DATE (28mars)
FACE AU BRADAGE ACCELERE
DES RICHESSES DU PAYS
DEVELOPPONS LA RESISTANCE
DES TRAVAILLEURS ET DES PATRIOTES (edito)
Le Président Bouteflika a
choisi la date anniversaire de la nationalisation des hydrocarbures pour
annoncer aux travailleurs et au peuple algérien qu’il fallait remettre en cause
toutes les réalisations de l’indépendance. Quelques jours plus tard il a fait
voter sans débat le projet de loi qui permettra désormais aux compagnies
pétrolières internationales de piller nos ressources pétrolières comme elles
l’entendent. Pratiquement au même moment, l’assemblée, qui n’a rien de nationale et de
populaire a ratifié sans l’ombre d’une discussion véritable l’accord de
libre-échange avec l’Union européenne, accord qui aggravera la situation de nos
entreprises publiques et privées productives en les exposant à une concurrence
déloyale. Les rentrées fiscales et douanières pour le budget de l’Etat vont
diminuer et les déclarations mensongères de Khellil ou de Belkhadem n’y
changeront rien. Boukrouh, chargé lui, de précipiter l’adhésion de l’Algérie à
l’organisation mondiale du commerce, ne sait plus quoi accepter pour satisfaire
les puissances capitalistes et atteindre enfin son but. Il vient de décider de supprimer la condition faite aux grossistes
du médicament importateurs d’investir dans le secteur pharmaceutique. Pendant
ce temps là notre premier ministre ne rate aucune occasion pour affirmer et
réaffirmer que toutes nos entreprises publiques sont à vendre. Les seuls « arguments »,
répétés à satiété par nos dirigeants pour tenter de justifier tous les
abandons, consistent à essayer de nous convaincre que dans le monde d’aujourd’hui,
un pays comme l’Algérie ne peut pas s’opposer aux grandes puissances
capitalistes pour défendre nos richesses et notre indépendance. D’un autre côté
ces dirigeants, relayés par des plumitifs, nous répètent que les
« réformes » que ces puissances nous imposent dans tous les domaines
nous permettront de nous moderniser et de nous développer. Ces deux prétendus
arguments sont à la fois contradictoires et faux tous les deux. S’il est
ridicule de nier que le monde a changé, que l’impérialisme est puissant et
piétine la souveraineté des peuples, il n’est pas vrai qu’aucune résistance
n’est possible contre les diktats des grands pays capitalistes, leurs
multinationales et les organisations internationales qu’ils contrôlent. Un pays
comme l’Algérie a des moyens que d’autres pays, beaucoup plus faibles que nous,
n’ont pas. Ce qui ne les empêche pas de résister aux pressions et aux complots
des impérialistes comme le prouve la lutte de Cuba, du Vénézuéla et d’autres
peuples d’Amérique latine (lire notre article sur le sujet dans ce numéro).
L’argument selon lequel la soumission aux multinationales et la casse de nos entreprises publiques et
privées va nous aider à nous développer est encore plus faux. Il suffit de voir
le résultat déjà palpable d’une politique qui date de plusieurs années et en
particulier depuis les accords avec le FMI en 1994. Des centaines d’entreprises
ont été fermées, le chômage et ses conséquences sociales sont visibles dans nos
villes et nos villages et les statistiques selon lesquelles il diminue ne
tromperont même pas des aveugles. Il faut ajouter que tous les problèmes
sociaux se sont aggravés. Les derniers décisions du pouvoir et en particulier
la dénationalisation des hydrocarbures, cette richesse nationale qui aurait
vraiment permis à notre pays de se développer si le pouvoir n’avait pas été
confisqué par la bourgeoisie compradore, vont encore aggraver la situation
économique et sociale. Les seules à en profiter sont ces fractions de la
bourgeoisie qui s’enrichissent scandaleusement en faisant place nette aux
productions étrangères, qui poussent à la destruction de notre économie par
leurs « réformes ». Il est temps de renforcer la résistance de la
classe ouvrière, des ingénieurs et cadres honnêtes, des patriotes qui constatent avec amertume que tous les
sacrifices de notre peuple pour arracher notre indépendance et en particulier
notre souveraineté pleine et entière sur le Sahara, ont été oubliés et trahis. Si Bouteflika a répété le 24 février devant
des syndicalistes que la politique à laquelle il a été associé dans les années
70 a été nuisible, que le socialisme a échoué
partout dans le monde, que le règne du capitalisme est éternel, c’est
uniquement parce qu’il sait que cette classe ouvrière est l’adversaire
principal de son pouvoir, que tôt ou tard, elle finira par rassembler toutes
les couches de la nation, victimes de la politique de ce pouvoir. Pour empêcher
un tel rassemblement qui sonnerait le glas de sa politique, il veut effrayer toutes
les forces patriotiques capables de rejoindre la classe ouvrière non pour
construire immédiatement le socialisme, ce régime qui libère l’ouvrier de l’exploitation
capitaliste et qui n’a jamais existé dans notre pays, mais pour défendre les
intérêts nationaux et l’indépendance nationale. Pour hâter un tel rassemblement
autour des objectifs nationaux, il est nécessaire de lutter et de résister pied
à pied. Pour combattre leurs adversaires de classe, les ouvriers conscients et
leur parti communiste ne manqueront pas de combattre la propagande mensongère de
Bouteflika sur « l’échec du socialisme » et ses tentatives de
diversion. Ils ne manqueront pas aussi de neutraliser les faux syndicalistes et
les faux défenseurs des travailleurs comme Louisa Hanoun, qui outre sa fidélité
aux fascistes islamistes, fait des déclarations incendiaires mais ne critique
jamais la direction centrale de l’UGTA, ne met jamais en cause concrètement le pouvoir
de la bourgeoisie et préserve curieusement le chef de ce pouvoir. Pour mener à
bien leurs difficiles luttes de classes contre la bourgeoisie compradore avec
les meilleures conditions, les travailleurs ont besoin plus que jamais de leurs
syndicats indépendants du pouvoir pour arracher leurs revendications et d’un
parti qui défend non seulement leurs intérêts mais aussi ceux de toute la
nation.
AMNISTIE : QUE PREPARE
LE POUVOIR ? (national)
Depuis
plusieurs mois nous assistons à une drôle de campagne pour soutenir une
initiative de Bouteflika dont personne ne connaît avec précision les tenants et
les aboutissants. Il s’agit bien sûr de la campagne sur l’amnistie. Ouyahia
déclare qu’il ne connaît pas le projet du Président, ce qui ne l’empêche pas de
proclamer qu’il le soutiendra. Des ministres, des dirigeants du FLN, du RND, du
MSP et d’autres organisations ne cessent de préparer leurs clientèles à un
soutien résolu à un projet qu’ils disent ne pas connaître ! l’Union nationale du
mouvement associatif et la société civile (UNMASC) présidée par Ben Bella et
les associations affiliées organisent aux frais de l’Etat dans les différentes
villes des meetings pour
« expliquer » aux Algériens ce dont il s’agit, sans leur
révéler les intentions véritables du Président de la république. Voilà en quoi
consiste la « bonne gouvernance » dont se réclament nos dirigeants. Tout le monde sait ou croit
savoir qu’il s’agit de « réconciliation nationale » et d’amnistie
pour des milliers de terroristes comme
on n’en a déjà connu par le passé. Mais s’agit-il seulement de cela ? Le
pouvoir ayant évoqué aussi la « réconciliation globale » on peut être
certains que l’objectif est bien plus grave. On peut supposer que le pouvoir
prépare purement et simplement une amnistie pour l’ensemble des crimes qui ont
endeuillé notre peuple pendant plus de 10 ans. Amnistier tous les dirigeants
fascistes, libérer tous les tueurs encore emprisonnés ou recherchés, leur
permettre de retrouver tous leurs « droits » avec naturellement
toutes sortes d’indemnités, les autoriser à reconstituer leurs organisations, à
voter et à solliciter les suffrages des électeurs et pourquoi pas participer au
gouvernement. Voilà, jusqu’à preuve du contraire, ce que nous sommes en droit
de penser d’un projet que les soutiens les plus zélés du Président prétendent
ne pas connaître. Les travailleurs conscients, les forces progressistes, les
victimes du terrorisme, les associations de femmes rejettent par avance tout ce
qui pourrait ressembler à une capitulation pure et simple de tout un peuple,
qui au prix de multiples sacrifices a mis en échec le projet intégriste et
terroriste du FIS, du GIA et autre GSPC. Une telle attitude ne relève d’aucun
esprit de vengeance. Ces forces qui souffrent déjà d’une politique
antipopulaire sur tous les plans, qui ont besoin d’arracher toutes les libertés
démocratiques, qui veulent vivre dans la dignité et la liberté sont convaincues
que le pouvoir de la bourgeoisie bureaucratique inquiet devant la montée du
mécontentement populaire, cherche à travers un projet aussi grave à renforcer sa base pour mieux continuer et
aggraver sa politique antinationale. Les forces progressistes veulent plutôt
rassembler tous les travailleurs et ne rejettent pas une réconciliation avec
ceux d’entre eux qui ont été trompés par les islamistes et leur bras armé mais
réalisent aujourd’hui qu’ils ont servi leurs pires ennemis. Tout le monde se
souvient qu'au moment de la défaite du fascisme hitlérien les dirigeants de
l'Union soviétique, dont les peuples avaient atrocement souffert du nazisme,
avaient déclaré à la veille de terrasser la bête immonde du fascisme que les
"Hitler passent mais le peuple allemand demeure". Pourtant le peuple allemand dans sa majorité
avait été trompé par Hitler. Toutefois,
au lendemain de la deuxième guerre mondiale, un grand travail d'éducation a été
entrepris, notamment en Allemagne de l'est, en étroite collaboration entre
l'armée soviétique et les forces démocratiques et progressistes de cette partie
du pays, pour élever la conscience de ce peuple vis à vis de sa responsabilité
à l'égard des autres peuples. Les
criminels hitlériens ont été jugés et condamnés. En Afrique du Sud un même processus continue
à se dérouler pour juger et condamner les racistes partisans de l'Apartheid qui
ont commis des crimes, pour les amener à les reconnaître avant de les
amnistier. Un travail d'éducation est
entrepris là bas pour annihiler dans la société l'idéologie raciste. L'amnistie ne peut être accordée aux
criminels sans l'accord des victimes et sans un travail d'éducation, dont le
départ commence par la reconnaissance de leurs crimes par ceux qui les ont commis. Sans quoi la tragédie qu'a connue notre
peuple au cours de ces dix dernières années pourra se renouveler. Les représentants au pouvoir des couches
sociales bourgeoises ne sont pas intéressés par un tel processus, parce qu'ils
veulent cacher les motivations politiques, économiques et sociales d'une
tragédie dont la responsabilité leur échoit en partie.
