Le Président Arafat est décédé
Le peuple palestinien continuera sa
lutte légitime
Le Président Arafat
vient de mourir. La dégradation brutale de son état de santé ces derniers jours
avait plongé tous les Palestiniens et leurs nombreux amis dans le monde dans la
tristesse. Ce patriote qui symbolise toute la cause palestinienne a lutté toute
sa vie pour arracher les droits nationaux de son peuple. Victime de dizaines de
tentatives d’assassinat, il a toujours survécu et réussi à déjouer tous les
pièges tendus à la résistance palestinienne. Chassé d’Amman à Beyrouth puis de
là à Tunis, il a toujours combattu pour la libération de son peuple, malgré les
innombrables difficultés de la lutte. Ce combattant était aussi un homme de
paix et a toujours respecté ses engagements quoi qu’en disent les sionistes et
leurs protecteurs américains. Il est retourné à Gaza après les accords d’Oslo signés
en 1993 avec les dirigeants d’Israël pour continuer à négocier avec les
occupants mais toujours avec la volonté d’aboutir à la création de l’Etat
palestinien avec Jérusalem-est pour capitale. Après avoir résisté aux pressions
américaines lors des fameux entretiens de Camp David, lorsqu’il a refusé de
céder sur Jérusalem et sur le droit au retour des réfugiés palestiniens, il est
devenu l’homme à abattre pour les occupants et Sharon a répété plus d’une fois
sa volonté de l’éliminer, y compris physiquement. Depuis son installation à la
Maison blanche, Georges Bush a décidé de refuser tout contact avec lui. Quant à
Sharon, il l’a condamné à l’enfermement dans son quartier général à Ramallah
pour l’isoler et le marginaliser. L’objectif de Bush et de Sharon était
naturellement de chercher d’autres dirigeants palestiniens capables selon eux
d’accepter leurs plans de liquidation de la cause d’un peuple en lutte pour sa
liberté depuis des dizaines d’années. Il faut rappeler que le Président Yasser
Arafat a été élu démocratiquement, sous contrôle
international, président de l’Autorité palestinienne en 1996. Il faut rappeler
aussi que c’est avec lui en tant que Président de l’organisation de libération
de la Palestine (OLP) que Rabin, l’ex-premier ministre israélien, assassiné par
un extrémiste juif, a signé les accords d’Oslo en présence du Président
américain Clinton dans les jardins de Washington. Voilà l’homme que Bush et
Sharon ont considéré comme non représentatif du peuple palestinien. En vérité
la haine manifestée ces dernières années contre Arafat n’est rien d’autre
qu’une haine vis-à-vis du peuple palestinien, à qui on ne pardonne pas sa
résistance courageuse à l’occupation et sa volonté d’arracher sa liberté et son
indépendance quels que soient les sacrifices. Il est clair que la disparition d’Arafat
est une grosse perte pour le peuple palestinien. Elle ne pourrait réjouir que
Bush et Sharon et probablement nombre de dirigeants arabes réactionnaires,
prêts à en finir avec la résistance palestinienne, qui reste un exemple de
lutte et de fermeté pour leurs propres peuples. Mais ceux qui misent sur la
disparition d’Arafat pour étouffer la cause palestinienne se trompent
lourdement. Avec l’aide de toute l’opinion progressiste du monde entier, le
peuple palestinien continuera sa lutte avec une détermination inébranlable. Le
peuple algérien et ses forces patriotiques qui suivent avec inquiétude
l’évolution des évènements, saluent la mémoire du Président Arafat et réaffirment
leur solidarité avec l’héroïque peuple palestinien.
Notre parti a adressé un message de
condoléances et de solidarité aux dirigeants palestiniens.
AGIR DANS L’UNION POUR ARRACHER LES LIBERTES DEMOCRATIQUES
ET METTRE EN ECHEC LES PROJETS DU POUVOIR (Edito page1)
A L’occasion de la commémoration du 50ème
anniversaire du premier novembre 1954, le Président de la république a annoncé
son intention d’aller vers une amnistie générale pour
« bâtir une réconciliation globale ». Au même moment Ouyahia déclare
à l’APS que son gouvernement va privatiser toutes les entreprises publiques à
l’exception des entreprises stratégiques qu’il réduit à la SNTF, à SONELGAZ et
SONATRACH. Ces deux déclarations indiquent clairement que les groupes
dirigeants vont tout faire dans les mois qui viennent pour rassembler toutes
les fractions de la bourgeoisie, y compris celles qui sont directement
responsables des crimes et des destructions qui ont apporté tant de malheurs à
notre peuple, pour désengager complètement l’Etat de tout rôle économique et
social. Pressés par le FMI et les puissances impérialistes d’accélérer la
destruction du secteur public et mettre à la disposition des spéculateurs
toutes les ressources de la nation, les gouvernants mettent ouvertement en
cause le principe même de l’indépendance nationale. Ces deux déclarations, et
ce n’est pas un hasard, ont été précédées dans les dernières semaines par le
refus catégorique du pouvoir de discuter des nombreuses revendications des
travailleurs et par des décisions unilatérales sur des dossiers aussi
importants que celui de la fonction publique. Plus grave le gouvernement continue
d’instrumentaliser la justice pour remettre ouvertement en cause le droit de
grève ou faire condamner à de lourdes peines de prison des manifestants qui
dénoncent les injustices ou des élus corrompus qui dilapident l’argent public
sans rien faire pour résoudre les problèmes des citoyens. Le gouvernement
prétend désormais interdire toute grève illimitée et n’hésite pas à menacer de
licenciement les salariés qui persisteraient à utiliser leurs droits
constitutionnels pour défendre leurs revendications. Ainsi au moment même où on
cherche à amnistier des assassins sous prétexte de réconciliation, on accentue
la répression vis-à-vis des enseignants, des médecins ou des postiers qui
réclament leurs droits et dénoncent la dégradation des services publics. Pour
le pouvoir, les travailleurs qui refusent de courber l’échine, demandent des
augmentations de salaires ou veulent discuter de l’avenir de l’école ou de
l’hôpital public, ne méritent pas d’être écoutés et les syndicats qu’ils ont
librement constitués n’ont pas droit au chapitre. Dans le même temps il
accentue ses pressions sur l’appareil central de l’UGTA à qui il demande
désormais, non seulement d’accepter le blocage des salaires et ses décisions
autoritaires comme l’obligation faite à la caisse de sécurité sociale de
déposer ses fonds dans les banques publiques, mais il exige de cet appareil, de
plus en plus coupé des salariés, un soutien ouvert et bruyant à toute sa
politique avec ses « réformes », ses plans de privatisation du
secteur public, et sa stratégie qui se résume à créer les conditions pour aller
dit-il vers « l’économie de marché », c'est-à-dire vers un
capitalisme dépendant au service des multinationales et des couches de la
bourgeoisie compradore, des spéculateurs en tout genre et des corrompus de tout
acabit.
Le pouvoir veut régler tous les problèmes
sociaux que sa politique antipopulaire ne cesse d’aggraver par la répression et
veut créer en premier lieu toutes les conditions pour isoler la classe
ouvrière, principale victime de sa politique de casse et de misère mais aussi principal
obstacle à l’application des orientations décidées par le grand capitalisme
international et les dirigeants du FMI, qui dictent quotidiennement à Alger
même à nos autorités ce qu’il faudrait faire ou ne pas faire. Dans de telles
conditions une résistance accrue aux objectifs antinationaux d’un pouvoir,
soutenu par des idéologues de service est indispensable pour toutes les forces
progressistes qui n’acceptent ni les bradages des richesses nationales, ni la
répression et la violation des libertés démocratiques. Pour tous les observateurs
honnêtes, sans la résistance ferme de la classe ouvrière depuis des années, il
y a longtemps qu’il n’y aurait plus rien à privatiser, que les chômeurs
seraient encore plus nombreux, que nos services publics seraient encore plus
dégradés. Il est plus nécessaire que jamais de poursuivre cette résistance. Manuels
ou intellectuels, ouvriers d’usine ou salariés agricoles, pétroliers ou
cheminots, chômeurs ou non, c’est l’ensemble de la classe ouvrière qui est
appelée à renforcer ses luttes et son unité pour défendre ses emplois et un
pouvoir d’achat décent. Mettre en échec la politique du pouvoir est non
seulement possible mais aussi indispensable. Les travailleurs conscients
comprennent que la destruction du secteur public, la dénationalisation du
secteur énergétique, l’adhésion à l’OMC et toutes les réformes préparées par le
pouvoir ne permettront pas de satisfaire leurs revendications les plus
élémentaires. Bien plus elles aggraveront tous les problèmes en suspens,
augmenteront chômage et misère pour le plus grand nombre et mettront en cause
l’avenir même de la nation.
Ces travailleurs conscients savent que si la
classe ouvrière seule ne peut pas mettre en échec toute la politique
antinationale sans la mobilisation de toutes les couches populaires et de
toutes les forces qui n’acceptent pas cette démission devant les pressions
impérialistes, la résistance de cette classe aux plans d’Ouyahia et sa fermeté
grandissante dans la défense de ses revendications, sont un encouragement à
tous ceux qui veulent un changement de cap dans les orientations du pouvoir.
Utiliser les moyens financiers dont nous disposons actuellement pour consolider
le service public, créer des emplois productifs, diminuer le chômage, défendre
les intérêts nationaux et s’engager dans une véritable politique de liberté et
de progrès social, tel est le souhait aussi de tous ceux qui n’appartiennent ni
à la bourgeoisie compradore, ni à ses alliés qui vivent de spéculation et de
corruption. La responsabilité de la classe ouvrière est donc immense. Pour l’assumer,
il lui est indispensable de se battre pour arracher les libertés syndicales et
toutes les libertés démocratiques faire échec à l’autoritarisme et à la
répression, renforcer son unité et la solidarité entre tous ses secteurs en soutenant
toutes les luttes légitimes quels que soient les syndicats qui les organisent.
Cette bataille sera peut être longue et
difficile mais son succès renforcera les chances d’un rassemblement plus large
qui ouvrira pour tout notre peuple d’autres perspectives.
1er
novembre 1954, Soulèvement d'un peuple après plus d'un siècle d'oppression
et d'exploitation pour se débarrasser de ses chaînes
Un extraordinaire bond
qualitatif du combat mené depuis 124 ans par le peuple Algérien est franchi en
ce premier novembre 1954. Les Algériens ne pouvaient plus rester hors du champ
de la libération et de l'indépendance reconquis, à cette époque tour à tour par
d'autres peuples et notamment celui du Vietnam. Ils ne pouvaient pas demeurer
en retard vis à vis de leurs frères de Tunisie et du Maroc qui se dirigeaient
vers l'indépendance. A la résistance sous des formes non violentes pratiquée au
lendemain de la seconde guerre mondiale contre la violence coloniale qui n'a
jamais cessé depuis la conquête du pays, même lorsque son degré d'intensité
s'atténuait, le peuple algérien est contraint à nouveau de prendre les armes
pour arracher son indépendance.
