LES PROBLEMES S’AGGRAVENT, LE MECONTENTEMENT GRANDIT
LUTTONS POUR UNE ALTERNATIVE DE PROGRES
Rien ne va plus dans notre pays. La majorité des Algériens constate qu’aucun problème n’a reçu ne serait-ce qu’un début de solution. Le terrorisme islamiste n’est pas éradiqué malgré tous les coups que les forces de sécurité lui ont assénés ces derniers mois. Mais comment pourrait-il l’être quand le Président de la république réaffirme sa politique de ‘concorde" au moment même où des dizaines, voire des centaines de réseaux de soutien à ce terrorisme sont démantelés ces dernières semaines, apportant ainsi la preuve que cette politique de compromission avec l’intégrisme ne peut ramener une quelconque paix.
Les citoyens ne se plaignent pas seulement de l’insécurité. Les problèmes sociaux s’accumulent. Le chômage et les menaces persistantes qui pèsent sur des centaines de milliers de salariés accompagnés du refus de discutions sérieuses avec leurs représentants syndicaux exaspèrent de larges secteurs de la classe ouvrière. De très nombreux travailleurs attendent leur maigre salaire depuis des mois. Quant aux décisions de justice réintégrant des salariés injustement licenciés, elles ne sont toujours pas appliquées depuis des années.
La situation des personnels de l’éducation nationale empire. Tout est fait pour que nos enseignants et nos universitaires continuent de vivoter avec peut-être pour objectif une plus grande dégradation de l’enseignement public. Plusieurs syndicats comme le CNES sont décidés avec le soutien des étudiants à mener des luttes très dures pour défendre l’Université et ses personnels.
Les personnels de santé tirent la sonnette d’alarme. Avec tous leurs syndicats ils exigent la satisfaction de leurs revendications mais aussi leur participation à la réforme hospitalière.
La petite minorité de jeunes qui ont obtenu un emploi précaire ou un crédit pour monter leurs entreprises se rendent comptent qu’on les a trompés. Quant aux nombreux jeunes qui n’ont strictement rien ils se demandent avec angoisse s’il est possible un jour d’avoir une vie digne dans leur propre pays.
L’argent ne manque pas
Avec la défense de l’emploi, la lutte pour une amélioration sensible du pouvoir d’achat des salaires et des retraites devient une préoccupation majeure de la classe ouvrière. Ce n’est pas le manque d’argent dans notre pays qui est responsable des salaires de misère et de la pauvreté galopante. Les caisses de l’Etat n’ont jamais été aussi bien remplies. C’est le refus de changer une politique tout entière tournée vers la satisfaction des intérêts des couches sociales corrompues et la volonté de créer encore plus les conditions de faire place nette aux multinationales étrangères et aux spéculateurs qui explique le maintien contre vent et marée des orientations du pouvoir. Ces orientations exigées par les grandes puissances capitalistes et leurs organismes financiers correspondent aussi aux fractions de notre bourgeoisie pour qui l’avenir de la nation n’a plus de sens à l’ère de la mondialisation dont il faudrait relever selon elles le défi, croyant cacher ainsi leur soumission aux grands capitalistes étrangers, pour qui la mondialisation signifie piller les richesses des pays comme le nôtre. L’essentiel pour ces couches ne réside ni dans une quelconque relance économique, ni dans les investissements productifs ni dans la satisfaction des problèmes dramatiques comme ceux de l’eau, du logement ou de la santé. Pour ces fractions il est urgent de s’accaparer des richesses nationales, d’aggraver la misère déjà insupportable pour des millions d’Algériens. Ces fractions de la bourgeoisie compradore et le pouvoir autoritaire qui ne leur refuse rien multiplient les atteintes aux libertés, envoie des brigades de policières intimider les femmes jusque dans leurs foyers, laisse pourrir la situation en Kabylie alors qu’il est parfaitement possible de résoudre les problèmes posés depuis plus d’un an dans cette région.
Fort de l’appui des milieux impérialistes, le pouvoir, sourd à toutes les préoccupations des travailleurs et des couches populaires ne s’occupe que d’organiser des élections. Avec sa singulière conception de la démocratie, il ne tient aucun compte des graves conséquences de la mascarade du 30 mai, ni de la gestion catastrophique des communes livrées depuis des années à une clientèle qui a largement prouvé que sa principale activité est de se livrer au pillage des deniers publique, puisque le quart des Présidents d’APC actuels sont assignés en justice actuellement.
Pour en finir avec la compromission avec l’intégrisme, l’autoritarisme des milieux dirigeants, résoudre les problèmes nationaux et sociaux, défendre leur emploi et leur pouvoir d’achat, les travailleurs, les jeunes et les milieux populaires ne comptent à la veille de cette rentrée que sur leur détermination et leur union. Loin des promesses creuses du pouvoir ou des manoeuvres de certains dirigeants politiques ou syndicaux, les travailleurs et les progressistes renforceront leur résistance et créeront, par leurs luttes fermes et unies, les conditions d’une véritable alternative de progrès
LE RESPONSABLE DU MDS UTILISE UN ORGANE ISLAMISTE POUR DEVERSER SON FIEL SUR LES COMMUNISTES (national)
L'hebdomadaire islamiste de langue arabe "En-Nour el Djadid" a publié dans son numéro 80 du 25 août dernier un entretien avec Hachemi Cherif, le président du MDS.
Les positions de Hachemi Cherif sur les problèmes de l'Algérie et son approche de la lutte contre l'islamisme sont connues. Cette approche fonde tous les espoirs d'une victoire sur l'islamisme sur une intervention providentielle des cercles anti-intégristes du pouvoir. Il ne s'agit pas ici de la soumettre à la critique mais de relever que les propos qu'il a tenus dans cette publication constituent cette fois un bond nouveau dans les positions de Hachemi Cherif fondées sur le reniement des idées communistes et la ruse.
Que Hachemi Cherif cherche à faire passer son mouvement pour le "prolongement" du PAGS, tout en représentant une rupture par rapport à ce parti, n'est pas nouveau. Il réaffirme que son mouvement a réalisé "une rupture avec le marxisme comme référence théorique et idéologique". Cela, tous les communistes algériens le savent depuis longtemps. Mais il le cache honteusement quand il se trouve en présence de communistes à l'étranger.
Mais Hachemi Cherif a consenti cette fois à s'entretenir avec un journaliste d'un hebdomadaire notoirement connu pour son rôle d'organe à peine camouflé du parti islamo-fasciste du FIS.
Dans cette interview, Hachemi Cherif a trouvé un terrain d'entente avec le journaliste islamiste - disons plutôt avec le plumitif déguisé du FIS - quand, parlant des communistes algériens et repoussant "l'accusation" de communisme que certains continuent à accoler "injustement" à son mouvement, il l'approuve en ces termes : "Si vous avez en vue un prétendu courant communiste et qui ne colle pas aux réalités, vous avez en effet raison, mais ce courant n'existe pas et vous agitez un épouvantail."
Là se trouve en réalité le coeur des propos du responsable du MDS : afficher son hostilité aux communistes en niant leur présence dans les luttes quotidiennes et, en même temps utiliser le tremplin que lui offre l'organe camouflé du FIS afin de tenter de convaincre les lecteurs islamistes qu'il a vraiment coupé avec le marxisme pour, en le paraphrasant, "coller aux réalités".
Hachemi Cherif avait habitué ses lecteurs à des positions "radicales", consistant à ne cautionner les islamistes en aucune manière, encore moins en participant à quelque élection que ce soit tant que les partis islamistes ne sont pas interdits.
Voilà qu'il se saisit de l'aubaine que lui offre cette feuille islamo-fasciste, en se présentant comme l'opposant à la fois de l'islamisme et du communisme.
La feuille du FIS trouve quant à elle largement son compte en produisant cet entretien. D'un côté, un ancien responsable du PAGS, qui a lamentablement coupé avec le marxisme depuis longtemps, déclare que le communisme ne "colle pas aux réalités algériennes". Il apporte ainsi de l'eau au moulin de la réaction qui a toujours présenté le mouvement communiste comme un mouvement étranger aux réalités nationales, un mouvement qui aurait été, pour reprendre ses expressions galvaudées, "importé" de l'étranger. De l'autre, l'hebdomadaire a réussi l'exploit, avec les encouragements des cercles du pouvoir partisans de la réhabilitation du FIS, de justifier, dans le numéro qui a suivi, la couverture du congrès du FIS tenu récemment en Belgique. L'hebdomadaire "En-Nour el Djadid" pourra toujours affirmer avec une délectation malicieuse qu'il pratique la liberté d'expression en se servant en fait de l'interview de Hachemi Cherif comme d'une feuille de vigne pour faire passer au grand jour le message des fasciste réunis à l'étranger.
