DATE (28mars)

 

FACE AU BRADAGE ACCELERE DES RICHESSES DU PAYS

DEVELOPPONS LA RESISTANCE DES TRAVAILLEURS ET DES PATRIOTES (edito)

 

Le Président Bouteflika a choisi la date anniversaire de la nationalisation des hydrocarbures pour annoncer aux travailleurs et au peuple algérien qu’il fallait remettre en cause toutes les réalisations de l’indépendance. Quelques jours plus tard il a fait voter sans débat le projet de loi qui permettra désormais aux compagnies pétrolières internationales de piller nos ressources pétrolières comme elles l’entendent. Pratiquement au même moment,  l’assemblée, qui n’a rien de nationale et de populaire a ratifié sans l’ombre d’une discussion véritable l’accord de libre-échange avec l’Union européenne, accord qui aggravera la situation de nos entreprises publiques et privées productives en les exposant à une concurrence déloyale. Les rentrées fiscales et douanières pour le budget de l’Etat vont diminuer et les déclarations mensongères de Khellil ou de Belkhadem n’y changeront rien. Boukrouh, chargé lui, de précipiter l’adhésion de l’Algérie à l’organisation mondiale du commerce, ne sait plus quoi accepter pour satisfaire les puissances capitalistes et atteindre enfin son but. Il vient de décider  de supprimer la condition faite aux grossistes du médicament importateurs d’investir dans le secteur pharmaceutique. Pendant ce temps là notre premier ministre ne rate aucune occasion pour affirmer et réaffirmer que toutes nos entreprises publiques sont à vendre. Les seuls « arguments », répétés à satiété par nos dirigeants pour tenter de justifier tous les abandons, consistent à essayer de nous convaincre que dans le monde d’aujourd’hui, un pays comme l’Algérie ne peut pas s’opposer aux grandes puissances capitalistes pour défendre nos richesses et notre indépendance. D’un autre côté ces dirigeants, relayés par des plumitifs, nous répètent que les « réformes » que ces puissances nous imposent dans tous les domaines nous permettront de nous moderniser et de nous développer. Ces deux prétendus arguments sont à la fois contradictoires et faux tous les deux. S’il est ridicule de nier que le monde a changé, que l’impérialisme est puissant et piétine la souveraineté des peuples, il n’est pas vrai qu’aucune résistance n’est possible contre les diktats des grands pays capitalistes, leurs multinationales et les organisations internationales qu’ils contrôlent. Un pays comme l’Algérie a des moyens que d’autres pays, beaucoup plus faibles que nous, n’ont pas. Ce qui ne les empêche pas de résister aux pressions et aux complots des impérialistes comme le prouve la lutte de Cuba, du Vénézuéla et d’autres peuples d’Amérique latine (lire notre article sur le sujet dans ce numéro). L’argument selon lequel la soumission aux multinationales et  la casse de nos entreprises publiques et privées va nous aider à nous développer est encore plus faux. Il suffit de voir le résultat déjà palpable d’une politique qui date de plusieurs années et en particulier depuis les accords avec le FMI en 1994. Des centaines d’entreprises ont été fermées, le chômage et ses conséquences sociales sont visibles dans nos villes et nos villages et les statistiques selon lesquelles il diminue ne tromperont même pas des aveugles. Il faut ajouter que tous les problèmes sociaux se sont aggravés. Les derniers décisions du pouvoir et en particulier la dénationalisation des hydrocarbures, cette richesse nationale qui aurait vraiment permis à notre pays de se développer si le pouvoir n’avait pas été confisqué par la bourgeoisie compradore, vont encore aggraver la situation économique et sociale. Les seules à en profiter sont ces fractions de la bourgeoisie qui s’enrichissent scandaleusement en faisant place nette aux productions étrangères, qui poussent à la destruction de notre économie par leurs « réformes ». Il est temps de renforcer la résistance de la classe ouvrière, des ingénieurs et cadres honnêtes, des patriotes qui  constatent avec amertume que tous les sacrifices de notre peuple pour arracher notre indépendance et en particulier notre souveraineté pleine et entière sur le Sahara, ont été oubliés et trahis.  Si Bouteflika a répété le 24 février devant des syndicalistes que la politique à laquelle il a été associé dans les années 70 a été nuisible, que le socialisme a  échoué partout dans le monde, que le règne du capitalisme est éternel, c’est uniquement parce qu’il sait que cette classe ouvrière est l’adversaire principal de son pouvoir, que tôt ou tard, elle finira par rassembler toutes les couches de la nation, victimes de la politique de ce pouvoir. Pour empêcher un tel rassemblement qui sonnerait le glas de sa politique, il veut effrayer toutes les forces patriotiques capables de rejoindre la classe ouvrière non pour construire immédiatement le socialisme, ce régime qui libère l’ouvrier de l’exploitation capitaliste et qui n’a jamais existé dans notre pays, mais pour défendre les intérêts nationaux et l’indépendance nationale. Pour hâter un tel rassemblement autour des objectifs nationaux, il est nécessaire de lutter et de résister pied à pied. Pour combattre leurs adversaires de classe, les ouvriers conscients et leur parti communiste ne manqueront pas de combattre la propagande mensongère de Bouteflika sur « l’échec du socialisme » et ses tentatives de diversion. Ils ne manqueront pas aussi de neutraliser les faux syndicalistes et les faux défenseurs des travailleurs comme Louisa Hanoun, qui outre sa fidélité aux fascistes islamistes, fait des déclarations incendiaires mais ne critique jamais la direction centrale de l’UGTA, ne met jamais en cause concrètement le pouvoir de la bourgeoisie et préserve curieusement le chef de ce pouvoir. Pour mener à bien leurs difficiles luttes de classes contre la bourgeoisie compradore avec les meilleures conditions, les travailleurs ont besoin plus que jamais de leurs syndicats indépendants du pouvoir pour arracher leurs revendications et d’un parti qui défend non seulement leurs intérêts mais aussi ceux de toute la nation.

 

AMNISTIE : QUE PREPARE LE POUVOIR ? (national)

 

Depuis plusieurs mois nous assistons à une drôle de campagne pour soutenir une initiative de Bouteflika dont personne ne connaît avec précision les tenants et les aboutissants. Il s’agit bien sûr de la campagne sur l’amnistie. Ouyahia déclare qu’il ne connaît pas le projet du Président, ce qui ne l’empêche pas de proclamer qu’il le soutiendra. Des ministres, des dirigeants du FLN, du RND, du MSP et d’autres organisations ne cessent de préparer leurs clientèles à un soutien résolu à un projet qu’ils disent ne pas connaître ! l’Union nationale du mouvement associatif et la société civile (UNMASC) présidée par Ben Bella et les associations affiliées organisent aux frais de l’Etat dans les différentes villes des meetings pour  « expliquer » aux Algériens ce dont il s’agit, sans leur révéler les intentions véritables du Président de la république. Voilà en quoi consiste la « bonne gouvernance » dont se réclament  nos dirigeants. Tout le monde sait ou croit savoir qu’il s’agit de « réconciliation nationale » et d’amnistie pour des milliers de terroristes  comme on n’en a déjà connu par le passé. Mais s’agit-il seulement de cela ? Le pouvoir ayant évoqué aussi la « réconciliation globale » on peut être certains que l’objectif est bien plus grave. On peut supposer que le pouvoir prépare purement et simplement une amnistie pour l’ensemble des crimes qui ont endeuillé notre peuple pendant plus de 10 ans. Amnistier tous les dirigeants fascistes, libérer tous les tueurs encore emprisonnés ou recherchés, leur permettre de retrouver tous leurs « droits » avec naturellement toutes sortes d’indemnités, les autoriser à reconstituer leurs organisations, à voter et à solliciter les suffrages des électeurs et pourquoi pas participer au gouvernement. Voilà, jusqu’à preuve du contraire, ce que nous sommes en droit de penser d’un projet que les soutiens les plus zélés du Président prétendent ne pas connaître. Les travailleurs conscients, les forces progressistes, les victimes du terrorisme, les associations de femmes rejettent par avance tout ce qui pourrait ressembler à une capitulation pure et simple de tout un peuple, qui au prix de multiples sacrifices a mis en échec le projet intégriste et terroriste du FIS, du GIA et autre GSPC. Une telle attitude ne relève d’aucun esprit de vengeance. Ces forces qui souffrent déjà d’une politique antipopulaire sur tous les plans, qui ont besoin d’arracher toutes les libertés démocratiques, qui veulent vivre dans la dignité et la liberté sont convaincues que le pouvoir de la bourgeoisie bureaucratique inquiet devant la montée du mécontentement populaire, cherche à travers un projet aussi grave à  renforcer sa base pour mieux continuer et aggraver sa politique antinationale. Les forces progressistes veulent plutôt rassembler tous les travailleurs et ne rejettent pas une réconciliation avec ceux d’entre eux qui ont été trompés par les islamistes et leur bras armé mais réalisent aujourd’hui qu’ils ont servi leurs pires ennemis. Tout le monde se souvient qu'au moment de la défaite du fascisme hitlérien les dirigeants de l'Union soviétique, dont les peuples avaient atrocement souffert du nazisme, avaient déclaré à la veille de terrasser la bête immonde du fascisme que les "Hitler passent mais le peuple allemand demeure".  Pourtant le peuple allemand dans sa majorité avait été trompé par Hitler.  Toutefois, au lendemain de la deuxième guerre mondiale, un grand travail d'éducation a été entrepris, notamment en Allemagne de l'est, en étroite collaboration entre l'armée soviétique et les forces démocratiques et progressistes de cette partie du pays, pour élever la conscience de ce peuple vis à vis de sa responsabilité à l'égard des autres peuples.  Les criminels hitlériens ont été jugés et condamnés.  En Afrique du Sud un même processus continue à se dérouler pour juger et condamner les racistes partisans de l'Apartheid qui ont commis des crimes, pour les amener à les reconnaître avant de les amnistier.  Un travail d'éducation est entrepris là bas pour annihiler dans la société l'idéologie raciste.  L'amnistie ne peut être accordée aux criminels sans l'accord des victimes et sans un travail d'éducation, dont le départ commence par la reconnaissance de leurs crimes par ceux qui les ont commis.  Sans quoi la tragédie qu'a connue notre peuple au cours de ces dix dernières années pourra se renouveler.  Les représentants au pouvoir des couches sociales bourgeoises ne sont pas intéressés par un tel processus, parce qu'ils veulent cacher les motivations politiques, économiques et sociales d'une tragédie dont la responsabilité leur échoit en partie.