LE PROJET BOUTEFLIK-KHELLIL MET EN DANGER SONATRACH (national)
Le projet de khellil sur la
dénationalisation des hydrocarbures n’est pas nouveau. Il a été révélé au
public depuis plus de 2 ans et avait immédiatement soulevé des inquiétudes dans
tout le pays puisqu’il traçait un trait sur la nationalisation des ressources
énergétiques annoncée le 24 février 1971 par le Président Boumedienne. Les
travailleurs de l’énergie et d’autres secteurs avaient fait une grève massive
pour le rejeter. Les patrons du Forum des entreprises s’étaient également inquiétés des graves conséquences
d’un tel projet pour l’économie nationale. Dans n’importe quel pays, y compris
parmi ceux qu’admirent tant nos bourgeois
et nos petits-bourgeois, mais où un minimum de démocratie existe, cette riposte
claire d’une majorité de l’opinion aurait abouti à la démission du ministre de
l’énergie et au retrait définitif d’un projet aussi antipopulaire. Chez nous
Bouteflika a préféré geler un moment le projet, faire pression sur l’appareil
syndical de l’UGTA, qui s’est empressé de se renier totalement aujourd’hui en
déclarant qu’il a obtenu des garanties sur la non privatisation de Sonatrach !
Ce qui est prévu est bien plus grave que la privatisation de la compagnie
nationale. Désormais c’est la propriété
des gisements qui sera octroyée aux compagnies pétrolières internationales.
D’autre part des garanties sur la non privatisation de Sonatrach, dans un pays
où Ouyahia répète tous les jours que tout doit être privatisé est une
plaisanterie de mauvais goût. Le même
Ouyahia n’a pas manqué de rappeler qu’il n’avait besoin d’aucune nouvelle loi
pour privatiser Sonatrach et qu’il lui suffisait d’ouvrir son capital,
c’est à dire vendre tout ou partie des
actions de la société. En effet Sonatrach est déjà depuis longtemps une société
par actions que notre gouvernement peut vendre à n’importe quel moment. Parmi
les arguments avancés pour faire passer une loi aussi dangereuse, on nous
explique que le sous-sol algérien est très peu exploité, que Sonatrach n’a pas
les capitaux et les moyens pour prospecter partout etc. mais dans ces
conditions pourquoi l’obliger à aller prospecter dans d’autres pays et chercher
à concurrencer les autres grandes compagnies pétrolières ? Ce n’est
certainement pas en lui enlevant ce qui fait actuellement sa force,
c'est-à-dire ses prérogatives actuelles, la haute main sur le marché national pour toutes les activités en aval de
la production et son droit de partager les résultats à hauteur de 51% pour
toutes les découvertes de pétrole réalisées en association avec une compagnie
étrangères qu’on lui permettra de se renforcer. Cette compagnie ne pourra même
pas se défendre sur notre propre sol. Toutes ses activités (production,
distribution, commercialisation) seront concurrencées et probablement d’une
manière déloyale. Les nombreux agents
algériens corrompus de ces compagnies étrangères utiliseront différents moyens pour lui rendre la vie
difficile. On sait que de tels agents, fonctionnaires ou non, ne seront pas
difficiles à trouver dans notre pays. La vérité c’est qu’on veut casser
Sonatrach et permettre aux multinationales de piller nos ressources
énergétiques de la même façon qu’on a cassé et qu’on continue à casser nos
industries. Les mensonges d’Ouyahia, de Khellil et de Bouteflika selon
lesquelles l’Etat aura plus d’argent en taxes et en impôts ne tromperont que
les naïfs. Comment un gouvernement qui vient d’accepter de démanteler toutes
ses barrières douanières, même si c’est progressivement, suite à l’accord
d’association avec l’Union européenne et la perspective d’une adhésion à l’OMC
pourrait exiger de Texaco ou de Total de payer plus ou autant que la compagnie
nationale. Alors que dans un pays comme la Bolivie les travailleurs et les
forces sociales qui ont chassé il y a quelques mois un Président corrompu, qui
permettait aux compagnies étrangères de piller les ressources énergétiques du
pays exigent aujourd’hui la nationalisation pure et simple de ces ressources
nos dirigeants relayés quotidiennement par des plumitifs conscients ou
inconscients nous expliquent que dans le monde d’aujourd’hui on ne peut parler
ni de nationalisation, ni de socialisme, ni de défense des intérêts nationaux.
Bouteflika est allé jusqu’à affirmer que
ce projet « nous a été imposé » reconnaissant par là lui-même qu’il
s’agit d’un projet antinational. En ajoutant que si à l’expérience on se
rendait compte qu’il s’agit d’une mauvaise loi, on la changerait, il prend les
Algériens pour des imbéciles. En effet par quel miracle un Président qui
reconnaît qu’il accepte docilement de se plier aux injonctions des
multinationales pourrait-il demain les défier et chasser les compagnies qu’il a
lui-même installées dans le pays ?
L’aveu de Bouteflika n’est
qu’une preuve publique que le pouvoir de la bourgeoisie compradore est
incapable de résister aux pressions de
l’impérialisme et du grand capital international. Cet aveu de taille montre que
la lutte contre les pressions impérialistes et la politique mise en œuvre par
les couches dirigeantes qui préfèrent sauvegarder leur pouvoir et leurs
intérêts de classe, au détriment de ceux de toute la nation, ne peut être menée
que par les adversaires les plus résolus de l’impérialisme et du capitalisme
international. Parmi ces adversaires on sait que la classe ouvrière joue et
jouera de plus en plus le rôle principal. Il n’est pas étonnant que le pouvoir
fasse tout pour essayer de la neutraliser. Caporaliser ses syndicats, bafouer
les libertés syndicales, remettre en cause le droit de grève, affaiblir son
pouvoir d’achat, faciliter sa surexploitation en facilitant le travail au noir
et menacer son système de protection sociale, tout cela n’empêchera pas la
lutte de classe de se développer.
Cette lutte difficile pour les revendications
sociales et pour remettre en cause toute la politique du pouvoir serait grandement
facilitée par l’influence du parti de la classe ouvrière. Face aux partis de la
bourgeoisie, seul un tel parti peut organiser les travailleurs, soutenir
résolument leurs revendications légitimes, leur faire prendre conscience de
leur force, les aider à combattre la
propagande mensongère selon laquelle nous sommes condamnés à accepter
indéfiniment les diktats des milieux impérialistes. Ces milieux qui n’hésitent pas à nous déposséder
ouvertement de nos ressources énergétiques et nous transformer en esclaves.
Seul un tel parti peut aider la classe ouvrière à rassembler toutes les couches
sociales intéressées au changement. La loi Khellil-Bouteflika, adoptée sans
débat à l’APN, est une véritable provocation dirigée contre l’intérêt national.
Si Bouteflika fait de la démagogie en prétendant qu’il la changera si elle se
révélait mauvaise, les travailleurs, tous les travailleurs et toutes les forces
progressistes et patriotiques l’aboliront un jour ou l’autre et évinceront du
pouvoir ceux qui livrent honteusement nos richesses à l’étranger. Notre peuple
n’a pas sacrifié ses meilleurs enfants pour accepter aujourd’hui de voir un tel
retour en arrière.
SE RASSEMBLER ET SE MOBILISER POUR COMBATTRE
ET METTRE EN ECHEC LA DECISION DU GOUVERNEMENT
DE DENATIONALISER LES HYDROCARBURES (appel du
PADS)
Notre parti a publié le 26 février une importante déclaration pour appeler au
rassemblement et à la mobilisation des travailleurs, des forces progressistes
et patriotiques contre la loi Bouteflika-Khellil
Nous la reproduisons ci-dessous.