LUTTES DES TRAVAILLEURS
SANTE PUBLIQUE
La FSPS est née
La Fédération des syndicats des praticiens de la santé (FSPS) est née. Le Syndicat national des praticiens spécialistes de santé publique (SNPSSP), le Syndicat national des dentistes et le Syndicat national des médecins généralistes de santé publique ont décidé de se structurer en fédération pour mieux défendre leur corporation ouverte à tous les syndicats de praticiens, qui se fixent les mêmes objectifs stratégiques de défense des intérêts socioprofessionnels du praticien de la santé. La fédération des syndicats de praticiens de la santé (FSPS) est partie prenante de toute réflexion sur le système national de santé.
SAPM
L'association nationale des paramédicaux (SAPM) attire l'attention des pouvoirs publics sur la situation socioprofessionnelle détériorée dans laquelle se débat la corporation. L'association dénonce les décisions prises par le ministère de la Santé et qui ne vont pas dans le sens de l'intérêt des praticiens. Elle exige la promulgation d’un statut particulier "digne" de la profession paramédicale pour enterrer le statut 90 qui la ridiculise. Le statut espéré selon le SAPM, devrait être assorti d'un plan de carrière et d'une nomenclature des actes propres à chaque spécialité pour lever toute ambiguïté.
13 08 2002
SYNDICAT DES PRATICIENS DE LA SANTE
Le Syndicat national des praticiens de santé publique (SNPSP) menace de reprendre le mouvement de grève à partir du 1er septembre si leurs revendications ne trouvent pas d’écho auprès du ministère de la Santé et de la Réforme hospitalière, à savoir l’application des engagements par rapport au glissement catégoriel, la prime de documentation, l’augmentation de l’indemnité spécifique globale, l’application de la prime d¹intéressement, l’arrêt des persécutions des syndicalistes, le règlement des cas contentieux, prendre les actions légalement admises envers les auteurs de dépassements et associer le partenaire social à toute prise de décision concernant les réformes de la santé.
23 07 2002
Le syndicat UGTA
Les sections syndicales des structures de santé de la wilaya d’Alger fixent encore un ultimatum à la Fédération nationale des travailleurs de la santé et de la protection sociale (Fntsps) jusqu’au 22 juillet prochain pour faire aboutir leurs revendications, lesquelles ont trait à la révision de la prime d'intéressement et sa généralisation à l¹ensemble des travailleurs du secteur et l’application de la plate-forme de revendication de 1991 révisée en 1995 et en 2002.
Les revendications sont, entre autres, l’instauration de la prime de contagion, sujétion spéciale, la prime de garde révisée, la prime de travail posté indexée sur le nouveau salaire principal. Au-delà du 22 juillet, si les revendications ne sont pas satisfaites, les 23 sections syndicales que comptent les structures de santé de la wilaya d’Alger menacent de recourir à des actions syndicales radicales, si aucun résultat concret n’est obtenu au cours des pourparlers qui ont été engagés avec la tutelle.
13 07 2002
ENSEIGNEMENT
Les enseignants de la wilaya d¹Alger
Le mécontentement grandit parmi les enseignants de la wilaya d’Alger qui, fin juillet, n’avaient pas perçu ni leur prime de rendement semestrielle ni les et les rappels relatifs aux heures supplémentaires assurées au cours de l’année.
D’autre part la décision prise à partir de janvier 2002 par le ministère de l’Education nationale, qui centralise la gestion des traitements et salaires, suite à certaines fausses déclarations, a entraîné un retard dans leur paiement. Ce qui provoque un profond mécontentement parmi les enseignants. Le traitement d’un enseignant PES, ayant à son actif plus de 15 années de service, n’excède pas 15 000 DA.
31 07 2002
La Fédération nationale de l'enseignement supérieur
Dans une conférence, M. Draïssi secrétaire général de la fédération nationale de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique, de la communication et de la culture (FNESRCC) crie le ras-le-bol des travailleurs de l'enseignement supérieur et ceux de la culture et de la communication qui vivent dans la précarité et l'indignité.
"Il y en a marre, on a beaucoup supporté l'humiliation des pouvoirs publics", s'insurge le conférencier. "Si nos revendications ne sont pas prises en charge à partir de septembre, on promet que notre voie de recours cette fois-ci ce sera la rue", menace-t-il encore. Empêchée à plusieurs reprises par la centrale syndicale de faire grève pour dénoncer l'injustice que subissent les travailleurs, la FNESRSCC est désormais décidée à perturber la rentrée sociale. "Ils nous ont trop calmés par le faux prétexte de la situation sécuritaire, à telle enseigne que l'enseignant a accepté de vivre dans l'ignorance totale et la marginalisation", relève M. Draïssi.
Pour revenir aux revendications principales de la fédération, on note que l'augmentation des salaires des fonctionnaires est inscrite en priorité.
03 08 2002
Emplois des jeunes (Soemo)
Recrutés depuis 1993 dans le cadre de l'emploi des jeunes, une dizaine de travailleurs du Service de l'observation et éducation en milieu ouvert (Soemo) ont été contraints de quitter définitivement leur travail, suscitant l'indignation de leurs collègues qui continuaient d'espérer une hypothétique
régularisation de leur situation.
Chargés notamment d'accompagner et de soutenir les mineurs en rééducation, ces psychologues et éducateurs ont travaillé pendant dix années dans les pires conditions qui soient. Entre une paie misérable (2 500 DA par trimestre), des déplacements périlleux dans les quartiers populaires d'Oran et une surcharge de dossiers à traiter, ces jeunes employés bravaient toutes les infortunes dans l'espoir de se voir un jour permanisés. Mais ni les lettres de réclamation adressées aux différentes autorités locales ni les multiples déplacements au ministère de la Solidarité nationale, encore moins
les articles de presse, n'ont réussi à leur épargner cette dure fin de parcours. Aujourd'hui, ces nouveaux chômeurs, dont certains se sont retrouvés avec des familles à charge, regrettent amèrement d'avoir un jour cru à la formule de l'emploi des jeunes.
13 08 2002
LA SACM
Les 150 travailleurs de l’entreprise privée observent, depuis plus d’une semaine, un arrêt de travail au lendemain du licenciement de trois délégués syndicaux, récemment élus.
Le bras de fer qui les oppose à la direction générale de cette entreprise perdure depuis février dernier, date de l¹expiration du mandat de l’ex-section syndicale. Le motif évoqué par la direction de cette entreprise portait sur trois points essentiels : Arrêt illégal de la production les 02, 08 et 09 juillet en cours, falsification des signatures des travailleurs et comportement intolérable de nature à provoquer des troubles dans la bonne marche des services. Des accusations graves, qui ont eu pour conséquence directe "une solidarité des travailleurs avec les délégués".
La décision du licenciement est survenue après que l’administration a décrété deux jours deux jours de chômage technique avec retenue des salaires pour cause de rupture de stocks de la matière première. Cet état de fait a provoqué le courroux des salariés, car le problème de la rupture des stocks relève des prérogatives de la direction de l’entreprise qui programme d’une manière incorrecte sa gestion.
18 07 2002
SNTA
Le conflit a la SNTA rebondit une nouvelle fois. Le sit-in des cadres syndicaux représentant les différentes unités de production du pays, entamé depuis trois jours devant le siège de la direction générale à Alger, vient illustrer l¹étendue de la crise qui perdure depuis décembre 2001 au sein de cette entreprise dont les effectifs dépassent les 5000 travailleurs.
La question de la délocalisation de l¹unité de Boufenara de Bab El-oued, la permanisation de 568 agents contractuels, qui pour la plupart cumulent des années de service, ainsi que la communication d¹informations sur le dossier partenariat, sont les principaux points de la plate-forme de revendications émise par le syndicat UGTA de l’entreprise. Concernant le chapitre partenariat, les responsables syndicaux demandent le droit de regard sur le projet liant l¹entreprise au groupe Arab Investors, dont le protocole a été signé il y a plus d¹une année. Aucune information n¹a été transmise aux travailleurs par le Président du directoire quant à la teneur réelle de ce protocole d¹accord qui engage l’avenir de l'entreprise par le président du directoire.
Les syndicalistes, qui s¹estiment écartés de leur rôle d¹observateurs, fustigent le plan de développement tracé par le directoire et parlent d¹une stratégie dangereuse pour le devenir de l¹entreprise. Pour les responsables syndicaux, l’actuel président du directoire, qui aurait refusé de signer un plan de développement de l'entreprise mis au point par son prédécesseur en 1997, ne veut pas aller dans le sens de la modernisation de la SNTA pour faire face à la concurrence née de la levée du monopole. "En refusant d¹appliquer ce plan de développement qui vise à créer trois pôles de production et à supprimer toutes les unités vétustes et situées dans les agglomérations urbaines, l’actuel président du directoire a réduit les chances de moderniser notre entreprise sous prétexte que le plan prévoyait la suppression de 3000 postes d’emploi"
03 07 2002
SOMMET DE LA TERRE : LUTTER CONTRE UNE POLITIQUE INHUMAINE (internation)
Le deuxième sommet de la Terre s’est ouvert à Johannesburg le 24 août en présence de plus de 100 chefs d’Etat ou de gouvernement. Les promesses faites au sommet de Rio il y a dix ans par les grandes puissances capitalistes n’ont pas été tenues pour l’essentiel. Les Etats unis en particulier
refusent effrontément de respecter leurs propres engagements. Georges Bush préoccupé surtout par la mise au point de ses plans d’agression n’a même pas daigné se rendre en Afrique du sud. La rentabilité financière pour les multinationales prime sur toute politique qui tendrait à limiter la pollution, à protéger la terre des dérèglements climatiques, à limiter les catastrophes naturelles qui font des ravages à travers tous les continents. Des maladies comme le sida détruisent des millions d’africains. la faim tue quotidiennement des dizaines de milliers d’enfants, les inégalités la dette et le sous-développement aggravent les conditions de vie pour de très nombreux peuples mais les puissances impérialistes n’acceptent même pas de porter l’aide publique au développement à hauteur de 0,7 % de leurs richesses colossales. Ils préfèrent continuer à utiliser les instruments qu’ils contrôlent complètement comme le FMI, la Banque mondiale ou l’OMC pour écraser un peu plus les travailleurs de leurs propres pays ou exiger de nombreux pays qu’ils détruisent leurs entreprises pour faire place nette aux productions de leurs multinationales.