L'insurrection armée touche
au départ quelques points du pays. Elle est engagée par un petit groupe de
patriotes membres du PPA-MTLD qui, désolés devant la crise qui affecte leur
Parti, sont persuadés que le moment est venu d'opérer une rupture avec les
formes de lutte non violentes. Elles leur paraissent insuffisantes pour
atteindre le but politique exprimé depuis 1830 dans l'aspiration profonde à
l'indépendance du peuple Algérien. L'insurrection menée au départ par quelques
centaines de partisans armés se transforme rapidement en une guerre de
libération qui se déroule sur l'ensemble du territoire national. Cette guerre
de libération est soutenue par l'immense majorité du peuple. Cette guerre du
peuple contre l'oppression et l'exploitation coloniales va ébranler le système
capitaliste (le colonialisme n'est-il pas son produit?) même si ceux qui
l'engagent ne le disent pas et même si ceux qui la mènent n'en s'ont pas tous
conscients. Les moyens militaires
utilisés de part et d'autre, par le FLN-ALN et les gouvernants français, sont
au service d'objectifs politiques, économiques et sociaux.
Aussi tout au long de la
guerre, les gouvernants français vont s'acharner à tromper l'opinion publique
française en tentant de lui faire croire qu'elle mène en Algérie une opération
dite de "pacification" contre des "hors la loi". Jusqu'à ce jour d'ailleurs, même si les
dirigeants français ont reconnu, avec beaucoup de retard, que leur pays a bien
mené une guerre contre notre peuple, ils se gardent toujours d'en révéler les
mobiles politiques et économiques. Et pour cause, les velléités actuelles de
puissances capitalistes de coloniser à nouveau des pays indépendants, ne
peuvent pas modifier le comportement des dirigeants de la France capitaliste.
Les motivations politiques,
économiques et sociales de l'engagement de l'immense majorité des Algériens
dans cette guerre ont certes un dénominateur commun qui est l'indépendance.
Mais selon le groupe social auquel il appartient chaque Algérien donne un
contenu différent à cet objectif politique, Pour l'ouvrier agricole qui trime
des étoiles aux étoiles pour un salaire de misère dans les domaines de la grande
colonisation terrienne, pour les fellahs dépossédés de leur terre, pour les
khammès exploités par les féodaux algériens, l'indépendance est synonyme de
récupération de leurs terres volées et une vie moins dure dans les campagnes. Pour l'ouvrier du port ou celui des mines
surexploité par les grandes banques françaises ou par les patrons capitalistes
européens, l'indépendance est synonyme d'une plus grande justice sociale et
d'une égalité des droits. Pour les ouvriers les plus conscients l'indépendance est
le premier pas pour aller au socialisme. Mais pour les Algériens qui rêvent de
remplacer les capitalistes et colonialistes étrangers les motivations
politiques ne concordent pas entièrement avec celles des couches laborieuses, même si
certains d'entre eux, profondément patriotes, pensent que le capitalisme est la
solution au lendemain de l'indépendance. C'est pourquoi les dirigeants du FLN
se gardent de donner un contenu précis et profond à la République démocratique
et sociale qu'ils projettent de mettre sur pied au lendemain de l'indépendance.
Pensaient-ils ainsi éviter une division des rangs? Ce fut une des raisons invoquée par le Parti
Communiste Algérien pour ne pas se dissoudre dans le FLN, tout en lui reconnaissant
la direction de la lutte et tout en le soutenant. La présence d'un Parti
communiste loin d'affaiblir l'union des forces patriotiques a contribué avec
ses moyens à entretenir dans les couches laborieuses du pays, qui ont supporté
le poids de la guerre, l'espoir que leur participation massive à la lutte aura
des répercussions favorables sur les orientations politiques, économiques et
sociales au lendemain de l'indépendance. De même le maintien du PCA a été une
contribution sur la manière de concevoir le Front, ce rassemblement de toutes les
forces patriotiques dressées contre le colonialisme. Pour être solide un Front
doit respecter les aspirations de toutes les forces politiques qui le
composent. Ces forces se battent ensemble sur tout ce qui les unit et
conservent leur autonomie d'organisation pour exprimer séparément et en toute
liberté leurs opinions sur les questions idéologiques et politiques quand elles
divergent. Certaines divergences qui n'ont pas un caractère idéologique
fondamental, peuvent parfois être aplanies avec la contribution démocratique du
peuple dans le cadre des objectifs communs. Les divergences idéologiques ou
politiques ne sauraient être un facteur de division quand elles s'expriment
sagement en tenant toujours compte des objectifs communs, Cette conception du
Front, qui était celle du PCA, n'a pas toujours prévalu au sein du Front de
libération nationale tout comme auparavant auprès des Partis nationalistes. Il
apparaît, avec le recul du temps, que cette faiblesse dans la conception du
Front a permis le maintien de préjugés de toutes sortes qui ont abouti, durant
la guerre, à la liquidation physique de patriotes dont des communistes accusés
à tort par leurs frères de combat. Elles ont abouti aussi au lendemain de
l'indépendance aux coups d'Etat et à l'arrestation de militants politiques qui
ne partageaient pas les orientations ou les actions de la direction du FLN.
Ces critiques sur la conduite de la guerre par la
direction du FLN et du GPRA n'enlèvent en rien leur mérite d'avoir conduit le
pays à l'indépendance. Mais nul ne saurait oublier que sans la participation
des couches laborieuses, sans leurs sacrifices et celui de ses martyrs,
l'Algérie n'aurait pu connaître l'indépendance. Elle n'aurait pas pu non plus
enregistré au cours de son édification des succès économiques importants et des
avancées sociales et culturelles enregistrées après cette indépendance. Mais
les résultats bénéfiques pour notre peuple auraient pu être encore plus
importants si ces faiblesses, notamment les insuffisances de nature
démocratique, avaient pu être corrigées durant la guerre ou après
l'indépendance.
Il
s'agit aujourd'hui de dégager les leçons du combat passé pour orienter celui
qui nous mène vers l'avenir.
Le PCF a commémoré le
cinquantenaire du 1 novembre 1954 en présence de plusieurs personnalités dont Marie
Georges Buffet
Ce
cinquantenaire a été commémoré au siège du PCF, à Paris, par une exposition de
photos, d'affiches, de « unes » de l'Humanité et du périodique clandestin « Le
Soldat » publié durant la guerre de libération nationale, les interventions de
plusieurs orateurs et la projection du film de Jean-Pierre Edo, « Un rêve
algérien »
La
soirée, animée par Charles Silvestre, s'est déroulée en présence de plusieurs personnalités,
notamment de Marie Georges Buffet, secrétaire nationale du PCF, députée, de
madame Simone de Bolivarien, veuve du général français Jacques
Paris-de-Bollardière qui fut condamné à deux mois de forteresse pour s'être
opposé aux tortures, de l'ambassadeur d'Algérie en France, de Sadek Hadjerès, qui
a été dirigeant du PCA et du PAGS, du professeur André Mandouze qui fut le
premier rédacteur en chef de l'hebdomadaire Témoignage Chrétien et dont on sait
le rôle qu'il joua dans le cadre de la solidarité avec notre combat et sa lutte
contre les tortures et, enfin, de Zouheir Bessa, directeur d'Alger Républicain
qui fut le premier à prendre la parole pour rappeler le combat des patriotes
algériens pour l'indépendance de notre pays. Il rappela également les
désaccords survenus avec le PCF à la suite du vote des pouvoirs spéciaux
demandés par Guy Mollet qui prétendait les utiliser contre les ultras alors
qu'il leur apporta un soutien total. Cependant, l'orateur rappela aussi
l'importance de la solidarité qu'apporta le PCF au peuple algérien dans son
combat jusqu'à sa victoire.
Après
l'intervention de Sadek Hadjerès et celle d'André Mandouze, Marie-Georges
Buffet prit la parole à son tour pour dire notamment qu'il fallait encore
étudier sérieusement les conditions dans lesquelles son parti avait été amené à
voter ces pouvoirs spéciaux, ne pas craindre de reconnaître les erreurs et les
critiques de telle ou telle position.
Gisèle
Halimi, Henri Alleg et Pierre Vidal Naquet se sont excusés de ne pouvoir
participer à cette commémoration qui fut un succès.
Ce
fut une soirée riche d'enseignements pour tous les participants.
Nous
publions ci-dessous un extrait de l’intervention du directeur d’Alger
Républicain.
« …Après
sept ans et demi de lutte armée, l’objectif de l’indépendance est réalisé en
juillet 1962. Sa libération, le peuple algérien la doit certes et d’abord à son
propre combat. Mais si ce combat a pu se concrétiser, c’est grâce au soutien
que sa cause juste et légitime enregistra, il faut le souligner fortement, dans
tout ce que la planète comptait de forces démocratiques, progressistes et
révolutionnaires : l’Union soviétique et le camp socialiste, le mouvement
communiste international, en premier lieu en France même, les humanistes et les
anticolonialistes, chrétiens, agnostiques ou athées. Le peuple algérien bénéficia
de la solidarité des peuples qui venaient de s’affranchir du colonialisme, de
celle que lui manifestaient les peuples qui avaient saisi que leur propre
libération allait dépendre de l’issue de la lutte des Algériens, de la
solidarité que lui témoignaient les peuples arabes.
Les
progressistes français n’avaient pas attendu le déclenchement de l’insurrection
de novembre pour exprimer leur attachement pratique au droit des peuples à
disposer d’eux-mêmes.
Dans
le grand élan que la révolution d’octobre venait d’imprimer à tous les
mouvements d’émancipation humains, nationaux ou prolétariens, le mouvement
communiste français a joué un rôle de premier plan, un rôle inestimable et
irremplaçable. Ce rôle ne diminue en rien le mérite des individus inorganisés
qui, plus tard, viendront apporter leur contribution à cette grande entreprise
de libération humaine. Né du feu, le parti communiste français, a subi avec
honneur et gloire l’épreuve de vérité en s’attelant à appliquer la 8ème
condition d’adhésion à l’Internationale communiste qui faisait obligation à
tout parti communiste d’une nation oppressive de soutenir la lutte du peuple
opprimé pour se débarrasser de l’oppression coloniale. Le congrès de Tours a
marqué d’une empreinte indélébile des deux côtés de la Méditerranée,
l’évolution du sort des peuples. En cette période de déchaînement du mensonge
anticommuniste, de réécriture révisionniste de l’histoire sous la dictée de
ceux qui s’emploient à rétablir, depuis la chute des pays socialistes et à la
faveur de l’affaiblissement du mouvement communiste, la toute-puissance de
l’impérialisme, il est indispensable de clamer hautement et fièrement que
l’honneur de la France de la révolution de 1789 et de la Commune de Paris a été
sauvé par le parti communiste, par aussi toutes ces femmes, tous ces hommes,
qui, sans être communistes, n’hésitèrent pas à prendre le parti de la justice
contre l’oppression et son horreur.
Oui,
c’est bien à Tours que tout s’est joué. A l’inverse, ceux qui refusèrent
l’adhésion à l’IC, qui affirmèrent un attachement verbal à la lutte des peuples
pour leur libération, “par tous les moyens sauf par la guerre”, tenaient-ils à
préciser, ceux-là se sont rendu coupables de forfaiture toutes les fois qu’ils
ont eu à collaborer avec la bourgeoisie dans l’exercice du pouvoir. Ils
combattirent par tous les moyens, y compris par la guerre, l’insurrection du
peuple algérien… »
LUTTES DES TRAVAILLEURS
Cheminots
Les travailleurs de la Société nationale du
transport ferroviaire (SNTF) lancent un signal de détresse
face à un danger qui plane sur leur entreprise et, par ricochet, sur
leurs emplois et le sort de leurs familles.