 

LE PROJET BOUTEFLIK-KHELLIL  MET EN DANGER SONATRACH (national)

 

Le projet de khellil sur la dénationalisation des hydrocarbures n’est pas nouveau. Il a été révélé au public depuis plus de 2 ans et avait immédiatement soulevé des inquiétudes dans tout le pays puisqu’il traçait un trait sur la nationalisation des ressources énergétiques annoncée le 24 février 1971 par le Président Boumedienne. Les travailleurs de l’énergie et d’autres secteurs avaient fait une grève massive pour le rejeter. Les patrons du Forum des entreprises s’étaient  également inquiétés des graves conséquences d’un tel projet pour l’économie nationale. Dans n’importe quel pays, y compris parmi ceux qu’admirent  tant nos bourgeois et nos petits-bourgeois, mais où un minimum de démocratie existe, cette riposte claire d’une majorité de l’opinion aurait abouti à la démission du ministre de l’énergie et au retrait définitif d’un projet aussi antipopulaire. Chez nous Bouteflika a préféré geler un moment le projet, faire pression sur l’appareil syndical de l’UGTA, qui s’est empressé de se renier totalement aujourd’hui en déclarant qu’il a obtenu des garanties sur la non privatisation de Sonatrach ! Ce qui est prévu est bien plus grave que la privatisation de la compagnie nationale. Désormais  c’est la propriété des gisements qui sera octroyée aux compagnies pétrolières internationales. D’autre part des garanties sur la non privatisation de Sonatrach, dans un pays où Ouyahia répète tous les jours que tout doit être privatisé est une plaisanterie de mauvais goût.  Le même Ouyahia n’a pas manqué de rappeler qu’il n’avait besoin d’aucune nouvelle loi pour privatiser Sonatrach et qu’il lui suffisait d’ouvrir son capital, c’est  à dire vendre tout ou partie des actions de la société. En effet Sonatrach est déjà depuis longtemps une société par actions que notre gouvernement peut vendre à n’importe quel moment. Parmi les arguments avancés pour faire passer une loi aussi dangereuse, on nous explique que le sous-sol algérien est très peu exploité, que Sonatrach n’a pas les capitaux et les moyens pour prospecter partout etc. mais dans ces conditions pourquoi l’obliger à aller prospecter dans d’autres pays et chercher à concurrencer les autres grandes compagnies pétrolières ? Ce n’est certainement pas en lui enlevant ce qui fait actuellement sa force, c'est-à-dire ses prérogatives actuelles, la haute main sur le marché  national pour toutes les activités en aval de la production et son droit de partager les résultats à hauteur de 51% pour toutes les découvertes de pétrole réalisées en association avec une compagnie étrangères qu’on lui permettra de se renforcer. Cette compagnie ne pourra même pas se défendre sur notre propre sol. Toutes ses activités (production, distribution, commercialisation) seront concurrencées et probablement d’une manière déloyale.  Les nombreux agents algériens corrompus de ces compagnies étrangères utiliseront  différents moyens pour lui rendre la vie difficile. On sait que de tels agents, fonctionnaires ou non, ne seront pas difficiles à trouver dans notre pays. La vérité c’est qu’on veut casser Sonatrach et permettre aux multinationales de piller nos ressources énergétiques de la même façon qu’on a cassé et qu’on continue à casser nos industries. Les mensonges d’Ouyahia, de Khellil et de Bouteflika selon lesquelles l’Etat aura plus d’argent en taxes et en impôts ne tromperont que les naïfs. Comment un gouvernement qui vient d’accepter de démanteler toutes ses barrières douanières, même si c’est progressivement, suite à l’accord d’association avec l’Union européenne et la perspective d’une adhésion à l’OMC pourrait exiger de Texaco ou de Total de payer plus ou autant que la compagnie nationale. Alors que dans un pays comme la Bolivie les travailleurs et les forces sociales qui ont chassé il y a quelques mois un Président corrompu, qui permettait aux compagnies étrangères de piller les ressources énergétiques du pays exigent aujourd’hui la nationalisation pure et simple de ces ressources nos dirigeants relayés quotidiennement par des plumitifs conscients ou inconscients nous expliquent que dans le monde d’aujourd’hui on ne peut parler ni de nationalisation, ni de socialisme, ni de défense des intérêts nationaux. Bouteflika est allé jusqu’à affirmer  que ce projet « nous a été imposé » reconnaissant par là lui-même qu’il s’agit d’un projet antinational. En ajoutant que si à l’expérience on se rendait compte qu’il s’agit d’une mauvaise loi, on la changerait, il prend les Algériens pour des imbéciles. En effet par quel miracle un Président qui reconnaît qu’il accepte docilement de se plier aux injonctions des multinationales pourrait-il demain les défier et chasser les compagnies qu’il a lui-même installées dans le pays ?

L’aveu de Bouteflika n’est qu’une preuve publique que le pouvoir de la bourgeoisie compradore est incapable  de résister aux pressions de l’impérialisme et du grand capital international. Cet aveu de taille montre que la lutte contre les pressions impérialistes et la politique mise en œuvre par les couches dirigeantes qui préfèrent sauvegarder leur pouvoir et leurs intérêts de classe, au détriment de ceux de toute la nation, ne peut être menée que par les adversaires les plus résolus de l’impérialisme et du capitalisme international. Parmi ces adversaires on sait que la classe ouvrière joue et jouera de plus en plus le rôle principal. Il n’est pas étonnant que le pouvoir fasse tout pour essayer de la neutraliser. Caporaliser ses syndicats, bafouer les libertés syndicales, remettre en cause le droit de grève, affaiblir son pouvoir d’achat, faciliter sa surexploitation en facilitant le travail au noir et menacer son système de protection sociale, tout cela n’empêchera pas la lutte de classe de se développer.

 Cette lutte difficile pour les revendications sociales et pour remettre en cause toute la politique du pouvoir serait grandement facilitée par l’influence du parti de la classe ouvrière. Face aux partis de la bourgeoisie, seul un tel parti peut organiser les travailleurs, soutenir résolument leurs revendications légitimes, leur faire prendre conscience de leur force, les aider à combattre  la propagande mensongère selon laquelle nous sommes condamnés à accepter indéfiniment les diktats des milieux impérialistes. Ces milieux  qui n’hésitent pas à nous déposséder ouvertement de nos ressources énergétiques et nous transformer en esclaves. Seul un tel parti peut aider la classe ouvrière à rassembler toutes les couches sociales intéressées au changement. La loi Khellil-Bouteflika, adoptée sans débat à l’APN, est une véritable provocation dirigée contre l’intérêt national. Si Bouteflika fait de la démagogie en prétendant qu’il la changera si elle se révélait mauvaise, les travailleurs, tous les travailleurs et toutes les forces progressistes et patriotiques l’aboliront un jour ou l’autre et évinceront du pouvoir ceux qui livrent honteusement nos richesses à l’étranger. Notre peuple n’a pas sacrifié ses meilleurs enfants pour accepter aujourd’hui de voir un tel retour en arrière.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

SE RASSEMBLER ET SE MOBILISER POUR COMBATTRE

ET METTRE EN ECHEC LA DECISION DU GOUVERNEMENT

DE DENATIONALISER LES HYDROCARBURES (appel du PADS)

 

Notre parti a publié le 26 février  une importante déclaration pour appeler au rassemblement et à la mobilisation des travailleurs, des forces progressistes et patriotiques contre la loi Bouteflika-Khellil

Nous la reproduisons ci-dessous.

