impatience l’annonce de la mesure. La déception est telle que le siège de la Fédération des retraités a été pris d’assaut par plusieurs pensionnés venus exprimer leur mécontentement. “Nous avons eu droit à des miettes”, commente un retraité. “Nos responsables oublient que cette pension constitue pour plusieurs foyers la seule source de revenu.” Le même mécontentement est ressenti chez les responsables de la Fédération. Le premier d’entre eux ne s’en cache point. “Nous prenons acte de la décision du ministre mais nous ne sommes pas d’accord avec le taux arrêté. Nous ne pouvons nous déjuger. Le conseil d’administration de la CNR a proposé 6% et 8% et les retraités étaient convaincus que ces chiffres n’allaient pas être revus à la baisse d’autant que les fonds existent”, déclare le secrétaire général de la fédération des retraités. Les retraités devront donc, attendre pas moins de douze mois pour tenter d’arracher une revalorisation à la hauteur de leur attente. Soutenir les anciens travailleurs, exiger des pensions décentes pour ceux qui ont trimé toute leur vie est un devoir élémentaire pour toutes les forces progressistes.

 

LE GOUVERNEMENT REFUSE D’ABROGER LE CODE DE LA FAMILLE (national)

Le gouvernement vient d’adopter, le 18 août, un avant-projet de loi portant réforme du Code de la famille. Cet avant-projet sera présenté à l’assemblée nationale dite populaire et probablement  voté d’ici la fin de l’année. On sait que les femmes luttent depuis 20 ans pour l’abrogation pure et simple de ce code voté en 1984 par l’assemblée nationale FLN du temps du parti unique. Les réformes proposées par le nouveau texte ne suppriment ni la polygamie, ni le droit pour le mari de répudier son épouse sans explication. Pour demander le divorce la femme doit fournir, selon cet avant–projet, toute une série de preuves contrairement au mari qui peut jeter à la rue femme et enfants en toute impunité. Les dispositions prévues qui permettent au juge de vérifier que le polygame doit obtenir l’autorisation de sa première femme ne tromperont personne. Les mesures envisagées, qui promettent de garantir à la femme divorcée une pension alimentaire ou l’obligation faite au mari de loger son ex-épouse qui a la garde des enfants ne sont qu’un raccommodage et ne sont pas de nature à calmer la colère des associations de femmes qui exigent que « l’on mette fin mis fin à vingt ans d’" humiliation institutionnalisée ", selon la formule du collectif " vingt ans barakat ", regroupant des associations favorables à l’abrogation.

Ce texte préparé par des « experts » et qui prétend respecter la constitution, confirme  l’inégalité entre les sexes 40 ans après l’indépendance. Ces experts prétendent aussi justifier le maintien d’un code infâme par la nécessité de respecter « les principes islamiques ». Ces experts veulent nous faire croire que l’Islam s’oppose à l’égalité entre l’homme et la femme. Ils justifient ainsi, qu’ils le veuillent ou non, tous les crimes perpétrés par les terroristes contre les milliers de femmes dans notre pays mais personne, hormis les intégristes, ne peut accepter cette utilisation de la religion pour enfermer la femme dans un statut qui l’empêche de se défendre ou de fonder une famille avec qui elle veut.

Cette prétendue réforme d’une législation contre laquelle les femmes et toutes les forces progressistes n’ont cessé de lutter et qui continue de maintenir l’Algérienne dans un statut légal d’infériorité encouragera toutes les forces obscurantistes à maintenir leur pression sur toute la société pour mieux aggraver l’exploitation de tous les travailleurs. Le refus d’abroger ce code ne fait pas seulement l’affaire des islamistes, qui osent déclarer que cette réforme va trop loin et se préparent à la combattre parce qu’elle prévoit que la femme âgée de 19 ans n’aura plus besoin de l’accord du tuteur (son père, son frère, ou un autre homme de la famille) pour se marier. Elle fait l’affaire aussi de toutes les couches de la bourgeoisie qui grâce au maintien de ce code infâme continueront à surexploiter les femmes travailleuses comme elles l’entendent. Toutes les promesses de Bouteflika sur ses engagements pendant sa dernière campagne électorale, répétées dans son discours d’investiture après sa réélection le 8 avril, n’ont servi qu’à tenter de tromper les femmes et leurs associations sur les intentions du pouvoir. L’alliance FLN-RND-MSP décidée à maintenir une politique économique et sociale antipopulaire, dont souffrent en premier lieu les femmes et les familles populaires, n’est pas prête à accepter un changement réel du statut de la femme. Seule la lutte des travailleurs et de toutes les forces progressistes unies dans l’action permettra d’arracher toutes les libertés démocratiques et créera tôt ou tard les conditions de l’abrogation pure et simple du code de la famille.

Notre parti communiste réaffirme à nouveau sa solidarité avec la lutte des femmes et leurs associations pour arracher leurs droits et appelle ses militants et toutes les forces de progrès à redoubler d’efforts pour combattre avec fermeté tous les prétextes mis en avant par les différentes forces réactionnaires pour maintenir la femme algérienne dans son statut de mineure à vie.

 

 

Ouyahia : PAS DE RELEVEMENT DU SALAIRE MINIMUM
                     (national)

Avant même l’ouverture de la prochaine bipartite, Ouyahia a rejeté au cours d’une conférence de presse toute idée d’augmentation du salaire du Salaire national minimum garanti (SNMG).