Faisant état de « la déliquescence de la SNTF », les syndicalistes
ont dénoncé, dans une déclaration l’état de délabrement « des voies ferroviaires
qui sont complètement délaissées et leur semblant d’entretien confié à des
opérateurs n’ayant aucune technicité en la matière ». Les cheminots
« éprouvent d’énormes difficultés » dans l’accomplissement de leur
tâche. Cela est dû à « la précarité des services qu’offre leur société et
à la gestion aléatoire ». S’y ajoutent les pertes sèches qu’a subies
l’entreprise durant la décennie noire. La SNTF a été, à maintes fois, ciblée
par les groupes islamistes armés, lui occasionnant ainsi des dommages matériels
incommensurables. Selon les syndicalistes, plusieurs machines de traction de
gros tonnage ont été incendiées et, jusque-là, elles n’ont pas été remplacées.
Devant le manque de moyens et la mauvaise qualité des services, la SNTF est en
perte de vitesse. La difficulté de la trésorerie de faire face aux charges
d’exploitation y est pour beaucoup. Le découvert bancaire a atteint un volume
« intolérable ». Pour sauver leur entreprise, ils comptent sur
l’Etat. En attendant, les cheminots manifestent leur inquiétude quant à
l’avenir incertain de leur entreprise. Ils sont gagnés par le doute car la SNTF
risque la dislocation et l’avenir du personnel demeure incertain. Ils tirent la
sonnette d’alarme. Ayant déjà observé une grève en 2003, les cheminots n’hésiteront
pas à rééditer le même scénario dans le cas où leur requête ne serait pas prise
en compte par les pouvoirs publics.
25 09 2004
Les dockers
Les 15 000 dockers
que comptent les dix ports du pays ont observé une demi-journée de grève
nationale, en signe de protestation contre les opérations de privatisation,
d’ouverture du capital et de partenariat des ports. Le taux de suivi de la
grève a atteint les 100%.Et les menaces des pouvoirs publics quant à une
retenue sur salaire de cette demi-journée de grève n’ont pas dissuadé les
grévistes qui répliquent : «Nous n’allons pas faire marche arrière et si
ce projet de privatisation est maintenu, nous sommes prêts à aller vers une
grève nationale illimitée.».Selon les contestataires, «la situation financière
des ports se porte bien et les projets de privatisation n’ont pas de raison
d’être, ils ne feront que casser ces entreprises». (25 10-2004)
Dockers (suite)
A Ghazaouet, les dockers qui ont participé à la
grève nationale déclenchée par la Fédération syndicale de leur corporation
s'opposent à la répression dont sont victimes deux syndicalistes suspendus sur
décision du PDG de l'entreprise portuaire. Ils protestent contre l'attitude de
la direction de cette entreprise qui refuse de reconnaître la direction syndicale
élue alors qu'elle l'est par la direction de l'UGTA. La direction de cette
entreprise rejette également les résultats des élections désignant les
représentants des travailleurs au comité d'entreprise. Les dirigeants de cette
entreprise piétinent la législation du travail en toute impunité. Mais les
dockers de Guazaouet poursuivent leur combat pour imposer le respect des
libertés syndicales et du droit de leurs représentants à siéger dans les
organismes de direction de l'entreprise. (25-10-2004)
Les praticiens de la santé
Le conflit opposant les praticiens et les
spécialistes de la santé et leur tutelle est loin de connaître son
épilogue. Réagissant à une grève
illimitée au niveau national, déclenchée par le Syndicat national des praticiens
et spécialistes de la santé publique (SNPSSP) le conseil de gouvernement avait
mis en garde les grévistes et même menacé de licenciement. Dénonçant cette
menace, le SNPSSP, sans abandonner son droit au recours à la grève, a opté pour
l'organisation de sit-in à l'intérieur des hôpitaux.
Mieux encore, après cette remise en cause du droit de grève adoptée par
le Ministère de la Santé, une intersyndicale regroupant les travailleurs des
deux syndicats SNSSP et SNPSP (Syndicat National des praticiens de la santé
publique) est née afin de combattre les mesures prises par le Ministère de la
Santé qui sont "une véritable remise en cause du droit syndical et
particulièrement du droit de grève". Les deux syndicats protestent
également contre la défalcation sur les traitements des praticiens et
spécialistes de la santé, des journées de grève. (23-10- 2004)
Les
postiers
Les
postiers ont décidé de passer à l’action en observant une journée de grève. Ils estiment que la plate-forme de revendications déposée
auprès de la direction générale d’Algérie Poste en juin dernier n’a rencontré
que « mutisme et entêtement » de la part de la tutelle. Les
travailleurs dénoncent, entre autres, la non application du statut de
l’entreprise conformément à la loi 2000-03 du 5 août 2003, le retard dans la
mise en œuvre de la convention collective signée depuis le 20 juillet 2003, la
non élaboration du règlement intérieur de l’entreprise ainsi que la non élaboration
de la nomenclature des postes de travail. (15
10 2004)
Les 240travailleurs de l’entreprise
Restaurail, une filiale de la Société nationale des transports ferroviaires,
ont observé une journée de protestation contre
ce qu’ils appellent « la dégradation de la situation socioprofessionnelle
des travailleurs ». Parmi les revendications mises en avant par le
collectif des travailleurs figurent, entre autres, l’augmentation des salaires
et les indemnités y afférentes, l’amélioration des conditions de travail,
d’hygiène et de sécurité, la réintégration des travailleurs licenciés et le
rétablissement de l’accès aux facilités de circulation à bord des trains et ce,
par la restitution des cartes de circulation à l’instar des personnels
cheminots. D’autres doléances sont consignées par les travailleurs dans leur
plate-forme de revendications. Il s’agit notamment de la cessation des
amputations illégales sur la literie des voitures couchettes, la régularisation
définitive de la situation des 102 travailleurs contractuels, l’arrêt du
bradage des activités rentables et profitables à la filiale et la constitution
d’une commission d’enquête pour déterminer les conditions et les raisons
réelles de la dissolution de certaines activités de la filiale. Les
travailleurs de Restaurail ont qualifié leurs salaires de dérisoires. « Au
moment où le SNMG est porté à 10 000 DA, le salaire de base de certains
travailleurs de Restaurail ne dépasse pas les 7000 DA ! » (12 10 2004)
Les impôts
La grève nationale des travailleurs des impôts a été largement suivie à
travers l’ensemble des régions du pays. Ils estiment que leur
action fera « entendre la voix des travailleurs du fisc qui sont les moins
payés des salariés de la Fonction publique ». Les syndicalistes de
l’administration fiscale du centre brandissent de toute évidence les mêmes
revendications que celles soulevées par leur collègue de l’Est qui ont observé
eux aussi une grève de cinq jours. Ce sont, entre autres, les augmentations des
salaires, la révision du statut particulier des agents du fisc, y compris le
personnel de l’Ecole nationale des impôts, la révision et l’actualisation de la
prime de rendement et la révision de l’arrêté portant modalités de répartition
du Fonds de revenu complémentaire (FRC) et enfin la protection
des agents et cadres des impôts dans l’exercice de leurs fonctions selon des
textes juridiques adaptés et en rapport avec le trafic d’influence et l’abus
d’autorité. Là également, les syndicalistes expliquent avec force détails
toutes les pratiques vexatoires subies par la majorité des agents dès lors
qu’il s’agit d’investigation de nature à protéger l’économie nationale ou de
contrarier certains barons du négoce. (09 10 2004)
Les maîtres assistants en sciences médicales
Un autre front de contestation s’est ouvert du côté des maîtres
assistants en sciences médicales. Le syndicat national représentant le corps
médical en question a tenu à informer l’opinion nationale de l’échec des
négociations entamées il y a quelque temps entre les maîtres assistants et
leurs deux tutelles, à savoir le ministère de la Santé et le ministère de
l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Il souligne que la
corporation a longtemps patienté et a accordé trop de délais aux pouvoirs
publics et au ministère de la Santé qui n’a pas encore réagi aux doléances
exprimées par le syndicat. Le syndicat demande à ce propos que leurs indemnités
soient revalorisées à hauteur de 300% (elles sont actuellement de l’ordre de 9
600 DA) et ce, pour permettre un alignement de toutes leurs indemnités sur
celles des autres corps de la santé publique. Le syndicat demande en outre la
revalorisation de la prime de performance à hauteur de 70% au lieu de 30%
actuellement en vigueur. (6 10 2004)
L’EDUCATION nationale
Le Syndicat d’entreprise des
travailleurs de l’éducation (SETE-FNTE) agite le spectre de la grève illimitée
et instruit ses adhérents de se tenir prêt pour la mener à partir du 7 novembre
prochain. De son côté, le Conseil des lycées d’Alger (CLA) a décidé de faire du
5 octobre, journée internationale de l’enseignement, une journée symbolique de
protestation et d’action et ce, à l’échelle nationale. Pour sa part, le CLA
envisage également d’occuper le terrain et sensibiliser les enseignants sur
leurs droits et devoirs. Les responsables de ce syndicat estiment qu’il est de
leur responsabilité de ne pas se désintéresser des revendications
socioprofessionnelles et pédagogiques qui n’ont pas été prises en charge durant
le mouvement de débrayage observé en 2003. Il s’agit, entre autres, de
l’augmentation du salaire (30 000 DA), la retraite après 25 années d’activité
légales et l’élaboration du statut particulier des professeurs de
l’enseignement secondaire et technique. (03 10 2004)
L’université
Abderahmane Mira n’est pas épargnée par les menaces de tumultes
socioprofessionnels. Après avoir tenu deux journées de protestation, la
coordination réunissant la section locale du CNES et le SNAPAP s’apprête à
reconduire l’expression de mécontentement à travers trois nouveaux jours de
grève. L’objet de la protestation, là encore, consiste en l’exigence générique
d’améliorer les conditions de travail. (30 09 2004)
En grève de la faim depuis plus
de quinze jours, plus d’une dizaine de syndicalistes et de salariés de
l’entreprise MABEL de Sidi Bel Abbès, spécialisée dans la confection de
produits en cuir, refusent catégoriquement la suspension de leur mouvement de
protestation tant que le règlement des arriérés de
salaire (seize salaires au total), le déblocage de l’approvisionnement en
matières premières et le maintien de l’activité ne seront pas retenu. (28
09 2004)
Le débrayage déclenché par trois
corps de la santé publique, les paramédicaux, les ouvriers professionnels et le
personnel technique et administratif, s’est poursuivi avec un taux d’adhésion
qui a atteint les 100%. Le service minimum, selon des syndicalistes, a été assuré conformément
à la réglementation en vigueur. Cette grève est illimitée jusqu’à satisfaction
des revendications concernant la généralisation
des primes de contagion, d’intéressement de zonage pour les régions du sud et
l’introduction des primes de nuisance, de documentation, d’encadrement, de
technicité ainsi que les indemnités de sujétion spéciale et de travail posté et
le glissement catégoriel.. L’action entamée à Aïn Defla, à Taref,
et à travers l’ensemble du territoire national représente une levée de gel de
la grève suite à l’incapacité de la tutelle à satisfaire les revendications. (27 09 2004)
Les
travailleurs chinois
Travaillant
pour le compte d’une entreprise chinoise, Plusieurs centaines d’ouvriers
chinois, affectés au site AADL de Sebbala, dans la commune d’El Achour, à
Alger, ont entamé une marche de protestation qui devait les mener jusqu’au
siège de l’ambassade de Chine pour dénoncer le non
versement de plusieurs de leurs mensualités. Après deux heures de discussion,
entre le diplomate et les délégués des travailleurs, un consensus a été enfin
trouvé. La protesta a été finalement « gelée ». Il convient de
rappeler que les travailleurs chinois ont déjà eu recours, par le passé, à des
manifestations du même type, et ce, pour les mêmes raisons. (27 09 2004)
Plus de 5000 de travailleurs
de l’agroalimentaire sont venus de toutes les contrées du pays afin de marquer
leur présence au rassemblement prévu au siège de la centrale syndicale. C’est
en tout cas une véritable démonstration de force qu’ils ont faite en ralliant
Alger. Des dizaines de banderoles sur lesquelles nous pouvons lire :
« Non à la mise à mort des entreprises publiques », « Non au bradage
du secteur économique publique au dinar symbolique » ou encore « Non
au partenariat sans le partenaire social ». Dans son intervention, le
secrétaire général de la Fédération nationale des travailleurs de
l’agroalimentaire, Kamel Benabbou, a prononcé un discours enflammé accueilli
par un tonnerre d’applaudissements. A ses yeux, « les Sociétés de gestion
des participations de l’Etat (SGP) négocient avec des trabendistes pour
reprendre les entreprises publiques ». Il révèle que les créances des
entreprises de l’agroalimentaire s’élèvent à six milliards de dollars alors que
les dettes de ces dernières ne seraient que de l’ordre de 4 milliards de
dollars. (21 09 2004)
Air Algérie
Le syndicat des pilotes de ligne (SPLA) envisage
d'engager en justice une plainte en justice, contre la direction de
l'entreprise de transport aérien "AIR -ALGERIE" pour non respect des
protocoles d'accord signés dans un passé récent. Le dirigeant de ce syndicat a déclaré que si
leur démarche dans le cadre de la justice aboutissait à un échec il n'excluait
pas l'éventualité d'un recours à la grève pour la satisfaction de leurs
revendications et l'amélioration de leurs conditions de travail. (3-11-2004)
Loi de
finances pour 2005 : ni justice sociale ni développement économique
Comme d’habitude l'avant-projet de loi de finances pour 2005
a été élaboré sur la base d'un prix du baril de pétrole à 19 dollars alors
qu’il a dépassé à un moment 50 dollars et se situe réellement à plus de 45
dollars. Alors que ces dernières années ce chiffre de 19 dollars était présenté
comme une mesure de prudence pour tenir compte d’un éventuel retournement du
marché, on nous dit aujourd’hui que le surplus servira à payer la dette
publique ! En réalité le pouvoir refuse tout contrôle et toute
transparence. Même nos députés et peut-être même nos ministres sont écartés
d’une gestion réelle des finances publiques. Les recettes fiscales tirées de
nos ressources énergétiques demeureront largement sous-estimées. Comme
demeurent confidentiels les revenus réels de Sonatrach ou des compagnies
étrangères qui activent dans notre pays. Le pouvoir veut absolument diminuer
les dépenses publiques pour appliquer sa politique de régression économique et sociale.