Le pouvoir dirigé par Bouteflika vient de jeter le
masque. Il vient de trahir
les intérêts nationaux en adoptant une nouvelle
loi qui ouvre la voie à la
dénationalisation des hydrocarbures.
Il a pris cette décision à l’occasion, presque
jour pour jour, du 34 ème
anniversaire de la nationalisation des
hydrocarbures, le 24 février 1971
par Boumediene. La nouvelle loi met fin au système
qui oblige une
compagnie étrangère à s’associer à la compagnie
nationale SONATRACH
pour exploiter un gisement d’hydrocarbures. Ce
système limitait à un
maximum de 49% la part qu’elle pouvait détenir
dans cette association.
Avec 51% de parts, la compagnie nationale pouvait
contrôler la politique
d’exploitation et de commercialisation du pétrole.
Désormais, une
compagnie étrangère peut détenir au moins 70% de
la propriété du pétrole
découvert. La nouvelle loi abolit aussi le
monopole jusque-là exercé par
SONATRACH dans le secteur du transport des
hydrocarbures. Elle permet
au capital étranger ou national privé d’avoir la
propriété des canalisations.
En application de cette nouvelle loi, le gaz et le
pétrole vont donc devenir,
pour une part essentielle, la propriété des
multinationales. Le prix du
pétrole ne sera plus décidé au sein de l’OPEP. Il
dépendra des intérêts
exclusifs des multinationales. L’Algérie devra se
contenter de percevoir
des royalties d’autant plus faibles que le
gouvernement prévoit de rendre
la fiscalité pétrolière plus « incitative » aux
yeux du capital étranger,
c’est-à-dire plus faible.
Bouteflika est venu défendre sa loi au siège de la
centrale syndicale UGTA,
là même où le chef d’Etat défunt avait proclamé
les mesures qui avaient
mis fin au pillage des ressources pétrolières du
pays par les compagnies
pétrolières françaises et américaines. Il n’a pas
choisi par hasard cette
date et ce lieu hautement symboliques pour
remettre en cause un acquis
fondamental des luttes pour la récupération des
richesses naturelles de
l’Algérie. Il a voulu signifier son allégeance aux
dirigeants des pays
impérialistes, américains notamment.
Depuis son arrivée au pouvoir il a patiemment
manoeuvré pour arriver à
ses fins. Son ministre de l’Energie, ancien
fonctionnaire de la Banque
mondiale et, en cette qualité, l’un des
responsables du chaos argentin,
s’était ingénié à faire admettre aux citoyens mal
informés ou intoxiqués
par sa propagande que le retour au système des
concessions était dicté
uniquement par des impératifs d’efficacité et des
contraintes de
financement. Bouteflika n’a pas cherché à se
cacher derrière des
arguments aussi fallacieux. Exagérant le caractère
défavorable du rapport
des forces à l’échelle internationale Il a déclaré
toute honte bue qu’il
n’avait pas l’intention de résister aux pressions
de la plus grande
puissance mondiale. Il a prétendu que cette mesure
allait permettre à
l’Algérie d’éviter de subir le même sort que
l’Irak, de se protéger contre
les tirs des missiles américains! Alors qu’aucune
menace publique n’a été
brandie contre l’Algérie par Bush dont les troupes
sont embourbées en
Irak, Bouteflika proclame la reddition de
l’Algérie par anticipation. Il engage
autoritairement le pays dans la voie de la perte
de sa souveraineté
économique et de l’appauvrissement sans permettre
aux masses
populaires et aux citoyens de dire leur mot, de
manifester un avis
différent du sien, d’exprimer leur disponibilité à
défendre les intérêts de
leur pays et l’avenir de leurs enfants, de
résister à toute pression
extérieure.
Jamais un chef d’Etat algérien n’était allé aussi
loin dans le mensonge, le
mépris pour le peuple, la forfaiture et la
soumission aux intérêts
impérialistes.
Bouteflika n’a pas agi seul. Il a fait adopter
cette nouvelle loi en tant que
représentant des classes dirigeantes qui se sont
enrichies en pillant le
pays, en volant ses richesses. Apeurées par les
puissances impérialistes
et cherchant aussi le soutien de ces dernières
pour maintenir leur propre
peuple sous leur domination et continuer à
s’accaparer en toute impunité
des biens de la nation, elles viennent de basculer
dans la trahison pure et
simple. En contrepartie de leur offre de service,
elles comptent recevoir
une part des revenus pétroliers sans se préoccuper
du sort du reste de la
population.
Les dirigeants aux ordres de l’appareil central de
l’UGTA ont tous avalisé
ces décisions antinationales. Aucun travailleur ne
s’étonne qu’ils se soient
mis à plat ventre. De nombreux membres de cet
appareil sont compromis
dans des affaires de corruption. D’autres sont
tenus par le chantage au
détachement syndical permanent, appâtés par des
faveurs mesquines ou
terrorisés par la machine de la coalition
présidentielle. Ces pseudos
syndicalistes se sont définitivement discrédités
en approuvant les
décisions du pouvoir.
Le Parti algérien pour la démocratie et le
socialisme qui a été parmi les
premiers à mettre en garde contre le danger de la
dénationalisation des
hydrocarbures dès l’année 2000 appelle l’ensemble
des classes
laborieuses, des forces patriotiques qui ont
conscience que le pays vient
d’être engagé dans une voie sans issue à se
rassembler et à se mobiliser
pour mettre en échec cette loi. Il les appelle à
faire pression sur les
députés qui ont encore un minimum de conscience
patriotique, pour qu’ils
refusent d’entériner le coup de force de
Bouteflika. Il les appelle à
continuer le combat même si ces derniers devaient
le légaliser.
l'eau : Prochaine
cible pour la privatisation (national)
On sait combien sont
cruciaux dans notre pays les problèmes de l'eau, particulièrement au printemps,
en été mais aussi en automne du fait des grosses chaleurs. Généralement, l'insuffisance de pluie, de
barrages, de réservoirs et de puits provoque des pénuries quasi permanentes
dans l'agriculture et chez les habitants d'Alger, et d'autres régions du pays.
Le pouvoir aurait lancé un
appel d'offre international, mais il semble d'ores et déjà que les dés soient
jetés et que le groupe français Suez ait les faveurs de nos « décideurs ».
Cette entreprise, une des
plus puissantes du monde, aurait en charge la maintenance, l'assainissement et
la gestion des eaux potables de la capitale dans un premier temps. Si les résultats sont satisfaisants, les
travaux à entreprendre dans les autres grandes villes du pays lui seraient également
confiés.
Le ministre des Ressources
en eau affirme que les pertes sont évaluées à 40 % en raison d'une mauvaise
gestion et de la vétusté du réseau. Et
pour justifier sa décision de se débarrasser de la gestion des eaux, il assure
qu'il est « fondamental de faire appel à une entreprise étrangère »
Mais à qui fera-t-on croire
qu'il ne se trouve pas en Algérie, à condition de leur en donner les moyens,
des hommes capables de résoudre ces problèmes ? Tous nos ingénieurs, tous nos
cadres, tous nos ouvriers travaillant dans ce domaine seraient donc des
incapables ?
De fait, il s'agit une fois
encore d'accélérer la course aux privatisations par tous les moyens, y compris
et en premier lieu, en accordant de gros marchés (en vérité, d'énormes cadeaux !)
aux multinationales étrangères.
Evidemment, l'augmentation
du prix du mètre cube sera immédiate
Or, on sait par expérience,
souvent douloureuse, les conséquences de ces privatisations déguisées et
imposées par le FMI. Par exemple, en ce
moment même en Bolivie, particulièrement à Alto, une ville de 890 000
habitants, le peuple se bat pour retirer la gestion de l'eau qui a été confiée
à une multinationale et dont les travaux de maintenance ont été désastreux
quand ils ont été réalisés. Quant à la
gestion, elle est aussi inefficace, sauf quand il s'agit d'augmenter
outrancièrement les prix à la consommation.
Les Boliviens en savent quelque chose. Cette société n’a pas respecté
son contrat qui stipulait qu’elle devait employer une partie des bénéfices
réalisés pour l’élargissement du réseau de distribution d’eau en se dotant de
moyens matériels plus importants. Ce réseau de distribution n’a pas progressé
et de nombreux villages ou quartiers dans les villes restent sans eau.
Le projet de constitution de l’Union européenne : Libéralisme
pour plusieurs générations. (encadré)
Les 25 pays
membres de l’Union européenne ont décidé de se donner une constitution.