Pour le chef du gouvernement il n’est pas question d’augmenter les salaires et en particulier le SNMG, qui aurait connu, selon lui, une augmentation ces cinq dernières années de 58%. Ouyahia et son ministre des Finances répètent régulièrement que les salaires augmentent trop vite, que l’Etat dépense trop d’argent pour payer ses fonctionnaires etc. Il n’est pourtant pas difficile de constater que le pouvoir d’achat des salariés se dégrade de plus en plus. L’année dernière l’augmentation du salaire minimum, « arrachée » selon les dirigeants centraux de l’UGTA au cours de la tripartite, s’est révélée être une véritable tromperie. Les travailleurs ont rapidement constaté qu’en réalité le salaire minimum officiellement porté à 10000 dinars depuis le premier janvier dernier n’avait permis qu’une augmentation qui n’a pas dépassé pour un très grand nombre d’entre eux 100 à 150 dinars. Le chef du gouvernement, qui s’était montré très satisfait ces derniers temps du taux de la croissance économique, prétend justifier aujourd’hui son refus par la faiblesse de ce même taux. Au moment où le prix du pétrole atteint des sommets le pouvoir refuse d’entendre les cris de colère des pétroliers, des cheminots, ou des travailleurs des industries agro-alimentaires. Fort de la soumission complète de l’appareil central de l’UGTA, Ouyahia se permet d’annoncer avant même la rencontre officielle avec les dirigeants syndicaux qu’il n’y a rien à attendre en matière d’augmentation de salaires. Ces derniers ne protestent même pas et demandent seulement, mais du bout des lèvres, que les primes ne soient pas incluses dans le calcul du salaire minimum. Les travailleurs manuels et intellectuels en ont assez des salaires de misère. Que les caisses de l’Etat soient vides ou pleines on leur oppose toujours le même discours. Pour nos gouvernants il s’agit toujours de respecter les critères du FMI qui consistent à supprimer les emplois, à donner toujours moins d’argent aux salariés, aux retraités, à l’école ou à la santé publique. Les moyens financiers dont nous disposons actuellement sont considérables mais sont réservés avant tout aux différentes couches sociales qui ont entièrement lié leur sort à celui des multinationales. Les unes et les autres veulent encore plus de dégradation du pouvoir d’achat des salariés, encore plus de misère dans nos villes et nos villages. Pour ces couches qui vivent directement ou indirectement de l’exploitation des travailleurs et pour les multinationales, à qui on fait miroiter régulièrement le faible coût du travail en Algérie, il n’est pas bon d’augmenter les salaires. Que le gouvernement qui veille de plus en plus à satisfaire les appétits de ces couches sociales et des multinationales aille au devant de leurs souhaits, cela peut se comprendre, mais que penser de l’attitude des responsables centraux de l’UGTA qui loin de défendre le pouvoir d’achat des salariés acceptent sans broncher les diktats d’Ouyahia. Ces responsables ont prétendu pourtant ces derniers mois que la question des salaires relevait de leurs responsabilités et n’ont pas hésité à s’opposer aux revendications salariales de certains syndicats autonomes, comme ceux des enseignants. Il est clair que non seulement pour les syndicats autonomes mais aussi pour de nombreuses fédérations syndicales ou syndicats de base de l’UGTA, il n’est plus possible de compter sur une direction complètement inféodée au pouvoir. Tout en luttant pour arracher les augmentations de salaires légitimes, les travailleurs et tous les syndicalistes honnêtes, qu’ils soient membres ou non de l’UGTA accorderont les plus gros efforts à la construction de syndicats de classe, qui lutteront pied à pied pour défendre leur pouvoir d’achat.

 

Bipartite : Lutter contre la collaboration de classes (national)

 

«Pour le projet de statut de la Fonction publique, nous nous entendons avec le partenaire social à 99,99%», a déclaré Ouyahia. «Nous sommes d’accord sur 99% des problèmes soulevés», lui répond Malki, membre du secrétariat national de l’UGTA. Malki n’a pas hésité à ajouter qu’il y a «une bonne volonté du côté du gouvernement de répondre aux problèmes des travailleurs». La bipartite devrait en théorie discuter de nombreux problèmes qui intéressent tous les travailleurs. Il s’agit de sujets très sérieux et les travailleurs savent que le chef du gouvernement n’est pas prêt à aller au devant des aspirations des travailleurs sur aucune de leurs revendications. Qu’il s’agisse des salaires, du statut de la fonction publique, du logement social, de la Sécurité sociale, de la retraite ou de l’emploi, Ouyahia et ses ministres ne cachent ni leur volonté de refuser l’augmentation des salaires, exigée par l’ensemble des travailleurs, ni les « réformes » de la sécurité sociale et des retraites, ni la suppression des emplois dans la fonction publique et ailleurs, ni la diminution des crédits pour le logement social. Alors que signifient ces déclarations annonçant un accord à 99,99% avant même l’ouverture de la bipartite ? On nous dit certes qu’il y a encore des difficultés au sujet du nombre de fonctionnaires à permaniser. Selon des informations de presse, leur nombre ne devrait pas dépasser les 217000 pour le gouvernement alors que l’UGTA réclamerait 300000. Mais les mêmes informations nous précisent que tout va s’arranger et qu’il faut s’attendre à un accord complet sur toutes les questions en discussion.». Ce qui a été confirmé par Malki.

De telles déclarations ont pour objectif de tenter de démobiliser les travailleurs qui ne cachent ni leurs inquiétudes, ni leur volonté de se battre pour leurs revendications. Le pouvoir ne veut « négocier » qu’avec l’appareil central de l’UGTA et ignore de nombreux syndicats combatifs comme les syndicats autonomes ou d’autres responsables UGTA, qui exigent que sur toutes les questions on tienne compte de leur avis.