Il a en outre besoin d’une prévision artificielle au chapitre des recettes qui
ne correspond pas du tout à la réalité. Ce qui lui permet du même coup
d’utiliser les sommes non inscrites au budget comme il l’entend. Il ne s’agit
pas de petites sommes puisque pour l’année 2005 on peut raisonnablement prévoir
qu’elles se monteront au moins à deux fois celles qui sont inscrites au budget.
Chakib Khellil lui-même a déclaré que dans le pire des cas le prix du baril ne
descendra pas sous les 30 dollars et il prévoit en plus une nette augmentation
de la production des hydrocarbures en 2005.
Selon les chiffres officiels, la nouvelle loi prévoit des
dépenses budgétaires de l'ordre de 1945 milliards de dinars contre 1920
milliards en 2004, alors que les prévisions de recettes passeraient de 1528
milliards de dinars durant l'exercice précédent à 1641,5 milliards en 2005,
dont 899 milliards de dinars de fiscalité pétrolière (862,2 milliards de dinars
en 2004 et 836 milliards en 2003).
Le déficit budgétaire diminue. Il passerait de 392 milliards
en 2004 à 303 milliards de dinars. L'affectation des ressources montre que sur
les 1945 milliards de dinars, 1200 milliards seront consacrés aux crédits de
fonctionnement, c'est-à-dire exactement la même somme que pour la loi de
finances 2004. Le gouvernement montre ainsi qu’il n’a pas du tout l’intention
d’augmenter le salaire des fonctionnaires ou de créer de nouveaux postes
budgétaires dont le pays a cruellement besoin, en particulier dans certaines
branches comme l’éducation nationale.
Le reste, soit 745 milliards de dinars, sera alloué aux
crédits d'équipement en augmentation de 25 milliards de dinars par rapport à
2004. Ces 745 milliards de dinars représentent la tranche à allouer au « programme
de soutien à la relance économique » au titre de l'année 2005. Ils font
partie du programme quinquennal (2005-2009) qui est d'un montant global de 4000
milliards de dinars (50 milliards de dollars) annoncé à grands renforts de
publicité il y a quelques semaines. On sait que ce fameux programme ne prévoit
ni une relance de l’industrialisation, ni une consolidation du secteur public
stratégique. Ce programme viendra selon le gouvernement «s'ajouter aux
investissements privés nationaux et étrangers attendus, ainsi qu'aux crédits
financiers qui seront mobilisés, y compris pour la réalisation
d'infrastructures à l'image des grandes stations de dessalement de l'eau de
mer, de la construction de l'autoroute, de l'équipement du métro d'Alger ou des
moyens roulants ferroviaires et autres opérations »
Si le gouvernement ne veut rien lâcher pour les
fonctionnaires ou les autres travailleurs, il a par contre accordé de nouvelles
facilités aux patrons.
Des exonérations d’impôts pendant 5 ans après leur création
ont été accordées aux sociétés de capital risque, officiellement pour faciliter
la création des petites et moyennes entreprises. Les PME bénéficieront
également d'une bonification des intérêts sur les crédits bancaires. Les
travailleurs ne sont pas opposés à la création des PME, ni à l’investissement
productif créateur de richesses et d’emplois mais quand on sait que les banques
publiques ont accordé de nombreux prêts qui n’ont servi qu’à la spéculation et
n’ont même pas été remboursés, on peut être sceptiques. Le gouvernement veut
faciliter aussi les transactions immobilières. S’il est juste de diminuer taxes
et impôts pour les acheteurs de logement, on peut se demander pourquoi il est
nécessaire de diminuer l'impôt sur les revenus de la location de logements et
sur leur cession. De nouvelles aides seront accordées aux patrons pour
faciliter les exportations hors hydrocarbures. On nous dira que l’intérêt
national commande d’augmenter ces exportations, mais pourquoi augmenter les
salaires ne serait pas conforme à l’intérêt national ?
Les déclarations scandaleuses du ministre des Finances qui
ont accompagné cette loi de Finances 2005 confirment avec éclat que le
gouvernement ne change pas de cap. Pour lui il faut continuer à diminuer
régulièrement toutes les dépenses sociales, désengager l’Etat, compter
uniquement sur les investissements privés, c'est-à-dire mettre les ressources
de la nation à sa disposition. Les déclarations démagogiques sur la nécessité
de mieux lutter contre la fraude économique dans certaines transactions ou le
travail au noir ne tromperont personne.
Ce budget qui tourne à la fois le
dos à toute justice sociale et à un développement économique réel est conforme
aux recettes du FMI que nos gouvernants continuent d’appliquer avec zèle. Les
travailleurs et les familles populaires ne peuvent compter que sur leurs luttes
et leur unité pour défendre leurs revendications légitimes. Toutes les forces
soucieuses de défendre l’intérêt national ne peuvent que les soutenir.
HYDROCARBURES :
30 milliards de dollars pour 2004 mais Sonatrach continue
de s’endetter (autre article)
Sonatrach vient de bénéficier d’une ligne de crédit de 500
millions de dollars américains, accordée par la banque canadienne Export
Development Canada (EDC). Cet accord vient s’ajouter à ceux signés déjà avec
des organismes financiers américains, européens et asiatiques. Durant la seule
année 2003, les banques européennes lui ont octroyé plus de 3 milliards d’euros
et la banque américaine Eximbanq lui a prêté 1 milliard de dollars. Selon le
PDG de Sonatrach, la compagnie a signé 17 accords depuis deux ans qui lui
procurent des disponibilités qui approchent les 7 milliards de dollars. Le
premier vice-président de EDC a indiqué : «Nous accordons plus de confiance à
ce qui se passe en Algérie qui demeure un marché important.» et il a ajouté «La
ligne de crédit sera utilisée pour faire financer des activités de recherche,
d’exploitation et de commercialisation des hydrocarbures». EDC doit signer un
autre accord avec la Banque algérienne de développement pour une ligne de
crédit dont le montant n’a pas été révélé. Ajoutons que Sonatrach mène aussi
des négociations avec la Banque européenne d’investissement pour d’autres
crédits.
Les dirigeants de Sonatrach se contentent de déclarer que
tous ces emprunts auprès des grandes banques internationales sont
indispensables pour financer le développement de la compagnie.
Les recettes des exportations des hydrocarbures pour l’année
2004 devraient atteindre les 30 milliards de dollars a déclaré récemment Chakib
Khellil. Pour l’année 2004, la production de pétrole brut va connaître
une augmentation de 10%. Avec les nouvelles découvertes, la production pétrole
devrait atteindre 1 500 000 b/j dès 2005, ce qui signifie que les recettes de
Sonatrach continueront à atteindre des sommes fabuleuses. Alors comment
expliquer cet endettement croissant de la compagnie nationale, présenté
régulièrement et fièrement comme une confiance dans notre pays. Nos dirigeants,
qui ne craignent pas le ridicule en continuant à prévoir dans la loi de
Finances un baril à 19 dollars, soi-disant par mesure de prudence, pour faire
face à un brusque retournement du marché, n’hésitent pas à aggraver
l’endettement de Sonatrach avec tous les risques qu’il n’est pas difficile de
prévoir quand on sait que l’un des moyens pour le capitalisme international et
ses banques pour asphyxier n’importe quel pays est de l’endetter à outrance
pour lui imposer ses conditions. Notre pays lui-même a fait une telle
expérience puisque c’est en raison des difficultés à rembourser ses dettes que
les puissances impérialistes et leur FMI nous ont imposé la politique de casse,
qui a réduit à la misère plus de la moitié de notre peuple. Les couches
dirigeantes qui ont accepté ces conditions et continuent à les appliquer malgré
l’amélioration considérable des finances publiques parce qu’elles permettent en
particulier à la bourgeoisie affairiste et compradore d’accumuler des fortunes,
ne semblent pas s’inquiéter des conséquences de l’endettement accéléré de
Sonatrach. Ne cherchent-elles pas au contraire à accumuler les difficultés pour
cette compagnie afin de diminuer ses capacités stratégiques de décision? Le dangereux
projet de Chalib Khellil sur les hydrocarbures vient d’être remis sur le tapis
dernièrement avec l’accord du Président de la république. Ce projet,
affaiblirait immédiatement Sonatrach et préparerait sa privatisation, quoi
qu’en dise Chakib Khellil. L’endettement de Sonatrach ne permettrait-il pas alors
à ses créanciers, avec la bénédiction de nos dirigeants, d’exiger l’ouverture
de son capital ?
Les travailleurs et toutes les forces patriotiques, ne peuvent
pas ignorer les dangers qui menacent l’avenir de Sonatrach. Il faut continuer à
rassembler non seulement contre le projet de Khellil sur les hydrocarbures, mais
exiger un véritable débat national sur la stratégie de la compagnie nationale.