Certains pays l’ont déjà adopté par voie parlementaire ou par référendum. C’est
en France, l’un des grands pays de cette Union, que ce projet de constitution se
heurte à une opposition croissante de la part des travailleurs et de nombreux citoyens qui
voient dans cette loi fondamentale que leurs acquis sociaux dans tous les
domaines sont menacés. En effet le projet de constitution ne traite pas seulement de la réforme du
système institutionnel : un président du conseil, un ministre européen des
affaires étrangères, un nouveau mode calcul de la majorité requise pour prendre
une décision au Conseil des ministres, les pouvoirs du Parlement européen,
etc... Dans de nombreux articles il n’est question que de marché unique, de
libre circulation des capitaux et de « concurrence non faussée ». On
demande même au Parlement européen de s’efforcer « de réaliser l’objectif
de libre circulation des capitaux entre États membres et pays tiers, dans la
plus large mesure possible » Il est en outre précisé dans ce projet qu’au
plan de la défense, l’Union européenne ne s’écartera pas de l’OTAN. La clause
de révision de ce texte est pratiquement inapplicable parce que pour tout
changement il faudrait l’accord des 25 gouvernements et des 25 Parlements. Pour
toutes ces raisons des salariés, des agriculteurs, des intellectuels et de
nombreuses organisations politiques, syndicales, culturelles, françaises
appellent au rejet de ce projet. De
nombreux français d’origine algérienne, ont décidé de voter non au référendum
du 29 mai prochain.
Pas de liberté véritable pour la femme à l’ombre du
pouvoir despotique compradore (national)
Depuis
quelques jours, le conseil des ministres a entériné la décision présidentielle
concernant l’amendement du code de la famille, qui a préservé la primauté de
l’accord du tuteur avant le mariage, et par la même montré son soutient au
franges islamistes qui ont surveillé les développements depuis l’apparition du
projet, et se sont opposées à tout amendement qui remette en cause les
fondements de la charia islamique. Et voila le président Bouteflika qui, dans
son discourt célébrant la journée internationale des femmes à l’hôtel Aurassi,
devant de nombreuses femmes, réaffirme son ralliement aux propositions qui
maintiennent la primauté de la charia islamique.
En
annonçant son ralliement aux positions du courant islamiste, Bouteflika a
fermement refusé les revendications des associations de femmes et des courants
démocratiques et progressistes, qui ont vu dans le maintien du tutorat une
offense à la femme et un mépris de sa condition. Et les justifications
employées ne se sont pas démarquées de celles des islamistes, avec
l’affirmation suivante : « Je n’avais pas à écarter l’être de la
volonté du créateur », ou « Je ne compromettrai pas la satisfaction
de Dieu vis-à-vis d’une de mes sœurs ». Par ailleurs, il a encore exprimé
son refus d’ « imiter » les voisins qui ont octroyé davantage de
liberté aux femmes, ainsi que son affirmation qu’il appartient à un pays qui
accorde une grande importance aux traditions religieuses dans tous les secteurs
de la vie.
Dans
le même temps que son refus d’imiter les voisins, on le vois succomber aux
pressions islamistes et se soumettre à des traditions archaïques, et
particulièrement au sujet du tuteur, dont le maintien représente une atteinte à
la dignité des femmes. La condition du maintien du tuteur dans l’acte de
mariage était un pré requis pour maintenir la femme dans son statut et
justifier sa soumission à l’homme. Partant de la, il n’a pas hésité a exprimer
franchement son refus d’octroyer aux femmes davantage de responsabilités
politiques, en arguant leur manque de compétences dans la pratique politique,
mais il a cependant exclu de ce refus- par souci d’illustration seulement-
Louisa Hanoun, la dirigeante du parti des travailleurs, dont il a dit à son
sujet : « c’est une politicienne et demi », et qu’il aurait un
gouvernement à majorité féminine s’il avait trouvé 20 femmes de sa trempe.
En
fait, l’amendement du code de la famille, même s’il enregistre de minimes
progrès comparé au code rétrograde produit en 1984, comme le droit de garde, le
droit au logement au mères bénéficiant de la garde, l’égalité dans l’age de
mariage, le divorce, il assoie dans son contenu central l’inégalité entre
l’homme et la femme, bafouant ainsi les textes constitutionnels. Il maintient la polygamie, après y avoir mis des
conditions, comme l’accord du juge, ou l’absence totale de traitement de
l’égalité devant l’héritage, préférant la tromperie qui frappe la femme dans
les domaines politiques, économiques et sociaux.
Bien
que le projet d’amendement dans sa forme finale parait être une tentative
d’imposer une solution médiane entre les positions des conservateurs et
celles des modernistes au sein de l’aile
du pouvoir, ce nivellement penche généralement vers les forces conservatrices
et fondamentalistes, du fait que le projet part d’une plate forme religieuse
conservatrice qui refuse le changement de fond de la position de la femme, ce
qui va de pair avec les exigences de la vie moderne.
Fondamentalement,
le projet doit partir du principe de l’égalité énoncé par la constitution, et
le degré de développement arraché par les femmes dans la société. La
constitution assure les libertés individuelles et collectives, et énonce
clairement l’égalité entre les deux sexes, ce qui exclu l’oppression des femmes
et son double esclavage : vis-à-vis de l’homme, et vis-à-vis de sa
situation sociale dégradée.
Cependant,
la situation politique, économique et sociale, engendrée par la bourgeoisie
compradore gouvernante ne permet pas la réalisation de cette égalité entre
l’homme et la femme. Les amendements compris dans l’ordonnance présidentielle
ne sont que formelles et superficielles, et c’est tout ce que ces classes
gouvernantes et leurs alliés fondamentalistes et conservateurs peuvent offrir.
Cette
plate forme n’est pas une innovation politique dans la pratique de ces franges.
Du point de vue historique, on voit que la classe bourgeoise en Europe, durant
sa montée au pouvoir au 19° siècle, en s’alliant avec la classe ouvrière et les
masses laborieuses, a reconnu de nombreux droits aux femmes comparé à sa
situation durant le règne féodal, puis a rapidement réduit ces droits pour
préserver ses intérêts de classe. Elle a imposé à nouveau d’anciennes lois pour
préserver la propriété privée.
Grâce
à ses luttes dans les lieux de travail et dans tous les secteurs, la femme a pu
arracher dans les pays d’Europe beaucoup de droits politiques, économiques et
sociaux.
Dans
notre société, actuellement dominée par une bourgeoisie inféodée à
l’impérialisme, à ses sociétés multinationales et aux idées les plus
réactionnaires, fondamentalistes et islamistes,
qui exposent à l’oppression et à l’exploitation, la lutte pour que se
réalise l’égalité entre l’homme et la femme est très difficile.
Malgré
cela, les femmes, les travailleurs, les progressistes et toutes les forces qui
soutiennent la libération de la femme ne se satisfont pas de ces amendements
formels, qui représentent un choix médian. Ils vont poursuivre et intensifier
la lutte plus que jamais pour un changement profond du code de la famille, vers
l’égalité et le progrès social. Ils lutterons pour isoler les forces
fondamentalistes et rétrogrades qui n’abandonneront pas facilement le combat.
En
conclusion, nous saluons le combat des femmes à l’occasion de la journée mondiale de la femme,
dans notre pays comme dans de nombreux pays du monde. Dans les pays arabes, ou
les femmes se rassemblent de plus en plus pour vivre dans la liberté, et contre l’occupation et
l’agression impérialiste (en Palestine et en Irak), comme dans d’autres régions
du monde où elle reste la première victime de la « mondialisation »
et de l’exploitation capitaliste, y compris dans les grands pays industrialisés.
LES FEMMES TRAVAILLEUSES LUTTENT POUR LEURS DROITS
(national)
La commission des femmes
travailleuses de l’UGTA a organisé le 18
décembre au siège de la centrale syndicale à Alger un séminaire national sur
les droits professionnels et juridiques des femmes travailleuses
Les travaux ont porté sur le code de la famille et les
amendements proposés par le gouvernement, l’application de la Convention
internationale pour l’élimination de toute forme de discrimination à l’égard
des femmes signée par l’Algérie mais avec des réserves et enfin sur le
processus de privatisation des entreprises publiques qui menace les femmes
travailleuses. Soumia Salhi, la présidente de la commission UGTA des femmes
travailleuses, a rappelé dans son allocution d’ouverture que le code de la
famille actuel menace directement les droits professionnels et les droits
civiques des femmes. Pour elle « L’égalité reconnue par la Constitution et
par tous les compartiments de la législation est suspendue (...). Que
reste-t-il de nos acquis lorsque le droit de disposer de sa vie n’est pas
reconnu lors du mariage ou du divorce, lorsqu’une mère qui veut travailler
risque de perdre la garde de ses enfants ? »,
Tout en soutenant les amendements proposés par le
gouvernement qui constituent selon elle une avancée, elle a demandé
l’abrogation de toutes les lois qui empêchent une égalité réelle entre l’homme
et la femme.
La présidente a
rappelé que la précarité de l’emploi tend à se généraliser dans les secteurs
public et privé. La généralisation des contrats à durée déterminée (CDD) depuis
plusieurs années ou les emplois jeunes
payés en dessous du SNMG en violation de la légalité touche
particulièrement les femmes. Elle a précisé que le projet de statut de la
Fonction publique et les privatisations aggraveront cette situation. Ces
déclarations confirment que les
femmes travailleuses et les familles populaires payent le plus lourd tribut à
toute la politique du pouvoir. En effet elles ne sont pas seulement victimes du
code de la famille mais c’est elles qui souffrent le plus de toute la politique
économique et sociale mise en œuvre depuis des années. Le chômage et la misère
les frappent de plein fouet. La vie chère, les difficultés pour soigner les
enfants ou les habiller deviennent insupportables. Elles payent durement toutes
les conséquences des restrictions budgétaires et sont contraintes bien souvent
d’accepter n’importe quel travail pour nourrir leurs enfants. Les femmes sont
les premières victimes du développement du travail au noir et des activités
informelles contre lesquelles le gouvernement ne fait vraiment pas grand-chose.