Parallèlement au sommet officiel plus de 7000 ONG se sont réunies en Afrique du sud pour tenter de faire l’inventaire des nombreux problèmes qu’affronte l’Humanité et des moyens de mobiliser leurs membres pour faire face aux conséquences de la mondialisation capitaliste. Il est clair que les impérialistes préoccupés avant par la crise de leur système capitaliste, feront tout pour vider de tout contenu positif les nombreuses résolutions votées par les ONG ou par le sommet officiel. Les Etats Unis en particulier s’évertuent depuis quelques années à remettre en cause même les résolutions qu’elles votent sous la pression de l’opinion publique. C’est pourquoi une lutte résolue des travailleurs et des progressistes de chaque pays et la solidarité internationale sont plus nécessaires que jamais. Cette lutte et cette solidarité finiront tôt ou tard par contraindre les impérialistes à tenir compte de la volonté des peuples.
De nombreuses manifestations ont eu lieu en Afrique du sud à l’occasion de ce sommet. Comme à Seattle ou à Gênes des milliers de manifestants ont dénoncé la politique impérialiste et ses conséquences dramatiques. La solidarité avec les peuples en lutte et en particulier avec le courageux peuple palestinien a été réaffirmée avec éclat.
IRAK : ISOLER LES AGRESSEURS ET EXIGER LA FIN DE L’EMBARGO (internat)
Depuis la disparition de l’Union soviétique et la sanglante guerre du Golfe, la stratégie de l’impérialisme américain tient en peu de mots : dicter sa loi au monde entier, y compris aux autres puissances impérialistes. Pour les dirigeants américains et leurs idéologues, la sécurité des Etats Unis et les intérêts de leurs multinationales, ne peuvent être sauvegardés que si la suprématie de leur politique n’est contestée par personne. Pour eux l’ONU, ou d’autres institutions internationales ne peuvent en aucun cas prendre ou appliquer des décisions dont ils ne veulent pas.
Depuis l’arrivée de Georges Bush au pouvoir et les attentats du 11 septembre dernier, ces prétentions sont devenues encore plus claires puisque selon leur philosophie, il leur suffit désormais d’accuser n’importe quel Etat d’être terroriste ou d’avoir des liens avec le terrorisme pour l’inscrire sur la liste des pays à attaquer tôt ou tard.
En réalité si ce prétexte a pu servir à tromper dans une large mesure l’opinion publique mondiale et l’opinion américaine en particulier pour justifier les bombardements criminels sur l’Afghanistan, il devient désormais plus difficile aux fauteurs de guerre d’utiliser à nouveau la menace terroriste pour s’attaquer encore une fois au peuple irakien, bombarder ses villes et ses infrastructures mises à mal par plusieurs agressions ces dernières années et aggraver pour des décennies ses conditions de vie déjà lamentables du fait de l’embargo criminel qui lui est imposé injustement depuis plus de 11ans. Pourtant Bush prépare ouvertement sa guerre contre Bagdad malgré l’opposition unanime des dirigeants arabes qui mettent en garde contre ses conséquences imprévisibles. Ses alliés européens et même un important secteur de sa propre opinion publique hésitent à soutenir cette escalade. Même dans son propre camp de nombreux responsables, y compris parmi ceux qui ont soutenu la guerre du golfe menée par son père, comme le général Brent Scowcroft, Henry Kissinger ou James Baker attirent l’attention sur les risques d’une telle aventure. Ces derniers ne sont pas opposés aux objectifs recherchés par Bush mais mettent en garde contre un trop grand nombre de pertes dans les rangs des soldats américains. Toujours est-il que le Pentagone expédie par bateau d'énormes quantités d'équipement militaire à partir de ses bases d'Europe vers le Moyen-Orient, et les effectifs des troupes US dans le secteur ne font que s'enfler.
Selon le Herald of Scotland du 16 août "Le Pentagone a déplacé 50.000 soldats, marins, aviateurs et fusiliers marins à portée de frappe de l'Irak pendant les 10 mois passés sous couvert de déploiements visant le terrorisme mondial, selon les plus hautes sources militaires du Royaume-Uni.
"La discrète concentration comporte la présence de pas moins de cinq porte-avions nucléaires, chacun avec une force d'attaque de 70 à 80 avions à réaction. "
Il y a aussi "plusieurs forces expéditionnaires de l'U.S Marine, des bataillons d'infanterie renforcés par des hélicoptères de combat, des tanks et des transports de personnel blindés, embarqués dans des bateaux d'assaut spéciaux dans et autour de l'Océan Indien et du Golfe Persique. "
Le journal écossais ajoute que "il est clair que ces préparatifs sont faits en vue d'une campagne aérienne qui pourrait être engagée même si des Etats voisins comme l'Arabie Saoudite et la Jordanie refusaient de permettre l'utilisation de leurs terrains d'aviation pour une action offensive. "
Les objectifs recherchés par l’administration Bush à travers une telle guerre n’ont évidemment rien à voir avec sa propagande éhontée selon laquelle il voudrait débarrasser l’Irak de Saddam et imposer un régime démocratique à Bagdad. Ce que veulent les impérialistes américains, c’est créer les conditions d’une domination sans partage sur tout le Moyen-Orient, s’accaparer de ses ressources énergétiques, imposer leurs diktats à tous les régimes arabes, à l’Iran et au peuple palestinien, et sortir enfin le système capitaliste de la crise profonde dans laquelle il se débat actuellement. Méprisant la résistance des peuples à l’oppression et les leçons de l’histoire, ils s’imaginent que leurs forces militaires viendront à bout de toutes les difficultés.
MOBILISER TOUTES LES FORCES PATRIOTIQUES ARABES (intertitre)
La guerre qu’ils préparent contre l’Irak n’a pas seulement pour objectif de débarrasser ce pays d’un Saddam, à supposer que cela soit le but recherché. Le but est de s’attaquer à toutes les forces patriotiques arabes et leur plan inclut aussi la Syrie et le Liban comme l’a rappelé récemment l’organe du parti Bath au pouvoir à Damas. C’est pourquoi il est urgent de mobiliser toutes les forces patriotiques arabes, de prendre sans tarder des mesures contre les intérêts américains dans la région et montrer par là même une détermination sans faille contre les plans d’agression.
Certains dirigeants arabes comme ceux de l’Arabie séoudite, de l’Egypte ou de la Jordanie répètent régulièrement ces temps ci qu’ils sont opposés à une guerre contre l’Irak, mais les déclarations ne suffisent pas surtout quand des manoeuvres jordano-américaines sont organisées à la frontière irakienne!Si ces pays sont réellement opposés à l’agression ils ont les moyens de montrer plus clairement à Bush leur détermination.
Il est également nécessaire pour tous les patriotes arabes de soutenir fermement les forces progressistes irakiennes dans leur combat contre la dictature de Saddam, dont l’aventurisme a facilité toutes les agressions contre son pays. S’opposer à la destruction de l’Irak et lutter contre le régime de Saddam, n’a rien de contradictoire. C’est la stratégie des communistes et des progressistes irakiens que nous soutenons résolument. Une guerre contre l’Irak aggraverait considérablement une situation internationale déjà tendue. Elle créerait les conditions d’un développement sans précédent du terrorisme que les dirigeants américains prétendent combattre. Il est donc indispensable que toute l’opinion mondiale soit mobilisée pour isoler les impérialistes américains et exiger la fin de l’embargo criminel qui a déjà coûté la vie à un million d’enfants.
Le régime dictatorial de Saddam commet un nouveau massacre (encadré?)
.
Selon les informations fournies par le parti communiste irakien, les escadrons d’exécution dans la prison d’Abu Ghraib ont mis à mort en mi-juillet dernier 13 citoyens parmi les prisonniers et détenus pour des raisons politiques.
Les autorités ont rendu les corps des victimes à leurs familles après avoir imposé à chacune d’elles de payer 75 mille dinars pour couvrir les frais de l’exécution ! Les autorités ont interdit aux familles de faire les cérémonies de deuil.