 

Le pouvoir dirigé par Bouteflika vient de jeter le masque. Il vient de trahir

les intérêts nationaux en adoptant une nouvelle loi qui ouvre la voie à la

dénationalisation des hydrocarbures.

Il a pris cette décision à l’occasion, presque jour pour jour, du 34 ème

anniversaire de la nationalisation des hydrocarbures, le 24 février 1971

par Boumediene. La nouvelle loi met fin au système qui oblige une

compagnie étrangère à s’associer à la compagnie nationale SONATRACH

pour exploiter un gisement d’hydrocarbures. Ce système limitait à un

maximum de 49% la part qu’elle pouvait détenir dans cette association.

Avec 51% de parts, la compagnie nationale pouvait contrôler la politique

d’exploitation et de commercialisation du pétrole. Désormais, une

compagnie étrangère peut détenir au moins 70% de la propriété du pétrole

découvert. La nouvelle loi abolit aussi le monopole jusque-là exercé par

SONATRACH dans le secteur du transport des hydrocarbures. Elle permet

au capital étranger ou national privé d’avoir la propriété des canalisations.

En application de cette nouvelle loi, le gaz et le pétrole vont donc devenir,

pour une part essentielle, la propriété des multinationales. Le prix du

pétrole ne sera plus décidé au sein de l’OPEP. Il dépendra des intérêts

exclusifs des multinationales. L’Algérie devra se contenter de percevoir

des royalties d’autant plus faibles que le gouvernement prévoit de rendre

la fiscalité pétrolière plus « incitative » aux yeux du capital étranger,

c’est-à-dire plus faible.

Bouteflika est venu défendre sa loi au siège de la centrale syndicale UGTA,

là même où le chef d’Etat défunt avait proclamé les mesures qui avaient

mis fin au pillage des ressources pétrolières du pays par les compagnies

pétrolières françaises et américaines. Il n’a pas choisi par hasard cette

date et ce lieu hautement symboliques pour remettre  en cause un acquis

fondamental des luttes pour la récupération des richesses naturelles de

l’Algérie. Il a voulu signifier son allégeance aux dirigeants des pays

impérialistes, américains notamment.

Depuis son arrivée au pouvoir il a patiemment manoeuvré pour arriver à

ses fins. Son ministre de l’Energie, ancien fonctionnaire de la Banque

mondiale et, en cette qualité, l’un des responsables du chaos argentin,

s’était ingénié à faire admettre aux citoyens mal informés ou intoxiqués

par sa propagande que le retour au système des concessions était dicté

uniquement par des impératifs d’efficacité et des contraintes de

financement. Bouteflika n’a pas cherché à se cacher derrière des

arguments aussi fallacieux. Exagérant le caractère défavorable du rapport

des forces à l’échelle internationale Il a déclaré toute honte bue qu’il

n’avait pas l’intention de résister aux pressions de la plus grande

puissance mondiale. Il a prétendu que cette mesure allait permettre à

l’Algérie d’éviter de subir le même sort que l’Irak, de se protéger contre

les tirs des missiles américains! Alors qu’aucune menace publique n’a été

brandie contre l’Algérie par Bush dont les troupes sont embourbées en

Irak, Bouteflika proclame la reddition de l’Algérie par anticipation. Il engage

autoritairement le pays dans la voie de la perte de sa souveraineté

économique et de l’appauvrissement sans permettre aux masses

populaires et aux citoyens de dire leur mot, de manifester un avis

différent du sien, d’exprimer leur disponibilité à défendre les intérêts de

leur pays et l’avenir de leurs enfants, de résister à toute pression

extérieure.

Jamais un chef d’Etat algérien n’était allé aussi loin dans le mensonge, le

mépris pour le peuple, la forfaiture et la soumission aux intérêts

impérialistes.

Bouteflika n’a pas agi seul. Il a fait adopter cette nouvelle loi en tant que

représentant des classes dirigeantes qui se sont enrichies en pillant le

pays, en volant ses richesses. Apeurées par les puissances impérialistes

et cherchant aussi le soutien de ces dernières pour maintenir leur propre

peuple sous leur domination et continuer à s’accaparer en toute impunité

des biens de la nation, elles viennent de basculer dans la trahison pure et

simple. En contrepartie de leur offre de service, elles comptent recevoir

une part des revenus pétroliers sans se préoccuper du sort du reste de la

population.

Les dirigeants aux ordres de l’appareil central de l’UGTA ont tous avalisé

ces décisions antinationales. Aucun travailleur ne s’étonne qu’ils se soient

mis à plat ventre. De nombreux membres de cet appareil sont compromis

dans des affaires de corruption. D’autres sont tenus par le chantage au

détachement syndical permanent, appâtés par des faveurs mesquines ou

terrorisés par la machine de la coalition présidentielle. Ces pseudos

syndicalistes se sont définitivement discrédités en approuvant les

décisions du pouvoir.

Le Parti algérien pour la démocratie et le socialisme qui a été parmi les

premiers à mettre en garde contre le danger de la dénationalisation des

hydrocarbures dès l’année 2000 appelle l’ensemble des classes

laborieuses, des forces patriotiques qui ont conscience que le pays vient

d’être engagé dans une voie sans issue à se rassembler et à se mobiliser

pour mettre en échec cette loi. Il les appelle à faire pression sur les

députés qui ont encore un minimum de conscience patriotique, pour qu’ils

refusent d’entériner le coup de force de Bouteflika. Il les appelle à

continuer le combat même si ces derniers devaient le légaliser.

 

l'eau : Prochaine cible pour la privatisation (national)

 

 

On sait combien sont cruciaux dans notre pays les problèmes de l'eau, particulièrement au printemps, en été mais aussi en automne du fait des grosses chaleurs.  Généralement, l'insuffisance de pluie, de barrages, de réservoirs et de puits provoque des pénuries quasi permanentes dans l'agriculture et chez les habitants d'Alger, et d'autres régions du pays.

Le pouvoir aurait lancé un appel d'offre international, mais il semble d'ores et déjà que les dés soient jetés et que le groupe français Suez ait les faveurs de nos « décideurs ».

Cette entreprise, une des plus puissantes du monde, aurait en charge la maintenance, l'assainissement et la gestion des eaux potables de la capitale dans un premier temps.  Si les résultats sont satisfaisants, les travaux à entreprendre dans les autres grandes villes du pays lui seraient également confiés.

Le ministre des Ressources en eau affirme que les pertes sont évaluées à 40 % en raison d'une mauvaise gestion et de la vétusté du réseau.  Et pour justifier sa décision de se débarrasser de la gestion des eaux, il assure qu'il est « fondamental de faire appel à une entreprise étrangère »

Mais à qui fera-t-on croire qu'il ne se trouve pas en Algérie, à condition de leur en donner les moyens, des hommes capables de résoudre ces problèmes ? Tous nos ingénieurs, tous nos cadres, tous nos ouvriers travaillant dans ce domaine seraient donc des incapables ?

De fait, il s'agit une fois encore d'accélérer la course aux privatisations par tous les moyens, y compris et en premier lieu, en accordant de gros marchés (en vérité, d'énormes cadeaux !) aux multinationales étrangères.

Evidemment, l'augmentation du prix du mètre cube sera immédiate

Or, on sait par expérience, souvent douloureuse, les conséquences de ces privatisations déguisées et imposées par le FMI.  Par exemple, en ce moment même en Bolivie, particulièrement à Alto, une ville de 890 000 habitants, le peuple se bat pour retirer la gestion de l'eau qui a été confiée à une multinationale et dont les travaux de maintenance ont été désastreux quand ils ont été réalisés.  Quant à la gestion, elle est aussi inefficace, sauf quand il s'agit d'augmenter outrancièrement les prix à la consommation.  Les Boliviens en savent quelque chose. Cette société n’a pas respecté son contrat qui stipulait qu’elle devait employer une partie des bénéfices réalisés pour l’élargissement du réseau de distribution d’eau en se dotant de moyens matériels plus importants. Ce réseau de distribution n’a pas progressé et de nombreux villages ou quartiers dans les villes restent sans eau.

 

 

 

 

 

 

 

Le projet de constitution de l’Union européenne : Libéralisme pour plusieurs générations. (encadré)

 

Les 25 pays membres de l’Union européenne ont décidé de se donner une constitution. Certains pays l’ont déjà adopté par voie parlementaire ou par référendum. C’est en France, l’un des grands pays de cette Union, que ce projet de constitution se heurte à une opposition croissante de la part des  travailleurs et de nombreux citoyens qui voient dans cette loi fondamentale que leurs acquis sociaux dans tous les domaines sont menacés. En effet le projet de constitution ne traite pas seulement de la réforme du système institutionnel : un président du conseil, un ministre européen des affaires étrangères, un nouveau mode calcul de la majorité requise pour prendre une décision au Conseil des ministres, les pouvoirs du Parlement européen, etc... Dans de nombreux articles il n’est question que de marché unique, de libre circulation des capitaux et de « concurrence non faussée ». On demande même au Parlement européen de s’efforcer « de réaliser l’objectif de libre circulation des capitaux entre États membres et pays tiers, dans la plus large mesure possible » Il est en outre précisé dans ce projet qu’au plan de la défense, l’Union européenne ne s’écartera pas de l’OTAN. La clause de révision de ce texte est pratiquement inapplicable parce que pour tout changement il faudrait l’accord des 25 gouvernements et des 25 Parlements. Pour toutes ces raisons des salariés, des agriculteurs, des intellectuels et de nombreuses organisations politiques, syndicales, culturelles, françaises appellent  au rejet de ce projet. De nombreux français d’origine algérienne, ont décidé de voter non au référendum du 29 mai prochain.