Si le pouvoir hésite à faire voter par l’assemblée nationale les quelques
avancées contenues dans ses projets d’amendement au code la famille, c’est
aussi et surtout parce qu’il veut créer toutes les conditions pour accélérer sa
politique de bradage. Pour lui l’heure est à l’union de toutes les forces de la
bourgeoisie, intégristes ou non, pour détruire le secteur public ou brader les
ressources énergétiques. Les femmes travailleuses n’ont donc rien à attendre de
bon de la part de ces forces pressées d’en finir avec tous les acquis. Sans une
lutte résolue et dans l’union avec tous les travailleurs et toutes les forces
progressistes, la précarité et toutes les injustices qu’elles subissent aura
tendance à s’aggraver. Avec tous les travailleurs conscients et tous les
syndicalistes honnêtes elles prendront toute leur place dans le combat pour
mettre en échec les projets du pouvoir. Elles s’opposeront aux dirigeants
centraux de l’UGTA qui manoeuvrent pour tromper les salariés. Elles sont les
mieux placées pour savoir que les privatisations liquideront des milliers
d’emplois contrairement aux déclarations mensongères de ces dirigeants qui ont
complètement jeté le masque. Dans de nombreux secteurs les femmes ont montré
lors de récentes grèves qu’il fallait compter avec elles malgré la répression
qu’elles ont affrontée avec courage. Aux côtés de tous les travailleurs et de
toutes les forces progressistes la participation des femmes travailleuses à cette lutte aura tôt ou tard des
conséquences heureuses pour tout notre peuple. Elles pourront arracher enfin leurs droits, tous leurs
droits. Les luttes seraient grandement facilitées par la mise sur pied d’une puissante
union démocratique et progressiste qui rassemblerait toutes les femmes, celles
qui ont un emploi et celles qui sont au foyer, pour l’égalité des droits avec
les hommes et pour leurs revendications sociales, économiques et culturelles
qui leur sont propres. Les femmes travailleuses devraient prendre en charge une telle organisation.
LES
FEMMES SONT LES PREMIERES VICTIMES DU CHÖMAGE (encadré)
Selon
des statistiques officielles 25% des personnes qui activent dans des activités
informelles sont des femmes. Le CNES qui rapporte ces chiffres constate que
« la crise nationale de l’emploi structuré force les femmes à investir les
activités informelles et le travail non déclaré » Cet organisme rapporte
également que l’accroissement annuel moyen du chômage féminin est de 11% alors
qu’il est de 4,8% tous sexes confondus.
La
conclusion majeure du CNES est que l’emploi féminin continue de se caractériser
par « une faible participation à l’activité économique, en référence à sa
proportion dans la population totale, autant que par sa forte présence au bas
de la pyramide économique ».
ALLOCATIONS
FAMILIALES : UNE DECISION
SCANDALEUSE (national)
La dernière tripartite Ouyahia, Sidi
Saïd et les patrons s’est soldée par de nouveaux reculs pour les travailleurs.
Le secrétaire général de l’appareil central de l’UGTA n’a rien obtenu ou plutôt
n’a rien demandé. Pire il a scellé ce que nos dirigeants appellent le
« pacte social », c'est-à-dire qu’il s’est engagé à bloquer toute
lutte des travailleurs pour leurs revendications légitimes. Pour bien nous
montrer en quoi consiste cette union entre les exploiteurs et les exploités, Ouyahia
a décidé de refuser d’abroger le décret
87 bis, qui permet d’inclure dans le maigre salaire minimum toutes sortes
d’indemnités, ce qui signifie que cette notion de salaire minimum n’a plus
aucun sens. Ces réunions de la tripartite, de plus en plus formelles, sont
devenues un simple moyen de faire croire que le gouvernement « négocie »
avec les représentants des travailleurs sur leurs revendications. Plusieurs
semaines avant ces réunions Sidi Saïd et ses amis, Ouyahia et ses ministres,
multiplient leurs déclarations trompeuses sur leurs intentions réelles et
annoncent solennellement après la réunion les résultats de la
« négociation ». De telles méthodes ont naturellement pour but de
démobiliser les travailleurs, de renforcer le découragement et l’attentisme
dans leurs rangs. Il en sera toujours ainsi tant que les salariés n’imposeront
pas par leurs luttes et leurs sacrifices que des négociations véritables sur
leurs revendications légitimes aient lieu avec leurs représentants
authentiques, et non avec des dirigeants syndicaux dont le rôle consiste de
plus en plus à les démobiliser. En attendant Ouyahia utilisera toujours ces réunions
pour annoncer de mauvais coups contre les travailleurs et leurs familles et
fera toujours les mêmes commentaires qui consistent en général à répéter que
l’Etat n’a pas d’argent pour satisfaire telle ou telle revendication ou justifier
une nouvelle aggravation du pouvoir d’achat des salariés. Pour justifier la décision de mettre à la charge des employeurs
les allocations familiales Ouyahia a ajouté un autre argument. Il aurait
déclaré « qu’il est inacceptable que l’Etat continue à payer les
allocations familiales à la place des entreprises étrangères installées en
Algérie ». Cette démagogie de la part d’un gouvernement qui n’a rien à
refuser aux multinationales, qui veut leur vendre toutes nos entreprises, qui n’hésite
pas à leur offrir moyennant quelques dollars nos richesses énergétiques, veut
faire croire que sa décision autoritaire sur les allocations familiales serait motivée
par sa volonté de faire payer des sociétés à qui il a tout permis pour qu’elles
s’installent chez nous ! En réalité ce qui intéresse Ouyahia c’est de
diminuer encore les dépenses sociales de l’Etat, quelles que soient les
conséquences pour les travailleurs et leurs familles. Dans un pays où le chômage
fait des ravages, les patrons hésiteront à recruter désormais des pères ou des mères de
famille surtout ceux et celles qui ont beaucoup d’enfants. Le travail au noir,
contre lequel le gouvernement prétend se mobiliser va connaître une nouvelle
extension. Même certaines entreprises qui déclarent leurs employés ne payeront
pas toujours ces allocations familiales sous différents prétextes. D’autre part
que se passera-t-il pour les retraités, les titulaires de pensions, les
accidentés du travail, les invalides, et toutes les personnes inactives ? Les
travailleurs ne sont pas opposés à la contribution des employeurs étrangers ou
nationaux aux allocations familiales mais, dans un pays où nos ministres eux-mêmes,
parlent régulièrement de fraude et d’évasion fiscale de la part de nombreux
employeurs, tout en ne prenant aucune mesure sérieuse contre eux, il faut
s’attendre à de nouvelles difficultés pour les
familles populaires. Les
travailleurs et leurs familles suivront avec vigilance l’application d’une
mesure qui risque de porter nouveau un coup à leur pouvoir d’achat. Ils
exigeront du pouvoir qu’en aucun cas ils soient privés de leurs maigres
allocations familiales. Ils exigeront aussi la revalorisation régulière de ces
allocations dont le montant doit tenir compte du coût de la vie.
SOLIDARITE
AVEC LA PALESTINE
LA
POLITIQUE DE SHARON N’A PAS CHANGE
Le
peuple palestinien est toujours privé de
ses droits nationaux. Après sa réunion à Charm-el-Cheikh
avec Mahmoud Abbas, Sharon maintient sa politique de colonisation et n’a rien
changé sur le fonds. La construction du
mur de la honte continue. Des milliers de prisonniers croupissent
toujours en prison et Sharon, toujours soutenu par Bush, y compris dans ses
projets de construction de nouvelles colonies, attend maintenant que les pays
arabes normalisent leurs relations avec Israël. Certains d’entre eux n’hésitent pas à aller dans ce sens avant
même tout accord de paix avec les Palestiniens et avant même toute reprise des
négociations sur les principales aspirations d’un peuple qui exige la reconnaissance
de ses droits nationaux légitimes. Moubarak et le roi Abdellah ont envoyé leurs
ambassadeurs les représenter en Israël et Benali a invité Sharon à visiter la
Tunisie ! La Jordanie a même essayé lors de la récente conférence d’Alger de pousser les chefs
d’Etat arabes à renoncer officiellement à la position affirmée au sommet de
Beyrouth en 2002 (évacuation des territoires occupés en échange de la paix avec
Israël). Il n’est pas difficile de comprendre que le rejet de la proposition
jordanienne et la réaffirmation de la position de Beyrouth à Alger s’explique
avant tout par la fermeté des masses populaires arabes et leur soutien au
peuple palestinien. La colère des progressistes et des masses populaires
tunisiens contre l’invitation à Sharon est un exemple de cette fermeté. Il
reste que les amis du peuple palestinien dans le monde entier ne peuvent
oublier que dans la conjoncture
internationale actuelle leur action est irremplaçable. Il faut continuer à
exiger plus que jamais l’arrêt de la construction des colonies, du mur de la
honte, la libération des prisonniers, le respect des résolutions de l’ONU sur
la Palestine, l’arrêt des pressions impérialistes américaines sur les pays
arabes et la création de l’Etat palestinien avec Jérusalem-est pour capitale.