Les investissements, l’endettement et toute la politique de Sonatrach ne
peuvent pas être décidés en vase clos.
Le
Travail au noir : La responsabilité du pouvoir est entière.
(autre artic)
Devant le scandale constitué par la surexploitation de
millions de travailleurs, dont de très nombreux enfants, le gouvernement vient
d’annoncer son intention de mieux lutter contre le travail au noir. A cet effet
le Conseil de gouvernement a adopté dernièrement une batterie
de trois décrets exécutifs destinés à organiser et à renforcer les prérogatives
de l'Inspection générale du travail, dont il veut renforcer la présence dans
toutes les wilayas.
Le gouvernement déclare qu’il a pour objectif d'«intensifier
la lutte contre les fraudes et les irrégularités, particulièrement celles
relatives à la non déclaration au régime de Sécurité sociale et au non-respect
de l'âge minimum requis pour l'activité salariée». Il déclare aussi qu’il
veillera particulièrement sur les règles d'hygiène et de sécurité. Il veut dit-il
adapter le cadre législatif «au nouvel environnement et au rôle régulateur de
l'Etat découlant de l'ouverture économique».
Quand le ministre du Travail révèle lui-même que 35% des travailleurs
des 5129 organismes contrôlés par ses services en 2003 n’étaient pas déclarés,
on voit bien qu’il ne s’agit pas de quelques employeurs indélicats, qu’il suffit
de rappeler à l’ordre pour résoudre le problème, mais bien d’un phénomène de
masse. Le pouvoir permet depuis des années à ces «négriers des temps modernes» de
violer les lois, de ne pas déclarer leurs salariés, qu’ils payent comme ils
l’entendent, et de surexploiter des enfants pour une bouchée de pain. Ces
patrons ne payent évidemment rien à la sécurité sociale et leurs salariés ne
bénéficient d’aucune protection sociale. Nous avons déjà attiré l’attention sur
cette honte et sur la responsabilité pleine et entière du pouvoir. (Voir le
lien n°77). Le gouvernement prétend aujourd’hui résoudre ce problème par une
série de lois et de décrets mais tout le monde sait que c’est sa volonté de ne
rien faire contre les esclavagistes qui est responsable de cette situation. Comment
contraindre les patrons de ces entreprises travaillant au noir et le
gouvernement qui les protège à respecter la législation du travail en
vigueur ? Sans leurs organisations dans leurs syndicats revendicatifs,
sans leur lutte organisée de tous les jours, sans un appui et soutiens
extérieurs des travailleurs syndiqués, les ouvriers travaillant encore au noir
ne peuvent pas aboutir à un changement de leur situation.
Le travail au noir a des conséquences graves pour toute la
classe ouvrière. Tout d’abord cette pratique peut s’étendre en même temps que
la privatisation du secteur public. Cette pratique a des effets immédiats sur
le niveau des salaires de l’ensemble de la classe ouvrière que les patrons
bloquent alors que le coût de la vie augmente. Aussi, les travailleurs
conscients et toutes les forces progressistes doivent exiger du pouvoir
l’application des lois, aider toutes les victimes à s’organiser et à se
défendre, dénoncer et combattre concrètement le travail au noir.
Privatisations : le pouvoir veut liquider de nouvelles
entreprises. (autre
articl)
Ouyahia et son gouvernement veulent
liquider encore de nouvelles entreprises. Non content d’avoir fermé plus de
1000 entreprises publiques et mis à la rue plus de 400000 travailleurs,
le chef du gouvernement veut aller plus loin et
privatiser toutes les entreprises publiques.
Si Ouyahia déclare que la SNTF, Sonelgaz et Sonatrach ne sont pas
concernées, c’est uniquement pour des raisons tactiques. Il veut faciliter la
tâche à la direction centrale de l’UGTA dans sa tentative de tromper les
travailleurs. Cette tentative semble se heurter à une résistance ferme des
différentes fédérations syndicales, ce qui a obligé Sidi Saïd à s’opposer
publiquement à cette résistance et à déclarer avec beaucoup de démagogie lors
de la dernière réunion, qu’il a tenu avec leurs responsables, qu’il était prêt
à démissionner !
Le pouvoir veut accélérer les
« réformes » que lui demandent avec insistance le FMI et les multinationales et on sait
que la privatisation des secteurs juteux du secteur public fait partie de leurs
exigences pressantes. Le matraquage idéologique que subissent les travailleurs depuis des années sur les soi-disant bienfaits de la mondialisation ou sur le prétendu échec des
entreprises publiques en général et des nôtres en particulier ne les a pas
trompés. Ils ont toujours constaté qu’aucune privatisation n’a servi à sauvegarder leur emploi,
leur pouvoir d’achat ou leurs acquis. De plus ils ont constaté que ces
privatisations ou les fermetures pure et simple de
certaines entreprises
publiques n’ont jamais servi l’intérêt national et qu’ils ont pour conséquence
d’affaiblir encore le rôle économique et social de l’Etat. Ces travailleurs savent aussi que partout dans le monde
les privatisations n’ont
servi qu’à enrichir une poignée de spéculateurs et ont eu parfois des
conséquences désastreuses y compris aux USA où des régions entières ont été plongées
dans le noir à cause de la privatisation
de l’électricité et en Angleterre où la privatisation des chemins de fer se traduit par des accidents à répétition. Les travailleurs, ont
donc bien raison de défendre leurs entreprises et leurs emplois.
Dans notre pays les entreprises
publiques sont dénigrées
depuis des années. Tout est bon pour nombre de nos ministres, relayés
quotidiennement par des plumitifs qui répètent à satiété que ces entreprises
sont toujours déficitaires, qu’elles coûtent cher à la nation, que tous les
plans de redressement ont échoué etc.
Si
certaines entreprises sont déficitaires et mal gérées, la responsabilité en
incombe aux différents pouvoirs et à certains gestionnaires corrompus. D’autres
entreprises ont supporté directement le soutien des prix des denrées de
première nécessité qu’elles produisaient avec des prix de revient supérieurs
aux prix de vente. Enfin il y a de nombreuses entreprises bien gérées qui
réalisent des bénéfices et on veut pourtant les privatiser. La propagande mensongère contre
le secteur public est
relayée ouvertement par les
dirigeants centraux de l’UGTA. Quand le
secrétaire général de la Centrale syndicale déclare « qu’il
n’est pas question de toucher aux entreprises performantes » ou quand il prétend
que la base syndicale comprendrait mieux les enjeux majeurs de l'économie
mondiale et le principe de la privatisation, il sait parfaitement qu’il s’agit
d’un double mensonge.
La Direction centrale de l'UGTA ne
sait jamais réellement opposée aux privatisations sauf lorsque les salariés de
tel ou tel secteur se sont mobilisés massivement pour dire non à certains
projets du pouvoir comme ce fut le cas en mars 2002 contre la dénationalisation
du pétrole. Il n’en demeure pas moins qu’aujourd’hui son soutien de plus en
plus net aux privatisations et son opposition ouverte aux actions des salariés
comme celles de la fédération agro-alimentaire signifie que désormais le
pouvoir exige d’elle de s’aligner complètement sur sa politique de casse.
Face à cette politique
anti-ouvrière et antinationale et face à l’abdication complète des dirigeants
centraux de l’UGTA, les travailleurs conscients et tous les syndicalistes
honnêtes soutenus, fermement par tous les progressistes, continueront à
défendre leurs entreprises et leurs droits. Ils renforceront leur mobilisation,
combattront les mensonges et refuseront qu’une question aussi vitale pour
l’avenir même de la nation soit tranchée uniquement au niveau des sphères
dirigeantes tant gouvernementales que syndicales. N’est-il pas possible
d’organiser un débat national pour que tous les acteurs de la vie économique et
sociale soient informés et prennent leurs responsabilités en connaissance de
cause ? Un tel débat pourrait commencer par un bilan réel et honnête des
réalisations économiques et des réalisations sociales du secteur public. Les
résultats des privatisations déjà réalisées et leurs conséquences dramatiques
doivent aussi être portées à la connaissance de l’opinion publique. Les moyens
pour un tel bilan existent à différents niveaux. Le Conseil économique et
social (CNES), les directions, les cadres et les travailleurs des entreprises
publiques, pourraient réaliser ce bilan et le proposer à un large débat
national si la volonté politique de défendre l’intérêt national existait au
niveau du pouvoir. On sait qu’il n’en est rien. Il est donc urgent pour tous
travailleurs et toutes les forces attachées au maintien du secteur public
stratégique de renforcer leur mobilisation y compris en imposant un tel débat
salutaire pour la grande majorité de notre peuple.
LIBERTE DE LA PRESSE : LE PADS exprime sa solidarité avec les
travailleurs du « Matin » et exige la libération de Mohamed Benchicou
et de Ghoul.(autre arti)
A l’invitation du collectif parisien pour la liberté de la
presse en Algérie, notre parti a participé le 28 octobre à la réunion publique organisée
pour commémorer le 50ème anniversaire du premier novembre. Plusieurs
représentants de partis politiques algériens et français ont pris la parole
pour dénoncer les atteintes à la liberté de la presse et exigé la libération
des journalistes emprisonnés.
Nous reproduisons ci-dessous la déclaration faite par
notre camarade à cette occasion :
« L’approche du 50ème anniversaire du
glorieux premier novembre 1954 n’a pas empêché les couches dirigeantes de
continuer à multiplier les mesures d’intimidation à l’égard de tous ceux qui
osent exprimer leur mécontentement. La répression qui a déjà fait trop de
dégâts dans notre pays et qui n’a jamais rien résolu continue. Des
manifestations pacifiques sont réprimées avec violence. Des lourdes peines de
prison sont prononcées par une justice aux ordres contre des citoyens qui
protestent contre le chômage ou des injustices criantes et des décisions
arbitraires. Il s’agit de faire taire toute voix discordante. Les atteintes à
la liberté de la presse, les centaines de procès intentés aux journalistes
ainsi que le maintien en prison de Ghoul Hafnaoui, et du directeur du quotidien
national "Le Matin", Mohamed Benchicou n’ont pas d’autre objectif.
Pour nous communistes, qui avons toujours accordé une importance capitale à la
liberté d’expression et en particulier à la liberté de la presse rien n’est
plus naturel que d’exprimer avec force notre solidarité avec mohamed benchicou
et ghoul Hafnaoui. Notre solidarité va aussi aux journalistes et travailleurs
du « matin » qui ont perdu leurs emplois et leurs salaires du
fait de la liquidation scandaleuse de leur outil de travail. Aux côtés de tous
les progressistes et de tous les démocrates sincères nous appelons à la
mobilisation des salariés, des syndicalistes honnêtes, des intellectuels, des
jeunes et des femmes, c'est-à-dire de tous ceux qui ont besoin de la liberté de
la presse et de toutes les libertés démocratiques pour se faire entendre et
défendre leurs revendications légitimes.
Depuis les dernières élections présidentielles et
fort du soutien des milieux impérialistes, qui exigent de lui en retour
toujours plus de concessions, le pouvoir aggrave sa politique réactionnaire
dans tous les domaines. Malgré les moyens financiers considérables dont dispose
le pays en ce moment, grâce à l’augmentation du prix des hydrocarbures, il
refuse avec mépris et arrogance de répondre, même partiellement aux
revendications légitimes des travailleurs. Il veut accélérer la casse de nos
industries, mettre encore plus rapidement les ressources de la nation à la
disposition des couches compradores et des multinationales. Il veut tout
privatiser, fermer encore de nouvelles entreprises publiques et mettre à la rue
des dizaines de milliers de travailleurs qui viendraient grossir les millions
de chômeurs que compte notre pays. Au lieu de s’attaquer aux graves problèmes
sociaux qui s’accumulent, que ce soit dans le domaine du logement, de l’école
ou de la santé publique, notre ministre des Finances répète quotidiennement que
l’Etat dépense trop, que nous avons trop de fonctionnaires ou que d’ici 2009
les dépenses publiques iront en diminuant !