Les couches dirigeantes qui mènent une politique anti-ouvrière et antinationale depuis plusieurs années sont décidées à la poursuivre et à l’aggraver coûte que coûte. Ils ont besoin de soumettre à leurs volontés une classe ouvrière qui résiste à leurs plans et se bat malgré toutes les difficultés. Pour arriver à leurs fins, ils renforcent l’autoritarisme, méprisent toutes les libertés et en particulier les libertés syndicales. Ces couches sociales mènent ouvertement une politique qui appauvrit les travailleurs et les couches populaires, alors que pour les trafiquants tout est permis. Elles ont donc besoin dans ces conditions d’utiliser en plus de la répression une propagande mensongère selon laquelle le gouvernement et les travailleurs sont d’accord à 99% !

Les travailleurs conscients et leurs représentants authentiques rejetteront ces tentatives répétées de collaboration de classes et les chimères telles que « paix sociale » et « pacte social » et combattront toute attentisme et toute idée qui prétendrait que leurs intérêts sont identiques à ceux de leurs exploiteurs.

 

 

 

 

 

 

 

 

PALESTINE : SOLIDARITE AVEC LES PRISONNIERS  (intern)

 

" En ce qui me concerne, ils peuvent faire la grève un jour, un mois, jusqu’à ce que mort s’ensuive, ce sera comme s’il ne s’était jamais rien passé ". Voilà ce qu’a osé déclarer le ministre israélien de la sécurité. Pour protester contre leurs conditions d’incarcération des milliers de détenus palestiniens ont entamé une grève de la faim le 15 août. La réaction immédiate des gardiens a consisté à supprimer les visites et à interdire journaux et cigarettes. Même le sel mit de côté par les grévistes afin d’éviter la déshydratation a été confisqué. Plus de 8000 prisonniers palestiniens sont détenus dans les prisons israéliennes. Certains d’entre eux n’ont pas 14 ans. Ces détenus réclament la suppression des vitres de séparation durant les visites, l’installation de téléphones publics dans les prisons, la fin des fouilles corporelles " humiliantes " et des autorisations de visite à leurs familles, souvent refusées, comme l’a confirmé le comité international de la Croix-Rouge. Ils dénoncent la pratique courante de la torture, pratique confirmée par les organisations de défense des droits de l’homme. La solidarité avec les grévistes s’est rapidement organisée. Partout des milliers de palestiniens ont manifesté contre l’occupant. En Israël même les arabes israéliens et tous les partisans de la paix ne sont pas absents de ce mouvement de solidarité. L’Autorité palestinienne a décrété une " journée de jeûne et de solidarité ". Elle demande à l’ONU que les détenus soient considérés comme des prisonniers de guerre puisque les territoires palestiniens sont occupés. Après 15 jours de grève, les autorités israéliennes ont accepté une partie des revendications mais maintiennent sur le fond une attitude inhumaine allant jusqu’à menacer de ne pas soigner les grévistes qui se trouveraient dans un état critique.

Le gouvernement Sharon s’acharne depuis 4 ans contre le peuple palestinien. Son armée massacre des Palestiniens de tout age, investit leurs villages et leurs camps et démolit quotidiennement leurs maisons. Malgré les multiples condamnations des organisations internationales, les sionistes aggravent la répression. Ils déclarent qu’ils ne tiendront jamais compte des résolutions de l’ONU. Le mur de la honte continue à être édifié malgré le jugement de la Cour internationale de justice qui a confirmé son illégalité. Forts du soutien de Georges Bush, qui confirme à l’occasion de sa campagne électorale son alignement complet sur ses positions, Sharon vient de relancer la construction des colonies et continue sa sale guerre contre un peuple qu’il ne pourra jamais domestiquer. Les crimes de l’occupant n’ont rien réglé et la population israélienne continue de vivre dans la peur. Toutes les manœuvres de Sharon pour tromper l’opinion publique internationale et imposer ses « solutions »n’ont servi à rien et il est isolé désormais dans son propre parti. Il cherche maintenant à reformer une coalition avec les travaillistes pour faire aboutir son projet d’évacuer Gaza et annexer la Cisjordanie. C’est dans ce contexte que les courageux détenus palestiniens ont entamé leur grève de la faim. Ils ne dénoncent pas seulement leurs conditions de détention inhumaines mais veulent alerter toute la communauté internationale sur la cause de leur peuple. C’est une participation directe à la résistance de leur peuple. Leur action a eu pour première conséquence de renforcer l’union des forces patriotiques palestiniennes. Cette action rappelle à Sharon et à Bush que sans la reconnaissance de ses droits nationaux le peuple palestinien tout entier continuera sa résistance à l’occupation. Avec le soutien de toute l’opinion progressiste internationale ce peuple héroïque arrachera tôt ou tard la victoire.