Ce nouveau crime de la dictature est commis au moment où les menaces de guerre contre le peuple irakien s’accentuent.
Immigration (2 articles)
Durcissement des politiques et des législations européennes (premier articl)
Longtemps considérée comme le principal cheval de bataille des organisations extrémistes racistes, la question de l'immigration a fini par faire partie des programmes les plus réactionnaires des gouvernements issus des partis de la droite classique ou nationale, et de la gauche social-démocrate. Sous la pression xénophobe des partis populistes, ces derniers durcissent leurs législations.
Loin d'agir sur les causes réelles (guerres, dette, pillage des richesses naturelles et humaines des pays pauvres entre les mains de bourgeoisies compradores locales corrompues jusqu'au bout des ongles et entièrement soumises aux injonctions des principaux pays impérialistes, violations répétées des droits fondamentaux, misères, catastrophes naturelles, maladies, etc.) à l'origine des déplacements massifs, dans des conditions effroyables le plus souvent, de millions d'individus, sous couvert de la lutte contre l'immigration clandestine et de la lutte antiterroriste, les pays européens ont engagé lors du sommet de Séville (Espagne) en juin 2002, un véritable processus d'harmonisation de leurs législations en la matière.
Vers une sanction, à terme, des pays "exportateurs" d’immigration clandestine? (intertitre)
En effet, les "durs" emmenés par l'Anglais Tony Blair et l'Espagnol Jose Maria Aznar ont proposé de diminuer les aides au développement aux pays concernés afin de les obliger à faire preuve d'une plus grande vigilance concernant le déplacement de leurs populations. Ainsi, les premiers ministres anglais et espagnol, rejoints par la suite par leurs homologues allemand et italien, militent pour " une vision singulière de l'espace commun de liberté, de sécurité et de justice". Ils ont plébiscité une politique européenne commune visant à empêcher les candidats à l'immigration clandestine de "faire leur marché" parmi les différents systèmes nationaux . Mais à Séville, cette position a été mise en échec par la France et la Suède qui estiment que l'aggravation de la situation économique des pays sanctionnés risquerait fort d'accroître les flux migratoires plutôt que de les faire diminuer. En revanche, ces pays ont entériné le "plan global" de lutte contre l'immigration illégale: mise en place d'un fichier des visas, coordination des contrôles aux frontières extérieures communes première phase de la création d'un corps européen de gardes-frontières, coopérations intergouvernementales sur la sécurité et le rapatriement des clandestins.
des législations nationales très dures déjà en place (intertitre)
Comme on peut le constater, dans le panel des mesures adoptées il n'y rien qui vise par exemple à la régularisation des sans-papiers qui, en France notamment, mènent depuis plusieurs années des luttes exemplaires, difficiles, pour la reconnaissance de leurs droits de travailleurs étrangers. Des luttes dont la justesse renvoie, d'une part, à la nature du système capitaliste qui assoie sa domination sur l'exploitation et la soumission des peuples de la planète au profit d'une minorité de possédants et qui, d'autre part, pose le problème de la réparation et de la dette qu'ont les pays développés vis à vis des populations pillées et spoliées par l'impérialisme international.
Ainsi, l'Allemagne a choisi un système de quotas à l'américaine autour de ses seuls intérêts économiques; l'Italie de Berlusconi a décidé de ne plus accorder de permis de séjour que sous la stricte condition d'un contrat de travail et de procéder à l'expulsion des clandestins ou à leur emprisonnement manu militari. l'Espagne opte pour la suppression de la possibilité pour un clandestin de voir sa situation régularisée au bout de cinq ans de présence sur le territoire. Les gouvernements français et britannique ont, pour leur part, choisi de réformer le droit d'asile. Le royaume uni a décidé de se convertir à la méthode dure en raccourcissant les délais d'instruction de demande d'asile, le renforcement des contrôles de l'interdiction de travailler et la création de plusieurs centres de détention des personnes en attente.
" vols groupés " (intertitre)
Pour sa part, la France a décidé de renforcer son important arsenal législatif en réformant le droit d'asile. L'objectif principal de cette réforme est le raccourcissement des délais de réponse aux demandes d'asile. Les deux formes d'asiles, conventionnel (étranger menacé de persécutions dans son pays) et territorial ( instauré en 1998 dans le cadre de la loi Chevènement sur l'immigration, l'asile territorial concerne les étrangers, particulièrement les Algériens, dont la vie est menacée dans son pays ou est exposée à des traitements inhumains ou dégradants… par des agents extérieurs à l'Etat), devraient être " unifiées " dans un " guichet unique " géré par l'OFPRA qui sera qualifié pour traiter tous les dossiers et les demandes. Aussi, selon le quotidien Le Monde du 31 juillet 2002, pour en finir avec une législation qu'il juge trop laxiste, le ministre de l'intérieur, M. Sarkozy, envisage également de faciliter le renvoi dans leur pays des étrangers en situation irrégulière. Il prévoit l'allongement du délai de rétention administrative légalement limitée à douze jours afin que la police dispose de plus de temps pour organiser la réadmission des personnes concernées dans leurs pays d'origine. Il souhaite également augmenter le taux des mesures de renvoi qui n'est que de 20% dans des charters de retour appelés "vols groupés".
Soutenir la lutte des sans-papiers…(intertitre)
Le retour dans de nombreux pays de la communauté européenne de gouvernements de droite, voire de la droite dite nationale, raciste, comme en Autriche ou en Italie (mais très largement convertie aux thèses ultra-libérales) s'est traduit par une offensive d'une grande violence contre les droits sociaux arrachés par les travailleurs depuis des décennies et par la remise en cause, ouvertement ou sournoisement, de la démocratie parlementaire et des libertés démocratiques. C'est dans cette logique de division et d'exclusion de la classe ouvrière, que ces gouvernements tentent de capter l'attention des travailleurs européens pour les opposer à leurs collègues étrangers. Ainsi, l'instrumentalisation de l'insécurité pour remettre en cause les libertés et les droits sociaux constitue une arme redoutable entre les mains des courants politiques qui encadrent sans véritable opposition les populations et les travailleurs qui subissent un conditionnement sans précédent à l'idéologie dominante.
La conquête des droits des travailleurs immigrés passe par l'insertion de leurs luttes spécifiques dans le combat de la classe ouvrière et des forces populaires des pays d'accueil et par la construction d'une véritable solidarité internationaliste. La lutte des sans-papiers dans les pays développés et les questions fondamentales qui lui sont sous-jacentes pourrait être le point de départ à l'unité d'action des travailleurs européens et étrangers et une base objective pour la construction d'une véritable solidarité internationaliste.
DOUAI : Scandaleux verdict de la cour d’assises (2èm article )
Un crime est un crime, c'est à dire condamnable quel que soit son auteur. Souvent lorsque la justice française juge les crimes racistes - notamment ceux commis par la police, cet axiome n'a plus cour. Le verdict rendu par la cour d'assises de Douai le 4 juillet 2002 illustre parfaitement cette parodie de justice : le meurtrier du jeune Riad Hamlaouij, tué d'une balle dans la nuque par le policier Stéphane Andolina le 16 avril 2000 dans le quartier de Lille-Sud, a été condamné à trois ans de prison avec sursis.
Au cours du procès, une certaine presse s'est montrée d'une complaisance tenace à l'égard du meurtrier ; celui-ci était présenté comme la victime des mauvaises conditions de travail dans la police et du climat d'insécurité qui règne dans les quartiers (sic.)
Pourtant selon certaines rumeurs, le criminel n'avait pas hésité à avouer devant ses collègues policiers le soir du meurtre qu'il avait "tiré pour tuer!".
C'est entre autres pour cette affirmation qu'il a été inculpé pour homicide volontaire. L'homicide volontaire a été re-qualifié au cours du procès en homicide involontaire; c'est à dire en accident ayant entraîné la mort sans intention de la donner (sic!)
Les médias représentant la " bonne société " se sont bien gardés de commenter ce vil procédé, humiliant non seulement les victimes mais aussi le peuple au nom duquel le verdict a été rendu.
Si le geste meurtrier du policier avait à l'époque provoqué un brasier dans de nombreuses villes du nord de la France, cette fois-ci la clémence du verdict n'a suscité qu'une courte flambé. Cela n'a pas empêché la police d'imposer 5 jours durant un véritable état de siège dans 3 quartiers populaires de la ville de Lille pour mettre soi-disant fin à "l 'anarchie".
En outre, il y a un autre motif pour expliquer le silence de la presse française à propos des brutalités policières : celle-ci souhaitait éviter que le souffle de la lutte s'étende et qu'il trouve un échos auprès des autres opprimés. C'était un point trop brûlant, et mieux valait ne pas mettre le doigt dans l'engrenage. C'est cette raison qui a poussé les journaux locaux (Voix du Nord et Nord Eclair) à
tenter de semer la zizanie entre le comité des Sans Papiers de Lille et les habitants en annonçant que les manifestations étaient à l'initiative du comité des Sans Papiers.