Pour faire face à la colère des salariés, le
gouvernement Ouyahia menace désormais ouvertement le droit de grève au point
d’envisager purement et simplement de licencier des grévistes qui utiliseraient
leurs droits constitutionnels pour défendre leur pouvoir d’achat ou leurs
conditions de travail. Refusant de négocier avec tout syndicat qu’il soit UGTA
ou autonome qui n’accepte pas ses diktats, le pouvoir multiplie les atteintes
aux libertés syndicales et s’imagine encore que le soutien bruyant et honteux
de l’appareil central de l’UGTA lui suffira à faire passer ses projets
désastreux.
Les communistes du Parti Algérien pour
la Démocratie et le Socialisme (PADS) dénoncent cette politique anti-populaire
et anti-nationale. Ils dénoncent particulièrement toutes les lois utilisées
contre la liberté d’expression comme le code pénal amendé sur le chapitre de la
presse.
Ils exigent la cessation des poursuites
engagées devant les tribunaux contre les syndicalistes et les citoyens qui
expriment pacifiquement leur mécontentement contre l’arbitraire. Ils exigent la
libération de Benchicou et Ghoul et appellent à l’action unie et à la
mobilisation pour hâter cette libération et arracher toutes les libertés
démocratiques.
La répression ne servira pas à résoudre
les problèmes urgents qu’affrontent les citoyens et la nation. Il est temps d’y
mettre fin.
Notre peuple qui a sacrifié plus d’un
million de ses enfants pour arracher son indépendance et la liberté de la
presse en octobre 88, qui a mis en échec le projet obscurantiste et criminel du
fascisme islamiste, n’acceptera pas plus aujourd’hui que son droit à
l’information soit à nouveau confisqué. Grâce à ses luttes et avec le soutien
des amis sincères de l’Algérie progressiste, il mettra un terme aux
tracasseries et à la répression dont sont victimes les journalistes, les
syndicalistes et tous ceux qui se battent contre l’arbitraire.
A ATHENES 64 PARTIS COMMUNISTES ET OUVRIERS
ANALYSENT LA POLITIQUE IMPERIALISTE ET LA RESISTANCE DES PEUPLES
A l’invitation du parti communiste de Grèce (KKE),
les représentants de 64 partis communistes et ouvriers se sont rencontrés à
Athènes du 8 au 10 octobre 2004. Notre parti a participé à la conférence qui avait
pour thème cette année « agressivité impérialiste et front
anti-impérialiste». Les délégués ont analysé la crise du système capitaliste et
ont constaté que cette crise est à l’origine de la tendance des impérialistes à
recourir de plus en plus à la politique de force. Les délégués ont noté que les
puissances impérialistes, alliées au sein de l’OTAN, ont les mêmes objectifs
fondamentaux, dirigés contre les peuples et ce quelles que soient par ailleurs
leurs contradictions.
Tout en condamnant les activités des groupes
terroristes et les objectifs criminels de leurs dirigeants, les délégués ont
constaté que le slogan de « guerre contre le terrorisme » est utilisé
aujourd’hui pour menacer tous les peuples et tous les dirigeants, qui refusent
la soumission aux diktats impérialistes. Tous les intervenants ont exigé avec
force la fin de l’occupation des territoires arabes occupés et ont exprimé leur
solidarité avec les peuples irakien et palestinien
Les conséquences de la politique économique imposée
par les puissances impérialistes à travers le FMI, la Banque mondiale et l’OMC
ont été analysées. Les délégués ont constaté qu’elle se traduit partout par une
aggravation du chômage, la chute du pouvoir d’achat, la destruction des
services publics etc.
Les représentants des partis communistes ont noté
avec une grande satisfaction une résistance accrue des travailleurs et des
peuples. Ils se sont félicités du vaste mouvement de résistance contre la
guerre et la mondialisation capitaliste et ont souhaité que les communistes
multiplient leurs efforts pour élever le niveau de conscience dans les luttes.
De nombreux intervenants ont insisté sur la
nécessité pour les partis communistes de renforcer leur coordination au niveau
régional et international. La conférence a décidé d’accorder plus d’importance à
la solidarité entre les partis, aux échanges de vues et aux rencontres comme
celle d’Athènes qu’il s’agit de préparer collectivement désormais.
Des motions de solidarité avec les peuples
palestinien, cubain et coréen et contre la répression anti-communiste ont été
signées par les délégués qui ont participé par ailleurs à une grandiose
manifestation organisée en plein centre d’Athènes par le parti communiste de
Grèce (KKE) à l’occasion de son anniversaire.
Nos lecteurs trouveront ci-dessous le communiqué
final publié à l’issue de la conférence, la liste des partis participants et des
extraits de la déclaration de notre délégué ainsi que extraits des motions de
solidarité signées par les délégués. Nous ferons parvenir le texte intégral de la
déclaration du PADS et des motions à tous les lecteurs qui les demanderont.
« Résistance
à l'agressivité impérialiste.
Fronts de
lutte et Alternatives »
Athènes 8 -10 octobre 2004
COMMUNIQUE DE PRESSE
Du 8 au 10 octobre, 64 Partis communistes et ouvriers se sont
rencontrés à Athènes au cours d'une conférence sur le thème "Résistance
à l'agression impérialiste - Fronts de lutte et alternatives".
Plusieurs Partis qui n'ont pas été en mesure de participer à la rencontre en
raison de la situation dans leurs pays, ont adressé des messages de salutations
et des contributions écrites qui ont été incorporés dans les matériaux produits
par la conférence.
Pendant les trois journées des délibérations de la conférence, un
échange créatif des points de vue a eu lieu sur la situation internationale.
Des expériences importantes ont été échangées sur le développement des
mouvements populaires, sur le mouvement de masse et les activités des Partis
communistes et ouvriers.
Plusieurs orateurs ont évoqué la situation qui s'est développée au
lendemain des interventions militaires des USA et de leurs alliés contre les
peuples d'Afghanistan et d'Iraq et l'occupation de ces pays. Les participants
ont catégoriquement condamné l'agression des impérialistes et la violation
complète des principes et règles internationales qui ont conduit à une crise
qui se poursuit encore au sein des Nations Unies dans leur rôle de sauvegarde
de la paix et pour la promotion d'un règlement pacifique des différends entre
les Etats.
La doctrine des frappes préventives et de la guerre préventive des USA,
adoptée également par l'Union Européenne, l'Australie et la Fédération de
Russie au nom de l'affrontement avec le terrorisme, a été considérée comme
étant particulièrement dangereuse pour les peuples du monde et la paix
mondiale. La militarisation du Japon qui pour la première fois après la seconde
guerre mondiale, a envoyé une armée en dehors de ses frontières, a été en
particulier mentionnée. L'accent a été mis sur la nécessité d'une vaste action
coordonnée des Partis et mouvements qui affrontent cette situation dangereuse.
La nécessité d'actions militantes et de mobilisations visant au changement de
l'actuel rapport des forces aux niveaux, national, régional et international au
profit des forces de paix et du socialisme a été soulignée.
Plusieurs orateurs ont mentionné l'attaque vicieuse de la politique
néo-libérale sur les droits sociaux et les lieux de travail des travailleurs,
dont les principales victimes sont les jeunes et les femmes. Ils ont noté que
la pauvreté progresse au moment où il y a une concentration de la richesse,
pendant que le poids de la dette extérieure asphyxie les peuples des pays en
développement.
Plusieurs orateurs ont évoqué les restrictions aux droits et libertés
démocratiques, particulièrement sous le prétexte des "lois
anti-terrorisme", l'intensification de l'oppression, et les problèmes des
immigrés et des réfugiés. Ils ont rejeté les tentatives de confondre les mouvements
de libération nationale des peuples avec le "terrorisme", des rappels
ont été aussi effectués sur le droit légitime des peuples de résister à
l'occupation. Ils ont exprimé leur intérêt au sujet de la progression de
l'anti-communisme, tout comme des points de vue et des forces du
fondamentalisme, du racisme et néo-fascistes. L'accent a été mis sur
l'importance de la solidarité pour affronter les ordonnances anti-communistes,
les interdictions et les restrictions. L'importance de s'opposer à l'agression
impérialiste a été soulignée.
De nombreux orateurs ont également mentionné le rôle particulier pris
par les décisions du "G8" sur la politique internationale, le rôle de
l'OTAN avec la nouvelle doctrine agressive, guidée par le concept de la guerre
préventive, et le rôle de l'Union Européenne avec la création de sa propre
" force d'intervention rapide". Il a été mis l'accent que la nouvelle
expansion de l"OTAN la transforme en un policier global, sous la direction
de l'impérialisme des Etats Unis.
Les participants des pays de la Communauté des Etats Indépendants
"CEI" ont mentionné les récents évènements dramatiques qui se sont
produits dans la Fédération de Russie et ont exprimé le point de vue que ces
développements sont liés aux intérêts des cercles impérialistes, d'abord et
avant tout ceux des Etats Unis, qui aspirent à affaiblir l'unité de la
Fédération de Russie.
Des orateurs ont fait particulièrement référence au plan du "Grand
Moyen-Orient", encouragé par les Etats Unis et approuvé par le "Groupe
des 8" des pays les plus puissants et l'OTAN qui prévoit "la
recomposition" de la région dans le cadre des intérêts impérialistes y
compris le recours à l'action militaire. Ils ont mis l'accent sur le besoin
d'affronter immédiatement cette menace par des mobilisations coordonnées. Le
plan couvre toute la ceinture énergétique de ces pays qui produisent du pétrole
ou des pays qui sont traversés par des canalisations pour le transport du
pétrole et du gaz naturel. Il concerne les pays du Caucase, de la mer Caspienne,
de l'Afrique et les pays Arabes de la Méditerranée, de la mer Rouge et le Golfe.
Il a été mentionné que les menaces contre le Liban et la Syrie par les
Etats Unis et leurs alliés, se sont intensifiées dans la dernière période. Les
participants ont condamné d'une manière véhémente ces menaces et ont exprimé
leur solidarité avec les peuples de ces pays. L'agression du gouvernement
israélien contre le peuple palestinien a été condamnée tout comme sa barbarie
intensifiée contre la bande de Gaza et la construction d'un mur qui annexe des
territoires occupés de la Bande Ouest, enfermant ainsi les Palestiniens dans un
ghetto.
Les menaces du gouvernement des Etats Unis contre l'Iran et les
déclarations provocatrices du régime iranien, créent le danger d'une
conflagration et d'une destruction totale de la région. Une frappe militaire
dirigée par les Etats Unis contre l'Iran ne sera pas seulement catastrophique
pour le peuple d'Iran mais aussi pour le mouvement en faveur de la paix, du
progrès et de la démocratie dans le monde entier. De telles menaces servent
aussi de prétexte pour intensifier la répression des forces démocratiques et
progressistes. Les participants à la Conférence soulignent que l'avenir de
l'Iran doit être décidé seulement par le peuple iranien et les forces
progressistes et démocratiques, non pas par "une solution
alternative" imposée par des forces extérieures.