 

 

 

 

 

 

Forum Social des Amériques : Un réel succès (intern)

 

Le Forum Social des Amériques, qui s’est tenu du 25 au 30 juillet 2004 à Quito, a été un grand succès. Dans un texte intitulé « Leçons d'espoir de Quito » Remy Herrera analyse les résultats de cette rencontre continentale. Nous reproduisons pour nos lecteurs des extraits de ce texte. « De l'avis de maints observateurs, le premier Forum social des Amériques fut un réel succès. Assurément plus de 5 000 personnes, probablement autour de 10 000, représentant plusieurs centaines d'institutions originaires d'une quarantaine de pays, ont pris part aux différents débats et activités "pour un autre monde possible", qui se sont tenus à Quito, du 25 au 30 juillet 2004. Le point culminant de cette rencontre continentale fut à l'évidence la grande manifestation populaire du 28 juillet, belle de joie et de gravité à la fois, unissant en un cortège multicolore associations de défense des droits des peuples indigènes, organisations paysannes, syndicats ouvriers, jeunesses communistes... salués par un concert de klaxons et les applaudissements des habitants de la capitale équatorienne. »

« …Le Forum de Quito a démontré les énormes progrès réalisés par les forces progressistes depuis cinq ans -depuis 1999 et la montée en puissance de la protestation mondiale contre le néo-libéralisme. Par-delà l'extrême hétérogénéité des mouvements sociaux, de leurs intérêts et de leurs revendications, il semble bien qu'un certain nombre de points de convergence se soient dessinés à Quito

Le premier point de convergence concerne l'urgence impérative de lutter contre la militarisation et pour la paix. Nombreux furent les militants à penser que la militarisation est le prolongement du néo-libéralisme -c'est-à-dire de la domination de la finance, principalement états-unienne-, que la guerre est devenue le mode de régulation du système mondial capitaliste actuel, mais aussi qu'aucune alternative progressiste, de développement économique, de justice sociale, de démocratie politique n'est envisageable tant que les États-Unis feront peser une menace de guerre contre tout peuple affirmant sa volonté de promouvoir un projet social, autonome. L'unanimité s'est faite sans difficultés contre l'implantation de bases militaires nord-américaines dans le monde -et tout particulièrement en Équateur (base de Manta), faisant de ce pays l'une des plateformes stratégiques de l'armée des États-Unis pour le contrôle militaire de l'Amérique du Sud. L'unanimité s'est faite (ou presque) pour une démilitarisation de la planète, à commencer par le démantèlement des armes de destruction massive des grandes puissances militaires. L'unanimité s'est également faite pour condamner la guerre d'occupation états-unienne en Irak. Un deuxième point de convergence paraît être la prise de conscience de la nécessité d'articuler de nouveaux projets sociaux à l'échelle nationale, régionale et mondiale. Supprimer la misère, le chômage et l'exploitation, réduire le plus rapidement possible les inégalités sociales, instaurer des systèmes publics volontaristes de santé, d'éducation, d'infrastructure, de retraites..., assurer une distribution égalitaire des produits de base, abolir les discriminations raciales et sexistes, mettre en oeuvre la réforme agraire, permettre la réappropriation par l'État des moyens de production stratégiques pour le développement de la nation et des ressources naturelles... participent à n'en pas douter des mesures à prendre au niveau national. Refuser la recolonisation du continent latino-américain par l'ALCA, les traités de libre échange et le Plan Colombie, et promouvoir de nouvelles régionalisations adaptées aux exigences de progrès social au Sud s'imposent au niveau régional. Mais la réflexion devra également porter sur la définition d'un nouvel ordre politique mondial, passant entre autres par la démocratisation de l'ONU, la redistribution internationale des revenus et la création d'une fiscalité mondiale, la renégociation de l'accès aux marchés et aux systèmes monétaires et financiers, la réduction drastique de la dette extérieure des pays du Sud, ou (comment ne pas y penser sérieusement ?) la suppression du Fonds monétaire international, de la Banque mondiale et de l'Organisation mondiale du Commerce, tels qu'ils fonctionnent actuellement -cette dernière proposition soulevant systématiquement l'enthousiasme du public, spécialement des jeunes générations

Le troisième point de convergence qui semble s'être dégagé de ce Forum est le besoin impératif de construire de nouvelles formes d'organisation de nos luttes, d'élargir et d'approfondir l'éducation et la conscience des classes populaires, ainsi que la formation des militants, par un travail de mémorisation, de synthèse, d'analyse et de diffusion de nos idées de progrès, des expériences de résistance et des propositions de transformation discutées lors des Forums sociaux. Cela implique le renforcement de nos sociétés civiles respectives, combinant le potentiel de transformation des mouvements sociaux avec l'expérience de luttes des partis progressistes et des syndicats de travailleurs ouvriers et paysans, mais aussi la reconquête de la souveraineté nationale par les États du continent, pour que le pouvoir étatique ne soit plus tourné contre les services publics, mais placé au service du peuple, pour que ce pouvoir ne viole plus les droits des individus et des peuples, mais servent fidèlement les demandes sociales et les attentes de démocratisation. Ces utopies ne deviendront réalités que si nos efforts convergent et se concentrent pour rassembler autour d'eux le maximum de forces populaires dans le monde, pour en imposer la logique de progrès, contre celle de profit immédiat et de destruction des transnationales et de la finance.
Ce que nous ne pouvons pas accepter, c'est de voir criminaliser nos rêves, c'est de nous voir traiter de "terroristes" parce que nous voulons construire un monde simplement humain, parce que nous voulons nourrir, soigner et éduquer nos enfants, parce que nous voulons un jour nous appeler "camarades". La prise et l'exercice du pouvoir par les forces populaires demeurent donc, aujourd'hui plus que jamais, d'actualité. Le monde ne changera qu'a cette condition. Et nous avons été quelques-uns à parler à nouveau de socialisme.