Les habitants de Lille Sud sont majoritairement des travailleurs maghrébins en butte au racisme au chômage et aux inégalités. Ils ne bénéficient d’aucune protection pour faire face à l’insécurité. Certains policiers qui les accusent de tous les maux, n’hésitent pas à les humilier. La montée du racisme confirmée par les dernières élections présidentielles n’est pas faite pour les rassurer.
Ils ne peuvent attendre aucune amélioration de leur situation en dehors de leur union et de leur organisation avec l’aide de toutes les forces progressistes françaises.
Les travailleurs immigrés, en particulier les Algériens ne pourront mettre un terme à la dégradation de leurs conditions de vie, combattre le racisme et l’insécurité qu’en renforçant leurs propres associations pour défendre leurs revendications spécifiques. Ceci n’est pas contradictoire avec leur appartenance aux organisations syndicales et autres où ils défendent leurs revendications communes à tous les travailleurs de France
FONCTION PUBLIQUE : vers une rentrée sociale mouvementée (NATIONAL)
La rentrée sociale s’annonce encore chaude cette année. Les mouvements de protestation risquent de se multiplier dès la mi-septembre. Les syndicats de branches de l'UGTA et les syndicats autonomes, ceux notamment de l'éducation, de la santé, de l'enseignement supérieur, de la jeunesse et des sports, des P et T et des finances menacent de lancer des actions revendicatives de grande envergure.
Outre l'augmentation des salaires et l'alignement de la législation du travail sur les conventions internationales ratifiées par l'Algérie, le Syndicat national autonome des personnels de l'administration publique (SNAPAP) exige l'association de tous les syndicats aux discussions relatives à la révision du statut général de la Fonction publique "afin de protéger les 1300 000 travailleurs, que compte la fonction publique, de la dépermanisation et des compressions des effectifs. "Près de 60 % des effectifs seront touchés par la dépermanisation", selon ce syndicat. Ce dernier en appelle également à une "révolution sociale", l'unique moyen, selon lui, de contrecarrer ces licenciements et lutter contre le "marasme et la misère "qui rongent les travailleurs. Il ne cache pas, non plus, les divergences qui l'opposent à l'UGTA, dues au fait qu'il est impossible aux syndicats autonomes, du moins au Snapap, de travailler avec le secrétaire général de l'UGTA, M. Sidi Saïd, si celui-ci ne prouve pas véritablement sa volonté de défendre les salariés. Placé au sein du conseil d'administration de l'Organisation internationale du travail (OIT) par le gouvernement algérien, le secrétaire général de la Centrale syndicale est soupçonné d'être derrière le gel de certaines grèves et des manipulations qui n'ont fait que freiner "les mouvements syndicaux et la mise en application des revendications des travailleurs".
Faut-il encore attendre qu'il y ait plus de fermetures d'entreprises, de salaires non-payés, de nouveaux pauvres qui s'ajouteront à ceux déjà nombreux, et une augmentation du nombre effrayant de suicides de salariés pour que se réveillent les consciences de ceux qui sont censés les défendre.
Depuis des années, la satisfaction des revendications du monde du travail est laissée au gré des ministres qui se sont succédés à la tête du département du Travail. Aujourd'hui, ils en ont assez. Ne dit-on pas que trop de pression et de privations de droits finiront par provoquer des explosions ?
Bien que dans une situation sociale critique, les travailleurs ne luttent pas moins pour régler les difficultés dans lesquelles se débattent leurs entreprises, difficultés aggravées par le relèvement des tarifs douaniers ayant trait à l'importation des matières premières et la baisse des taxes des produits finis importés, conformément à l'accord d'association de l'Algérie avec l'Union européenne, mesures incluses dans la loi de finances 2002.
Les grèves, signe d'un ras-le-bol, se suivent à un rythme effréné, en grande partie dans le secteur public. C'est ainsi que pour cette année, plus de 68% d'entre elles ont été enregistrées dans le secteur public économique, 25 % dans l'administration et 7 % seulement dans le secteur privé, dans son ensemble. Mais les secteurs qui ont vu leurs revendications satisfaites, partiellement seulement, se comptent sur le bout des doigts
AGRICULTURE ET INDUSTRIE : DEUX ETUDES SUR 40 ANS DE LUTTES
(NAtional) LES deux articles doivent se suivre)
A l’occasion du 40ème anniversaire de l’indépendance deux études ont été réalisées sur l’agriculture et l’industrialisation. Ces études seront utiles pour tous ceux qui s’intéressent à ces problèmes. Elles montrent que le combat mené par les paysans pauvres, les travailleurs et les forces progressistes pour un développement réel, a toujours été freiné par les forces réactionnaires. Ces dernières mettent en oeuvre aujourd’hui une politique qui enfonce notre pays dans la crise et réduit à la misère des millions d’Algériens. Ces études dont nous reproduisons ci-dessous des extraits seront disponibles dans une brochure, qui sera mise à la disposition de nos lecteurs.
QUARANTE ANS APRES L'INDEPENDANCE LE COMBAT CONTINUE
POUR L'AMELIORATION DES CONDITIONS DE VIE DE LA PETITE
PAYSANNERIE ET DU PROLETARIAT AGRICOLE (article1)
La guerre pour l'indépendance a été une guerre pour la liberté et la terre, comme le résumait en mars 1961
Bachir Hadj Ali, dirigeant du Parti communiste algérien.
Ces deux aspirations ont fortement impulsé la
résistance à l'envahisseur et la lutte contre la
domination coloniale. Elles traduisaient intimement le
contenu socio-économique de la révolution
nationale-démocratique en marche.
La paysannerie a versé un lourd tribut au recouvrement
de l'indépendance. Elle a fourni le gros des troupes
de combattants de l'Armée de libération nationale et
subi le choc de l'affrontement sanglant avec l'armée
d'occupation.
La question de la terre devait nécessairement
constituer un des enjeux principaux de l'orientation
politique, économique et sociale que devait prendre
l'Algérie indépendante. L'amélioration des conditions
matérielles d'existence de la paysannerie et du
prolétariat agricole ainsi que la création des
conditions socio-économique de la rupture avec le
sous-développement et l'arriération économique,
dépendaient étroitement de la nature de la solution
qui devait être apportée à cette question.
Les transformations agraires - des rapports de
propriété, des modes d'exploitation du sol et de la
production -que l'indépendance allait mettre à l'ordre
du jour, dans le cadre de l'achèvement des tâches de
la révolution nationale-démocratique, devaient à la
fois, en abolissant les vestiges féodaux, réduire
l'inégalité de la répartition des terres, étancher la
soif de terre des paysans pauvres, vaincre la faim et
la malnutrition, répondre aux besoins de consommation
des travailleurs des villes et des campagnes.
Le niveau de la production agricole du temps de la
colonisation correspondait aux besoins d'une société
coloniale. Contrairement à ce que laissent croire
certaines idées répandues il n'y avait de prospérité
agricole que par rapport à un état de la société qui
maintenait dans une sous-alimentation permanente les 3
quarts de la population. En témoigne la stagnation du
niveau de la production de blé depuis le début du
20ème siècle et la baisse continue des disponibilités
en céréales par habitant qui étaient passées de 5
quintaux en 1871 à 2 quintaux seulement dans les
années 50.
A la veille du déclenchement de l'insurrection du 1er
Novembre 1954, 2 Algériens sur 3 vivaient à la
campagne. Près de 82% d'entre eux se composaient de
paysans et de salariés agricoles permanents ou
saisonniers. Très peu de paysans pauvres ou de
travailleurs agricoles pouvaient fréquenter l'école.
La colonisation n'avait pas, bien entendu, pour
objectif d'instruire les fellah qu'elle dépossédait de
leurs terres. Les fellah ne devaient être que des
bêtes de somme taillables et corvéables à merci. Ce
n'est qu'avec la montée du mouvement national dans les
années 20 et surtout après le déclenchement de la
guerre de libération que les autorités coloniales ont
commencé à multiplier les écoles pour les enfants
algériens. Dans son écrasante majorité la paysannerie
vivait une vie misérable, avec moins de 20 000 francs
par an, dans des gourbis et taudis insalubres, privée
de toute commodité. Les routes, les moyens de
transport, l'électricité, l'eau et les quelques
infrastructures de santé existantes servaient pour
l'essentiel la population européenne. Les paysans
algériens étaient régulièrement décimés par les
disettes et les épidémies. Quand ils n'étaient pas
emportés par ces fléaux ils étaient rongés toute leur
vie par la malnutrition et la faim.
Cette situation de paupérisation extrême, beaucoup de
jeunes nés après l'indépendance ont du mal à
l'imaginer, tant les conditions de vie à la campagne
ont été transformées depuis 1962, même s'il subsiste
encore des poches de privations, en particulier dans
les zones montagneuses difficiles d'accès.
Sans enjoliver la situation de la paysannerie avant
1830, cette paupérisation était le résultat direct de
l'accaparement des terres des tribus et du domaine
beylical par les colons et de leur redistribution en
partie au profit d'une minorité de féodaux qui
s'étaient mis au service des occupants.