Plusieurs orateurs ont présenté des remarques sur la situation
compliquée en Afrique où un antagonisme émerge entre les forces dirigeantes de
l'UE (Union européenne NTD), notamment la France, et les USA. L'OTAN élabore
aussi des plans pour sa présence militaire dans le continent africain, à la
fois au nom de l'affrontement avec le terrorisme ou du supposé " absence
d'Etats". Les Forces militaires de l'UE sont déjà présentes dans la
République populaire du Congo. Les évènements au Darfour, qui résultent de la
politique du gouvernement soudanais, sont utilisés comme un prétexte pour le
déploiement de troupes sous les auspices à la fois des Nations Unies et de
l'OTAN. Les participants expriment leur solidarité avec les populations du
Darfour et soutiennent l'idée de missions de solidarité dans cette région.
En Amérique Latine, les tensions sont aussi élevées. Les attaques des
Etats Unis et de l'Union Européenne contre Cuba se poursuivent. Les
participants à cette conférence ont condamné énergiquement le plan
"Initiative pour un Cuba libre" et ont exprimé leur solidarité avec
le peuple cubain. Des intervenants ont appelé à l'intensification de la
campagne pour la relaxe des cinq patriotes cubains emprisonnés aux Etats Unis
pour leur combat contre les groupes terroristes à Miami.
Quelques intervenants ont fait référence aux tensions accrues dans la
péninsule Coréenne. Ils ont exprimé leur solidarité avec la République
Démocratique et Populaire de Corée qui fait face au blocus dirigé par les Etats
Unis, à l'isolement diplomatique et à la menace d'une agression impérialiste.
Il a été noté que l'ALCA et sa version militaire du "Plan
Colombia", maintenant dénommé "Initiative Régionale Andine",
constitue un grand danger pour les peuples d'Amérique Latine. Une mention a été
faite aussi au "Plan Peuple-Panama" qui a pour but l'exploitation des
richesses naturelles de la région par les multinationales nord-américaines.
Certains intervenants, en référence à la situation des pays de l'Union
Européenne, ont souligné le caractère réactionnaire, néo-libéral et militariste
du "Traité constitutionnel" de l'UE, et les actions menées par les
Partis et mouvements pour son rejet.
Plusieurs intervenants ont noté que, en dépit de l'agressivité accrue
de l'impérialisme, la réaction contre les guerres impérialistes des larges
mouvements populaires est un grand signe d'espoir. En parallèle, ainsi que
mentionné, des luttes de classes importantes de la classe ouvrière, des
syndicats et d'autres luttes sociales ont eu lieu dans la même période. Il a
été également affirmé qu'il est nécessaire de développer une activité sur les
lieux de travail et de poursuivre le soutien aux forces de la classe ouvrière
et du mouvement syndical.
De nombreux intervenants ont noté qu'en dépit de leur puissance, les
Etats Unis rencontrent une considérable difficulté pour imposer leurs plans. En
cela la résistance significative des peuples qui défendent leur indépendance et
leur souveraineté nationale en liaison avec la solidarité internationale a été
une contribution critique. Il a été souligné que la victoire des forces
populaires lors des récentes élections au Venezuela a eu un vaste impact.
Les participants ont exprimé leur solidarité avec le peuple iraquien et
les forces populaires et progressistes qui combattent pour leur droit à
déterminer leur sort librement, en mettant fin à l'occupation et en œuvrant
pour des perspectives d'un changement démocratique radical.
Ils ont réitéré leur soutien pour la lutte du peuple palestinien et
exprimé aussi leur solidarité avec les forces attachées à la paix d'Israël, une
mention spéciale ayant cependant été effectuée pour la jeunesse israélienne qui
refuse de servir dans l'armée dans les territoires occupées qui souvent aboutit
à leur emprisonnement.
Les participants ont condamné la poursuite de l'occupation des
territoires syrien et libanais et ont demandé le retrait inconditionnel des
troupes israéliennes et le retour de tous les réfugiés, conformément aux
résolutions des Nations Unies 242, 338 et 194.
Les participants ont exprimé leur solidarité et leur soutien à la lutte
du peuple Chypriote, Chypriotes -Grecs et Chypriotes - Turcs, pour une solution
fédérale basée sur les décisions et résolutions des Nations Unies et de son
Conseil de Sécurité, pour le départ des forces d'occupation turques, pour la
réunification de Chypre et de son peuple qui veut contribuer à l'établissement
de la paix dans la Région Est de la Méditerranée.
Un échange d'opinions a eu lieu au sujet des mouvements anti-guerre et
anti-globalisation, le rôle des communistes en leur sein, tout comme la lutte à
l'intérieur de ces mouvements sur leur orientation.
Il a été noté qu'il est nécessaire de développer une solidarité
politique active et un soutien parmi les Partis communiste et ouvriers, tout
comme en général parmi les mouvements populaires. De nombreux intervenants ont
mentionné le besoin de soutenir une série d'initiatives prise par plusieurs
Partis communistes et ouvriers, Partis ou mouvements progressistes.
Les Participants ont exprimé le besoin de continuer et de multiplier
des rencontres similaires des Partis communistes et ouvriers. Par exemple, ils
ont mentionné les rencontres des Partis communistes d'Amérique du Sud et l'idée
de la tenue de rencontres similaires à l'occasion des réunions du Sommet de
l'U.E.
Le besoin de larges réunions sur des sujets d'intérêt international,
régional et local ont été aussi mentionnées. Une telle rencontre est
l'initiative du Parti communiste libanais sur des questions de la région.
D'importants évènements pour les campagnes et les mobilisations sont
constitués par la lutte contre la constitution de l'UE et les réactions
résultant des attaques contre la sécurité sociale et les acquis des
travailleurs; l'accroissement de la durée du travail et leur remise en cause;
la poursuite de la mobilisation contre l'OTAN cette année à Venise et durant le
sommet de l'OTAN en 2005 à Nice, tout comme les luttes des jeunes
particulièrement en vue du prochain Festival mondial de la jeunesse et des
étudiants en Août au Venezuela.
L'idée a été avancée d'essayer d'avoir des rencontres de Partis à
l'occasion d'événements internationaux importants, dans le but d'obtenir le
traitement collectif de propositions pour une compréhension et une position
plus unies. Une telle opportunité est offerte par l'initiative du Parti
communiste du Brésil qui organise un grand événement internationaliste à Porto
Alegre durant le Forum Social Mondial.
L'effet positif que l'échange d'opinions et la coopération entre les
Partis communistes et ouvriers sur la coordination et l'action unie avec les
larges forces anti-impérialistes, anti-monopolistes, démocratiques et
patriotiques, tout comme sur le développement du mouvement contre la
globalisation capitaliste, a été réaffirmé par plusieurs intervenants.
Il a été également mentionné qu’il serait utile d'élargir l'échange des
vues et des idées et la discussion théorique au sujet des perspectives du
socialisme dans les conditions contemporaines.
Les participants ont aussi exprimé le besoin de renforcer encore plus
la solidarité internationaliste de nos partis avec des communistes et autres
progressistes qui font face à la persécution, à l'emprisonnement et avec ceux
dont l'activité est interdite. De plus, le besoin de solidarité a été exprimé
dans l'action contre la discrimination anti-démocratique et les réglementations
réactionnaires qui ciblent les droits démocratiques et les libertés.
Athènes, 10 octobre 2004
Partis participants
Parti communiste d'Albanie Parti Algérien pour la
Démocratie et le Socialisme (PADS) Parti communiste d'Australie Tribune
Démocratique et Progressiste (Bahreïn) Parti communiste du Bangladesh Parti des
travailleurs de Belgique Parti communiste du Brésil Nouveau Parti communiste de
Grande-Bretagne Parti communiste de Bulgarie-Georges Dimitrov Parti communiste
de Bulgarie Parti communiste du Canada Parti communiste de Cuba AKEL (Chypre) Parti
communiste de Bohême-Moravie Parti communiste au Danemark Parti communiste du
Danemark Parti communiste d'Estonie Parti communiste d'Allemagne (DKP) Parti
communiste de Grèce Parti communiste unifié de Géorgie Parti communiste de
l'Inde Parti Tudeh d'Iran Parti du travail d'Irlande Parti communiste d'Irlande
Parti communiste d'Israël Parti des communistes Italiens Parti de la
Refondation communiste (Italie) Parti communiste Iraquien Parti communiste
Jordanien Parti communiste de Corée Parti Socialiste de Lettonie Parti
communiste Libanais Parti communiste de Lituanie Parti communiste du Luxembourg
Parti communiste de Malte Parti communiste du Mexique Parti communiste de la
République de Moldavie Nouveau Parti communiste des Pays-Bas Parti communiste
de Norvège Parti communiste Palestinien Parti du Peuple Palestinien Parti
communiste Philippin Parti communiste de Pologne Parti communiste Portugais Parti
communiste Roumain Parti de l'Alliance Socialiste Roumaine Parti communiste de
la Fédération de Russie Parti des ouvriers communistes - Parti des communistes
de Russie (RKRP-RPC) Parti communiste de l'Union soviétique (CPSU) Union des
Partis communistes - Partis communistes de l'Union soviétique Parti communiste
de Slovaquie Parti communiste d'Espagne Parti communiste des peuples d'Espagne Gauche
unie d'Espagne Parti communiste du Soudan Parti communiste de Suède Les deux Parti
communistes Syriens parti communiste de Turquie Union des communistes d'Ukraine
Parti communiste des USA Parti communiste du Vietnam Nouveau Parti communiste
de Yougoslavie
Le Parti du travail (EMEP), Turquie a participé en
tant qu'observateur
Messages et contributions écrites ont été adressées par les partis
suivants
Parti communiste d'Argentine Parti communiste d'Autriche
Parti des ouvriers communistes de Bosnie-Herzégovine Parti communiste du Chili Parti
communiste Colombien Parti communiste de L'Equateur Parti communiste de
Finlande Parti communiste de l'Inde (Marxiste) Parti communiste Kurdistan–(Iraq)
Parti révolutionnaire des peuples Laos Parti populaire socialiste du Mexique Parti
communiste du Népal (UML) Parti communiste de l'Afrique du Sud Parti communiste
de l'Ukraine Parti communiste du Venezuela.
Contribution du PADS à
la conférence d’Athènes (extraits)
L’incapacité du
système capitaliste à assurer à l’échelle planétaire un développement
harmonieux et en largeur des forces productives ainsi que l’amélioration des
conditions d’existence de l’ensemble des peuples aggrave sa crise. Le caractère
insurmontable de la contradiction fondamentale du capitalisme se manifeste en
particulier par l’accentuation de l’écart entre le potentiel productif existant
et les besoins sociaux. Il pousse le système capitaliste, à son stade
impérialiste, à chercher des solutions à cette crise dans l’expansion hors de
ses frontières, par l’accaparement des ressources naturelles des autres
nations, le contrôle des flux et mouvements financiers au niveau de l’ensemble
de la planète, la transformation du reste du monde en marché ou en ateliers
destinés à lui fournir des marchandises à bas prix. Cette crise engendre une
série de conséquences comme le démantèlement des acquis sociaux et la
régression sociale à l’intérieur même des pays impérialistes, la tendance à
jeter dans une concurrence régressive les peuples et les travailleurs les uns contre
les autres, afin de les amener à renoncer à leurs acquis, à leurs droits non
seulement sociaux mais aussi syndicaux et politiques, et à accepter des
conditions de vie en recul par rapport aux décennies passées.