Journée
de solidarité à Nanterre (France) (autre
article)
Une
journée de solidarité avec la Palestine, et de lutte contre tous les
colonialismes, organisée par France Palestine, l’ACCA (Association des
Combattants de la Cause Anticoloniale) et d’autres associations, s’est déroulée
le 12 mars dernier à Nanterre, dans la banlieue parisienne en présence de Leila
Chahid et d’Henri Alleg. L’AARF (Association des Amis d’Alger Républicain en
France) a participé à cette journée et a tenu un stand d’échanges et de
diffusion du journal. Un public nombreux a assisté à cette journée. De nombreux
jeunes présents ont montré beaucoup d’intérêts pour ce genre de manifestations.
Un film présentant les refuzniks israéliens a
été projeté, et les nombreux participants ont pu tenir un échange avec certains
de ces jeunes israéliens présents, qui ont évoqué leurs espoirs, et les raisons
qui les ont poussés à refuser de s’enrôler dans l’armée coloniale israélienne.
Henri
Alleg, d’autres personnalités de l’ACCA,
le journaliste et auteur Jean Luc Enaudie se sont adressés aux participants.
Ils ont relaté l’exemple du colonialisme français en Algérie, pour montrer la
résurgence et la multiplication des formes de colonialisme aujourd’hui, ainsi
que leurs agressivités, qui minent les aspirations des peuples et les empêchent
d’avancer vers le progrès. Ils ont ensuite appelé l’importance du soutien
multiforme au peuple palestinien, qui fait face aux agressions et à la
colonisation.
L’activité
de France- Palestine a été soulignée et présentée aux participants.
Leila Chahid a pris ensuite
la parole pour saluer l’assistance et tous les français solidaires du peuple
palestinien. Elle est revenue sur la disparition de Yasser Arafat et a
développé les enjeux actuels et les défis que doit relever aujourd’hui
l’Autorité palestinienne. Elle a
également rappelé qu’ Ariel Sharon a été durant toute la dernière période la
véritable barrière au dialogue et aux avancées palestiniennes. Ensuite elle a
adressé un message d’affection pour le peuple frère algérien, en insistant sur
ce que représentait pour elle l’exemple algérien, dans sa guerre contre le
colonialisme, et dans ses positions historiques en faveur de la Palestine.
La soirée s’est prolongée
autour d’un concert du groupe Diwane de Bechar, qui a agrémenté la soirée.
IRAK :
2 ANS DE GUERRE ET D’OCCUPATION (internat)
A
l’occasion du deuxième anniversaire de la guerre d’agression contre le peuple
irakien, des dizaines de manifestations ont eu lieu dans de nombreuses villes
du monde. A New York, à Londres, à Rome, à Athènes, Istanbul ou Montréal, des
dizaines de milliers de citoyens ont exigé à nouveau des impérialistes
américains et de leurs alliés l’arrêt de la guerre faite au peuple irakien et
la fin de l’occupation. Cette occupation se solde aujourd’hui par des dizaines
de milliers de morts irakiens, des destructions en tout genre, un chômage
massif et une insécurité quotidienne. Il est aujourd’hui prouvé que cette
guerre, déclenchée le 20 mars 2003, malgré l’opposition d’une grande majorité
de l’opinion internationale et de nombreux alliés des Etats-Unis, n’avait
aucune justification. Les agresseurs
eux-mêmes ont été obligés de reconnaître
que les fameuses armes de destructions massives n’existaient pas en Irak
et que ce pays n’abritait pas à cette date des terroristes d’Elquaïda. Or c’est
avec de tels prétextes, étayés par des « preuves » fabriquées de
toutes pièces que Bush a envoyé ses soldats détruire un pays souverain et dont
l’existence est bien plus ancienne que les Etats-Unis eux-mêmes. Si les
impérialistes américains et anglais n’avaient aucune raison valable d’attaquer
l’Irak, ils n’en ont pas non plus pour continuer à l’occuper malgré la volonté
de son peuple. Cette volonté s’est exprimée dès le premier jour et continue de
s’exprimer de manières diverses. Qu’ils résistent pacifiquement ou
militairement, qu’ils aient voté ou non, qu’ils soient chiites ou sunnites,
arabes ou Kurdes, les Irakiens rejettent l’occupation. C’est leur faire injure
que de croire qu’à l’exception des agents corrompus, il y aurait une partie
quelconque de la population qui souhaiterait que leur pays devienne purement et
simplement une colonie. Ce peuple qui a souffert de la dictature, des guerres,
de l’embargo criminel impérialiste qui a causé la mort d’un million d’enfants,
réclame aujourd’hui tout à la fois, le départ des troupes étrangères, la
liberté et une réelle démocratie pour tous ses enfants. Cette démocratie n’a
rien à voir avec celle que voudrait installer Bush dans les pays arabes. Ce
peuple ne veut ni du pillage de ses ressources énergétiques, véritable raison
de la guerre et de l’occupation, ni d’une dictature quelconque, ni d’un régime
obscurantiste. Les véritables amis du peuple irakien, qui ont soutenu son
combat et celui de ses forces progressistes et patriotiques, bien avant le 20
mars 2003, ne peuvent que soutenir ces aspirations légitimes, toutes ces
aspirations. Ce peuple à l’histoire millénaire n’a besoin ni d’occupation, ni
de tutelle, ni de leçon de résistance à recevoir de qui que soit. Il a surtout
besoin d’aide dans sa lutte multiforme pour reconstruire son Etat et ses
infrastructures, récupérer sa souveraineté pleine et entière, utiliser ses
ressources pour développer son économie, vivre dans la paix et la sécurité et sortir enfin du cauchemar qu’il vit
actuellement. C’est pourquoi nous continuerons à exiger le départ des troupes
étrangères, à condamner les crimes de ces troupes à soutenir la résistance
véritable des forces patriotiques irakiennes, résistance à ne pas confondre avec
les actions des partisans de l’ancienne dictature qui terrorisent les femmes,
les progressistes ou de simples citoyens dans les églises ou les mosquées
d’Irak sous prétexte de lutter contre l’ennemi. Bush utilise sa guerre contre
l’Irak pour menacer tous les peuples qui refusent ses diktats et en particulier
ceux qui possèdent des richesses énergétiques. Chez nous des dirigeants prétendent
mensongèrement êtres terrorisés pour justifier leur abandon des intérêts
nationaux. C’est pourquoi le soutien pour le succès du peuple irakien et
l’échec de l’impérialisme en Irak n’est pas un simple acte de solidarité
internationaliste. Ce succès sera aussi une grande contribution à nos propres
luttes.
LIBAN : LE PARTI COMMUNISTE PRESENTE
UNE INITIATIVE DE SAUVEGARDE NATIONALE (intern)
La
situation au Liban préoccupe de plus en plus l’opinion progressiste mondiale et
tous les patriotes arabes qui s’inquiètent de l’immixtion des puissances
impérialistes dans les affaires de ce pays après le vote de la résolution 1559
exigeant l’évacuation immédiate des troupes syriennes. Après l’assassinat de
l’ancien premier ministre Rafic Hariri, les dangers qui menacent la stabilité
de ce pays et l’unité de son peuple se sont aggravés. Pour faire face à ces
dangers le Parti Communiste Libanais a
présenté, le 22 février, lors d'une conférence de presse tenue à son siège central,
une initiative politique dont nous reproduisons pour nos lecteurs quelques
extraits.
« Le
Liban vit des moments historiques d'une gravité accrue, à la suite du crime
perpétré contre l'ex Président du Conseil, Rafic Hariri.
Ce
crime odieux vient s'insérer dans une opération d'escalade de politique
intérieure dont les premières étapes avaient commencé à se faire sentir à la
suite du vote par l'ONU de la résolution 1559 conformément aux pressions
américano-françaises et dans le cadre de la prolongation du mandat du président
de la république libanaise. Dans cette escalade, les plus graves accusations et
les menaces les plus claires furent utilisées, dont, en dernier lieu, celles
qui suivirent la rencontre Chirac-Bush à Bruxelles. Il en est résulté, sur le
plan intérieur libanais, la création de deux pôles d'attraction antagonistes,
non seulement sur les relations arabes et internationales du Liban, mais aussi
sur l'équilibre politique intérieur et les réformes politiques nécessaires pour
sauvegarder cet équilibre.
De
même, le crime commis sur la personne de Rafic Hariri a eu lieu dans le cadre général d'un climat
régional nouveau, né à la suite de l'occupation américaine de l'Iraq, du
renforcement de l'alliance israélo-américaine, et dont l'expression la plus
claire est l'appui inconditionnel aux dirigeants israéliens, mais aussi le
retour aux anciens projets de partitions tentant de redessiner la carte géopolitique
de la région dans le sens qui permettrait aux Etats-Unis de tenir d'une main de
fer son destin et les richesses qu'elle recèle à partir de son morcellement en
un groupe de petits États ethniques et
confessionnels antagonistes…
Nous
sommes en mesure d'affirmer que l'origine du déséquilibre provient de plusieurs
facteurs essentiels, dont la non-exécution du contenu des "Accords de
Taïef" quant à la complémentarité de ses articles essentiels sur les deux
plans de la sécurité et de la politique, dont ceux concernant l'organisation
des relations libano-libanaises et libano-syriennes. Si le contenu de ces
accords avaient été appliqué d'une manière saine, cela aurait probablement aidé
à renforcer la situation intérieure,
mais aussi à garantir les bases justes pour les relations bilatérales avec la
Syrie et à reconstruire les institutions et le pays sur des bases modernes en
les libérant des quotas confessionnels et partisanes…
Nous
pensons que toutes les forces politiques sans exception aucune devraient participer
à ce dialogue; de même que tous les sujets devraient pouvoir y être abordés.