« …Face à la barbarie du capitalisme néo-libéral, à son apartheid mondial, à son génocide silencieux des plus pauvres, la voie de la civilisation est bel et bien celle de la maîtrise intégrale et démocratique par les classes populaires de leur devenir collectif. Voilà qui pourrait constituer un nouveau projet de transition au socialisme pour le XXIème siècle et l'un des thèmes que nous pourrions discuter fructueusement lors des prochains Forums sociaux -à commencer par celui de Porto Alegre, en janvier 2005 ».

 

Inde : La politique du pouvoir réactionnaire de Vajpayee condamnée par les électeurs. (internat)

 

Les résultats des élections générales en Inde, que certains observateurs n’ont pas hésité à qualifier de séisme, ont créé une surprise dans le monde entier. Le pouvoir de Vajpayee, qui cherchait une majorité absolue a été battu et a dû laisser la place au parti du Congrès, qui ne peut diriger le pays sans le soutien des communistes qui ont consolidé leurs positions. Le comité central du Parti communiste de l'Inde (Marxiste) a publié la déclaration suivante après ces élections.

« Le Comité central du PCI(M) accueille le verdict du peuple indien aux dernières élections. Le BJP et ses alliés ont été défaits d'une manière décisive. Le verdict du peuple marque son opposition à la plate-forme commune diffusée par l'alliance RSS-BJP, leur projet favorable aux riches, aux gros affairistes de l'économie et de la politique et leur capitulation abjecte devant les desseins hégémonique des Etats Unis

C'est un mandat exprimé contre la politique désastreuse de libéralisation et de privatisation

qui a appauvri le niveau de vie des paysans, des pauvres ruraux et des simples gens.

La perte par l'alliance BJP de 4% des suffrages par rapport à ceux de 1999 est une preuve de

l'érosion du soutien populaire.

La défaite du PJP est une victoire pour les forces laïques, démocratiques et de gauche, Plusieurs partis et forces ont contribué à cette victoire historique. Le comité central félicite tous ces partis et forces. La menace que fait peser le BJP et ses alliés continue d'exister, en dépit de leur éviction du gouvernement central. Toutes les forces laïques et démocratiques doivcnt demeurer vigilantes pour déjouer leurs projets.

   Le PCI(M) et la gauche se consolident

Le comite central, exprime, sa satisfaction profonde que le PCI (M) et la gauche ont émergé comme une force consolidée. Le nombre de sièges obtenu par la gauche est le plus élevé

depuis 1952. Le nombre de 44 sièges obtenu par le PCI(M) est le plus élevé. C'est la reconnaissance du rôle ferme et conséquent du PCI(M) et de la gauche contre la politique nuisible du gouvernement dirigé par le BJP et sa ligne sans tâche dans la défense de la laïcité et de l'unité nationale. Le comité central salue les peuples de l'ouest du Bengale, de Kerala et de Tripiira qui ont joué un rôle majeur pour rehausser le poids et le rôle de la gauche.

La situation a été créée pour la formation au centre d'un gouvernement laïc. Le PCI(M) est d'avis que les différents partis qui ont contribué à la défaite du BJP devraient former le gouvernement. Le Parti du congrès qui a le plus grand nombre de sièges est en position de constituer le gouvernement et de le diriger

Le Comité central décide de soutenir un tel gouvernement. Le PCI(M) ne fait pas partie de l’alliance conduite par le congrès qui doit former le gouvernement, mais il veut pour assurer un gouvernement stable et viable, lui élargir le soutien en accordant le sien de l'extérieur.

Le PCI(M), aux côtés de la gauche, tout en soutenant le gouvernement jouera aussi un rôle indépendant pour assurer les intérêts des travailleurs, pour protéger l'édifice laïc et pour s'opposer à la pénétration impérialiste dans notre société-

Le Comité central a apprécié l'intérêt d'un large éventail d'intellectuels, de personnalités marquantes et de sympathisants de gauche afin que la gauche puisse jouer un rôle direct dans le gouvernement. Le Parti les assure qu'il assumera ses responsabilités pour assurer que sous un nouveau gouvernement, les forces laïques et démocratiques seront consolidées et qu’il ne permettra en aucun cas aux forces communautaires d'opérer un retour en arrière.

Le Comité central décide que le bureau politique prendra en considération le projet de programme minimum commun et arrêtera pour ce faire les dispositions nécessaires

 

 

 

GRECE : Manifestation contre la nouvelle loi « anti-terrorisme » et contre le Sommet de l’OTAN  (intern)

 

Une majorité du parlement a ratifié mercredi 28 juin les clauses du projet de loi du Ministère de la justice sur la garantie européenne et jeudi 29 les amendements de la loi « contre le terrorisme » n°2 ont été discutées au Parlement grec. La précédente  loi « contre le terrorisme » a été adoptée par le gouvernement du parti PASOK avec le soutien du Parti de la Nouvelle Démocratie ( ND) il y a juste une année.

Le Parti communiste de Grèce (KKE) a fermement dénoncé la nature réactionnaire de la nouvelle loi « contre le terrorisme », préparée par le gouvernement précédent et présentée par le nouveau gouvernement ND. Elle  restreint les droits et libertés démocratiques, sape la souveraineté nationale, et menace le mouvement populaire et ses luttes. Cette nouvelle loi « contre le terrorisme » est « exigée dans le but d’ajuster la législation grecque aux décisions respectives anti-terroristes  de l’Union européenne (UE). Ces réglementations interviennent aussi pour renforcer les mesures hystériques « contre le terrorisme » à l’occasion du déroulement des jeux olympiques qui débuteront le Ier juillet avec la participation active de l’OTAN.