En 1954 plus d'un tiers des terres cultivables, soit
un peu plus de 2,7 millions d'hectares étaient la
propriété de 22 000 Européens. Ces terres étaient
composées des terres les plus fertiles et les mieux
situées. Les 3/4 des surfaces irriguées par les
barrages construits par la colonisation étaient
exploités par ces Européens. Sur ces 22 000 colons,
6400 d'entre eux détenaient près de 2,4 millions
d'hectares.
631 000 Algériens se répartissaient les 2/3 des
terres. Cette répartition était fortement
inégalitaire. Une toute petite minorité de ces
Algériens, 8500 exploitants, soit à peine 1,3% du
total, possédant chacun en moyenne plus de 100
hectares, contrôlaient 23% de ces terres. Au pôle
opposé, 17% de paysans ne possédaient que moins d'un
hectare. En tout, ils travaillent 37 000 hectares,
c'est-à-dire 0,14% des 7,4 millions d'hectares
exploités par les Algériens.
Le prolétariat agricole comptait 630 000 personnes qui
s'employaient sur les terres des gros colons, en
particulier dans les domaines à vignoble, et sur
celles de la minorité de riches terriens algériens.
Seul un petit contingent de ce prolétariat se formait
de salariés permanents Leur situation sociale n'était
pour autant brillante. Ils travaillaient du lever au
coucher du soleil pour un salaire qui leur permettait
tout juste de se maintenir en vie.
1962-2002 L'INDUSTRIALISATION BASE DE LA MODERNISATION ET DE L'INDEPENDANCE DE L'ALGERIE RESTE A FAIRE (2èm article)
L'Algérie a commémoré il y a quelques semaines le quarantième anniversaire de son indépendance. C'est une période très courte à l'échelle d'un pays. Mais elle a été riche en bouleversements d'une ampleur inouïe. Le développement de l'intégrisme islamiste avec son cortège de malheurs, de souffrances et de régression ne doit pas masquer le fait que durant ces quarante années l'Algérie s'est transformée, en dépit des blocages opposés depuis cette indépendance de l'intérieur des appareils d'Etat ou de l'extérieur de ces appareils par un ensemble de couches sociales qui ont pillé les ressources de la nation en construction.
Le bilan scientifique de toute cette période est à faire en se plaçant sur le terrain des lois du développement historique et non sur celui des préjugés bourgeois ou de ceux des couches réactionnaires et antinationales de la petite-bourgeoisie qui ne voient dans cette période prise globalement qu'une série d'échecs et d'impasses. Les appréciations développées par ces courants ne sont avancées que pour justifier la soumission au capital international, la surexploitation des travailleurs et le pillage du pays qui en découlent.
On ne peut considérer cette période de 40 ans comme une période identique de bout en bout. La période allant de l'indépendance à 1978, année de la disparition de Boumediene, ne peut être analysée de la même façon que celle qui commence en 1979 et qui dure jusqu'à aujourd'hui. Malgré les méthodes hégémoniques et les contradictions sociales et politiques qui l'ont caractérisée, la première période est une période de grande mobilisation populaire, d'espoirs et d'enthousiasme engendrés par des efforts réels tendus vers la construction d'une nation et d'une économie modernes. Celle qui suit restera gravée dans l'histoire du pays comme l'ère des dilapidations, de la prédation et de jouissance au bénéfice d'une coalition bureaucratique et compradore sans autre projet que de régenter le pays comme s'il était sa propriété. La lutte pour éloigner le spectre hideux de l'intégrisme ne peut voiler cette caractéristique essentielle.
Il est incontestable que l'industrialisation amorcée à la fin des années soixante a exercé des effets profonds sur ces transformations bien qu'elle soit demeurée à l'état de processus inachevé en raison de son interruption dès le début des années quatre-vingts sous l'influence des courants compradores qui avaient pris un poids énorme au sein des appareils d'Etat civils et militaires.
Bien avant l'indépendance, les progressistes et les patriotes conséquents rêvaient de lancer l'Algérie sur les rails de l'industrie pour la faire entrer dans une société véritablement moderne, maîtresse de ses décisions et capable d'assurer à ses travailleurs et à ses couches laborieuses le bien-être que les progrès techniques et scientifiques prodigieux du 20ème siècle rendaient possible.
Le Parti communiste algérien avait inscrit dans le programme de mai 1962 la revendication de la nationalisation des richesses minières et pétrolières pour les utiliser comme base et source de financement de l'industrialisation. Comme en écho à cette position, le Programme de Tripoli que le Conseil national de la Révolution algérienne avait adopté en juin, et juste à la veille de l'indépendance, avait de son côté résolument opté pour l'industrialisation et la réforme agraire. Il envisageait clairement d'engager l'Etat de l'Algérie indépendante dans un processus de récupération des richesses nationales pour les mettre au service de la construction d'une nation moderne et des masses populaires. Il affirmait avec force que l'indépendance ne se réduisait pas à la liberté de faire flotter le drapeau algérien sur les édifices publics, mais que l'indépendance politique devait être consolidée par l'indépendance économique. Il liait la résorption du chômage à cette gigantesque entreprise. Il est probable que les rédacteurs de ce programme ne mesuraient pas entièrement l'ampleur de la tâche et les oppositions ouvertes ou voilées auxquelles ce projet n'allait pas manquer de se heurter.
La tâche était en elle-même ardue à l'extrême, car au bout de 130 ans de domination le colonialisme léguait une situation peu reluisante. Il laissait peu d'ouvriers qualifiés, 90% d'entre eux étaient d'origine européenne et allaient fuir leur pays natal avant même la proclamation de l'indépendance. Il laissait derrière lui encore moins de cadres, d'administrateurs, de gestionnaires, d'ingénieurs, d'architectes et de professeurs d'Université. La population algérienne était en 1962 à 90% analphabète.
L'Algérie était donc confrontée à un gigantesque défit. Il lui fallait monter des usines tout en formant des ouvriers, des ingénieurs et des gestionnaires. Elle ne disposait d'aucune expérience en matière d'administration, de gestion, de calculs des coûts, de prévision. Elle était condamnée à avancer en tâtonnant. Il lui fallait aussi construire des routes, des aéroports, amener l'eau et l'électricité pour assurer la marche de ces usines, agrandir les ports, etc.
En plus de ces immenses difficultés, l'Algérie devait faire face à l'opposition de l'impérialisme français à l'industrialisation. Il avait été certes contraint, pour éviter de tout perdre, de prêter assistance au jeune Etat dans le domaine de l'enseignement, de la formation et de l'administration. L'existence du camp socialiste et de l'Union soviétique qui avaient exprimé leur disponibilité à aider l'Algérie à surmonter les séquelles du colonialisme et à ne pas céder au chantage de l'ancienne puissance coloniale avait poussé celle-ci à chercher des compromis. Mais fondamentalement elle ne pouvait se résigner à avaler l'os algérien. Elle ne voyait pas d'un bon oeil la perte irrémédiable de sa colonie. Elle ne pouvait rester sans réagir devant la volonté exprimée par ses dirigeants de rompre avec le statut de néo-colonie agraire ou pétrolière dans lequel elle voulait la cantonner, comme elle avait réussi à le faire dans pratiquement tous les autres pays d'Afrique auxquels elle avait octroyé une indépendance politique de pure forme conditionnée par la perpétuation de la mainmise des sociétés et des banques françaises sur leurs ressources. Pour le colonialisme français, comme d'ailleurs pour toutes les puissances colonialistes, le rôle des colonies devait se limiter à fournir à la métropole des matières premières à bon marché (fer, phosphate, etc.), des produits agricoles, une main-d'oeuvre docile et sous-payée. Les colonies devaient servir en retour de débouché pour l'industrie française. Le rôle assigné aux colonies ne faisait l'objet d'aucune tentative de dissimulation. Il était ouvertement inscrit dans ce qui fut appelé le Pacte colonial et réaffirmé publiquement dans l'enceinte parlementaire par les hommes de la bourgeoisie chaque fois que ceux-ci étaient interpellés sur la situation dans les colonies. L'hostilité de l'impérialisme français à l'entreprise d'industrialisation engagée dès les premières années de l'indépendance continuait à refléter les intérêts des grands monopoles capitalistes industriels même si le capital financier pouvait tolérer jusqu'à un certain point une industrialisation menée par des emprunts dont il tirait de gros intérêts. Cette hostilité alimente en France une pensée universitaire à dominante néocolonialiste qui dénigre de façon hargneuse et souvent sous un langage de "gauche" les résultats de l'industrialisation en Algérie. Gauchistes repentis à la Cohn-Bendit, socialistes paternalistes ou serviteurs "loyaux" du Capital, écologistes guerroyant contre les "méfaits" soi-disant inhérents à toute industrie, nostalgiques honteux de l'Algérie française, tous se retrouvent pour remplir de leurs plumes haineuses des dizaines d'articles dans de pseudo-traités sur l'économie du développement où ils tirent à boulets rouges sur la stratégie algérienne de développement. Leur complaisance pour les régimes monarchiques ou inféodés à l'impérialisme montre tout simplement qu'ils n'ont pas digéré la tentative de l'Algérie de sortir du carcan du Pacte colonial. L'Algérie, avec le Vietnam, est en effet de tous les anciens pays de l'empire colonial français le seul à avoir osé emprunter le chemin de l'industrialisation. Ce "crime", les avocats du néocolonialisme de droite ou de la gauche social-démocrate ne peuvent le lui pardonner. Ils brodent sur le thème de l'échec sans faire l'effort de rendre compte des difficultés objectives de la tâche dans un pays qui a été volontairement maintenu durant 130 ans dans un état d'arriération afin de ne pas concurrencer l'industrie métropolitaine. Certes le capitalisme français avait été contraint de laisser se développer des embryons d'industrie agro-alimentaire ou de petite transformation dans la mesure où ces entreprises ne le gênaient pas. A partir de 1958 il a lancé le Plan dit de Constantine qui prévoyait la mise en place d'une sidérurgie à Annaba. Mais il ne s'agissait pour lui que d'épauler pour le plus grand profit des banquiers les sociétés pétrolières qui s'étaient lancées dans l'exploitation des gisements d'hydrocarbures découverts depuis peu au Sahara. Ces sociétés avaient un grand besoin de tubes et de produits métallurgiques fabriqués sur place et livrés à des prix plus bas que ceux provenant de France où les salaires payés aux ouvriers français étaient plus élevés. L'impérialisme français n'avait pas l'intention d'encourager un processus industriel capable de susciter un développement interne auto-entretenu. Les concepteurs du Plan de Constantine croyaient aussi qu'en réduisant le nombre de chômeurs ils allaient isoler le FLN et imposer ainsi aux combattants de la guerre de libération une issue avantageant les intérêts des grands monopoles capitalistes français.