Parce que le dialogue que nous préconisons est un véritable dialogue national
libanais. Et le pouvoir politique est obligée de garantir tous les facteurs qui
peuvent aider à son succès, à commencer par la fixation d'une date précise aux
élections législatives, la garantie de sa neutralité ainsi que ses organismes
policiers…mais aussi par la mise au point d'une loi électorale démocratique,
bien que nous trouvons que la proportionnelle constitue la seule garantie pour
une meilleure représentativité, parce qu'elle permet de supprimer toutes sortes
d'ingérence, extérieures ou intérieures, surtout que les discussions à propos
des circonscriptions fut dans le passé proche partie intégrante des éléments de
tension qui ont abouti à déstabiliser la situation intérieure libanaise.
Sur
ces bases, nous proposons l'initiative suivante qui aura pour points de départ
deux agendas complémentaires:
Le gouvernement libanais présentera sa démission
le premier jour de la tenue du "Congrès de sauvegarde nationale" et
les ministres continueront leurs activités jusqu'à la création d'un
gouvernement formé de personnalités dont l'intégrité est garantie et qui
donneraient confiance à l'opinion publique libanaise.
L'accord
sur l'exécution des articles non encore réalisés des "Accords de
Taïef" dans ses deux volets: le retrait syrien et les réformes politiques
intérieures, notamment la formation de la "Commission nationale pour la
suppression du confessionnalisme", la loi électorale démocratique basée
sur la proportionnelle hors des quotas confessionnels.
La
proposition visant à la création d'un gouvernement d'entente nationale qui
aurait pour mission de superviser les élections législatives.
Ce
gouvernement devra, dès sa première réunion, prendre deux décisions :
La
première consiste à retirer le projet électoral et à présenter un nouveau
projet basé sur la proportionnelle, soit si le Liban est considéré comme une
seule circonscription, soit si l'on adopte les grandes circonscriptions (les
mouhafazats); cette loi électorale sera accompagnée d'un autre projet de loi,
celui de la création du sénat…
Les élections législatives et
sénatoriales devraient se faire en même temps.
L'ordre
de jour du "Congrès de sauvegarde nationale" devra contenir un point
concernant la "Résistance " contre l'ennemi israélien : son avenir,
son rôle et ses objectifs. Il doit aussi traiter le problème des camps de
réfugiés palestiniens, en tenant compte de la Résolution 194, garantir aux
réfugiés les droits civils et étudier la situation de la sécurité dans ces
camps à la lumière des nécessités pour l'Etat libanais d'étendre son pouvoir
sur l'ensemble de son territoire. Tout cela à partir de ce qui a été stipulé
dans les "Accords de Taïef" concernant l'arabité du Liban, sa
position dans le conflit arabo-israélien selon ses possibilités.
Notre
Parti a décidé de mettre au point un plan d'action et des contacts avec toutes
les autres forces politiques du pays, que ce soit dans le cadre de l'opposition
réunie à l'hôtel Bristol ou les loyalistes de Aïn-Attineh. A la lumière de ces
contacts, il décidera des positions à prendre afin de préserver la paix contre
tous les éléments de discorde et pour la sauvegarde de la situation nationale.
Ainsi, nous pensons pouvoir réparer la perte causée par la mort de rafic
Hariri, parce que nous aurons fait de son martyre un point de départ pour
sauver la patrie, non un pont vers l'inconnu ».
GRECE :
CONGRES DU PARTI COMMUNISTE (intern)
Du 9 au 12 Février s’est tenu à Athènes le 17ème
congrès du parti communiste (KKE) en présence des représentants de plus de 75 partis communistes, dont le PADS. Diverses organisations progressistes ont
participé également à ces assises.
Les principaux partis politiques grecs étaient présents à la
séance d’ouverture et ont salué les congressistes en reconnaissant l’importance
du rôle du KKE dans le pays. Les
délégués, qui ont approuvé à l’unanimité le rapport du comité central, présenté
par la camarade Papariga, secrétaire générale du parti, ont analysé la
situation internationale marquée par l’agressivité actuelle de l’impérialisme
américain et ses guerres d’agression. Ils ont condamné fermement l’Union
européenne et ses objectifs impérialistes. Ils ont longuement insisté sur les conséquences nocives de sa politique pour
tous les travailleurs européens et en particulier en Grèce. Ils ont expliqué que
toutes les aides de l’Union européenne n’ont servi en Grèce qu’à renforcer les
monopoles capitalistes grecques et étrangers. Ce congrès a précisément étudié
l’évolution du capital grecque, sa force et son rôle dans les Balkans et dans
le monde. L’objectif stratégique du parti, à savoir le pouvoir populaire et le
socialisme ont fait l’objet de plusieurs interventions des délégués. Plusieurs
congressistes ont mis l’accent sur la liaison avec les masses et l’importance
du travail sur le terrain. L’activité des jeunes militants et la nécessité pour
le parti de renforcer son aide à la jeunesse communiste ont été soulignés. Le parti
communiste grecque, dont la fermeté concernant les agressions impérialistes et
la solidarité avec les peuples en lutte est bien connue, sort renforcé de ce
congrès.
En marge du
congrès le représentant de notre parti, qui a participé à un meeting de solidarité
avec une section du KKE dans la banlieue d’Athènes, a eu plusieurs entretiens
fructueux avec les camarades grecques et également avec plusieurs délégués des
partis étrangers invités au congrès. Ces échanges fraternels ont permis de
mieux faire connaître la situation dans nos pays respectifs et renforcent la
solidarité internationale.
ITALIE : CONGRES DE REFONDATION COMMUNISTE (intern)
Le congrès de Refondation communiste s’est déroulé à Venise du 3 au 6 mars. Des dizaines
de partis communistes et organisations anti-impérialistes ont assisté à ces
assises. Notre parti qui a participé à ce congrès a eu plusieurs entretiens avec les dirigeants
de Refondation communiste et aussi avec de nombreux délégués étrangers. Ces
échanges fraternels ont eu lieu en particulier avec les délégués arabes, le
représentant de l’Afrique du Sud, les camarades, grecque, portugais, brésilien,
bolivien…Ces entretiens permettent de mieux connaître les luttes des
travailleurs dans les différents pays et renforcent l’amitié et la solidarité
entre nos partis.
L’objectif principal du congrès de Refondation communiste était
de clarifier la position du parti pour les prochaines élections législatives de
2006. La principale question débattue par les congressistes était de savoir
s’il fallait ou non soutenir le Centre-gauche lors des prochaines élections. On
se souvient que Bertinoti avait soutenu le gouvernement du Centre-gauche dirigé
alors par Prodi avant de lui retirer ce soutien en raison de sa politique sociale, ce qui avait eu pour
résultat une scission au sein de Refondation communiste et plus tard l’arrivée
de Berlusconi au pouvoir. En vue de la
préparation du dernier congrès tous les militants de Refondation ont discuté
ces derniers mois autour de 5 motions- programmes et les élections ont eu lieu
à la base pour déterminer le poids respectif de chacune d’elles. Les partisans
de l’actuel dirigeant du parti, Fausto Bertinoti, dont la motion-programme n°1 a été soutenue par 60% des militants se
prononce dès maintenant pour le soutien
du Centre-gauche, ont répété au cours du congrès que la situation en Italie a
évolué et que le seul moyen de battre Berlusconi était de soutenir ce
Centre-gauche et même de participer au gouvernement en cas de victoire. Les
principaux adversaires de cette ligne regroupés autour de la motion n°2 (26%
des voix) attirent l’attention sur les conséquences pour le parti d’une ligne
qu’ils jugent opportuniste. Sans nier les ravages de la politique Berlusconi et
sans s’opposer à tout accord avec les formations du Centre-gauche, ils refusent
de leur donner par avance un chèque en blanc et exigent de leur part une
véritable rupture dans leurs orientations. Durant le congrès les militants ont appris
avec enthousiasme la libération de Giuliana Sgréna. Informés plus tard des tirs de
l’armée américaine sur sa voiture et la mort de celui qui la ramenait à l’aéroport de
Bagdad, la colère des congressistes contre l’impérialisme américain et sa
guerre en Irak a redoublé.
CHILI :
Décès de Gladys Marin présidente du
Parti communiste (hommage)
Le 6 mars est décédée à Santiago du Chili la
camarade Gladys Marin des suites d’une grave maladie qui la minait depuis de longs mois. Avec
sa disparition, le Chili perd un de ses enfants les plus illustres et le mouvement
révolutionnaire latino-américain une de ses figures les plus chères. Gladys a
commencé son activité dirigeante à 16 ans seulement, dans les rangs des
étudiants et de la Jeunesse communiste du Chili jusqu'à occuper sa direction
nationale.