Le Président du groupe parlementaire communiste a participé jeudi au débat, exprimant, point par point l’opposition des députés de ce groupe au projet de loi et le refus de son adoption par le parlement. Les autres partis d’opposition ont également voté contre le projet de loi. Toutefois, il est à noter que le porte-parole du PASOK a affirmé que voter contre la loi ne signifie pas qu’ils (les élus de ce parti NTD) votent contre le cadre sur lequel la loi repose..

La nouvelle loi « contre le terrorisme » a suscité le rejet et les fermes réactions du Comité Consultatif légal du Parlement, de l’Association du barreau des avocats grecs et d’un large éventail de syndicats, de savants, de personnalités et d’organisations d’immigrés etc. Jeudi des milliers de personnes se sont dirigés à travers les artères centrales d’Athènes pour se rendre au parlement. La manifestation a été lancée à l’appel du « rassemblement démocratique pour les libertés populaires et la solidarité ». Elle était soutenue par le PAME (syndicats grecs), le Comité grec pour la détente internationale et la Paix (EEDYE) et plusieurs associations d’étudiants. Des manifestations semblables se sont déroulées dans tout le pays.

La clôture s’est produite avec le festival annuel anti-impérialiste des immigrés et réfugiés organisé par l’organisation d’Athènes du Parti communiste de Grèce (KKE) en coopération avec une quarantaines de communautés d’immigrés et d’organisations. Ce festival de solidarité anti-impérialiste avec les immigrés et les réfugiés s’est déroulé les 25 et 26 juin à Athènes pour la troisième fois après trois années consécutives.

Au même moment, culminaient les préparatifs du sommet de l’OTAN qui se déroulait à Istanbul les 28 et 29 juin. Le Comité grec pour la détente internationale et la Paix EEDYE), le Centre des Balkans anti-OTAN et la Jeunesse communiste de Grèce (KNE) ont organisé une importante délégation pour participer à la vaste manifestation anti-OTAN qui s’est déroulée à Istanbul le 27 juin. La Jeunesse communiste de Grèce (KNE) a également participé au camp international de la jeunesse Anti-OTAN.

Une délégation du Parti communiste de Grèce conduite par Stratis Korakas, membre du comité central était présente et a participé également à la conférence internationale organisée le 28 juin  par le Parti communiste de Turquie (TKP) sur « les nouveaux rôles probables de l’OTAN dans les futurs scénarios impérialistes : Comment faire échec à l’OTAN ».

Durant les jours où se déroula le sommet de l’OTAN, le Comité grec pour la détente internationale et la paix (EEDYE) a organisé simultanément dans plusieurs villes de Grèce  des manifestations et des défilés en solidarité avec les peuples iraquien et palestinien. Le défilé s’est déroulé à Athènes le jeudi 28 juin.

 

Grèce : Communiqué du bureau de presse du CC du Parti communiste concernant le Sommet de l’UE à Bruxelles (intern)

 

La "Constitution européenne", qui fut finalement décidée au Sommet de l’UE, constitue un rempart institutionnel suprême de la dictature de la ploutocratie européenne et un noeud coulant au cou des peuples européens.

La "Constitution européenne" intègre tous les précédents traités de l’UE qui garantissent la libre circulation du capital et le renversement des conquêtes et des droits de la classe ouvrière et des couches populaires.

Elle adopte le dogme militaire américain de la dite "frappe préventive" contre un pays ou des pays sous prétexte de la lutte contre le terrorisme. Un facteur indissociable de la "Constitution européenne" est la militarisation de l’UE, qui soutiendra et complètera l’OTAN, chaque fois que cela sera nécessaire.

Lors de ce Sommet, les dirigeants des Etats membres ont promu le renforcement et la création de nouveaux mécanismes de répression, le développement de la capacité opérationnelle de l’europolice, la création de l’euroCIA et de l’europolice maritime, ainsi que la finalisation de l’échange de renseignements entre les Etats membres.

Le Sommet de l’UE a montré que les impérialistes sont unis lorsqu’il s’agit d’attaquer les peuples, alors que leurs contradictions ne concernent que de savoir qui d’entre eux aura la main longue dans la distribution du butin. C’est ce dont atteste le désaccord sur le président de la Commission.

Le gouvernement grec continue la tradition du précédent gouvernement du PASOK. Il ne peut plus feindre. Les masques sont tombés.

Tout cela confirme ce que le PCG disait sur l’UE tout au long de ces années et pendant la récente campagne électorale des élections du 13 juin. La résistance, l’indiscipline et la désobéissance constituent la voie unique populaire (18.6.2004)

 

SYRIE : Importante réunion du comité central du parti communiste   (intern)

 

Sous la présidence de la Secrétaire générale du parti, la camarade Wissal Farha Bagdash, le comité central du parti communiste syrien s’est réuni le 21 mai 20004. Nous reproduisons des extraits du communiqué publié à l’issue de la réunion.

 « A la lumière des évènements politiques qui ont eu lieu, le comité central a mis en évidence que les développements du monde en général ont donné la preuve de la véracité des principes du Marxisme-léninisme, en ce sens que la crise générale du capitalisme est toujours plus destructrice. La contradiction entre les centres impérialistes et le reste du monde s’approfondit à cause du pillage incroyable du dénommé tiers-monde.