Sur le plan économique, l'aile gauche de la petite-bourgeoisie commit de nombreuses erreurs qui facilitèrent les attaques en règle de la droite contre le secteur public et le développement industriel. Ces erreurs ne résultaient pas seulement de l'inexpérience inévitable dans la conduite d'un développement accéléré dans un ancien pays colonial dépourvu de bases industrielles importantes et de cadres nationaux. Elles traduisaient des étroitesses hégémoniques alimentées par une appréciation erronée sur la nature de l'étape qu'elle qualifiait à tort de socialiste.
Parmi ces erreurs il faut citer : les entraves apportées au développement du secteur privé productif; l'exploration insuffisante des possibilités de création de société mixte de production avec le capital étranger et avec les firmes des pays socialistes; le recours excessif à l'endettement extérieur pour réaliser les projets industriels; un rythme d'investissement dépassant de très loin les capacités nationales de réalisation et de gestion et une fuite en avant dans une multitude de projets lancés sans réflexion préalable sur l'opportunité de se spécialiser dans certaines productions; un contrôle administratif tatillon sur les importations alors qu'il fallait se concentrer sur quelques produits représentant les plus gros chiffres des importations; une politique des prix imposés au secteur public qui se traduisait par des transferts de plus-value vers le commerce et le secteur industriel privés; des méthodes non-démocratiques de décision économique permettant à quelques hommes d'engager le pays dans des projets coûteux non prioritaires sans avoir de compte à rendre à qui que ce soit.
Il faut cependant tenir compte, quand on évalue l'impact de ces erreurs sur les insuffisances de la politique de développement, de la politique d'inertie opposée par les adversaires de l'industrialisation et consistant à laisser les problèmes s'accumuler jusqu'au pourrissement. Des ministres et des hauts responsables au niveau du commerce et des Finances, par exemple, s'ingéniaient à semer des pièges ou à retarder le règlement judicieux des problèmes posés par le développement industriel. Le Ministère des Affaires étrangères torpillait les projets de coopération avec les pays socialistes. Il bloqua l'offre faite par l'ex-RDA de construire, d'équiper et d'encadrer des centres de formation professionnelle d'ouvriers qualifiés dont l'industrie et le secteur du bâtiment avaient un grand besoin. Par incompétence ou volonté sournoise de nuire, le ministre de l'Education ferma les centres de formation. Celui de l'agriculture prononça la dissolution des collèges agricoles, etc.
A la mort du Président Boumediene qui était survenue au terme d'une longue crise au sein des appareils d'Etat sur le contenu des orientations à suivre au plan économique et politique, les fractions droitières du pouvoir qui cherchaient depuis longtemps à jouir des richesses procurées par le pétrole et à se débarrasser du poids de l'industrialisation prirent rapidement le dessus.
FINALE DU FOOTBALL FEMININ
LE POUVOIR ORGANISE SA RELEGATION (NATIONAL°
Durant ces dernières années, le sport féminin algérien a consacré son entrée dans une discipline jusque-là réservée aux hommes : le football.
Considérés cependant depuis une vingtaine d'années comme un sport d'exhibition, les matches n'étaient organisés que lors de festivités telle que la Journée de la Femme du 8 mars ou lors de commémoration de dates historiques : 1er Novembre, 5 Juillet ...
Il a fallu attendre l'année 1998 pour que le premier championnat d'Algérie du football féminin soit lancé. Des centaines de jeunes filles ont pu enfin réaliser leur rêve en accédant à ce sport. C'était là le fruit du combat continu de femmes et d'hommes aussi qui n'avaient pas perdu espoir de le faire admettre comme un sport ouvert aux femmes comme aux hommes.
La saison sportive 2001/2002 a vu l'éclosion à l'échelle nationale de 34 équipes disputant un championnat régional ainsi qu'une coupe d'Algérie.
La Coupe a été remportée cette année, comme l'année précédente, par les footballeuses d'Alger qui ont battu l'équipe d'Oran.
Depuis 1998 la finale des Dames se jouait en ouverture de la finale des seniors garçons. L'an dernier le Président Bouteflika avait remis lui-même la Coupe à l'équipe victorieuse. Cette année les choses se sont déroulées autrement. Les finalistes ont été obligées de se produire la veille de la rencontre senior et dans le petit stade du 20 août.
Pourquoi ce revirement ?
A-t-on voulu célébrer le 40 ème anniversaire de l'indépendance en cachant les footballeuses à la vue des islamistes ? Les autorités ont-elles voulu plaire aux islamistes et en particulier à Djaballah qui inspire ces derniers mois toutes les campagnes menées contre les femmes ? A-t-on voulu satisfaire les revendications des islamistes qui n'ont retenu de la Proclamation du 1er Novembre 1954 que la mention de l'instauration d'une République algérienne dans le cadre des principes islamiques ?
A moins que cette décision ne reflète qu'une attitude indigente consistant à reléguer le football féminin au statut de spectacle folklorique.
La Finale de la Coupe d'Algérie est le seul moment médiatique important pour les femmes qui pratiquent cette discipline. C'est une occasion en or pour sensibiliser le public à l'ouverture de ce sport aux femmes.
Le football féminin recèle de grandes possibilités. Son développement dépend de deux actions immédiates : la formation à travers la création des petites catégories et sa médiatisation et non son isolement.
Sidi Saïd
Un syndicaliste bien conciliant...
peu soucieux des intérêts des travailleurs (NATIONAL)
Le "patron" de l'UGTA, c'est ainsi que Ghania Oiikazi, journaliste au "Quotidien d'Oran", le nomme dans la présentation d'un entretien que lui a accordé Sidi Said, secrétaire g(,général de ce syndicat. Ce "militant" du mouvement ouvrier ne fait vraiment aucun progrès dans ses fonctions de syndicaliste. Bien au contraire, s'il progresse, c'est à reculons. Cet entretien publie le 11 juillet 2002 est trop long pour être publié entièrement dans nos colonnes, aussi ne pouvons-nous qu’en livrer quelques extraits en maintenant autant que possible l'esprit dans lequel il s'est déroulé.
Question le citoyen doit certainement penser que les actions, qu'elles soient du gouvernement ou du syndicat, ont été dans leur ensemble des coups d'épée dans l'eau... seriez-vous d'accord ?
SS : Nous respectons son point de vue et il a tout à fait le droit d'exiger un peu plus. Peut-être qu'on n’a pas su faire. J'assume cette responsabilité.
Question : Reconnaissez-vous que jusqu’à maintenant, vous avez été plutôt conciliant avec le pouvoir ?
SS : Je crois que tout le monde sait que je suis de nature conciliante. C'est peut-être un défaut
Nous avons essayé, de par la gravité de la situation économique et sociale et de par le terrorisme, de ne pas aggraver les choses ( ) la République était en danger ( )
Question : Ne pensez-vous pas que la "sauvegarde de la République" est un subterfuge pour justement éloigner l'UGTA de sa mission originelle, qui est celle de défendre le monde du travail ?
SS : Je crois que nous ne sommes jamais sortis de notre mission originelle.
Question : Pourtant le monde du travail constate que rien n'a été fait pendant de longues années...
SS : Nous avons quand même participé quelque part à améliorer à la situation sociale.
Question : Ou plutôt à la désamorcer ?