Pas de liberté véritable pour la femme à l’ombre du pouvoir despotique compradore (national)

 

 

Depuis quelques jours, le conseil des ministres a entériné la décision présidentielle concernant l’amendement du code de la famille, qui a préservé la primauté de l’accord du tuteur avant le mariage, et par la même montré son soutient au franges islamistes qui ont surveillé les développements depuis l’apparition du projet, et se sont opposées à tout amendement qui remette en cause les fondements de la charia islamique. Et voila le président Bouteflika qui, dans son discourt célébrant la journée internationale des femmes à l’hôtel Aurassi, devant de nombreuses femmes, réaffirme son ralliement aux propositions qui maintiennent la primauté de la charia islamique.

 

En annonçant son ralliement aux positions du courant islamiste, Bouteflika a fermement refusé les revendications des associations de femmes et des courants démocratiques et progressistes, qui ont vu dans le maintien du tutorat une offense à la femme et un mépris de sa condition. Et les justifications employées ne se sont pas démarquées de celles des islamistes, avec l’affirmation suivante : « Je n’avais pas à écarter l’être de la volonté du créateur », ou « Je ne compromettrai pas la satisfaction de Dieu vis-à-vis d’une de mes sœurs ». Par ailleurs, il a encore exprimé son refus d’ « imiter » les voisins qui ont octroyé davantage de liberté aux femmes, ainsi que son affirmation qu’il appartient à un pays qui accorde une grande importance aux traditions religieuses dans tous les secteurs de la vie. 

Dans le même temps que son refus d’imiter les voisins, on le vois succomber aux pressions islamistes et se soumettre à des traditions archaïques, et particulièrement au sujet du tuteur, dont le maintien représente une atteinte à la dignité des femmes. La condition du maintien du tuteur dans l’acte de mariage était un pré requis pour maintenir la femme dans son statut et justifier sa soumission à l’homme. Partant de la, il n’a pas hésité a exprimer franchement son refus d’octroyer aux femmes davantage de responsabilités politiques, en arguant leur manque de compétences dans la pratique politique, mais il a cependant exclu de ce refus- par souci d’illustration seulement- Louisa Hanoun, la dirigeante du parti des travailleurs, dont il a dit à son sujet : « c’est une politicienne et demi », et qu’il aurait un gouvernement à majorité féminine s’il avait trouvé 20 femmes de sa trempe.

 

En fait, l’amendement du code de la famille, même s’il enregistre de minimes progrès comparé au code rétrograde produit en 1984, comme le droit de garde, le droit au logement au mères bénéficiant de la garde, l’égalité dans l’age de mariage, le divorce, il assoie dans son contenu central l’inégalité entre l’homme et la femme, bafouant ainsi les textes constitutionnels.  Il  maintient la polygamie, après y avoir mis des conditions, comme l’accord du juge, ou l’absence totale de traitement de l’égalité devant l’héritage, préférant la tromperie qui frappe la femme dans les domaines politiques, économiques et sociaux.

 

Bien que le projet d’amendement dans sa forme finale parait être une tentative d’imposer une solution médiane entre les positions des conservateurs et celles  des modernistes au sein de l’aile du pouvoir, ce nivellement penche généralement vers les forces conservatrices et fondamentalistes, du fait que le projet part d’une plate forme religieuse conservatrice qui refuse le changement de fond de la position de la femme, ce qui va de pair avec les exigences de la vie moderne.

 

Fondamentalement, le projet doit partir du principe de l’égalité énoncé par la constitution, et le degré de développement arraché par les femmes dans la société. La constitution assure les libertés individuelles et collectives, et énonce clairement l’égalité entre les deux sexes, ce qui exclu l’oppression des femmes et son double esclavage : vis-à-vis de l’homme, et vis-à-vis de sa situation sociale dégradée.

 

Cependant, la situation politique, économique et sociale, engendrée par la bourgeoisie compradore gouvernante ne permet pas la réalisation de cette égalité entre l’homme et la femme. Les amendements compris dans l’ordonnance présidentielle ne sont que formelles et superficielles, et c’est tout ce que ces classes gouvernantes et leurs alliés fondamentalistes et conservateurs peuvent offrir.

Cette plate forme n’est pas une innovation politique dans la pratique de ces franges. Du point de vue historique, on voit que la classe bourgeoise en Europe, durant sa montée au pouvoir au 19° siècle, en s’alliant avec la classe ouvrière et les masses laborieuses, a reconnu de nombreux droits aux femmes comparé à sa situation durant le règne féodal, puis a rapidement réduit ces droits pour préserver ses intérêts de classe. Elle a imposé à nouveau d’anciennes lois pour  préserver la propriété privée.

 

Grâce à ses luttes dans les lieux de travail et dans tous les secteurs, la femme a pu arracher dans les pays d’Europe beaucoup de droits politiques, économiques et sociaux.

Dans notre société, actuellement dominée par une bourgeoisie inféodée à l’impérialisme, à ses sociétés multinationales et aux idées les plus réactionnaires, fondamentalistes et islamistes,  qui exposent à l’oppression et à l’exploitation, la lutte pour que se réalise l’égalité entre l’homme et la femme est très difficile.

 

Malgré cela, les femmes, les travailleurs, les progressistes et toutes les forces qui soutiennent la libération de la femme ne se satisfont pas de ces amendements formels, qui représentent un choix médian. Ils vont poursuivre et intensifier la lutte plus que jamais pour un changement profond du code de la famille, vers l’égalité et le progrès social. Ils lutterons pour isoler les forces fondamentalistes et rétrogrades qui n’abandonneront pas facilement le combat.

En conclusion, nous saluons le combat des femmes à  l’occasion de la journée mondiale de la femme, dans notre pays comme dans de nombreux pays du monde. Dans les pays arabes, ou les femmes se rassemblent de plus en plus pour vivre dans  la liberté, et contre l’occupation et l’agression impérialiste (en Palestine et en Irak), comme dans d’autres régions du monde où elle reste la première victime de la « mondialisation » et de l’exploitation capitaliste, y compris dans les grands pays industrialisés.

 

 

 

 

 

LES FEMMES TRAVAILLEUSES LUTTENT POUR LEURS DROITS (national)

La commission des femmes travailleuses de l’UGTA  a organisé le 18 décembre au siège de la centrale syndicale à Alger un séminaire national sur les droits professionnels et juridiques des femmes travailleuses

Les travaux ont porté sur le code de la famille et les amendements proposés par le gouvernement, l’application de la Convention internationale pour l’élimination de toute forme de discrimination à l’égard des femmes signée par l’Algérie mais avec des réserves et enfin sur le processus de privatisation des entreprises publiques qui menace les femmes travailleuses. Soumia Salhi, la présidente de la commission UGTA des femmes travailleuses, a rappelé dans son allocution d’ouverture que le code de la famille actuel menace directement les droits professionnels et les droits civiques des femmes. Pour elle « L’égalité reconnue par la Constitution et par tous les compartiments de la législation est suspendue (...). Que reste-t-il de nos acquis lorsque le droit de disposer de sa vie n’est pas reconnu lors du mariage ou du divorce, lorsqu’une mère qui veut travailler risque de perdre la garde de ses enfants ? »,

Tout en soutenant les amendements proposés par le gouvernement qui constituent selon elle une avancée, elle a demandé l’abrogation de toutes les lois qui empêchent une égalité réelle entre l’homme et la femme.  