La rivalité entre les centres impérialistes grandit aussi, particulièrement entre le capital monopoliste américain et le capital monopoliste de l’Ouest européen. Plus encore, la lutte de classe à l’intérieur des dénommés pays capitalistes s’étend parce que les acquis et gains des travailleurs sont agressés continuellement par le capital, l’aspect le plus révoltant de la crise citée ci-dessus est les guerres allumées par les impérialistes dans plus de vingt territoires différents à travers le monde, pour diminuer l’impact de la crise et accomplir leurs fins.

Les tout derniers évènements ont aussi prouvé que l’impérialisme américain représente maintenant la plus grande menace pour les peuples du monde, et il agit en sa qualité de bastion principal de la réaction internationale. En leur qualité du plus puissant Etat, les Etats Unis cherchent avec audace et arrogance à créer une dictature internationale qui veut imposer sa volonté au monde entier. Une telle épreuve n’est pas seulement confrontée à la volonté des peuples qui cherchent à se libérer du pillage complet impérialiste et à réaliser une indépendance économique en tant que fondement d’une indépendance politique, mais aussi aux intérêts des autres impérialistes aussi bien les vieux (Europe et Japon) que les nouveaux (Russie et autres de l’Est de l’Asie)...

« Le nombre grandit de ceux qui rejettent complètement l’approche inhumaine et exploiteuse mise en œuvre par le système capitaliste mondial.

Il est maintenant clair que la chaîne impérialiste a commencé à se briser en se référant à la possibilité d’une faille sérieuse du système capitaliste mondial. Les signes les plus significatifs peuvent être vus dans ce qui est arrivé en Amérique latine. Cuba n’est pas demeuré longtemps le seul Etat rejetant fermement la domination américaine, le Venezuela Bolivarien l’a rejoint, et les gouvernements du Brésil, d’Argentine et de Bolivie sont sur le chemin de l’expression d’un autre refus à ces injonctions. Plus encore, il y a des signes prometteurs parmi le mouvement de gauche dans plusieurs pays de ce continent, spécialement en Uruguay. Le Comité central exprime sa solidarité avec l’héroïque résistance de Cuba, et condamne les mesures agressives prises par l’Administration américaine contre l’île de la liberté.

Le principal coup douloureux reçu récemment par l’impérialisme américain a été en Iraq. Notre Parti avait prévu que l’agression impérialiste contre l’Iraq ne pouvait pas ressembler à un pique-nique ; le peuple iraquien sa longue histoire patriotique et révolutionnaire, n’acceptera jamais le joug des occupants »…

« D’autre part, la récente victoire aux élections en Inde du Parti du Congrès, et la formation d’un nouveau gouvernement soutenu par des groupes de gauche (notamment les communistes indiens) aura un impact majeur positif au niveau international 

Analysant la situation à travers le monde arabe, le Comité central a identifié deux principaux courants opposés, d’une part le mouvement de libération arabe qui gagne en importance et que reflète les progrès de la résistance en Palestine et en Iraq tout comme la fermeté syrienne et la montée de l’opposition en masse tout autour du monde arabe contre l’impérialisme et le sionisme ; et d’autre part, la majorité des dirigeants arabes accusent une retraite et une humilité, et le comportement de certains d’entre eux souvent ressemble à une génuflexion et à un mouvement rampant devant l’Amérique et Israël.»...

« La pression coloniale est grandissante en Syrie parce que la Syrie représente fermement une barrière insurmontable face aux projets expansionnistes des impérialistes et des sionistes. Le dernier exemple de ces pressions est la sanction de la loi de la responsabilité de la Syrie par l’Administration américaine. L’application de cette loi injuste, qui viole les conventions internationales, reflète la violence de la politique US dans la région. Elle est en train de prendre la forme d’une politique de pression et de guerre psychologique plutôt que des mesures critiques de caractère économique qui peuvent affecter la Syrie »…

« Le Comité central croît que l’acuité des évènements politiques requiert plus d’efforts pour renforcer l’unité nationale, qui signifie premièrement la satisfaction des revendications économiques, sociales et démocratiques du peuple.

Les communistes s’opposent également à l’intention publique d’établir un marché boursier en Syrie comme dans tous les projets similaires d’ « économie libérale » parce qu’ils sont profondément convaincus qu’une telle orientation créerait un impact négatif dans l’économie nationale.

Le Comité central réaffirme la constante attitude des communistes Syriens concernant la nécessité de défendre la production nationale et son épine dorsale (le secteur public), parce qu’il représente non seulement les intérêts économiques et sociaux mais une pierre angulaire pour la résistance nationale »…

 

 

IRAK : Le peuple irakien exige la fin de l’occupation.  (intern)

 

18 mois après l’agression contre l’Irak et la chute du régime de Saddam les troupes américaines et leurs alliés continuent d’occuper ce pays. Leur action criminelle n’a apporté que morts, blessés, destructions et misère pour l’immense majorité du peuple irakien. Ils utilisent tous les prétextes pour faire régner la terreur un peu partout et veulent soi-disant aider les forces de sécurité irakiennes à maintenir l’ordre alors qu’ils ne cherchent qu’à aggraver les conflits pour justifier coûte que coûte leur présence et faciliter ainsi le pillage des ressources de tous les pays de la région.

Après de longues négociations, le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté une nouvelle résolution le 8 juin, une semaine après la formation du gouvernement intérimaire. Cette résolution a insisté sur le droit du peuple irakien de décider librement de son avenir politique, d'exercer intégralement le pouvoir et le contrôle de ses ressources financières et naturelles.