Il en résulte un
conflit opposant à une échelle sans précédent de vastes groupements d’hommes et
de femmes exploités et opprimés à une toute petite oligarchie. Le gigantesque
appareil de propagande de la grande bourgeoisie monopoliste est incapable de
camoufler de façon durable les causes profondes de la paupérisation des peuples
et des travailleurs, causes liées à la nature socio-économique même du capitalisme.
Ces causes n’ont rien à voir avec les traits psychologiques particuliers des
dirigeants des pays capitalistes…
En Algérie, le
mouvement et la mobilisation anti-impérialistes organisés ont connu ces
dernières années un certain reflux, malgré la puissance persistante du
sentiment anti-impérialiste traditionnel ancré dans les idéaux qui s’étaient
cristallisés durant la guerre de libération et la première décennie qui avait
suivi l’indépendance du pays. Pendant près de 20 ans une partie importante de
la petite bourgeoisie urbaine et rurale avait fait jonction avec les
aspirations nationales et démocratiques de la classe ouvrière, des travailleurs
des villes et des campagnes. Les représentants de ces catégories sociales
intermédiaires, venus au pouvoir par suite de la place qu’ils avaient occupée
dans la direction du combat anti-colonial, s’étaient attaqués aux positions
économiques de l’ancien colonisateur et des autres pays capitalistes en même
temps qu’ils mettaient en oeuvre des mesures économiques et sociales destinées
à supprimer les rapports précapitalistes désuets et à contenir théoriquement
les manifestations d’un développement capitaliste. Sur le plan extérieur, ils
avaient soutenu politiquement et matériellement les luttes des peuples
colonisés. Ils avaient animé des actions tendant à regrouper les pays du
tiers-monde, économiquement dominés, autour de la revendication d’un nouvel ordre
international débarrassé de la domination des multinationales. Le mouvement
anti-impérialiste algérien a été dirigé par ces forces de façon hégémonique,
avec la volonté d’empêcher les communistes d’en prendre la direction…
Ces couches sociales
ont balayé du pouvoir les éléments progressistes de la petite bourgeoisie et
esquissé un processus de rapprochement avec les puissances impérialistes. Une
partie importante de ces couches sociales s’est ouvertement alliée à l’impérialisme.
Les plus réactionnaires ont encouragé le développement de l’islamisme et donné
des gages à l’impérialisme en envoyant des milliers d’Algériens en Afghanistan.
L’islamisme s’est d’emblée constitué comme un mouvement hostile aux idéaux
progressistes et anti-impérialistes traditionnels. Il a été utilisé par les
puissances impérialistes comme un moyen pour amener les classes dirigeantes à
faire leur reddition complète, à abandonner toute intention de maintenir leur
liberté de décision...
Contraints à la
défensive, le mouvement démocratique général et le courant progressiste
démocratique prolétarien, ont de fait, durant toute la décennie 1990, poursuivi
la lutte anti-impérialiste en plaçant au premier plan le combat contre cet islamo
fascisme que l’impérialisme a encouragé de diverses manières et parfois
ouvertement jusqu’au 11 septembre 2001. Mais les coups qui ont été portés
depuis 1980 aussi bien au mouvement démocratique général qu’au courant
progressiste prolétarien, les ont affaiblis à un point tel que la direction de
la lutte contre l’islamo fascisme a été assumée par les secteurs les plus
autoritaires et anti-populaires de la bourgeoisie et de la bureaucratie
rentière…Cette situation accroît dans une certaine mesure le poids des couches
sociales déclassées qui forment en partie la base des mouvements islamistes
intégristes. Ces derniers s’appliquent à dévoyer le sentiment anti-impérialiste
spontané en l’orientant sur une voie archi-réactionnaire de confrontation en
bloc avec l’Occident « mécréant ». Les communistes sont face à une lourde
responsabilité. Ils doivent mener un travail politique et idéologique intense
pour expliquer aux masses la nécessité de développer leur mobilisation contre
les ajustements structurels imposés par le FMI et la Banque mondiale en liaison
avec le renforcement de la solidarité internationale afin de contrer l’emprise
impérialiste, pour faire reculer les visions rétrogrades véhiculées par les
islamistes, détacher de ces derniers les jeunes trompés par leur propagande,
pour redonner espoir face au découragement engendré par les pratiques
antidémocratiques du pouvoir.
Solidarité avec Cuba (extrait)
Les partis participants à la rencontre des Partis
Communistes et Ouvriers qui s'est tenue à Athènes les 8, 9 et 10 Octobre 2004,
expriment leur solidarité avec le peuple cubain et sa Révolution Socialiste, et
condamnent par la même les récentes mesures adoptées à son encontre par le
Gouvernement nord-américain. Par conséquent nous déclarons
1. Développer dans nos pays des campagnes de
solidarité avec Cuba, contre le Blocus économique et financier, et de
dénonciation contre l'escalade d'agressivité impérialiste développée par le
gouvernement nord-américain…
Solidarité avec le peuple
palestinien
Nous,
représentants des Partis communistes et ouvriers, condamnons fermement
l'agression récente israélienne soutenue par les Etats Unis. Nous appelons la
communauté internationale à accorder une protection internationale au peuple
Palestinien et à obliger les généraux israéliens à mettre un terme à leurs
actes répressifs. En même temps, nous appelons les Nations Unies, l'opinion
publique internationale et les organisations internationales à intervenir pour
demander qu'Israël se soumette à la quatrième condition de la convention de
Genève dans les territoires occupés…
Solidarité avec la République de Corée
Les
représentants des Partis communistes et ouvriers réunis à Athènes du 8 au 10
octobre 2004 exprime leur solidarité avec le Parti des travailleurs, le
gouvernement et le peuple de la République Démocratique et Populaire de Corée
dans leur lutte contre les menaces militaires et l'agressivité des impérialiste
des Etats Unis et pour une réunification indépendante et pacifique du pays….
SOLIDARITE AVEC LES COMMUNISTES DE LETTONIE
…Les
membres des Partis communistes et ouvriers de la rencontre internationale
d'Athènes en Grèce réunis du 8 au 10 octobre 2004 expriment leur mécontentement
contre le fait que l'activité du Parti communiste de Lettonie soit encore
interdite dans ce pays.
Ils
demandent que les autorités officielles de Lettonie résolvent cette grossière
infraction aux droits humains dans la vie politique. Ils leur exigent
l'abolition de l'interdiction de l'activité du Parti communiste de Lettonie…
Décès de Ali Zaämoum (hommage)
UN PATRIOTE NOUS A QUITTES
Ighil
Imoula son village natal et toute l'Algérie sont endeuillés après le décès de
ce patriote infatigable que fut Ali Zaämoum. C'est dans son domicile d'Ighil
Imoula que fut édité l'appel du Front de Libération Nationale à l'insurrection
armée, il y a cinquante ans, le l' novembre 1954. Militant du PPA et du MTLD,
Ali comme son frère, le Chahid Salah, arpenta les armes à la main les maquis de
la Kabylie durant la guerre de libération jusqu'à son arrestation par l'armée
colonialiste française. Emprisonné, il
poursuit le combat aux côtés de ses frères détenus avec une fermeté
exemplaire. Il connut des communistes
dans les maquis puis dans les prisons avec lesquels il se lia d'amitié. Dans son ouvrage " mémoires d'un
combattant" publié plusieurs années avant sa mort il évoque comment après
avoir côtoyé les communistes, ses préjugés à leur égard disparurent. Il fut
l'ami intime de l'écrivain Kateb Yacine.
Au
lendemain de l'indépendance, alors qu'il a une responsabilité importante au
sein du Ministère du travail, il crée l'Action culturelle des travailleurs dont
il confie la direction à Kateb. Quand il quitte le Ministère du travail et se
retire dans son village d'Ighil Imoula, ses relations avec Kateb Yacine se
poursuivent. Dans son ouvrage consacré à cet écrivain et à son ami le peintre
Issiakhem, Benamar Mediene ne manque pas d'évoquer les échanges de réflexions
entre ces trois personnalités qu'une grande amitié liait.
Ali
Zaämoum nous a quittés certainement avec le regret de laisser son pays et son
peuple malmenés par une politique qui met en cause leur souveraineté, leur
indépendance et leur avenir économique et social. Mais il est parti certainement le coeur
rempli d'espoir que les luttes qu'il a menées se prolongeront aujourd'hui pour
aboutir à un changement dans le sens positif des conditions de vie de notre
peuple.
GALVEZ et MANARANCHE
DEUX MILITANTS DU PCA
SONT DECEDES (hommage)
Deux
militants, anciens membres du Parti communiste Algérien sont décédés ces
dernières semaines.
Le
premier, notre camarade Emmanuel Galvez qui vivait à Marseille depuis 1969, est
décédé le 30 septembre 2004 à l'âge de 84 ans. Natif d'Oran, il milita dés son
jeune âge dans les rangs des "Jeunesses communistes d'Algérie", de
1"'Union de la Jeunesse Démocratique Algérienne" et du Parti
communiste Algérien.
Galvez
fut une première fois l'objet de la répression coloniale dans les années 1940.
Arrêté et incarcéré à cette époque à la prison militaire d'Alger il fut parmi
les 61 communistes algériens condamnés par le tribunal militaire français à des
peines de mort ou d'emprisonnement.
Au
début de la guerre de libération nationale, il fait partie des premiers groupes armés organisés par le PCA au sein
des "Combattants de la libération nationale". Arrêté par la DST,
organisme policier français, en 1956 pour son activité anticolonialiste en même
temps qu'une quarantaine de militants communistes il sera jugé et condamné à 15
années de prison.
Quand
il arrive en France en 1969, il sera employé au quotidien démocratique français
"La Marseillaise" jusqu' à son départ à la retraite.
Le
second, notre camarade Robert Manaranche est décédé le premier novembre 2004 à
Villejuif, à l'âge de 83 ans, Il adhéra au Parti Communiste Algérien au
lendemain de la seconde guerre mondiale. Militant parmi les intellectuels il
participa à la publication en 1947 de la revue politique, idéologique et
culturelle "Progrès". Il fut également membre de la commission
économique de la Coordination des syndicats Algériens (CGT). Au cours de la
guerre de libération nationale, il est arrêté en pleine bataille d'Alger
(janvier - février 1957). Pendant trois mois on est sans nouvelles de lui. Il
sera transféré ensuite au camp de Lodi où il est interné avec de nombreux
autres communistes algériens. Il n'en sera libéré qu'en 1961 mais sera expulsé
en France par l'administration coloniale. Pendant son internement, il sera très
actif pour organiser au camp de Lodi l'éducation des militants internés et leur
activité culturelle. Ce travail d'éducation des militants visait à donner des cadres
à notre pays. L'éducation qui était donnée au camp portait sur toutes les
disciplines scientifiques (Mathématiques- Histoire- géographie - langues
-économie etc), Cette éducation comprenait aussi la formation idéologique. Tous
les camarades internés au camp de Lodi se souviennent tous du rôle joué par
Robert Manaranche pour enrichir leurs connaissances.
Après
l'indépendance, il resta en France sans pourtant couper avec son pays d'origine
l'Algérie. Il sera un militant de l'Association des Combattants de la cause
Anticolonialiste que préside Henri Alleg.
Aux
familles des camarades Galvez et Manaranche le "Lien" et le
"PADS", Parti des communistes algériens, présentent ses condoléances
en les assurant de sa solidarité.