Au moment du coup fasciste de 1973, elle a dû s'exiler contre sa volonté et, de
l'extérieur du pays elle s'est distinguée dans la lutte pour la cause de son
peuple. En 1978, elle est rentrée clandestinement au Chili où elle a dirigé
durant 12 ans la résistance et l'activité du Parti dans les conditions les plus
difficiles. Fidèle à la cause à laquelle elle a consacré sa vie, elle a lutté
tant que ses forces le lui ont permis pour la justice et en faveur des victimes
de la dictature.
La camarade Gladys Marin a obtenu l'an dernier, l'Ordre de José Marti, la plus
haute distinction accordée par la nation cubaine. Gladys Marin a lutté jusqu'à
son dernier souffle et n’a jamais fait de concession à l'impérialisme. Elle est
restée fidèle à ses convictions dans toutes les situations. C’est une perte
pour le Chili mais aussi pour tous les révolutionnaires d’Amérique latine. Sa
vie restera un exemple pour les militants progressistes du monde entier. Le
PADS , qui a adressé à cette occasion, un message de solidarité au parti communiste
chilien, rend un hommage particulier à cette militante exemplaire dans la lutte
contre l’impérialisme, pour le progrès social, pour la démocratie et le
socialisme.

De
nouveaux succès remportés par les peuples sud-américains
La
chasse gardée US perd des lambeaux de terrain ! (intern)
S'il
est vrai que, depuis la chute des pays socialistes, l'impérialisme en
particulier US, tente de dominer totalement la planète en utilisant tous les
moyens, y compris les plus meurtriers comme ils le font en Afghanistan, en Irak
et ailleurs, s'ils ont réussi à morceler la Yougoslavie, ils connaissent aussi
de cuisants échecs. Bien des pays de
leur chasse gardée en Amérique Latine commencent à leur échapper.
Evidemment,
les grands médias, presse et télévision, des pays capitalistes et même des pays
sous-développés observent un mutisme quasi-total sur les succès remportés par
les peuples en lutte pour sortir de leur misérable situation
Cependant,
tout le monde sait que, malgré toutes les entraves au développement économique
et social de Cuba: embargo généralisé, menaces constantes d'agression,
provocations diverses, tentatives d'assassinat des dirigeants cubains, l'île
socialiste ne cesse de progresser et de remporter des victoires dans tous les
domaines, depuis l'éducation jusqu'à la santé publique. Un dicton circule aujourd'hui en Amérique
Latine: « il est préférable de naître et
de mourir à Cuba » car le taux de mortalité infantile est inférieur à celui des
USA et l'espérance de vie y est supérieure.
Notables sont également les progrès réalisés dans la recherche
scientifique particulièrement en biologie.
Toutes ces avancées constituent pour
les
impérialistes un mauvais exemple, un
exemple communicatif
Cuba
n'est plus isolée
Il
y a peu encore, rares étaient les
pays qui entretenaient des relations avec l'île de la liberté. Aujourd'hui les choses changent. Le peuple du Venezuela a réussi à renverser
l'ordre établi par la grosse bourgeoisie et les USA. Ceux-ci ne peuvent plus lui imposer leurs
quatre volontés. La tentative de coup
d'Etat fomenté par le patron des patrons, Carmona, soutenu et directement aidé,
non seulement par les impérialistes US, mais aussi par l'Espagne de Aznar, la
Colombie et le Salvador a été un échec retentissant. Hugo Chavez n'a été séquestré que durant
quarante-sept heures. Les masses
laborieuses, appuyées par des officiers progressistes sont rapidement
intervenues et ont, par leur mobilisation, redressé la situation et mis Carmona
à la porte comme un malpropre.
Aujourd'hui,
la situation a totalement changé au Venezuela.
Les dirigeants de ce pays ont résolument tourné le dos à la politique de
soumission à l'impérialisme et Hugo Chavez déclare que « le socialisme est la
voie à suivre » Les progrès réalisés en peu d'années dans la lutte contre
l'analphabétisme et l'amélioration de la santé publique sont déjà
considérables. Les échanges avec Cuba se
sont multipliés de façon spectaculaire, rompant ainsi l'isolement dans lequel
la grosse bourgeoisie et ses alliés US voulaient maintenir l'île.
Enfin,
l'Uruguay émerge à son tour
Et
voilà que l'Uruguay, appelée autrefois la Suisse de l'Amérique Latine pour ses
richesses en matière d'agriculture, notamment d'élevage, s'écarte à son tour
des griffes du « Grand frère » nord-américain.
L'élection de Tabaré Vasqez, candidat de gauche désigné par le Frente
Amplio (le Front large) va totalement changer la situation politique,
économique et sociale de ce petit pays du sous-continent. A peine élu, le premier mars, Tabaré Vasqez a
rétabli les relations diplomatiques avec Cuba et celle-ci ouvrait le jour même
son ambassade à Montevideo. C'est là un
heureux début de changements prometteurs après plus d'un siècle de pouvoir
détenu par l'extrême droite. Un siècle
de répression violente, sanglante, de séquestrations, d'assassinats, de disparitions
de militants de l'opposition. Les
premières décisions du nouveau président marquent les transformations de la
politique uruguayenne avec la mise en place d'un plan d'alimentation pour les
masses laborieuses, d'un système universel de couverture sociale et la généralisation
des vaccinations. Enfin, un accord doit être réalisé avec Cuba qui livrera des
équipements médicaux et procèdera à des transferts de technologie en échange de
produits agricoles.
D'autres
changements sont à prévoir
Ces nouveaux éléments
intervenus en Amérique Latine marquent d'importants progrès après une longue
période d'inertie due à la violence de la répression.
Au chili, sous la pression des forces démocratiques et
progressistes, la Cour suprême révise la loi que l'extrême droite avait
concoctée pour garder le secret sur les crimes commis par le régime de
Pinochet.
Au Nicaragua, le Front sandiniste a gagné un grand nombre de sièges
dans les plus grandes municipalités et y compris celui de la Cour suprême à la
grande surprise des forces réactionnaires.
Au Pérou, malgré une répression sauvage, se sont déroulées de
grandes manifestations populaires contre les privatisations contraignant le
pouvoir à reculer.
En Bolivie, le pays le plus pauvre du sous-continent, la situation
ne s'améliore pas pour la bourgeoisie compradore. Bien au contraire. C'est ainsi que le Mouvement vers le
Socialisme (MAS), principale force d'opposition, s'unit aux syndicats ouvriers
et paysans dans un front de lutte contre l'oligarchie et les
transnationales. Ces forces de progrès
demandent une loi sur les hydrocarbures prévoyant que la moitié des bénéfices
des transnationales du pétrole et du gaz soit versée à l'Etat et que la
maintenance et la gestion de l'eau reviennent à l'Etat et non plus à une
multinationale. Certains mouvements de
gauche demandent même la nationalisation totale des hydrocarbures et de l'eau
considérant que ce sont là des ressources naturelles qui appartiennent à tout
le peuple. Malgré les menaces formulées
par le Président Carlos Mesa contre les forces de l'opposition, celles-ci
déclarent que la lutte ne connaîtra pas de répit jusqu'à la satisfaction des
revendications.
Au Brésil, le président Luis Inacio Lula assure ne plus vouloir
obéir au doigt et à l'oeil au FMI et à l'Amérique. Cependant, et bien que sa politique pose
quelques questions, comme par exemple la privatisation de l'assurance sociale,
il semble que des progrès soient accomplis dans divers domaines, notamment dans
le cadre d'une intégration économique avec les autres pays sud-américains.
En Argentine, le président Nestor Kirchner, malgré la situation
catastrophique léguée par ses prédécesseurs et les injonctions du FMI et de la
Banque mondiale, a pu en partie régler les problèmes de la dette.
Enfin, n'oublions pas que
la tenue du Forum de Porto Alegre, auquel ont participé plus de cent vingt
mille personnes, a été une immense réussite et, à cette occasion la
démonstration a été faite, grâce aux luttes populaires, de l'échec des
ambitions US de créer la ZLEA ( Zone de libre-échange des Amériques) qui devait
entrer en vigueur en 2005 et qui n'est toujours pas en application.
D'autres luttes se
poursuivent dans cette immense région.
Les victoires déjà remportées par les peuples permettent aussi
d'espérer que d'autres victoires seront remportées à court terme et l'espoir
est grand de futurs changements.
BOSNIE
HERZEGOVINE : UN DIRIGEANT COMMUNISTE CHASSE DE L’ UNIVERSITE (intern)
Goran
Markovik, dirigeant du parti communiste de Bosnie Herzégovine, pays
anciennement fédérée à la Yougoslavie, a été expulsé de l’université privée où
il était employé. Son crime : avoir défendu au cours d’émissions
télévisées, durant la campagne des élections municipales, les positions
politiques de son parti dont il était l’un des candidats. Le recteur de
l’université où il était employé lui a déclaré que son expulsion était due à
ses convictions communistes. Dans ce pays la liberté d’opinion demeure
interdite pour les communistes. C’est une manifestation de la lutte de classes
dont certains ont nié l’existence au lendemain de la chute des régimes
socialistes dans les pays de l’est européen.