 La présidente a rappelé que la précarité de l’emploi tend à se généraliser dans les secteurs public et privé. La généralisation des contrats à durée déterminée (CDD) depuis plusieurs années ou  les emplois jeunes payés en dessous du SNMG en violation de la légalité  touche particulièrement les femmes. Elle a précisé que le projet de statut de la Fonction publique et les privatisations aggraveront cette situation. Ces déclarations confirment que les femmes travailleuses et les familles populaires payent le plus lourd tribut à toute la politique du pouvoir. En effet elles ne sont pas seulement victimes du code de la famille mais c’est elles qui souffrent le plus de toute la politique économique et sociale mise en œuvre depuis des années. Le chômage et la misère les frappent de plein fouet. La vie chère, les difficultés pour soigner les enfants ou les habiller deviennent insupportables. Elles payent durement toutes les conséquences des restrictions budgétaires et sont contraintes bien souvent d’accepter n’importe quel travail pour nourrir leurs enfants. Les femmes sont les premières victimes du développement du travail au noir et des activités informelles contre lesquelles le gouvernement ne fait vraiment pas grand-chose. Si le pouvoir hésite à faire voter par l’assemblée nationale les quelques avancées contenues dans ses projets d’amendement au code la famille, c’est aussi et surtout parce qu’il veut créer toutes les conditions pour accélérer sa politique de bradage. Pour lui l’heure est à l’union de toutes les forces de la bourgeoisie, intégristes ou non, pour détruire le secteur public ou brader les ressources énergétiques. Les femmes travailleuses n’ont donc rien à attendre de bon de la part de ces forces pressées d’en finir avec tous les acquis. Sans une lutte résolue et dans l’union avec tous les travailleurs et toutes les forces progressistes, la précarité et toutes les injustices qu’elles subissent aura tendance à s’aggraver. Avec tous les travailleurs conscients et tous les syndicalistes honnêtes elles prendront toute leur place dans le combat pour mettre en échec les projets du pouvoir. Elles s’opposeront aux dirigeants centraux de l’UGTA qui manoeuvrent pour tromper les salariés. Elles sont les mieux placées pour savoir que les privatisations liquideront des milliers d’emplois contrairement aux déclarations mensongères de ces dirigeants qui ont complètement jeté le masque. Dans de nombreux secteurs les femmes ont montré lors de récentes grèves qu’il fallait compter avec elles malgré la répression qu’elles ont affrontée avec courage. Aux côtés de tous les travailleurs et de toutes les forces progressistes la participation des femmes travailleuses  à cette lutte aura tôt ou tard des conséquences heureuses pour tout notre peuple. Elles pourront  arracher enfin leurs droits, tous leurs droits. Les luttes seraient grandement facilitées par la mise sur pied d’une puissante union démocratique et progressiste qui rassemblerait toutes les femmes, celles qui ont un emploi et celles qui sont au foyer, pour l’égalité des droits avec les hommes et pour leurs revendications sociales, économiques et culturelles qui leur sont propres. Les femmes travailleuses devraient  prendre en charge une telle organisation.

 

LES FEMMES SONT LES PREMIERES VICTIMES DU CHÖMAGE (encadré)

 

Selon des statistiques officielles 25% des personnes qui activent dans des activités informelles sont des femmes. Le CNES qui rapporte ces chiffres constate que « la crise nationale de l’emploi structuré force les femmes à investir les activités informelles et le travail non déclaré » Cet organisme rapporte également que l’accroissement annuel moyen du chômage féminin est de 11% alors qu’il est de 4,8% tous sexes confondus.

La conclusion majeure du CNES est que l’emploi féminin continue de se caractériser par « une faible participation à l’activité économique, en référence à sa proportion dans la population totale, autant que par sa forte présence au bas de la pyramide économique ».

 

 

ALLOCATIONS FAMILIALES : UNE  DECISION SCANDALEUSE (national) 


 La dernière tripartite Ouyahia, Sidi Saïd et les patrons s’est soldée par de nouveaux reculs pour les travailleurs. Le secrétaire général de l’appareil central de l’UGTA n’a rien obtenu ou plutôt n’a rien demandé. Pire il a scellé ce que nos dirigeants appellent le « pacte social », c'est-à-dire qu’il s’est engagé à bloquer toute lutte des travailleurs pour leurs revendications légitimes. Pour bien nous montrer en quoi consiste cette union entre les exploiteurs et les exploités, Ouyahia a décidé de refuser d’abroger  le décret 87 bis, qui permet d’inclure dans le maigre salaire minimum toutes sortes d’indemnités, ce qui signifie que cette notion de salaire minimum n’a plus aucun sens. Ces réunions de la tripartite, de plus en plus formelles, sont devenues un simple moyen de faire croire que le gouvernement « négocie » avec les représentants des travailleurs sur leurs revendications. Plusieurs semaines avant ces réunions Sidi Saïd et ses amis, Ouyahia et ses ministres, multiplient leurs déclarations trompeuses sur leurs intentions réelles et annoncent solennellement après la réunion les résultats de la « négociation ». De telles méthodes ont naturellement pour but de démobiliser les travailleurs, de renforcer le découragement et l’attentisme dans leurs rangs. Il en sera toujours ainsi tant que les salariés n’imposeront pas par leurs luttes et leurs sacrifices que des négociations véritables sur leurs revendications légitimes aient lieu avec leurs représentants authentiques, et non avec des dirigeants syndicaux dont le rôle consiste de plus en plus à les démobiliser. En attendant Ouyahia utilisera toujours ces réunions pour annoncer de mauvais coups contre les travailleurs et leurs familles et fera toujours les mêmes commentaires qui consistent en général à répéter que l’Etat n’a pas d’argent pour satisfaire telle ou telle revendication ou justifier une nouvelle aggravation du pouvoir d’achat des salariés. Pour justifier  la décision de mettre à la charge des employeurs les allocations familiales Ouyahia a ajouté un autre argument. Il aurait déclaré « qu’il est inacceptable que l’Etat continue à payer les allocations familiales à la place des entreprises étrangères installées en Algérie ». Cette démagogie de la part d’un gouvernement qui n’a rien à refuser aux multinationales, qui veut leur vendre toutes nos entreprises, qui n’hésite pas à leur offrir moyennant quelques dollars nos richesses énergétiques, veut faire croire que sa décision autoritaire sur les allocations familiales serait motivée par sa volonté de faire payer des sociétés à qui il a tout permis pour qu’elles s’installent chez nous ! En réalité ce qui intéresse Ouyahia c’est de diminuer encore les dépenses sociales de l’Etat, quelles que soient les conséquences pour les travailleurs et leurs familles. Dans un pays où le chômage fait des ravages, les patrons hésiteront  à recruter désormais des pères ou des mères de famille surtout ceux et celles qui ont beaucoup d’enfants. Le travail au noir, contre lequel le gouvernement prétend se mobiliser va connaître une nouvelle extension. Même certaines entreprises qui déclarent leurs employés ne payeront pas toujours ces allocations familiales sous différents prétextes. D’autre part que se passera-t-il pour les retraités, les titulaires de pensions, les accidentés du travail, les invalides, et toutes les personnes inactives ? Les travailleurs ne sont pas opposés à la contribution des employeurs étrangers ou nationaux aux allocations familiales mais, dans un pays où nos ministres eux-mêmes, parlent régulièrement de fraude et d’évasion fiscale de la part de nombreux employeurs, tout en ne prenant aucune mesure sérieuse contre eux, il faut s’attendre à de nouvelles difficultés pour les  familles populaires.  Les travailleurs et leurs familles suivront avec vigilance l’application d’une mesure qui risque de porter nouveau un coup à leur pouvoir d’achat. Ils exigeront du pouvoir qu’en aucun cas ils soient privés de leurs maigres allocations familiales. Ils exigeront aussi la revalorisation régulière de ces allocations dont le montant doit tenir compte du coût de la vie.

 

SOLIDARITE AVEC LA PALESTINE

LA POLITIQUE DE SHARON N’A PAS CHANGE

Le peuple palestinien est  toujours privé de ses droits nationaux. Après sa réunion à Charm-el-Cheikh avec Mahmoud Abbas, Sharon maintient sa politique de colonisation et n’a rien changé sur le fonds. La construction du  mur de la honte continue. Des milliers de prisonniers croupissent toujours en prison et Sharon, toujours soutenu par Bush, y compris dans ses projets de construction de nouvelles colonies, attend maintenant que les pays arabes normalisent leurs relations avec Israël. Certains d’entre eux  n’hésitent pas à aller dans ce sens avant même tout accord de paix avec les Palestiniens et avant même toute reprise des négociations sur les principales aspirations d’un peuple qui exige la reconnaissance de ses droits nationaux légitimes. Moubarak et le roi Abdellah ont envoyé leurs ambassadeurs les représenter en Israël et Benali a invité Sharon à visiter la Tunisie ! La Jordanie a même essayé lors de la récente  conférence d’Alger de pousser les chefs d’Etat arabes à renoncer officiellement à la position affirmée au sommet de Beyrouth en 2002 (évacuation des territoires occupés en échange de la paix avec Israël). Il n’est pas difficile de comprendre que le rejet de la proposition jordanienne et la réaffirmation de la position de Beyrouth à Alger s’explique avant tout par la fermeté des masses populaires arabes et leur soutien au peuple palestinien. La colère des progressistes et des masses populaires tunisiens contre l’invitation à Sharon est un exemple de cette fermeté. Il reste que les amis du peuple palestinien dans le monde entier ne peuvent oublier que dans  la conjoncture internationale actuelle leur action est irremplaçable. Il faut continuer à exiger plus que jamais l’arrêt de la construction des colonies, du mur de la honte, la libération des prisonniers, le respect des résolutions de l’ONU sur la Palestine, l’arrêt des pressions impérialistes américaines sur les pays arabes et la création de l’Etat palestinien avec Jérusalem-est pour capitale.