Elle se prononce pour le transfert politique pacifique du pouvoir et insiste sur la tenue d'élections générales libres, directes, démocratiques le 31 décembre 2004 ou au plus tard le 31 janvier 2005, en vue de la formation d'une assemblée nationale de transition qui élaborera une constitution permanente pour préparer la création d'un gouvernement constitutionnel élu vers le 31 décembre 2005. Malheureusement cette résolution maintient le droit pour les forces d’occupation de s’occuper de la « sécurité » même si elle se prononce pour la construction des forces armées irakiennes qui se chargeraient…plus tard d’assumer leurs responsabilités. Ce mandat peut certes être révisé quand le gouvernement irakien le demandera ou 12 mois après l'adoption de la résolution.  Mais ce qui est sûr c’est qu’il ne prendrait fin qu’au terme du processus politique qui aboutirait dans le meilleur des cas à la fin de 2005. On sait que les impérialistes américains ont toujours refusé d’envisager une date quelconque pour leur départ d’Irak. Tout en intervenant activement dans le processus politique pour l’orienter dans le sens de leurs intérêts et retarder au maximum la formation d’un véritable gouvernement irakien souverain, ils font tout pour diviser les forces patriotiques irakiennes, les dresser les unes contre les autres, utiliser les actes de résistance légitimes contre leurs troupes, pour bombarder des villes entières et terroriser leurs populations.

Le peuple irakien ne veut pas de l’occupation et n’a pas cessé de le clamer depuis le premier jour. Il est évident que le succès de sa lutte pour chasser les envahisseurs et obtenir une restauration complète de sa souveraineté dépend en premier lieu de sa mobilisation, de ses sacrifices et de l’union de ses forces patriotiques. Mais ce succès dépend aussi de la solidarité de l’opinion progressiste internationale. Une occupation prolongée de l’Irak aurait de graves conséquences non seulement pour le peuple irakien, qui s’enfoncerait dans la misère alors qu’il possède des réserves gigantesques de pétrole, mais une telle occupation serait lourde de menaces pour l’avenir de tous les peuples de la région. N’oublions pas non plus que l’un des objectifs de l’impérialisme américain dans la région est de monopoliser les ressources énergétiques pour dicter sa loi à ses alliés. C’est dire que cette occupation est une menace réelle pour la paix mondiale.

Renforçons donc notre solidarité avec le peuple irakien. Exigeons le départ de toutes les troupes étrangères d’Irak et le droit pour les Irakiens de résoudre leurs problèmes sans immixtion dans leurs affaires intérieures.

 

VENEZUELA : Le referendum du 15 août renforce le pouvoir progressiste de Chavez (intern)

 

Le monde entier attendait les résultats du référendum exigé par la bourgeoisie vénézuélienne, soutenue par l’impérialisme américain, pour tenter de révoquer le mandat d’Hugo Chavez. Ce référendum qui s’est soldé par un oui franc et massif au maintien de Chavez au pouvoir constitue une défaite décisive pour tous ceux qui n’ont cessé de comploter contre un gouvernement progressiste qui refuse que le « Venezuela devienne une colonie américaine ». La transparence du scrutin a été confirmée par l'Organisation des Etats américains (OEA) et l’ancien Président des USA Jimmy Carter. Au nom du peuple cubain, le gouvernement révolutionnaire a félicité le Président Chavez et le peuple vénézuélien pour les résultats du référendum. Le gouvernement cubain rappelle « que pour la huitième fois en cinq ans, le Président Chavez a reçu l'appui de la majorité écrasante de son peuple et souligne que le référendum a démontré d'une façon incontestable le caractère légitime du gouvernement vénézuélien, ce qui contraste largement, poursuit le texte, avec le manque d'appui populaire et d'autorité morale dont se ressentent plusieurs gouvernants de l'Amérique Latine, soumis aux
diktats des États-Unis et du Fonds Monétaire International.
Dans son premier discours après la publication des résultats Chavez a annoncé que le Venezuela s'acheminerait résolument vers le dépassement des injustices économiques et sociales héritées du « néolibéralisme sauvage »

De nouveau légitimés au pouvoir, ses partisans disposeront désormais d'une force renouvelée pour imposer au parlement des projets de restructuration du Pouvoir judiciaire, d'établissement d'une police nationale (au lieu des polices municipales et des polices des états), et une loi de responsabilité sociale des médias. Chavez a indiqué, en outre, qu'il se proposait d'institutionnaliser les brillantes « missions » d'éducation, de santé et de développement économique et social qu'il a mises en oeuvre pour pallier l'inefficacité de l'appareil d'Etat vénézuélien.

Dans un message aux Etats-Unis, il a déclaré qu'il « formait des voeux pour que cette victoire, cette leçon de démocratie, de citoyenneté, de civilité et d'amour de la paix, permette au gouvernement de la plus puissante nation de la Terre de réfléchir et désormais de respecter le peuple du Venezuela ».

La résistance du peuple et des forces progressistes du Venezuela qui ont déjoué toutes les provocations et tous les complots pour abattre un régime qui refuse les diktats de Washington, rejette fermement les recettes du FMI, renforce les services sociaux et veut utiliser les ressources pétrolières pour un véritable développement économique et social, est un véritable encouragement pour tous ceux qui n’acceptent pas de se soumettre aux puissances impérialistes.

Les communistes et les progressistes algériens se félicitent de la victoire du peuple vénézuélien et ne manqueront pas de continuer à lui témoigner leur solidarité dans sa courageuse lutte contre ses ennemis intérieurs et extérieurs.