S S : Non, là n'est pas le mot. Mais je dis que L(UGTA a participé à maintenir un équilibre au sein de la République.
Question : Votre conférence de presse conjointe avec le ministre de la Participation et de la Promotion à l'investissement, Abdelhamid Tenunar, signifie-t-elle un chèque en blanc de l'UGTA au gouvernement ?
SS . (...) Il est vrai que nous avons eu, par le passe, une période d'accrochages avec Temmar Mais aujourd'hui, il a une approche positive en en entrant les leçons.
Question Pensez-vous aujourd'hui que le gouvernement veut toujours privatiser l'entreprise
publique
SS : franchement non, parce qu'avec la réunion que nous avons eue avec le ministre de la Participation, nous avons remarqué qu'il ne fait pas de la privatisation une condition sine qua non. C'est ce que nous avons relevé aussi auprès du chef du gouvernement. C'est là une avancée énorme en terme de changement sur cette question.
Les réponses de Sidi Saïd aux questions parfois embarrassantes de la journaliste sont bien la confirmation de l' "intégration". et de l'interpénétration, de la sphère dirigeante de l'UGTA à celle du pouvoir de la bourgeoisie compradore. Est-il sourd ou aveugle pour ne pas avoir pris connaissance des longues pages consacrées par le quotidien français "Le Monde" à l'interview accordée par Boukrouh à propos de la privatisation de la Sonatrach? N'a-t-il pas vu les deux pages de publicité -cadeau royal de cette entreprise nationale octroyé à ce journal ?
Quelles actions la direction de l'UGTA a-t-elle lancées pour la mobilisation des travailleurs pendant que six cents mille de ceux-ci se faisaient licencier des entreprises privatisées, privatisables ou tout simplement fermées?
Sidi Saïd est aussi muet qu’une carpe dans cet entretien sur les grèves et les manifestations (et la répression!) qui secouent le pays.
Décidément, les responsables de ce syndicat sont bien distants d'un syndicalisme de classe et de masse, du combat des travailleurs pour la défense de leurs acquis sociaux. Ils se moquent des revendications des masses laborieuses, de la précarité de l'emploi et du chômage dont sont victimes des millions de travailleurs.
Le secrétaire général de l'UGTA et la diplomatie (encadré si possible)
Sidi Saïd, l'homme qui déplore de n'avoir pas été invité aux premières négociations portant sur la signature des accords Algérie/Union européenne, l'homme qui regrette les centaines de milliers de licenciements, l'homme qui pleure sur ceux à venir, l'homme qui ne dort plus depuis que pèsent les plus lourdes menaces sur les fonctionnaires, l'homme qui ne reste jamais indifférent aux revendications des travailleurs, l'homme poli qui élève peu la voix contre la politique de soumission du pouvoir aux injonctions des institutions comme le FMI et d'autres par souci de ne pas heurter, 1-homme qui...
Cet homme a invité en juillet 2002, son Excellence madame l'ambassadrice des USA Janet Anderson, à un entretien
Il faut dire que celui-ci s'est déroulé de manière fort convenable, et selon le protocole en vigueur, très diplomatiquement. Aux lecteurs qui auraient la curiosité de s'interroger sur les motifs de cette rencontre, cette dame a déjà très simplement répondu "Je suis ici pour m’informer du dossier des travailleurs"
Comme c'est émouvant de découvrir qu'elle partage les inquiétudes de Sidi Saïd sur les difficiles conditions de vie des travailleurs et des masses déshéritées en général.
Que d'affinités!
PALESTINE : Un appel du parti du peuple palestinien (INTERNATION)
Le 8 Août 2002 le parti du peuple palestinien a publié une déclaration pour appeler à la protection internationale du peuple palestinien et au jugement des criminels de guerre israéliens devant la cour internationale. Nous le reproduisons pour nos lecteurs
"Le Parti du Peuple Palestinien dénonce l'assassinat criminel du Cheikh Salah Shabadeh, commandant de l'aile militaire du Hamas. Il demande une intervention urgente pour arrêter la sanglante agression qui se poursuit contre le peuple Palestinien.
Ce nouveau crime a été commis contre une zone résidentielle peuplée. Il a causé une douzaine de martyrs et des blessés parmi la population civile, y compris des femmes et des enfants. Il s'ajoute aux séries de crimes perpétrées par le gouvernement Sharon avec la collaboration des Etats Unis et des armes US.
Ce crime sioniste complète la décision officielle d'Israël de déporter vers Gaza les familles de ceux qui exécutent des opérations à la mémoire des martyrs. Il est une sérieuse escalade dans l'attaque sanglante sur une large échelle contre le peuple palestinien, Il est destiné aussi à frustrer tous les efforts et internationaux pour obliger les troupes israéliennes à quitter les territoires palestiniens. C'est aussi un massacre abominable qui s'ajoute au registre sanglant de Sharon qui est rempli de crimes à l'égard des Palestiniens.
Ce crime est une machination bien planifiée, Il a pour but d'imploser le dialogue entre Palestiniens en vue de formuler une initiative consensuelle islamo-nationale qui peut garantir une chance aux efforts arabes et internationaux d'arrêter l'agressîon et de mettre un terme à l'occupation.
Cette politique israélienne, barbare et terroriste, exige des efforts supplémentaires des Palestiniens. Le renforcement de l'unité nationale, la protection du Front intérieur en vue d'un accord complet acceptable et une politique unifiée désavantageront l'agression sioniste ascendante qui défie toutes les normes et conventions internationales.
Cette politique abominable et criminelle de Sharon exige une action arabe et internationale urgente. Cette action doit dépasser les déclarations de condamnations émises. Elle aura à dénoncer le soutien aveugle et la collaboration des Etats Unis avec Israël, à livrer les criminels de guerre israéliens à la Cour Internationale et à assurer le peuple palestinien de la protection internationale.
SLOVAQUIE : HALTE A LA REPRESSION ANTICOMMUNISTE (internati)
Contre la loi votée par le parlement slovaque, qui bannit la propagation du communisme en Slovaquie la jeunesse communiste tchèque appelle à la solidarité. Dans un appel intitulé "Aidez-nous à mettre en échec le fascisme", elle appelle tous les progressistes du monde à protester auprès des autorités slovaques pour qu’ils mettent fin aux atteintes aux libertés dans ce pays.
Cet appel déclare notamment : "Propager le communisme en public" est devenu un crime après le vote du Parlement slovaque. Ceux qui seront accusés de ce "crime" seront passibles de six mois à trois ans de prison. ...Les militants de gauche et les communistes ont toujours été les combattants les plus sincères contre le fascisme, Des millions de communistes sont morts dans le combat contre le fascisme de 1930 à ce jour. En égalant le communisme au fascisme et en supprimant la liberté de parole pour les communistes, les députés pavent le chemin pour un fascisme réel. C'est la gauche et le mouvement de la classe ouvrière qui sont les véritables cibles de cette loi.
Nous appelons tous ceux qui croient en la justice et la liberté d'exercer leur pression sur le parlement slovaque pour laisser la loi mourir. Le fascisme a été défait une fois en Europe. Nous ne devons pas le laisser se lever encore.
Second camp de la jeunesse des Balkans Anti-OTAN (internat)
Du 19 au 25 juillet 2002, à la plage de Posidi, non loin de la ville de Salonique, s'est déroulé le second camp de la jeunesse des Balkans Anti-OTAN.
Onze organisations représentants la jeunesse de la Bulgarie, de Chypre, de la Grèce, de la Macédoine, de la Roumanie, de la Serbie et de la Turquie ont participé à ce camp et ont prévu en conclusion de leurs débats les initiatives et activités communes suivantes:
- Une déclaration commune de solidarité avec le peuple et la jeunesse de Chypre en raison du sombre anniversaire des 28 années de l'occupation et de l'intervention de la Turquie.
- Une déclaration commune contre les résolutions du Sommet Européen de Séville relatives aux émigrés et aux réfugiés.
- Des activités de solidarité le 28 Septembre avec le peuple de Palestine, deux années après la seconde Intifadha.
- La participation aux manifestations contre le Sommet de l'OTAN à Prague, en novembre 2002. Le "bombardement" électronique du site w. de l'OTAN durant le sommet avec des mails contre l'OTAN et sur les activités Anti-OTAN de chaque pays.
- La participation aux manifestations contre le sommet de l'Union Européenne à Salonique en Juin 2003. Manifestations et activités durant cette période dans chaque pays. Soutien du calendrier des activités qui sont préparées par "Action Salonique 2003"
HAMMA HAMMAMI LIBERE (international)
Nous apprenons en dernière minute la libération du dirigeant communiste tunisien Hamma Hammami et un de ses camarades. C’est une grande victoire pour tous les démocrates tunisiens et pour tous leurs nombreux amis qui se sont battus pour une telle issue. Nous exprimons à nouveau notre solidarité avec les communistes et tous les démocrates tunisiens. Nous continuerons à nous battre pour la libération des autres détenus progressistes tunisiens et pour le respect des libertés démocratiques en Tunisie.