 

Journée de solidarité à Nanterre (France)  (autre article)

 

Une journée de solidarité avec la Palestine, et de lutte contre tous les colonialismes, organisée par France Palestine, l’ACCA (Association des Combattants de la Cause Anticoloniale) et d’autres associations, s’est déroulée le 12 mars dernier à Nanterre, dans la banlieue parisienne en présence de Leila Chahid et d’Henri Alleg. L’AARF (Association des Amis d’Alger Républicain en France) a participé à cette journée et a tenu un stand d’échanges et de diffusion du journal. Un public nombreux a assisté à cette journée. De nombreux jeunes présents ont montré beaucoup d’intérêts pour ce genre de manifestations.

  Un film présentant les refuzniks israéliens a été projeté, et les nombreux participants ont pu tenir un échange avec certains de ces jeunes israéliens présents, qui ont évoqué leurs espoirs, et les raisons qui les ont poussés à refuser de s’enrôler dans l’armée coloniale israélienne.

Henri Alleg, d’autres  personnalités de l’ACCA, le journaliste et auteur Jean Luc Enaudie se sont adressés aux participants. Ils ont relaté l’exemple du colonialisme français en Algérie, pour montrer la résurgence et la multiplication des formes de colonialisme aujourd’hui, ainsi que leurs agressivités, qui minent les aspirations des peuples et les empêchent d’avancer vers le progrès. Ils ont ensuite appelé l’importance du soutien multiforme au peuple palestinien, qui fait face aux agressions et à la colonisation.

L’activité de France- Palestine a été soulignée et présentée aux participants.

Leila Chahid a pris ensuite la parole pour saluer l’assistance et tous les français solidaires du peuple palestinien. Elle est revenue sur la disparition de Yasser Arafat et a développé les enjeux actuels et les défis que doit relever aujourd’hui l’Autorité  palestinienne. Elle a également rappelé qu’ Ariel Sharon a été durant toute la dernière période la véritable barrière au dialogue et aux avancées palestiniennes. Ensuite elle a adressé un message d’affection pour le peuple frère algérien, en insistant sur ce que représentait pour elle l’exemple algérien, dans sa guerre contre le colonialisme, et dans ses positions historiques en faveur de la Palestine.

La soirée s’est prolongée autour d’un concert du groupe Diwane de Bechar, qui a agrémenté la soirée.

 

 

IRAK : 2 ANS DE GUERRE ET D’OCCUPATION (internat)

A l’occasion du deuxième anniversaire de la guerre d’agression contre le peuple irakien, des dizaines de manifestations ont eu lieu dans de nombreuses villes du monde. A New York, à Londres, à Rome, à Athènes, Istanbul ou Montréal, des dizaines de milliers de citoyens ont exigé à nouveau des impérialistes américains et de leurs alliés l’arrêt de la guerre faite au peuple irakien et la fin de l’occupation. Cette occupation se solde aujourd’hui par des dizaines de milliers de morts irakiens, des destructions en tout genre, un chômage massif et une insécurité quotidienne. Il est aujourd’hui prouvé que cette guerre, déclenchée le 20 mars 2003, malgré l’opposition d’une grande majorité de l’opinion internationale et de nombreux alliés des Etats-Unis, n’avait aucune justification.  Les agresseurs eux-mêmes ont été obligés de reconnaître  que les fameuses armes de destructions massives n’existaient pas en Irak et que ce pays n’abritait pas à cette date des terroristes d’Elquaïda. Or c’est avec de tels prétextes, étayés par des « preuves » fabriquées de toutes pièces que Bush a envoyé ses soldats détruire un pays souverain et dont l’existence est bien plus ancienne que les Etats-Unis eux-mêmes. Si les impérialistes américains et anglais n’avaient aucune raison valable d’attaquer l’Irak, ils n’en ont pas non plus pour continuer à l’occuper malgré la volonté de son peuple. Cette volonté s’est exprimée dès le premier jour et continue de s’exprimer de manières diverses. Qu’ils résistent pacifiquement ou militairement, qu’ils aient voté ou non, qu’ils soient chiites ou sunnites, arabes ou Kurdes, les Irakiens rejettent l’occupation. C’est leur faire injure que de croire qu’à l’exception des agents corrompus, il y aurait une partie quelconque de la population qui souhaiterait que leur pays devienne purement et simplement une colonie. Ce peuple qui a souffert de la dictature, des guerres, de l’embargo criminel impérialiste qui a causé la mort d’un million d’enfants, réclame aujourd’hui tout à la fois, le départ des troupes étrangères, la liberté et une réelle démocratie pour tous ses enfants. Cette démocratie n’a rien à voir avec celle que voudrait installer Bush dans les pays arabes. Ce peuple ne veut ni du pillage de ses ressources énergétiques, véritable raison de la guerre et de l’occupation, ni d’une dictature quelconque, ni d’un régime obscurantiste. Les véritables amis du peuple irakien, qui ont soutenu son combat et celui de ses forces progressistes et patriotiques, bien avant le 20 mars 2003, ne peuvent que soutenir ces aspirations légitimes, toutes ces aspirations. Ce peuple à l’histoire millénaire n’a besoin ni d’occupation, ni de tutelle, ni de leçon de résistance à recevoir de qui que soit. Il a surtout besoin d’aide dans sa lutte multiforme pour reconstruire son Etat et ses infrastructures, récupérer sa souveraineté pleine et entière, utiliser ses ressources pour développer son économie, vivre dans la paix et la sécurité et  sortir enfin du cauchemar qu’il vit actuellement. C’est pourquoi nous continuerons à exiger le départ des troupes étrangères, à condamner les crimes de ces troupes à soutenir la résistance véritable des forces patriotiques irakiennes, résistance à ne pas confondre avec les actions des partisans de l’ancienne dictature qui terrorisent les femmes, les progressistes ou de simples citoyens dans les églises ou les mosquées d’Irak sous prétexte de lutter contre l’ennemi. Bush utilise sa guerre contre l’Irak pour menacer tous les peuples qui refusent ses diktats et en particulier ceux qui possèdent des richesses énergétiques. Chez nous des dirigeants prétendent mensongèrement êtres terrorisés pour justifier leur abandon des intérêts nationaux. C’est pourquoi le soutien pour le succès du peuple irakien et l’échec de l’impérialisme en Irak  n’est  pas un simple acte de solidarité internationaliste. Ce succès sera aussi une grande contribution à nos propres luttes.

 

 

 

LIBAN : LE PARTI COMMUNISTE PRESENTE

UNE INITIATIVE DE SAUVEGARDE NATIONALE (intern)

 

La situation au Liban préoccupe de plus en plus l’opinion progressiste mondiale et tous les patriotes arabes qui s’inquiètent de l’immixtion des puissances impérialistes dans les affaires de ce pays après le vote de la résolution 1559 exigeant l’évacuation immédiate des troupes syriennes. Après l’assassinat de l’ancien premier ministre Rafic Hariri, les dangers qui menacent la stabilité de ce pays et l’unité de son peuple se sont aggravés. Pour faire face à ces dangers le  Parti Communiste Libanais a présenté, le 22 février, lors d'une conférence de presse tenue à son siège central, une initiative politique dont nous reproduisons pour nos lecteurs quelques extraits.

 

« Le Liban vit des moments historiques d'une gravité accrue, à la suite du crime perpétré contre l'ex Président du Conseil, Rafic Hariri.

 

Ce crime odieux vient s'insérer dans une opération d'escalade de politique intérieure dont les premières étapes avaient commencé à se faire sentir à la suite du vote par l'ONU de la résolution 1559 conformément aux pressions américano-françaises et dans le cadre de la prolongation du mandat du président de la république libanaise. Dans cette escalade, les plus graves accusations et les menaces les plus claires furent utilisées, dont, en dernier lieu, celles qui suivirent la rencontre Chirac-Bush à Bruxelles. Il en est résulté, sur le plan intérieur libanais, la création de deux pôles d'attraction antagonistes, non seulement sur les relations arabes et internationales du Liban, mais aussi sur l'équilibre politique intérieur et les réformes politiques nécessaires pour sauvegarder cet équilibre.

 

De même, le crime commis sur la personne de Rafic Hariri  a eu lieu dans le cadre général d'un climat régional nouveau, né à la suite de l'occupation américaine de l'Iraq, du renforcement de l'alliance israélo-américaine, et dont l'expression la plus claire est l'appui inconditionnel aux dirigeants israéliens, mais aussi le retour aux anciens projets de partitions tentant de redessiner la carte géopolitique de la région dans le sens qui permettrait aux Etats-Unis de tenir d'une main de fer son destin et les richesses qu'elle recèle à partir de son morcellement en un groupe de petits États  ethniques et confessionnels  antagonistes…

Nous sommes en mesure d'affirmer que l'origine du déséquilibre provient de plusieurs facteurs essentiels, dont la non-exécution du contenu des "Accords de Taïef" quant à la complémentarité de ses articles essentiels sur les deux plans de la sécurité et de la politique, dont ceux concernant l'organisation des relations libano-libanaises et libano-syriennes. Si le contenu de ces accords avaient été appliqué d'une manière saine, cela aurait probablement aidé à  renforcer la situation intérieure, mais aussi à garantir les bases justes pour les relations bilatérales avec la Syrie et à reconstruire les institutions et le pays sur des bases modernes en les libérant des quotas confessionnels et partisanes…

 

Nous pensons que toutes les forces politiques sans exception aucune devraient participer à ce dialogue; de même que tous les sujets devraient pouvoir y être abordés. Parce que le dialogue que nous préconisons est un véritable dialogue national libanais. Et le pouvoir politique est obligée de garantir tous les facteurs qui peuvent aider à son succès, à commencer par la fixation d'une date précise aux élections législatives, la garantie de sa neutralité ainsi que ses organismes policiers…mais aussi par la mise au point d'une loi électorale démocratique, bien que nous trouvons que la proportionnelle constitue la seule garantie pour une meilleure représentativité, parce qu'elle permet de supprimer toutes sortes d'ingérence, extérieures ou intérieures, surtout que les discussions à propos des circonscriptions fut dans le passé proche partie intégrante des éléments de tension qui ont abouti à déstabiliser la situation intérieure libanaise.

 

Sur ces bases, nous proposons l'initiative suivante qui aura pour points de départ deux agendas complémentaires:

 

         Le gouvernement libanais présentera sa démission le premier jour de la tenue du "Congrès de sauvegarde nationale" et les ministres continueront leurs activités jusqu'à la création d'un gouvernement formé de personnalités dont l'intégrité est garantie et qui donneraient confiance à l'opinion publique libanaise.

 

L'accord sur l'exécution des articles non encore réalisés des "Accords de Taïef" dans ses deux volets: le retrait syrien et les réformes politiques intérieures, notamment la formation de la "Commission nationale pour la suppression du confessionnalisme", la loi électorale démocratique basée sur la proportionnelle hors des quotas confessionnels.

La proposition visant à la création d'un gouvernement d'entente nationale qui aurait pour mission de superviser les élections législatives.

Ce gouvernement devra, dès sa première réunion, prendre deux décisions :

La première consiste à retirer le projet électoral et à présenter un nouveau projet basé sur la proportionnelle, soit si le Liban est considéré comme une seule circonscription, soit si l'on adopte les grandes circonscriptions (les mouhafazats); cette loi électorale sera accompagnée d'un autre projet de loi, celui de la création du sénat…

Les élections législatives et sénatoriales devraient se faire en même temps.

L'ordre de jour du "Congrès de sauvegarde nationale" devra contenir un point concernant la "Résistance " contre l'ennemi israélien : son avenir, son rôle et ses objectifs. Il doit aussi traiter le problème des camps de réfugiés palestiniens, en tenant compte de la Résolution 194, garantir aux réfugiés les droits civils et étudier la situation de la sécurité dans ces camps à la lumière des nécessités pour l'Etat libanais d'étendre son pouvoir sur l'ensemble de son territoire. Tout cela à partir de ce qui a été stipulé dans les "Accords de Taïef" concernant l'arabité du Liban, sa position dans le conflit arabo-israélien selon ses possibilités.

Notre Parti a décidé de mettre au point un plan d'action et des contacts avec toutes les autres forces politiques du pays, que ce soit dans le cadre de l'opposition réunie à l'hôtel Bristol ou les loyalistes de Aïn-Attineh. A la lumière de ces contacts, il décidera des positions à prendre afin de préserver la paix contre tous les éléments de discorde et pour la sauvegarde de la situation nationale. Ainsi, nous pensons pouvoir réparer la perte causée par la mort de rafic Hariri, parce que nous aurons fait de son martyre un point de départ pour sauver la patrie, non un pont vers l'inconnu ».

 

 

 

GRECE : CONGRES DU PARTI COMMUNISTE (intern)

 

Du 9 au 12 Février s’est tenu à Athènes le 17ème congrès du parti communiste (KKE) en présence des représentants de  plus de 75 partis communistes, dont  le PADS. Diverses organisations progressistes ont participé également à ces assises.

Les principaux partis politiques grecs étaient présents à la séance d’ouverture et ont salué les congressistes en reconnaissant l’importance du  rôle du KKE dans le pays. Les délégués, qui ont approuvé à l’unanimité le rapport du comité central, présenté par la camarade Papariga, secrétaire générale du parti, ont analysé la situation internationale marquée par l’agressivité actuelle de l’impérialisme américain et ses guerres d’agression. Ils ont condamné fermement l’Union européenne et ses objectifs impérialistes. Ils ont longuement insisté sur  les conséquences nocives de sa politique pour tous les travailleurs européens et en particulier en Grèce. Ils ont expliqué que toutes les aides de l’Union européenne n’ont servi en Grèce qu’à renforcer les monopoles capitalistes grecques et étrangers. Ce congrès a précisément étudié l’évolution du capital grecque, sa force et son rôle dans les Balkans et dans le monde. L’objectif stratégique du parti, à savoir le pouvoir populaire et le socialisme ont fait l’objet de plusieurs interventions des délégués. Plusieurs congressistes ont mis l’accent sur la liaison avec les masses et l’importance du travail sur le terrain. L’activité des jeunes militants et la nécessité pour le parti de renforcer son aide à la jeunesse communiste ont été soulignés. Le parti communiste grecque, dont la fermeté concernant les agressions impérialistes et la solidarité avec les peuples en lutte est bien connue, sort renforcé de ce congrès.

En marge du congrès le représentant de notre parti, qui a participé à un meeting de solidarité avec une section du KKE dans la banlieue d’Athènes, a eu plusieurs entretiens fructueux avec les camarades grecques et également avec plusieurs délégués des partis étrangers invités au congrès. Ces échanges fraternels ont permis de mieux faire connaître la situation dans nos pays respectifs et renforcent la solidarité internationale.   

 

ITALIE : CONGRES DE REFONDATION COMMUNISTE (intern)

 

Le congrès de Refondation communiste s’est  déroulé à Venise du 3 au 6 mars. Des dizaines de partis communistes et organisations anti-impérialistes ont assisté à ces assises. Notre parti qui a participé à ce congrès  a eu plusieurs entretiens avec les dirigeants de Refondation communiste et aussi avec de nombreux délégués étrangers. Ces échanges fraternels ont eu lieu en particulier avec les délégués arabes, le représentant de l’Afrique du Sud, les camarades, grecque, portugais, brésilien, bolivien…Ces entretiens permettent de mieux connaître les luttes des travailleurs dans les différents pays et renforcent l’amitié et la solidarité entre nos partis.

L’objectif principal du congrès de Refondation communiste était de clarifier la position du parti pour les prochaines élections législatives de 2006. La principale question débattue par les congressistes était de savoir s’il fallait ou non soutenir le Centre-gauche lors des prochaines élections. On se souvient que Bertinoti avait soutenu le gouvernement du Centre-gauche dirigé alors par Prodi avant de lui retirer ce soutien en raison de sa  politique sociale, ce qui avait eu pour résultat une scission au sein de Refondation communiste et plus tard l’arrivée de Berlusconi au pouvoir.  En vue de la préparation du dernier congrès tous les militants de Refondation ont discuté ces derniers mois autour de 5 motions- programmes et les élections ont eu lieu à la base pour déterminer le poids respectif de chacune d’elles. Les partisans de l’actuel dirigeant du parti, Fausto Bertinoti, dont la motion-programme n°1  a été soutenue par 60% des militants se prononce dès maintenant  pour le soutien du Centre-gauche, ont répété au cours du congrès que la situation en Italie a évolué et que le seul moyen de battre Berlusconi était de soutenir ce Centre-gauche et même de participer au gouvernement en cas de victoire. Les principaux adversaires de cette ligne regroupés autour de la motion n°2 (­26% des voix) attirent l’attention sur les conséquences pour le parti d’une ligne qu’ils jugent opportuniste. Sans nier les ravages de la politique Berlusconi et sans s’opposer à tout accord avec les formations du Centre-gauche, ils refusent de leur donner par avance un chèque en blanc et exigent de leur part une véritable rupture dans leurs orientations. Durant le congrès les militants ont appris avec enthousiasme la libération de  Giuliana Sgréna. Informés plus tard des tirs de l’armée américaine sur sa voiture et la mort de celui qui la ramenait à l’aéroport de Bagdad, la colère des congressistes contre l’impérialisme américain et sa guerre en Irak a redoublé.

 

CHILI : Décès de Gladys Marin  présidente du Parti communiste (hommage)

 Le 6 mars est décédée à Santiago du Chili la camarade Gladys Marin des suites d’une grave   maladie qui la minait depuis de longs mois. Avec sa disparition, le Chili perd un de ses enfants les plus illustres et le mouvement révolutionnaire latino-américain une de ses figures les plus chères. Gladys a commencé son activité dirigeante à 16 ans seulement, dans les rangs des étudiants et de la Jeunesse communiste du Chili jusqu'à occuper sa direction nationale.
Au moment du coup fasciste de 1973, elle a dû s'exiler contre sa volonté et, de l'extérieur du pays elle s'est distinguée dans la lutte pour la cause de son peuple. En 1978, elle est rentrée clandestinement au Chili où elle a dirigé durant 12 ans la résistance et l'activité du Parti dans les conditions les plus difficiles. Fidèle à la cause à laquelle elle a consacré sa vie, elle a lutté tant que ses forces le lui ont permis pour la justice et en faveur des victimes de la dictature.
La camarade Gladys Marin a obtenu l'an dernier, l'Ordre de José Marti, la plus haute distinction accordée par la nation cubaine. Gladys Marin a lutté jusqu'à son dernier souffle et n’a jamais fait de concession à l'impérialisme. Elle est restée fidèle à ses convictions dans toutes les situations. C’est une perte pour le Chili mais aussi pour tous les révolutionnaires d’Amérique latine. Sa vie restera un exemple pour les militants progressistes du monde entier. Le PADS , qui a adressé à cette occasion, un message de solidarité au parti communiste chilien, rend un hommage particulier à cette militante exemplaire dans la lutte contre l’impérialisme, pour le progrès social, pour la démocratie et le socialisme.
 


 






De nouveaux succès remportés par les peuples sud-américains

La chasse gardée US perd des lambeaux de terrain ! (intern)

 

S'il est vrai que, depuis la chute des pays socialistes, l'impérialisme en particulier US, tente de dominer totalement la planète en utilisant tous les moyens, y compris les plus meurtriers comme ils le font en Afghanistan, en Irak et ailleurs, s'ils ont réussi à morceler la Yougoslavie, ils connaissent aussi de cuisants échecs.  Bien des pays de leur chasse gardée en Amérique Latine commencent à leur échapper.

Evidemment, les grands médias, presse et télévision, des pays capitalistes et même des pays sous-développés observent un mutisme quasi-total sur les succès remportés par les peuples en lutte pour sortir de leur misérable situation

 

Cependant, tout le monde sait que, malgré toutes les entraves au développement économique et social de Cuba: embargo généralisé, menaces constantes d'agression, provocations diverses, tentatives d'assassinat des dirigeants cubains, l'île socialiste ne cesse de progresser et de remporter des victoires dans tous les domaines, depuis l'éducation jusqu'à la santé publique.  Un dicton circule aujourd'hui en Amérique Latine: « il est préférable de  naître et de mourir à Cuba » car le taux de mortalité infantile est inférieur à celui des USA et l'espérance de vie y est supérieure.  Notables sont également les progrès réalisés dans la recherche scientifique particulièrement en biologie.  Toutes ces avancées constituent pour

les  impérialistes un mauvais exemple, un exemple communicatif

 

Cuba n'est plus isolée

 

Il y a peu encore, rares étaient les pays qui entretenaient des relations avec l'île de la liberté.  Aujourd'hui les choses changent.  Le peuple du Venezuela a réussi à renverser l'ordre établi par la grosse bourgeoisie et les USA.  Ceux-ci ne peuvent plus lui imposer leurs quatre volontés.  La tentative de coup d'Etat fomenté par le patron des patrons, Carmona, soutenu et directement aidé, non seulement par les impérialistes US, mais aussi par l'Espagne de Aznar, la Colombie et le Salvador a été un échec retentissant.  Hugo Chavez n'a été séquestré que durant quarante-sept heures.  Les masses laborieuses, appuyées par des officiers progressistes sont rapidement intervenues et ont, par leur mobilisation, redressé la situation et mis Carmona à la porte comme un malpropre.

Aujourd'hui, la situation a totalement changé au Venezuela.  Les dirigeants de ce pays ont résolument tourné le dos à la politique de soumission à l'impérialisme et Hugo Chavez déclare que « le socialisme est la voie à suivre » Les progrès réalisés en peu d'années dans la lutte contre l'analphabétisme et l'amélioration de la santé publique sont déjà considérables.  Les échanges avec Cuba se sont multipliés de façon spectaculaire, rompant ainsi l'isolement dans lequel la grosse bourgeoisie et ses alliés US voulaient maintenir l'île.

 

Enfin, l'Uruguay émerge à son tour

 

Et voilà que l'Uruguay, appelée autrefois la Suisse de l'Amérique Latine pour ses richesses en matière d'agriculture, notamment d'élevage, s'écarte à son tour des griffes du « Grand frère » nord-américain.  L'élection de Tabaré Vasqez, candidat de gauche désigné par le Frente Amplio (le Front large) va totalement changer la situation politique, économique et sociale de ce petit pays du sous-continent.  A peine élu, le premier mars, Tabaré Vasqez a rétabli les relations diplomatiques avec Cuba et celle-ci ouvrait le jour même son ambassade à Montevideo.  C'est là un heureux début de changements prometteurs après plus d'un siècle de pouvoir détenu par l'extrême droite.  Un siècle de répression violente, sanglante, de séquestrations, d'assassinats, de disparitions de militants de l'opposition.  Les premières décisions du nouveau président marquent les transformations de la politique uruguayenne avec la mise en place d'un plan d'alimentation pour les masses laborieuses, d'un système universel de couverture sociale et la généralisation des vaccinations.  Enfin, un accord  doit être réalisé avec Cuba qui livrera des équipements médicaux et procèdera à des transferts de technologie en échange de produits agricoles.

 

D'autres changements sont à prévoir

 

Ces nouveaux éléments intervenus en Amérique Latine marquent d'importants progrès après une longue période d'inertie due à la violence de la répression.

Au chili, sous la pression des forces démocratiques et progressistes, la Cour suprême révise la loi que l'extrême droite avait concoctée pour garder le secret sur les crimes commis par le régime de Pinochet.

Au Nicaragua, le Front sandiniste a gagné un grand nombre de sièges dans les plus grandes municipalités et y compris celui de la Cour suprême à la grande surprise des forces réactionnaires.

Au Pérou, malgré une répression sauvage, se sont déroulées de grandes manifestations populaires contre les privatisations contraignant le pouvoir à reculer.

En Bolivie, le pays le plus pauvre du sous-continent, la situation ne s'améliore pas pour la bourgeoisie compradore.  Bien au contraire.  C'est ainsi que le Mouvement vers le Socialisme (MAS), principale force d'opposition, s'unit aux syndicats ouvriers et paysans dans un front de lutte contre l'oligarchie et les transnationales.  Ces forces de progrès demandent une loi sur les hydrocarbures prévoyant que la moitié des bénéfices des transnationales du pétrole et du gaz soit versée à l'Etat et que la maintenance et la gestion de l'eau reviennent à l'Etat et non plus à une multinationale.  Certains mouvements de gauche demandent même la nationalisation totale des hydrocarbures et de l'eau considérant que ce sont là des ressources naturelles qui appartiennent à tout le peuple.  Malgré les menaces formulées par le Président Carlos Mesa contre les forces de l'opposition, celles-ci déclarent que la lutte ne connaîtra pas de répit jusqu'à la satisfaction des revendications.

Au Brésil, le président Luis Inacio Lula assure ne plus vouloir obéir au doigt et à l'oeil au FMI et à l'Amérique.  Cependant, et bien que sa politique pose quelques questions, comme par exemple la privatisation de l'assurance sociale, il semble que des progrès soient accomplis dans divers domaines, notamment dans le cadre d'une intégration économique avec les autres pays sud-américains.

En Argentine, le président Nestor Kirchner, malgré la situation catastrophique léguée par ses prédécesseurs et les injonctions du FMI et de la Banque mondiale, a pu en partie régler les problèmes de la dette.

Enfin, n'oublions pas que la tenue du Forum de Porto Alegre, auquel ont participé plus de cent vingt mille personnes, a été une immense réussite et, à cette occasion la démonstration a été faite, grâce aux luttes populaires, de l'échec des ambitions US de créer la ZLEA ( Zone de libre-échange des Amériques) qui devait entrer en vigueur en 2005 et qui n'est toujours pas en application.

D'autres luttes se poursuivent dans cette immense région.  Les victoires déjà remportées par les peuples permettent aussi d'espérer que d'autres victoires seront remportées à court terme et l'espoir est grand de futurs changements.

BOSNIE HERZEGOVINE : UN DIRIGEANT COMMUNISTE CHASSE DE L’ UNIVERSITE (intern)

Goran Markovik, dirigeant du parti communiste de Bosnie Herzégovine, pays anciennement fédérée à la Yougoslavie, a été expulsé de l’université privée où il était employé. Son crime : avoir défendu au cours d’émissions télévisées, durant la campagne des élections municipales, les positions politiques de son parti dont il était l’un des candidats. Le recteur de l’université où il était employé lui a déclaré que son expulsion était due à ses convictions communistes. Dans ce pays la liberté d’opinion demeure interdite pour les communistes. C’est une manifestation de la lutte de classes dont certains ont nié l’existence au lendemain de la chute des régimes socialistes dans les pays de l’est européen.